Thierry Martens (pseudonymes : Yves Varende, M. Archive), né le à Louvain (province du Brabant flamand) et mort le , est un scénariste de bande dessinée belge et ancien rédacteur en chef du journal Spirou.

Biographie Jeunesse vignette|Le mémoire de Thierry Martens présenté à l'Université catholique de Louvain en 1966. Thierry Martens naît le à Louvain dans une famille de la haute bourgeoisie, avec une grande différence d'âge entre les parents et ses frères et sa sœur. Il est inscrit à l'état civil avec le prénom Thierri pour que celui-ci ne soit pas traduit en Dirk. Enfant, il joue aux petits soldats, puis, il s'adonne assidûment à la lecture. Pendant sa scolarité, il doit changer de régime linguistique à la suite d'un décret interdisant l'enseignement francophone à Louvain. Il éprouve des difficultés dans l'apprentissage du néerlandais, il doit doubler sa sixième latine et commence l'écriture d'un roman qu'il abandonne à la douzième page. Il doublera cette année scolaire une deuxième fois. Entre ses 12 et , il écrit l'équivalent de de brouillon de en s'essayant à tous les genres. Thierry Martens voue une passion à la littérature ainsi qu'au cinéma populaire. Depuis ses treize ans, il lit deux livres par jour. À l'âge de quinze ans, il entame l'inventaire de la bibliothèque familiale qui compte plus de , il réalise par ce fait un travail d'archiviste. Puis, il entame ce qu'il qualifie de période littéraire, il écrit des premiers romans autobiographiques et romantiques pour lesquels il essuie un nombre très élevé de refus de la part des éditeurs. Il publie ses premiers écrits au milieu des années 1950 dans Petits Belges et La Libre junior. Grand adolescent de et de grande raideur, il délaisse la cigarette pour fumer la pipe et fait grande consommation de bières. À , il tape ses romans sur une machine à écrire. En 1961, il publie Glauques, neuf courts textes dans Ailleurs . Martens entre à l'université de sa ville natale et se rend coupable du piratage de cours et rédige les mémoires de fin d'études de ses condisciples. En 1964, il écrit une chronique dans Giff-Wiff, une revue d'études.. Il consacre ses deux dernières années universitaires à une gigantesque recherche sur la bande dessinée. En 1966 il est licencié en sciences politiques et sociales de l'Université catholique de Louvain, « section techniques de diffusion et relations publiques ». À , il termine son service militaire à Düren et envoie une lettre de candidature spontanée chez Dupuis pour le poste vacant à la suite du licenciement de Delporte. Martens veut renforcer sa candidature en rencontrant des dessinateurs, comme Mazel et Sirius, mais se heurte à un écueil avec Macherot, qui alerte ses copains Peyo, Roba, Franquin : ceux-ci font bloc contre Martens. Lors de son entretien d’embauche avec Charles Dupuis, Martens lui propose de l’engager sous le titre de conseiller de rédaction à Spirou, c’est ainsi qu’il entre aux éditions Dupuis le .

Rédacteur en chef de Spirou (1969-1978) Thierry Martens ne connaît rien au métier de rédacteur en chef mais l’apprend directement par la pratique : Thierry Martens pense que Spirou est un journal de détente comme pourrait l'être une certaine forme de cinéma, s'adressant à un public assez conservateur, et délaisse ainsi la vague pop, à la fin des années 1960. Avec la rédaction de Martens, la productivité devient l’atout majeur de la réussite. Martens cible la masse et non les minorités. Pour ce faire, il fait primer la persévérance sur le don, la banalité sur l’originalité. Fidélisé par la présence régulière de ses héros favoris, le lectorat suit. Raoul Cauvin multiplie les séries qui emplissent le catalogue Dupuis. L’ambition n'est pas de mise. Parmi les nouveaux auteurs, nombreux sont ceux qui sont des salariés qui font de la bande dessinée en dehors de leurs heures de travail, comme un extra à un salaire régulier. Les auteurs débutants permettent de remplir les pages du journal à peu de frais. Pour Jean-Marie Brouyère , ce que précise Bernard Hislaire : Le , Spirou célèbre son avec un numéro spécial géant de vacances dont la pagination est portée à et qui contient l'historique complet du journal. En , Thierry Martens contextualise le marché des périodiques de bande dessinée dans le troisième numéro de Falatoff : Dès 1972, il s'intéresse aux fanzines de bande dessinée et crée la rubrique Et les fanzines ?, illustrée par Franquin. qui détaille le contenu des différentes parutions avec des synthèses parfois dures, apportant à ces petits tirages une visibilité sans égale.. En 1975, il lance le concours Qui veut jouer au blabladoigt ?, illustré par Roba puis par Carlos Roque. Cependant, Thierry Martens fait face à de l'opposition, ses choix éditoriaux sont critiqués à maintes reprises à tel point qu'une fronde est menée par Franquin et Delporte qui voit le jour en 1977 avec la création du journal Le Trombone illustré et ce en réaction aux bandes dessinées jugées trop musclées qu’il publie dans Spirou. Sa « mauvaise réputation » lui vaut de devenir un personnage de Ric Hochet : le Bourreau.… De son propre aveu, les Découvertes Dupuis sont condamnées par la proche apparition du Trombone illustré en seul supplément du journal..

Monsieur Album (1978-2004) Thierry Martens est nommé responsable du département albums chez Dupuis en 1978, il instigue la politique éditoriale en publiant les nouvelles séries et valorise le fonds patrimonial en rééditant les classiques comme Jerry Spring dans une collection dédiée homonyme grand format en noir et blanc, Jean Valhardi, Les Timour, Marc Dacier et Félix, succédant à Michel Deligne ou encore Tarawa : Atoll sanglant. Il lance encore les collections « Péchés de Jeunesse », « Carte blanche », « Les Meilleurs Récits du journal de Spirou », « L'Histoire en bandes dessinées » réunissant par thème Les Belles Histoires de l'oncle Paul, « Dupuis-Aventure », « Ensemble » un autre nom pour une intégrale de Stany Derval et L'Épervier bleu, « Spéciale Grand Format » qui met en valeur Jacques Le Gall et « Tout Buck Danny ». Il est chargé du « Planning Albums » créant les intégrales des grands auteurs Dupuis à la fin des années 1980 comme Tout Gil Jourdan, Tout Jijé, Tout Mitacq, Tout Roba, Tout Sammy, Les Tuniques bleues. et Gaston Lagaffe, travail non crédité car réalisé pendant les heures de bureau, Peyo chez Rombaldi. Et finalement les intégrales Spirou et Fantasio. et Yoko Tsuno.. Il lance aussi la collection « Tirage de tête Dupuis » dont les albums sont numérotés et signés ainsi que la brève collection « Les étoiles Dupuis » visant à s'éloigner du standard de la pagination de quarante-huit pages.. Connu pour ses formules lapidaires, il prend sa retraite en 2004.. Il est fréquent de rencontrer Thierry Martens en compagnie de ses amis Mythic et Franz Van Cauwenbergh dans les rues de Bruxelles où ils fréquentent les bouquinistes.

Autres activités Yves Varende Sous le nom de plume d'Yves Varende, il signe dans le supplément Magazine 2000 de Tintin des articles rédactionnels en 1971.. En collaboration avec Danny De Laet, il rédige l'ouvrage Au-delà du - Histoire de la bande dessinée belge. publié dans la collection « Chroniques belges » du Ministère des affaires étrangères, du commerce extérieur et de la coopération au développement en 1979. Cet ouvrage comporte deux parties : la première sur la bande dessinée flamande et la seconde sur la bande dessinée francophone. Cet ouvrage richement illustré compte et consacrés aux revues et dessinateurs.

Puis, il publie des études érudites consacrées au roman policier du début du en introduction de diverses rééditions notamment des aventures de Lord Lister. (Claude Lefrancq Éditeur, Bruxelles, 1995) et de Sherlock Holmes (Sherlock Holmes revient), réédition de six nouvelles allemandes anonymes publiées entre 1907 et 1911 (Fleuve Noir, 1996). Il est également auteur de pastiches « holmesiens » (Le Requin de la Tamise, Le Tueur dans le Fog, Le Secret de l'Île aux chiens, Les Meurtres du Titanic, L'Otage de Fraulein Doktor) se situant à la veille de la Première Guerre mondiale au fil desquels le célèbre détective poursuit des espions du Kaiser alliés aux criminels des bas-fonds londoniens, traquant même un U-Boot corsaire caché dans les égouts !

Thierry Martens est également l'auteur, toujours sous le pseudonyme d'Yves Varende, de romans de science-fiction : Le Gadget de l'Apocalypse (1978), Les Tueurs de l'Ordre (1980), Tuez les tous (1980), Le Fantôme de l’Oiseau-lune, Le Vol de l’Argo, ces deux derniers titres étant écrits en collaboration avec Mythic publiés posthumément aux Éditions de l'Âge d'Or en 2013 et 2015.

Yves Varende s'intéresse également au détective américain Harry Dickson et écrit : Les Enquêtes inconnues de Harry Dickson ; Secret de la tête de mort ; Piège machiavélique, . Tome 1 : Les Adorateurs du diable (illustration René Follet), L'Âge d'Or, Charleroi, 2009 . Harry Dickson aventures inconnues tome 2 (illustration René Follet), L'Âge d'Or, Charleroi, 2011

M. Archive Thierry Martens sous les pseudonymes de M. Archive ou de a signé de nombreuses rubriques dans Spirou relatives à l'histoire du journal, il a été l'artisan des rééditions patrimoniales des éditions Dupuis. En outre, il est le préfacier de nombreux albums de Dupuis, des Éditions Michel Deligne et Point Image qui contextualise une œuvre ou un auteur. Il est le premier historiographe en bande dessinée.. En outre, on peut signaler ses articles parus dans les revues Ran Tan Plan (1967-1975), Phénix (1969-1970)., Hop ! (1973-2006)., Le Collectionneur de bandes dessinées (1989-1990) et dans Art (1999). C'est lui qui suggère le sous-titre du BDM Trésors de la bande dessinée pour sa première édition en 1981.. Pour le Centre belge de la bande dessinée dans la collection « Philabédé », il apporte sa collaboration à l'album Hommage - pour le en 1999. à l'occasion du du Centre. Préfaces

Postfaces

Scénariste Sous divers pseudonymes (Terence, Yves Varende), Thierry Martens a aussi écrit les scénarios de plusieurs bandes dessinéesEn outre, l'écrivain Patrick Gaumer le crédite d'une collaboration sur Kim Norton de José Ramón Larraz ainsi que d'un épisode de L'Épervier bleu pour Sirius en collaboration avec Jean-Marie Brouyère, ce que subodore également Gilles Ratier. :

Ouvrages sur la bande dessinée

Henri Filippini, Jacques Glénat, Numa Sadoul et Yves Varende, Histoire de la bande dessinée en France et en Belgique, des origines à nos jours, Glénat, Grenoble, 1980 , Thierry Martens, Le Journal de Spirou 1938-1988, Cinquante ans d'histoire(s).., Dupuis, Marcinelle, 1988, Les Mémoires de Spirou, recueillis par Thierry Martens et Jean-Paul Tibéri, Dupuis, Marcinelle, 1989, ..

Thierry Martens, La Génèse de Buck Danny, Chambre belge des experts en bande dessinée, Bruxelles, 1997, (réédition augmentée en 2004.) Thierry Martens, Toutes les BD de Bonnes Soirées, Martial, Albert Uderzo, Jijé, Bielsa, Forton, Sirius, Les Cahiers Pressibus , Pressibus, Thierry Martens, L'Aventure des Héroïc-Albums...., L'Âge d'Or, Charleroi, 2011,

Ouvrages sur le dessin animé et le dessin de presse Thierry Martens, en coopération avec Danny De Laet, participe à la rédaction de deux ouvrages consacrés au dessin animé et au dessin de presse publiés par les Ministères des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et de la Coopération au développement de Belgique. Les ouvrages sont publiés dans les trois langues nationales belges. Au-delà du septième art - Le Dessin animé en Belgique, Bruxelles, 1979. .

Littérature d'enfance et de jeunesse

Traducteur Pour Spirou, Thierry Martens assume la traduction de la série de Beetle Bailey de l'américain Mort Walker en 1974.

Il est également le traducteur de deux albums de la série de bande dessinée flamande De Kiekeboes (Merho) :