Jean-Yves Leloup, né en à Angers, est un théologien, essayiste, traducteur du grec, de l'hébreu et du copte. Prêtre français, dominicain puis orthodoxe, il est l'auteur de plus de ouvrages traitant essentiellement de spiritualité chrétienne.
Il a traduit et commenté de manière innovante les évangiles canoniques et apocryphes, notamment de la bibliothèque de Nag Hammadi, selon Thomas, Philippe et Marie (Marie-Madeleine), ainsi que l'Évangile selon Jean et l'Apocalypse. Il rappelle les traditions primitives, méditatives et monastiques de l'Église orthodoxe (Mont Athos, Hésychasme) et l'enseignement des Pères de l'Église, notamment des Pères du désert, et en particulier d'Évagre le Pontique. Il s'intéresse à la compassion des thérapeutes décrits par Philon d'Alexandrie, à la part du féminin dans l'histoire du christianisme, et bien qu'enraciné en Occident, à l'ouverture vers les autres traditions spirituelles. Il insiste sur la dimension pleinement humaine et pleinement divine de Jésus, ainsi que sur la dimension à la fois humaine et divine de l’homme.
Plusieurs de ses ouvrages ont été traduits dans d'autres langues notamment en anglais, en allemand, en espagnol et en portugais .
Biographie Jean-Yves Leloup est né en à Angers.. Converti à 20 ans, après ., c'est au Mont Athos, par la voie de l'orthodoxie qu'il découvre le christianisme. À son retour en France, il entre chez les dominicains.. Il est formé en théologie et ordonné prêtre au couvent des dominicains de Toulouse en . Puis il étudie .ce qui, selon les auteurs du guide des spiritualités, est déterminant pour sa compréhension de la dimension thérapeutique du christianisme.. vignette|redresse|gauche|alt= photo de ciel d’été avec rochers, et arbustes|Vue de la Sainte Baume et de la chapelle du pilon depuis l'hôtellerie. À partir de , dans l'ancienne hostellerie dominicaine de la Sainte-Baume, avec le père mariste Bernard Rérolle, Jean-Yves Leloup prend la direction du Centre international de la Sainte-Baume (CISB), « université du troisième millénaire », à vocation spirituelle et inter-culturelle, où .. Depuis, le rayonnement du centre n'a jamais été aussi grand, indique le journaliste Henri Tincq en 1986. Le centre représente un double défi pour l'Église catholique, poursuit-il ; ; . Les responsables du centre font valoir qu'ils rejoignent le dialogue interreligieux souhaité par le concile et bientôt donné en exemple, aux premières rencontres d'Assise, par le pape Jean-Paul II. , celui d'une reconquête de la population locale par des ministères de proximité.
Jean-Yves Leloup quitte l'ordre en mars . L'historien Olivier Chatelan indique que pendant l'été , des tensions opposent la province de Toulouse et le centre sur la composition de l'équipe de direction. Il note que le fait que Jean-Yves Leloup était marié et avait un enfant ayant été porté à la connaissance des autorités dominicaines, il ne pouvait donc plus ; il doit abandonner les fonctions qu'il occupe au Centre international, tandis que . Fin , l’équipe de direction du CISB se retire et finalement décide de libérer les locaux de la Sainte-Baume pour le sur journals.openedition.org..
Ayant préalablement été baptisé orthodoxe dans la communauté monastique du mont Athos, Jean-Yves Leloup rejoint l'Église orthodoxe française de la communion des Églises orthodoxes occidentales ; son église, où il est connu sous son nom en religion de père Jean Séraphim, est celle de Saint-Michel dans le Var.. L'Église orthodoxe française n'est pas membre de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France au motif, selon l'association, de ne pas être en communion avec l'ensemble de l'Église orthodoxe.
Décrit comme , il est (qui s'occupe de l'aide spéciale aux mourants. et ).. Il anime également de petites communautés orthodoxes au Brésil, où il se rend régulièrement... depuis qu'avec Pierre Weil et Monique Thoenig, il a rédigé les premiers principes de l'Université Holistique Internationale de Brasilia, UniPaz, créée en 1986 Unipaz, Pierre Weil: Samurai da Paz, Hommage de Roberto Crema à Pierre Weil, 2009..
Jean-Yves Leloup livre quelques « fragments de son itinérance » dans son ouvrage autobiographique de 1991 L'Absurde et la grâce..
Œuvre Les ouvrages de Jean-Yves Leloup ayant suscité un intérêt auprès du public francophone, certains ont été choisis par le secteur de l'édition. pour être traduits dans d'autres langues, à commencer par ses traductions commentées des évangiles de Thomas et de Marie.
Outre cet élément de reconnaissance, ses ouvrages suscitent des lectures diverses, avec d’une part, des réactions émanant des milieux appartenant à l’institution, allant de l'inquiétude à la prudence pour les uns, de respect pour leur sincérité, voire de leur courage pour avoir , pour d'autres ; .. Leur compétence, notamment en matière de patristique est soulignée. En dehors du lectorat institutionnel, d'autres analyses reflètent les progrès de l'exégèse contemporaine qui inclut le recours aux domaines de la philosophie et de la psychologie, de la linguistique et de la sociologie historique, partageant la méthode trans-disciplinaire de l’auteur, dans son objectif de dévoilement des richesses profondes, implicites et métaphoriques, des Écritures. Contexte et précisions liminaires Les découvertes et traductions du vignette|redresse|alt=papyrus|Nag Hammadi Codex II, folio 32, le début de l’évangile selon Thomas. Après l'achat d'un papyrus en Égypte par un orientaliste allemand en et la traduction de ce codex, dit Codex de Berlin en , il y eut une autre découverte, celle de la bibliothèque de Nag Hammadi, un ensemble de treize livres anciens (ou « codex ») contenant plus de cinquante textes, en haute Égypte en . Cette découverte est d'une importance capitale et comprend, en majorité, un grand nombre d' « Évangiles gnostiques » ; des textes dont on pensait auparavant qu'ils avaient été détruits pendant la lutte des premiers chrétiens pour définir l' « orthodoxie » , des textes tels que l'Évangile de Thomas, l'Évangile de Philippe et l'Évangile de Vérité. La découverte et la traduction de la bibliothèque de Nag Hammadi, achevée dans les années 1970 ont donné l'impulsion à une réévaluation majeure de l'histoire des premiers chrétiens et de la nature du gnosticisme., ., ...
La gnose dans l'œuvre À l'égard de la gnose, à l'occasion de l'introduction auprès du public roumain de l'ouvrage de Jean-Yves Leloup Les profondeurs oubliées du christianisme, porté à l'attention de ce lectorat par Basarab Nicolescu, directeur de la revue Transdisciplinarity in Science and Religion, le théologien orthodoxe de la faculté de théologie de l'Université Babeș-Bolyai, Liviu Vidican-Manci rédige un article sur l'approche des textes par Jean-Yves Leloup. Il s'attarde sur ce qu'il considère comme dans le chapitre Gnose et gnosticisme, gnostiques et pseudo-gnostiques dans lequel Jean-Yves Leloup apporte quelques précisions : : ..
Jean-Yves Leloup se réclame des Pères de l'Église et du christianisme primitif, considérant que seule l'église orthodoxe demeure fidèle aux racines et au fonds commun de la tradition chrétienne..
Accueil critique, analyses et regards croisés Les religieux Jean-Yves Leloup, selon le Guide des spiritualités, dont la démarche, comme le rappelle le père orthodoxe roumain Răzvan Ionescu, inquiète Ionescu qui considère que c'est là une et ..
Paul Detienne (1924-2016), prêtre jésuite belge et missionnaire au Bengale, note dans un compte rendu de l'ouvrage Jésus, Marie-Madeleine et l'Incarnation, qu'étant donnée l'évocation , (comme le pensait aussi le père Raymond Léopold Bruckberger, précise l'historien des religions italien Andrea Nicolotti) et affirmant la réalité de l'incarnation, (à l’inverse des docètes), développant ce qu'il appelle « l'étreinte sacrée selon Philippe », . Paul Detienne indique qu'à la fin de l'ouvrage, à la demande des hiérarques de l'Église orthodoxe, Jean-Yves Leloup doit inclure une profession de foi dans laquelle il reconnaît que « rien ne permet d'affirmer que Jésus ait exercé la plénitude de sa sexualité.».
Le linguiste et exégète belge Jean Radermakers (1924-2021), professeur à l'institut d'études théologiques de Bruxelles, précise dans un article sur le Roman de Judas que . Il regrette toutefois que dans son roman, Jean-Yves Leloup adopte une et que , ce qui peut, selon lui, . De son côté, Claude Aziza énumère les multiples interprétations qui ont été faites du personnage, pour indiquer que Jean-Yves Leloup voit en Jésus et Judas .. Bruno Thibault, quant à lui, l'inscrit dans un mouvement de réhabilitation de l'apôtre Judas dans la littérature qui se développe dans la seconde moitié du après la Shoah : .. Radermarkers s'interroge également sur l'approche de théologie apophatique et sur sa manière de comprendre l'apocatastase comme une purification progressive de l'homme. Il note une approche et ne comprend pas pourquoi après la fin du roman des pages d’explication en termes phénoménologiques, dédiées à Olivier Clément, posent la question de l'opposition entre histoire et mythologie. Radermakers est par ailleurs en désaccord sur plusieurs transcriptions de mots grecs, hébreux et araméens. Dans un autre compte rendu sur l' Évangile selon Philippe , il prévient que le livre . Commentant le Notre Père. Dieu n’existe pas, je le prie tous les jours, il parle d'un . vignette|redresse|alt= Icône|Icône de la Trinité, Andreï Roublev, Galerie Tretiakov, Moscou. G. Navez, de la compagnie de Jésus, quant à lui, après la lecture d' Un art de l'attention et de L'absurde et la grâce, perçoit chez Jean-Yves Leloup un intérêt passionné pour saint Jean et pour les évangiles de Thomas et de Marie Madeleine, où il voit comme « l'inconscient du christianisme ». Navez souligne que « la compassion [...] de celui qui s'assied à la table des pécheurs [...] les appelle et les met en valeur » représente une leçon d'humilité et de solidarité, et y voit une quête de charité divine et de compassion fraternelle essentielle, allant au delà de , au delà de , au delà des institutions […] même sacrées, qui demeurent malgré tout limitées et . Jean-Yves Leloup rejoint, pour lui, la vraie prière, l'hésychasme, et va à la rencontre de l’autre dans sa différence, tout en étant ouvert à la vie divine trinitaire qui sourd en chacun et .
Egon Sendler, hiéromoine, peintre et spécialiste en icônes, commentant son ouvrage L'Icône, une école du regard, avance que .
Les laïcs Benedita Aguiar Ferreira et Wilma Martins Mendonça, deux chercheuses de l'Université fédérale de Paraíba au Brésil, analysent l'ouvrage de Jean-Yves Leloup L'Évangile de Marie dans un article intitulé Le discours féminin sur les origines du christianisme : une analyse du testament apocryphe de Marie-Madeleine. Elles constatent que la version proposée par Leloup tient compte du contexte socio-historique et de la société patriarcale des premiers siècles du christianisme. Elles s'appuient sur les notions de pouvoir et de connaissance telles qu'énoncées par Michel Foucault, pour montrer que la parole féminine était alors discréditée ou mise à l'écart, et que Jean-Yves Leloup attribuant à Marie Madeleine le rôle de disciple la plus intimement liée à Jésus, réhabilite l'archétype féminin dans les évangiles et non plus, selon la , celui d'une pécheresse repentie. vignette|redresse|gauche|Marie Madeleine et Jésus, Fra Angelico, Musée national San Marco.