La Pontiac Firebird est un coupé sportif produit entre 1967 et 2002 en quatre générations distinctes. On peut facilement la confondre avec sa jumelle, la Chevrolet Camaro dont la Firebird est directement issue. Leur châssis est de type « F-Body » et certaines pièces sont interchangeables entre les modèles des deux marques.

Les balbutiements de la Firebird remontent à 1954, lorsque General Motors mit au point le dream car GMC XP-21 Firebird I fortement inspiré de l'aviation à réaction alors en pleine explosion. Sorte de petit avion sur roues, il n'y a rien en commun avec la voiture de production de 1967. Même chose pour le concept Firebird II de 1956, bien que plus civilisé.

En 1964, Pontiac prépare un autre prototype, la Banshee. Nom de code du projet : XP-883. Elle était prévue dans l'optique d'offrir une alternative à la Chevrolet Corvette. D'ailleurs, elle a une certaine ressemblance avec la future Corvette C3. Sur la Banshee, on reconnait les feux arrière ressemblant à ceux de la future Firebird de production, de même que la calandre. John DeLorean, à l'époque à la tête de Pontiac, avait de grands espoirs dans cette voiture qui était alors prête à être produite dans l'intention de concurrencer la Mustang. Malheureusement, General Motors craignait qu'elle puisse également concurrencer la Chevrolet Corvette. Elle était d'ailleurs plus performante ( de moins, plus puissante, etc.). Le développement de la Banshee cessa définitivement en 1966.

Pour Pontiac, il fallait trouver une autre concurrente à la Ford Mustang sur le marché des pony cars puis des muscle cars, et face au succès de la Camaro, GM décida d'utiliser cette dernière comme base à la Firebird au milieu de 1967, soit cinq mois après la Camaro. La Firebird avait un style plus recherché : le capot, la calandre chromée, l'emblème, etc.

La Pontiac Firebird pouvait obtenir de nombreux moteurs (V6 et V8). Puis des niveaux de gamme sont apparus : Firebird, Formula (plus performante) et Trans Am (encore plus performante). Face au succès de la version Trans Am, l'état-major de Pontiac décida de faire de la Trans Am un modèle à part entière, et non plus une simple version musclée de la Firebird.

Peu à peu, les Firebird/Trans Am ont remplacé les Pontiac GTO qui jusqu'alors tenaient le flambeau de la lignée des muscle cars de la marque.

Son modèle de 1982 est particulièrement connu pour avoir été utilisé dans la série télévisée K 2000 (qui sera diffusée aux États-Unis jusqu'en 1986).

La lignée des Pontiac Trans Am s'est arrêtée en 2002.

Première génération

La voiture sort le de l'usine de Lordstown (Ohio) soit six petits mois après la Camaro et presque trois ans après la Mustang. Présentée au public et à la presse, elle sera vendue immédiatement. Tout comme sa cousine de chez Chevrolet, elle bénéficiait de la ligne typique « Coke-Bottle ». Elle partageait avec la Camaro de nombreuses pièces de carrosserie comme les ailes avant et les portes qui étaient strictement identiques et la plateforme avec la Chevrolet Nova. Cependant, seuls les moteurs Pontiac étaient montés sous le capot..

1967 thumb|left|Firebird 400 cabriolet de 1967. thumb|left|Cabriolet de 1967. Sur les cinq moteurs proposé dans les Firebird de 1967, celui qui retint l'attention fut le L6 OHC à arbre à cames en tête. Sorti avec la Pontiac Tempest de 1966, il déplaçait () tout en développant environ à l'aide d'un seul carburateur simple corps. La version « Sprint » pouvait disposer du même moteur mais équipé d'un carburateur quatre-corps et d'un taux de compression plus élevé lui permettant de développer . Le L6 OHC pouvait être équipé d'une boîte manuelle trois ou quatre rapports, ou encore d'une boîte automatique deux vitesses de type « Powerglide ». Ce moteur particulier rendait la Firebird de base beaucoup plus sophistiquée que sa cousine de chez Chevrolet.

Cependant, la plupart des acheteurs en 1967 optèrent pour la puissance du V8, l'économie n'étant pas encore un critère. Les V8 Pontiac étaient appréciés, car ils bénéficiaient de performances légèrement supérieures à leurs homologues Chevrolet. Le V8 basique était le de doté d'un carburateur double-corps. Ce même moteur avait un carburateur quatre corps (4bbl) dans sa version « Hi-Output », lui permettant d'émettre . Le haut de la liste se composait du V8 à carburateur 4-corps de , et de son dérivé « Ram Air » qui bénéficiait d'une meilleure arrivée d'air froid grâce aux deux entrées d'air fonctionnelles du capot ce qui augmentait le nombre de tours par minute du moteur. Cette option coûtait tout de même , elle fut très peu demandée. Les V8 avaient les mêmes transmissions que les L6, mais à celles-ci s'ajoutait la boîte automatique « TurboHydramatic » à trois vitesses.

Les moteurs commandés définissaient les différentes versions (OHC, Sprint, 326, 326 HO, 400...). À cela s'ajoutaient les myriades d'options de toutes sortes pour agrémenter la voiture à ses goûts et à ses envies.

Pour l’époque, la Pontiac Firebird 400 avec son option Sprint avait des performances étonnantes ; le 0 à est effectué en avec un départ arrêté en . Firebird OHC : L6 230 ci OHC de Firebird Sprint : L6 230 ci, carburateur 4-corps, Firebird 326 : V8 326 ci, carburateur double-corps, Firebird 326 HO (High-Output) : V8 326 ci, carburateur 4-corps, HO Firebird 400 : V8 400 ci, carburateur 4-corps, Firebird 400 Ram Air : V8 400 ci « Ram Air » ou 4-corps,

1968 thumb|Firebird de 1968. On peut noter les feux latéraux sous la calandre. Cette voiture a subi une série de modifications : les jantes, les pneus larges, les bandes « Racing » et le béquet ne sont pas d'origine. thumb|right Cette nouvelle année n'apporta que peu de changements esthétiques à la Firebird, si l'on exclut la suppression des demi-fenêtres de portes grâce à l'arrivée du système « Astro Ventilation » et l'ajout de marqueurs latéraux sous le pare-chocs avant comme requis par les lois fédérales. Les choses changèrent un peu plus sous le capot, le six-cylindres reste de même cylindrée (, soit ) mais augmente de , passant à . Le V8 fut remplacé par le toujours produit par Pontiac. Comme son prédécesseur, il pouvait être choisi avec des carburateurs deux ou quatre corps leur permettant de développer respectivement et . Deux nouvelles versions du V8 s'ajoutèrent à celles de 1968 : le « Hi-Output » de qui remplaça le « Ram Air » mais qui lui était identique et le « Ram Air II » de . Le de base gagna cinq chevaux. La dernière modification importante concernait l'utilisation de ressort à plusieurs lames à l'arrière. Firebird OHC : L6 250 ci OHC 175 ch Firebird Sprint : L6 250 ci OHC, carburateur 4-corps, 215 ch Firebird 350 : V8 350 ci, carburateur double-corps, 265 ch Firebird 350 HO : V8 350 ci, carburateur 4-corps, 320 ch Firebird 400 : V8 400 ci, carburateur 4-corps, 330 ch Firebird 400 HO : V8 400 ci, carburateur 4-corps, 335 ch Firebird 400 Ram Air : V8 400 ci, carburateur 4-corps, « Ram Air » 335 ch Firebird 400 Ram Air II : V8 400 ci, carburateur 4-corps, « Ram Air II » 340 ch

1969 thumb|left|200px|Une rare Firebird Trans Am de 1969 avec ses bandes bleues spécifiques. Parallèlement à la Camaro, et bien qu'il conservât sa structure, le modèle 1969 reçut un style plus moderne presque intégralement. Les ailes adoptent une jolie nervure au-dessus des arcs de roues. La calandre est réduite en largeur et est séparée des phares, à présent au nombre de quatre. À l'exception du renouvellement de la carrosserie et de l'intérieur, la plupart des éléments de base du modèle 1968 furent gardés. Le V8 350 « Hi-Output » gagna à son tour cinq chevaux pour un total de et aux moteurs haut de gamme s'ajoutaient les « Ram Air III » de et « Ram Air IV » de .

Mais en 1969, l'événement qui marquera à jamais l'histoire de la Firebird est bien sûr, la sortie du modèle Trans Am. Ce n'était pas la puissance qui rendait la Trans Am unique, mais plutôt son look ravageur et sa maniabilité exemplaire. Pour courir dans la course Trans-Am, Pontiac dut équiper ses voitures de V8 spécialement conçus. Anecdote amusante, Pontiac dut payer à l'organisation de la course pour chaque Trans Am vendue car le nom était déposé. Esthétiquement, la Trans Am se voyait affublée de deux entrées d'air sur le capot (différentes des capots « Ram Air »), d'un aileron sur le coffre, d'extracteurs d'air sur les ailes avant et d'un peinture blanche où étaient collées deux bandes bleues. Avec ses suspensions rabaissées, ses énormes barres anti rapprochement, ses pneus plus larges et les nouveaux moteurs « Ram Air III » et « Ram Air IV », elle était probablement la voiture américaine la plus perfectionnée et la plus performante de son temps. Sortie en , seulement 698 Trans Am sortirent des chaînes de production dont huit cabriolets. Ce que l'on ne savait pas encore, c'est que ce nom allait devenir une icône de l'industrie automobile américaine. Firebird OHC : L6 250 ci OHC, carburateur 4 corps, 215 ch Firebird 350 : V8 350 ci, carburateur double-corps, 265 ch Firebird 350 HO : V8 350 ci, carburateur 4 corps, 325 ch Firebird 400 : V8 400 ci 330 ch Firebird 400 HO Ram Air III : V8 400 ci « Ram Air III » 340 ch Firebird 400 HO Ram Air IV : V8 400 ci « Ram Air IV » 345 ch Firebird 400 Ram Air : V8 400 ci « Ram Air »

+ Production des Firebird de Coupé Cabriolet Trans Am Cabriolet Trans Am 1967 N/A N/A 1968 N/A N/A 1969 689 8

Seconde génération

En 1970, à l'instar de la Camaro, la Firebird se voit totalement remodelée mais toutes deux conservent la même architecture (coque à l'arrière et faux châssis à l'avant). La conception générale était partagée avec la Chevrolet Camaro mais contrairement à la génération précédente, la majorité des éléments de carrosserie étaient incompatibles. Les arcs de roues étaient ronds sur la Firebird alors que le coupé de Chevrolet les avaient légèrement carrés sur le dessus. Le pare-chocs était fait d'une pièce en plastique « Endura », la ligne était tellement réussie qu'elle paraissait être fabriquée dans une certaine usine de Modène.

Ce sera la période de production la plus longue de l'histoire de la Firebird. La nouvelle mouture sortit le , l'année modèle étant déjà bien entamée, elle est souvent nommée familièrement « 1970 1/2 ». Quatre versions sont alors créées. La Trans Am n'est plus une option spéciale, c'est presque une version à part entière. D'ailleurs, on parle souvent de « Pontiac Trans Am » en oubliant que c'est d'abord une Firebird : Firebird : version de base, peu d'options disponibles de même pour les moteurs Esprit : modèle « luxe », options de confort et améliorations esthétiques par rapport au modèle de base (chromes, intérieur « Deluxe », insonorisation, meilleurs moteurs…). Facilement différentiable grâce au logo « Esprit » monté derrière les vitres latérales jusqu'en 1974 puis en dessous de l'emblème « Firebird » sur les ailes avant à partir de 1975. Formula : modèle sportif, reconnaissable grâce à son capot doté de deux entrées d'air. En fibre de verre jusqu'en 1975, il change de design en 1976 et la tôle classique est préférée. Dès lors, seules les entrées d'air sont en plastique. Il change à nouveau en 1977 du fait de la modification de la face avant. Trans Am : modèle sportif, doté du fameux « hood scoop » sur le filtre à air et sortant au travers du capot. Il était fonctionnel jusqu'en 1974 (le méplat à l'arrière s'ouvrait lorsqu'on appuyait sur l'accélérateur et laissait passer l'air frais). Les ailes avant ont de petites sorties d'air. Elles étaient les seules à être équipées de jupes d'ailes. Le becquet à l'arrière était standard. Uniquement équipée des moteurs les plus performants, c'est surtout d'elle dont on se souvient dans l'histoire de la Firebird.

La Firebird a survécu au choc pétrolier et à de longues grèves chez Pontiac en 1972. C'est même après cette période difficile qu'elle eut le plus de succès.

1970 thumb|right|Trans Am 1970