Françoise de Panafieu, née Missoffe le à Moyeuvre-Grande (Moselle), est une femme politique française.

Ministre du Tourisme en 1995 dans le premier gouvernement d'Alain Juppé, Françoise de Panafieu est députée de la dix-septième circonscription de Paris de 1986 à 1995 et de 1997 à 2002, puis de la seizième circonscription de Paris de 2002 à 2012.

Membre du RPR, de l'UMP puis des Républicains, elle est conseillère de Paris de 1979 à 2014, élue dans le arrondissement de Paris, dont elle est élue maire en 2001.

D'abord candidate à l'investiture du parti gaulliste pour les élections municipales de 2001, elle soutient finalement Philippe Séguin contre les listes dissidentes du maire sortant Jean Tiberi et devient alors maire du arrondissement. Briguant la mairie de Paris lors des élections municipales de 2008 face au sortant socialiste Bertrand Delanoë, elle est néanmoins battue par celui-ci.

Biographie Famille Françoise de Panafieu est la fille aînée d'une fratrie de huit enfants« Françoise de Panafieu au pied de la dernière marche », L'Express, 23 février 2008 et grandit principalement en région parisienne. Joueuse de tennis, elle est classée à quinze ans.

Son père, François Missoffe, ancien des Forces françaises libresHervé Nathan, « Décès de François Missoffe », Libération, 29 août 2003, a été député gaulliste, avant de prendre en charge plusieurs portefeuilles ministériels au service du général de Gaulle et a été ambassadeur au Japon. Il fut aussi président de Bull et directeur général de la Lyonnaise des eaux, puis collaborateur du président Valéry Giscard d'Estaing à l'Élysée"FRANÇOISE DE PANAFIEU : DORÉE SUR TRANCHE", par Patrick Apel-Muller dans L'Humanité du 22 avril 2000 .

Son père a en particulier été le premier ministre de la Jeunesse et des Sports, de 1966 à 1968, nommé lors du remaniement qui suivit l'élection présidentielle de décembre 1965. Dans le cadre de ces fonctions, il est auteur d'un rapport publié à l'automne, appelé « Livre blanc sur la jeunesse », élaboré après un an et demi de consultations lancées en , précédées par un grand débat radiodiffusé avec 50 jeunes et un « Tour de France Inter » pour consulter des jeunes de tout le pays. L'opération est appuyée par une campagne médiatique sur l'ORTF.

Sa mère, Hélène Missoffe (née de Mitry), a également été députée et secrétaire d'État à la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing. Son frère, Alain Missoffe, a été candidat malheureux à la huitième circonscription de la Moselle aux élections législatives de 2007, face à Aurélie Filippetti, et nommé au Conseil économique social et environnemental de Lorraine.. Par sa mère, elle est liée à la famille Wendel et est cousine d'Ernest-Antoine Seillière, l'ancien dirigeant du patronat français et président du groupe Wendel. Elle est également cousine arrière-issue de germain avec le Premier ministre Gabriel Attal et la journaliste Apolline de Malherbe avec qui elle partage un même arrière-arrière-grand-père.

Elle est mariée depuis le à Guy de Panafieu, avec qui elle a quatre enfants. Diplômé de Sciences-Po Paris et de l'ENA, il a été inspecteur des finances, puis cadre dirigeant de la Lyonnaise des eaux (devenue groupe Lyonnaise-Dumez, puis plus tard groupe Suez), puis président du groupe public informatique Bull et aujourd'hui cadre dirigeant bancaire de CA-CIB (Crédit Agricole-Corporate and Investissement Bank) et membre du conseil de surveillance du groupe M6 (télévision).

Carrière professionnelle

La rumeur voulant qu'à 19 ans elle ait été anarchiste libertaire à l'université de Nanterre est un ragot , car elle n'a des anarchistes, selon le fondateur de ce groupe Jean-Pierre Duteuil"Mai 68, une histoire politique", par Jean-Pierre Duteuil aux éditions Acratie, 2008 . L'hebdomadaire Minute a lancé la rumeur« Panaf », ou la politique en famille, par Annick Cojean, Le Monde du 11 avril 2000 et même le reporter Jean Bertolino, instruit par l'avocat François Sarda, l'a diffusée., pour tenter d'expliquer que Daniel Cohn-Bendit ait échappé à une expulsion du territoire après une émeute dans la faculté.

Trois mois après, quand Cohn-Bendit deviendra célèbre, l'étudiante devra passer mai et dans la propriété familiale avec ses sept frères et sœurs, en Normandie, pour fuir les paparazzi qui la harcèlent. Cette rumeur infondée, catégoriquement démentie dès 2000, va pourtant perdurer, en parlant d'intervention de la jeune femme auprès de son père, dans le livre de Gabriel Cohn-Bendit en 1999 puis dans les entretiens avec Stéphane Paoli et Jean Viard publiés en par son frère, Daniel Cohn-BenditDaniel Cohn-Bendit, Forget 68 ; entretiens avec Stéphane Paoli et Jean Viard, Éditions de l'Aube, 5 avril 2018., qui l'année suivante ne mettra plus le détail qu'au conditionnel dans sa biographie par Emelyne Cazi, s'attirant en 2011 une série de démentis de l'intéressée"Paroles de femmes sur ces machos qui nous gouvernent", par Candice Nedelec, JC Gawsewitch Editeur 2011"Et Dieu créa les femmes" par Jean-Claude Lamy, Albin Michel, 2011, mariée depuis le à un chef d'entreprisePortrait dans France-Soir, en 2012 .

Françoise de Panafieu, diplômée de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris, a étudié l'histoire à Nanterre en 1967-1968 et est diplômée d'une licence en sociologie de la Faculté des sciences humaines de Paris.

De 1970 à 1973, elle est cadre dans une société de recrutement de personnel puis entre rapidement en politique comme assistante parlementaire de son père François Missoffe, alors député du de ParisFrançoise de Panafieu : Elle avait Paris en obsession, France Soir, 24 novembre 2011 (consulté le 29 décembre 2017).

Parcours politique

vignette|gauche|Françoise de Panafieu aux cérémonies du . En 1979, elle entre au Conseil de Paris comme conseillère du après la démission de sa mère, Hélène Missoffe.

De 1980 à 1983, elle est adjointe au maire de Paris, Jacques Chirac, chargée des questions périscolaires. Elle est ensuite chargée de la culture, de 1983 à 1995. Elle institue en 1993 une commission chargée d'identifier et de mettre à l'index les ouvrages « contraires aux bonnes mœurs » présents dans les bibliothèques municipalesBiographie : Qui est Françoise de Panafieu ? par Noël Blandin, dans La République des Lettres, 24/01/2008..

De 1983 à 1995, elle est conseillère de Paris du notice biographique du Who's Who 2006.

En , suppléante d'Alain Juppé, elle devient députée RPR quand celui-ci est nommé ministre du Budget dans le gouvernement de Jacques Chirac.

Françoise de Panafieu est élue députée sous son nom une première fois le (réélue en 1993 et 1997 dans la dix-septième circonscription de Paris, à cheval sur les et de Paris). Avant elle, son père (1962-1974), puis sa mère (1974-1986), ont représenté le à l'Assemblée nationale.

Elle cède son siège de député à son suppléant Roland Coche en 1995 quand elle entre dans le gouvernement d'Alain Juppé en tant que ministre du Tourisme. Elle est 6 mois plus tard en même temps qu'un certain nombre de femmes du gouvernement (surnommées les juppettes).. Elle poursuit sa carrière politique à la mairie de Paris où, sous le mandat de Jean Tiberi, de 1995 à 2001, elle est cette fois adjointe chargée des parcs, jardins et espaces verts (elle est adjointe au maire de Paris sans interruption de 1980 à 2001).

De fin à , elle est ambassadeur, délégué permanent de la France auprès de l’UNESCO, organisation basée à Paris.

En , elle réintègre l'Assemblée nationale dans sa circonscription historique. À la suite de la défaite du RPR aux élections, elle prend parti en faveur de Philippe Séguin, contre Alain Juppé, pour qu'il prenne la tête du parti chiraquien.

En 2000, Françoise de Panafieu échoue à l'investiture du RPR pour l'élection municipale de 2001 à Paris. Elle est devancée par Philippe Séguin qui sera lui-même concurrencé lors du scrutin par le maire (exclu du RPR) de Paris Jean Tiberi et finalement battu par le candidat socialiste Bertrand Delanoë. Elle est élue maire du avec 50,60 % des suffrages contre la candidate apparentée communiste proposée par l'union PS-Verts-PC, Clémentine Autain (35,05 %), et le candidat tibériste Bernard Lafay (14,33 %).

Aux législatives de , sentant sa réélection difficile dans sa circonscription d'origine, l'est du , elle se présente en tant que dissidente dans la seizième circonscription de Paris voisine contre le député RPR/UMP sortant, Bernard Pons. Elle est élue députée le , pour la législature (2002-2007) et reprend les couleurs de la nouvelle UMP. Elle est alors nommée Vice-présidente du groupe UMP à l’Assemblée nationale – membre de la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée nationale, de la Commission nationale pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) et de la délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Lors de l'invalidation de l'élection législative dans son ancienne circonscription le , elle soutient le candidat UMP Patrick Stefanini, qui est battu par Annick Lepetit.

En 2005, elle devient secrétaire nationale de l'UMP, chargée de la culture, puis en 2006 « déléguée générale chargée des questions de société ».

Lors des élections législatives des 10 et 17 juin 2007, elle est réélue députée de la (ouest du ) dès le premier tour avec 64,68 % des voix contre notamment 12,50 % à Christine Goubert-Martin (PRG) et 3,10 % à Yves Contassot (Verts).

Candidate UMP à la mairie de Paris en 2008

Le , lors du premier tour des élections primaires, vote qui s'est en partie déroulé sur Internet, Françoise de Panafieu a obtenu 40,69 % des suffrages. Elle devance Claude Goasguen, chef de l'opposition municipale au Conseil de Paris depuis 2001, qui a recueilli 23,43 % des voix, Pierre Lellouche, qui obtient 18,95 % des suffrages, et l'ancien maire de la capitale, Jean Tiberi, qui arrive en quatrième position avec 16,98 % des voix. Pierre Lellouche comme Claude Goasguen contestèrent certaines modalités de cette campagne, dont une affaire de sondage commandé à l'Institut français d'opinion publique (IFOP) par des proches de la candidate.

Le et à la suite du retrait de Claude Goasguen pour le second tour, Françoise de Panafieu devient la candidate de l'UMP à la mairie de Paris en 2008.

Le , les élus UMP du Conseil de Paris élisent Françoise de Panafieu à la présidence du groupe UMP. Claude Goasguen, l'ancien titulaire en devenait le vice-président alors que Jean-François Legaret, le maire du , devenait vice-président délégué. Quelques élus, anciennement élus en 2001 sous les couleurs tibéristes, manifestèrent leur mécontentement en ralliant l'UDF ou les non-inscrits, comme son ancien opposant interne dans le , Philippe Lafay, mais aussi Jean-Pierre Pierre-Bloch ou Jean-Louis Arajol (le seul encore inscrit au groupe UMP). D'autres comme René Galy-Dejean, non reconduit pour les élections municipales de 2008, fondèrent en un nouveau groupe d'opposition (de cinq élus) au sein du conseil municipal.

Après les primaires est créée une association de soutien sur laquelle la députée de Paris s'appuie pour sa campagne municipale : Paris en vie, fondée par des jeunes et anciens jeunes UMP du de la capitale. vignette|Françoise de Panafieu, le 28 janvier 2008 à Paris.