N'Gaous, Nicives à l'époque antique, est une commune de la wilaya de Batna, en Algérie, située à au nord-est de Barika et à environ à l'ouest de Batna.

Toponymie

Anciennement appelée Nicives« Louis Antoine de Gondrin de Pardaillan de Montespan Antin (Société des sciences naturelles de Tunisie) », Mémoires de la Société nationale des antiquaires de France, Klincksieck, 1906, p. 130., selon Gsell, et désigne la population qui vivait à cet endroit. Nicives, selon Pline. Necaus ou Nicosium ou Nicivibus ou Nicius ou Castra à l'époque romaine. Nakaous, selon Ibn Hawqal. Nigaous, selon Al Bakri Nicaous, selon Al Idrissi. Ptolémée l'a décrite et la transcrite en caractère grec ancien. On retrouve aussi M'gaous. Nippis, selon Yves Modéran

Géographie

Relief La ville de N'Gaous se situe dans une région montagneuse, à d'altitude, proche du massif montagneux de Belezma.

Situation Le territoire de la commune de N'Gaous est situé au centre de la wilaya de Batna.

Transports La commune abrite deux gares routières, la nouvelle est mise en service depuis le ..

Localités de la commune La commune de N'Gaous est composée de quatorze localitésJournal officiel de la République Algérienne, 19 décembre 1984. Décret n° 84-365, fixant la composition, la consistance et les limites territoriale des communes. Wilaya de Batna, page 1488. :

Béni Ifrène Gherarda Lebrakta Leghbèche Lemdabisse Mengoussa Nord N'Gaous N'Gaous Centre Ouled Menaa Ouled R'Hab Ouled Messaoud Ouled Ali M'Hamed Ouled Belhadi Ouled Nouail

Histoire Préhistoire et Antiquité Des traces de huttes préhistoriques de quelques mètres de diamètre ont été découvertes à N'Gaous. Des vestiges acheuléens y ont été signalésCollogue de Sétif, 26-28 octobre 2009

À l'époque romaine, la ville fut un centre urbain de la tribu des Nicives qui sont des GétulesRevue africaine Journal des travaux de la Société historique algérienne, vol. 101-102, 1957-1958, p. 22., s'appelle NiciuibusJean-Pierre Laporte, 2006, p. 90, note 3.. Plusieurs stèles antiques y ont été retrouvées par les archéologues (Molchornor, « sacrifice d'un agneau » ou stèles de Saturne d'Afrique avec mention d'un sacrifice spécifiqueLaporte, 2006, p. 94.).

Deux évêques y sont attestés au : en 411 et en 484 ; un siècle plus tard, en 581, un certain Colombus est « évêque de l'église de Nicivibus » (episcopus ecclesiae NicivensisLaporte, 2006, p. 91.). À au nord de la ville, sur le site archéologique de Henchir Akhrib, ont été retrouvées les ruines d'une chapelle chrétienneStéphane Gsell, « Chapelle chrétienne d'Henchir Akhrib (Algérie) », Mélanges de l'Ecole française de Rome, vol. 23, 1903, pp. 3-25..

Période islamique Au Moyen Âge, la région est peuplée par les tribus Amazigh chaouis (Banou Ifren, les Ouled Soltane, les Ouled Soufiane, les Ouled Fatma)El Waten, M Bourki, 2006 , Sefiane souffre en silence Djazaires.com. Les Banou Ifren habitent la ville de N'Gaous et ont des parcelles de terres aux alentours pour la culture du blé, de l'orge et de l'abricot. Au , en 947, Abu Yezid (l'homme à l'âne) des Banou Ifren s'est réfugié à N'Gaous pour combattre les Fatimides avant d'aller à Belezma son dernier refuge avant sa mort.

La ville est prise par les Hammadides, Al Nasir nommera un gouverneur pour N'Gaous de 1062 à 1088. À l'arrivée des tribus hilaliennes ou les Riahs au , la région est dominée par eux jusqu'à la conquête française. Plusieurs Cheikhs et chefs de tribus vont influencer la région des Aurès par leurs savoirs. Parmi les Riahs célèbres, Yacoub Ibn Ali, fut un ami d'Ibn KhaldounIbn Khaldoun, Les prolégomènes.. Son père aussi a été un savant, versé dans les sciences religieuses.

À l'époque des Almoravides, Ibn Rania se réfugie à N'Gaous, puis il se sauve vers le Zab à l'approche des souverains Almohades. N'Gaous devient par la suite le théâtre d'affrontement entre les deux dynasties : les Hafsides et les Zianides.

Pendant l'ère musulmane, les deux mosquées célèbres, Sidi Kassam ben Djennan et les Sept dormants ont été construites par Sidi Kessam. La première date du début du . Cette mosquée est un vestige nationalLouis Piesse, Itinéraire de l'Algérie.. Sidi Kacem fut un marabout (saint) très respecté par les habitants de la ville, il est venu de la Hodna et fut enterré en 1628 près de la mosquée.

Léon l'Africain décrit les terres fertiles de N'Gaous. Les fruits de cette ville étaient les meilleurs du Royaume de Tunis. Les habitants de N'Gaous disent que c'est la ville des cent et une fontaines.

Période ottomane Marmol déclare que les Ottomans ont déchu les habitants de la ville ce qui a emmené une dégradation de la villeL. Féraud, « Entre Sétif et Biskara », Revue Africaine, 1860, pp. 187-197.. La mère d'Ahmed Bey est enterrée à N'Gaous. Ahmed Bey s'est réfugié dans cette ville lorsqu'il était traqué par l'Armée françaiseJean Louis et Geneviéve Guyon, Voyage d'Alger aux Ziban, Imprimerie du gouvernement, 1852, p. 294..

Période de la colonisation française L'armée française prend la ville et les Aurès. Les Ouled Sotane vont se soulever avec d'autres tribus, mais l'Armée française arrête les meneurs. Une révolte en 1916 des tribus a été lancée à partir de la mosquée de N'Gaous, mais l'armée française a mis en échec cette rébellion.

Population La population de N'Gaous était principalement constituée de membres des .

Pyramide des âges

Évolution démographique Population de la commune de N'Gaous de 1987 à 2008 Historical and demographical data of the urban centers Consulté le 16 décembre 2011 1987 1998 2008

Économie

La culture de l'abricot est la principale ressource économique de la région de N’Gaous. Une unité de transformation des fruits et de production d'eaux fruitées, de boissons et conserves est installée dans la commune depuis 1980 implantée sur un terrain de . Les produits agroalimentaires issus de l'unité de N'Gaous du groupe ENAJUC, desservent le marché national algérien et mondial notamment vers la France, l'Angleterre et le Canada. L'usine de production a obtenu la certification du système de management ISO 9001, version 2000..

Vie quotidienne Sport Football, l'équipe CRBN'Gaous, le club joue en division honneur de l'est de l'Algérie.

Patrimoine

Fêtes et festivals La fête annuelle de l'abricot est une fête locale qui dure trois jours et qui commence avec le lancement de la campagne de récolte (aux alentours de la troisième semaine de juin). Cet évènement réunit des producteurs d'abricots de toutes les communes nord-ouest de la wilaya de Batna, qui exposent leurs produits et leurs études sur les abricots (maladies, amélioration de la qualité du fruit...)..

Cultes La mosquée des «Sept dormants» date du et abrite la tombe des Sept dormants où selon la légende locale, sept jeunes hommes disparus mystérieusement ont plongé dans un profond sommeil; et également la tombe de Rokia, la mère d'Ahmed Bey, morte le à N’Gaous..

Légende Lounis Mahfoud rapporte la tradition orale de la légende des Sept dormantsFrançois Jourdan, La tradition des Sept Dormants: une rencontre entre chrétiens et musulmans, Maisonneuve & Larose, 2001 [], pp. 148-149.; les faits se passent au temps de l'empereur Dioclétien, et se déroulent comme celle rapportée par la légende des sept Dormants d'Éphèse. D'après cette légende, la ville de N'Gaous fut édifiée au moment où le roi décrète de construire un monument près de la caverne.

Personnalités liées à la commune Mériem Bouatoura, combattante indépendantiste de la guerre d'Algérie, originaire de N'Gaous. Houamel Abdelkhader, artiste-peintre, révolutionnaire, né à N'Gaous. Salima Souakri, judoka, catégorie , sa famille est originaire de la ville. Amraoui Hassane, artiste-peintre, né à Tifrent, N'Gaous. Nadi Bouguechal, est un artiste peintre né le à N’GaousPrésentation de Nadi Bouguechal sur artactif.com, consulté le 23 juin 2012 Djahida Houadef, artiste peintre. Linda Bougherara, artiste peintre , native d'Alger , mais a vécu à N’Gaous, là où elle a peint ses premières toiles sur chouf-chouf.com, consulté le 23 mai 2015 Abdelmalek Boudiaf , ministre de la santé dans le gouvernement algérien en 2013. Omar Belhouchet, directeur du quotidien El Watan Ziad Bounab journaliste à la télévision algérienne à la retraite.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, traduit par Slane, Alger, Berti, 2003 Stéphane Gsell, Atlas archéologique de l'Algérie, Paris, 1911, f. 26, notice 161 Jean-Pierre Laporte, « N'Gaous (Numidie) : deux inscriptions nouvelles », dans Ségolène Demougin et alii, H.-G. Pflaum, un historien du XXe siècle, Droz, coll. « EPHE Hautes études du monde gréco-romain », 2006 ,

Articles connexes Communes de la wilaya de Batna Daïras de la wilaya de Batna

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