Louis Thomas est un écrivain, romancier, essayiste, polémiste et éditeur français né à Perpignan le et mort à Bruxelles le . Condamné en 1949 pour faits de collaboration avec l'ennemi, il partit vivre après 1951 en Belgique.

Biographie Louis Thomas fit des études secondaires dans les différentes villes où son père enseignait. Il les termina au lycée Henri-IV à Paris. Il fit des études universitaires à La Sorbonne et à l'Université nouvelle de Bruxelles, sans toutefois obtenir de grade académique.

Il fut engagé volontaire en et fit 10 mois de service militaire comme étudiant en médecine; il fut ensuite réformé .

Il fonda la revue éphémère Psyche en 1906.

Il épousa en 1909 la mezzo-soprano Raymonde Delaunois. Après une grossesse extra-utérine, elle n'eut pas d'enfant. À peine installé à Paris, le jeune couple se retrouva dans le premier cénacle parisien qui promouvait la musique de Claude Debussy. Par le truchement de la Société des dilettantes, qu’il venait de fonder, Louis Thomas organisa un concert, le , consacré à des œuvres inédites de ce compositeur.

Thomas débuta très jeune comme poète mais également dans une carrière d'érudit. Il se fit remarquer par l'édition de la correspondance de François-René de Chateaubriand. Il fut d'autre part un auteur prolifique de livres dédiés à un nombre de personnages intéressants. Il fit surtout œuvre de compilateur de faits-divers et de bons mots, sans grande originalité. Dans la revue du Mercure de France du , Paul Léautaud fit une démonstration de plusieurs plagiats revendiqués de Louis Thomas, qu'il connaissait bien et appréciait peu.

Louis Thomas s'engagea volontairement en et partit comme cycliste aux armées avec le de chasseurs à pied, le . Il fut promu caporal le , puis sergent le , cité à l'ordre de la . Il fut nommé adjudant le et sous-lieutenant le . Il fut promu lieutenant le . En 1917, il était au Maroc (où il reçut une citation) et revint en métropole à la fin de l'année 1918 (2 citations en octobre et novembre). Il reçut la Légion d'honneur, comme chevalier, à titre militaire.

Tant pendant qu'après la guerre, Thomas publia de nombreux livres ayant la Grande Guerre comme sujet. Étant militaire lui-même, et afin d'éviter des ennuis, la plupart fut publié sous différents pseudonymes.

Après 1918 il suivit son épouse, qui était engagée au Metropolitan Opera à New York et résida plusieurs années aux États-Unis. Il y exerça son métier de journaliste, traduisit des livres en français (entre autres deux livres du banquier Otto Hermann Kahn) et fit la promotion des artistes-peintres figuratifs français.

De retour en France, il fonda la revue Les Affaires économiques et financières en 1925. Il fut l'un des contributeurs de la Revue critique des idées et des livres de Jean Rivain et Eugène Marsan. Il contribua aux journaux édités par Léon Bailby.

Resté, à sa demande, officier de réserve, il fut affecté du au , comme lieutenant au régiment régional de protection à Strasbourg. Il fut réaffecté, sur sa demande, au de pionniers nord-africains, le . Il fut prisonnier de guerre, d'abord à Nancy, ensuite dans un Offlag à Münster du au ..

Durant l'occupation de la France par l'Allemagne, de à l'été 1944, il devint l'un des collaborateurs du régime nazi. Il devint un des prête-noms de Gerhard Hibbelen, un nazi qui s'accaparait des maisons d'édition ayant appartenu à des juifs. La première fut l'acquisition des éditions Offenstadt qui fut incorporée dans les Éditions Le Pont, une maison d'édition française créée par les autorités allemandes.

En , les Allemands désignèrent Louis Thomas comme directeur littéraire des éditions Calmann-Lévy, aryanisées, à nouveau comme prête-nom de Hibbelen. En 1940, Gaston Calmann-Lévy, alors âgé de soixante-quinze ans, avait été interné en tant que juif. Ses fils avaient rejoint de Gaulle à Londres). Paul Léautaud témoigna dans son Journal :

Thomas fut remplacé en 1943 par Henry Jamet, autre prête-nom de Hibbelen, qui reprit Calmann-Levy en la rebaptisant "Éditions Balzac". Thomas avait entre-temps obtenu une licence exceptionnelle pour fonder sa propre maison d'édition, sous le vocable "Aux Armes de France". Il l'utilisa en ordre principal pour l'édition ou la réédition de ses propres écrits.

Parmi les nouveaux écrits de Thomas, une demi douzaine étaient dans la veine de l'antisémitisme. Il défendait la thèse de l'expulsion des Juifs vers l'une ou l'autre terre inhabitée (à Madagascar, Nouvelle-Guinée ou autre) où ils pourraient fonder un état juif. Il devint un des théoriciens de l'antisémitisme pour le parti de Marcel Déat.

En il prit la fuite vers l'Allemagne. Sa voiture fut attaquée par un avion allié qui tua sa troisième femme et la fille de celle-ci. Lui-même grièvement blessé put, après les soins dans un hôpital en Lorraine, poursuivre sa fuite vers Sigmaringen, lieu de ralliement des collaborateurs français en fuite. Après la fin des hostilités il se rendit en Suisse, mais y fut refusé. Il retourna à Paris, où il fut arrêté et incarcéré.

Il fut condamné le , pour faits de collaboration avec l'ennemi, par la cour de justice de la Seine, aux travaux forcés à perpétuité, à la dégradation nationale à vie et à la confiscation de tous ses biensHenri Temerson, Biographies des principales personnalités françaises décédées au cours de l'année, Hachette, 1964, .. Grâce aux démarches entreprises par Raymonde Delaunois, cette peine fut ensuite ramenée à vingt ans de prison. Il bénéficia d'une libération conditionnelle en 1951, et partit s'installer en Belgique où il reprit le métier de journaliste et où il mourut en 1962.

Privé Thomas épousa Raymonde Delaunois en 1909 à Bruxelles. Ils se séparèrent en 1925 et le divorce fut prononcé en 1936. Ils demeurèrent néanmoins proches et Raymonde fut son grand soutien lors de ses déboires judiciaires et demeura à ses côtés jusqu'à sa mort.

Il se remaria en 1937 avec Michelle Bordenave, mais divorça en 1939.

Il se maria une troisième fois en 1944 avec la veuve Christine Lamerre, mère d'une petite fille. Mère et fille moururent sur la route de l'exil.

Œuvres Louis Thomas a publié la majorité de ses écrits sous son nom. Il a toutefois aussi utilisé de nombreux pseudonymes, parmi lesquels : « Capitaine Z… », « Henry Dugard », « Suzy Leparc », « Panurge », « Georges Pierredon », « Un lieutenant des chasseurs ». Il a publié une centaine de livres et écrit des milliers d'articles dans de nombreux journaux et périodiques.

1903 Lettres de Chateaubriand à Sainte-Beuve, publiées par Louis Thomas (8 pages extraites du Mercure de France, ) (Poitiers, imp. de Blais et Roy – Paris, Champion).

1904 Lettres de Chateaubriand à Sainte-Beuve, (6 pages extraites du Mercure de France, , p. 311-316), (Poitiers, imp. de Blais et Roy) La Vie privée de Guillaume de Nogaret (Toulouse, E. Privat, Annales du Midi, pp. 161–207) Lettres inédites de Chateaubriand, publiées par Louis Thomas (12 pages extraites du Mercure de France, ), (Poitiers, imp. de Blais et Roy).

1905 Arthur Symons, Qu’est-ce que la poésie, traduit par Édouard et Louis Thomas, dans : Vers et prose, 1905, pp. 29–33. Arthur Symons, Le Chant du vagabond, traduit par Édouard et Louis Thomas, dans : Vers et prose, 1905, p. 97. Arthur Symons, Un poète d’attitudes, traduit par Édouard et Louis Thomas, dans : La Plume, . (Titre original : Studies in Prose and Verse). Arthur Symons, Le Dernier Livre d’Oscar Wilde, traduit par Édouard et Louis Thomas, dans : Le Beffroi, 1905, p. 304-310. Voltaire, Lettres inédites à Turgot, Avec commentaires de M. Louis Thomas, Paris, Revue politique et littéraire (Revue Bleue), 1905, .

1906 Arthur Symons, Aubrey Beardsley, traduction par Édouard et Louis Thomas et Jack Cohen (Paris, Floury) Les dernières leçons de Marcel Schwob sur François Villon (Paris, Éditions de Psyché). La maladie et la mort de Maupassant (Bruges, Arthur Herbert, Collection du spectateur). Sub regno Cynarae * Les flûtes vaines (Paris, Éditions de Psyché). Sub regno Cynarae ** Les cris du solitaire (Paris, Éditions de Psyché). Lily, cahier de vers (Paris, Éditions de Psyché, impr. H. Jouve).

1907 Yette, fragments de mes mémoires (Paris, E. Sansot, 7, rue de l’Éperon, ). Arthur Symons, Poésies, pour la plupart traduites et précédées d’un essai sur l’auteur par Louis Thomas (Bruges, Arthur Herbert, 194 pp.). Arthur Symons, Portraits anglais. Dédié à Remy de Gourmont, traductions par Jack Cohen, Henry-D. Davray, Georges Khnopff, Édouard et Louis Thomas. (Bruges, Arthur Herbert, 350 pp.) Portraits de : *Thomas de Quincey, *Nathaniel Hawthorne, *William Morris, Walter Pater, Georges Meredith, *Robert Louis Stevenson, *John Addington Symonds, *Robert Buchanan, *Oscar Wilde, *Hubert Crackanthorpe, *Robert Bridges, *Austin Dobson, *W. B. Yeats, *Stephen Phillips, *Ernest Dowson, *Le fait en littérature, *Qu’est-ce que la poésie ?, *Un censeur des critiques. (Les textes avec * ont été traduits conjointement par Édouard et Louis Thomas).

1908 Tablettes d’un cynique 1905-1907, dédié à Paul Drouot, (Mons - Paris, Éditions de la Société Nouvelle) . Poésies de Choderlos de Laclos, publiées par Arthur Symons et Louis Thomas (Paris, Dorbon Aîné, 53ter Quai des Grands-Augustins, tiré à 312 ex. numérotés, imprimerie J. Dumoulin) (introduction par L. Thomas, appendice par Arthur Symons, traduit par Édouard et Louis Thomas).

1909 L’esprit de Monsieur de Talleyrand, anecdotes et bons mots, recueillis par Louis Thomas (Paris, Dorbon Aîné, 19 Boulevard Haussmann, Collection Les bibliophiles fantaisistes). Arthur Symons, Cité d'automne. Trad. Édouard et Louis Thomas in Akademos, . Les douze livres pour Lily, poèmes, dédié à Henri Vandeputte, (Paris, Dorbon Aîné, Collection Les bibliophiles fantaisistes). L’Esprit de Mazarin, anecdotes et bons mots, (Paris, Dorbon Aîné, Collection Les bibliophiles fantaisistes). Le Général de Galliffet (Paris, Dorbon Aîné, Collection Les bibliophiles fantaisistes).

1910 La Promenade à Versailles, avec des ornements de Pierre Hepp, (Paris, Dorbon Aîné). L’Espoir en Dieu, roman, dédié à Remy de Gourmont (Paris, Dorbon Aîné, collection Les bibliophiles fantaisistes, 53 ter, Quai des Grands-Augustins) . ps. Suzy Leparc, Petits mémoires de la vie littéraire (Paris, E. Sansot). ps. X. L. C. B., En marge de la littérature (Paris, A. Messein, coll. Contes et anecdotes, 19 Quai Saint-Michel) . Attribué à Louis Thomas d'après : Lorenz, Thieme et un article de Paul Léautaud dans le ″Mercure de France″ 16-XI-1910, p. 380-382. Arthur Symons, Esther Kahn, traduit par Édouard Thomas et d’autres [dont Louis Thomas], (Paris, La Renaissance du Livre). Le Général de Galliffet, (Paris, Dorbon Aîné)

1911 Vingt portraits : Elémir Bourges, François de Curel, Jules de Gaultier, Louis Anquetin, Claude Debussy, Gabriel Fabre, Émile Bernard, Pierre Louÿs, Henry Bataille, René Boylesve, Marcel Boulenger, Renée Vivien, Claude Farrère, Gaston de Pawlowski, Legrand-Chabrier, Edmond Jaloux, André Rouveyre, Joseph Bossi ps. de Christian Beck, Léon Bocquet, Nandor Sonnenfeld (Paris, A. Messein). . Souvenirs sur Moréas, (Paris, E. Sansot). .

1912 André Rouveyre, avec un portrait par Henri Matisse (Paris, Dorbon Aîné, Collection Les bibliophiles fantaisistes). . Curiosités sur Baudelaire, (Paris, A. Messein).. La maladie et la mort de Maupassant, (Paris, A. Messein, édition complètement remaniée). Lucile de Chateaubriand, Œuvres, éditées par Louis Thomas (Paris, Albert Messein, Collection Société des Trente). François-René de Chateaubriand, Correspondance générale, publiée avec introduction, indication des sources, notes et tables doubles par Louis Thomas, Tomes I et II, (Paris, Librairie Ancienne Honoré et Édouard Champion, Éditeurs, 5, Quai Malaquais). François-René de Chateaubriand, Amours, textes choisis avec une introduction et des parenthèses par Georges Pierredon (Paris, Sansot, Nouvelle bibliothèque de variétés littéraires).

1913