Jean Lejeune, né le à Herstal et mort le à Liège en Belgique, est un historien et un homme politique belge ainsi qu'un militant wallon.

Biographie Enfance et famille Jean Lejeune est le deuxième enfant du poète wallon Jean Lejeune, dit Jean Lamoureux et de son épouse Adrienne Vercheval. Sa sœur aînée est la philologue Rita Lejeune. Jean Lamoureux, frappé par la terrible épidémie de grippe espagnole qui ravage l'Europe, meurt à la fin de la Première Guerre mondiale, Jean Lejeune, qui a alors quatre ans, est élevé par sa mère, qui reprend son activité de couturière, et par sa sœur aînée Marguerite dite « Rita ». Malgré une situation sociale des plus modestes, comme sa sœur, il entreprend et termine avec succès des études supérieures à la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Liège, où il acquiert le titre de Docteur en histoire en 1938.

Seconde Guerre mondiale Appelé à l'armée par les menaces puis par la déclaration de guerre en 1939, il est sous-lieutenant au Régiment de Ligne, le régiment où Willy Bal, aspirant officier, commande un peloton de la Division d'infanterie. Lors de l'invasion de la Belgique en , il se distingue, notamment lors de la Bataille de la Lys, où il supporte le choc de l'attaque du , entre Courtrai et Wielsbeke malgré bon nombre de défections dans les régiments flamands, face aux troupes fraîches de trois divisions allemandes.

La Lys est franchie par l'envahisseur et le Roi Léopold III ne tarde pas à capituler. Fait prisonnier, Jean Lejeune est emmené en Allemagne avec autres soldats n'ayant pas réussi un test linguistique de langue néerlandaise dans le cadre de la Flamenpolitik : il y demeure cinq ans captif, notamment en Poméranie.

Pour vaincre l'inaction, il jette les bases ce l'ouvrage qui deviendra sa thèse d'agrégation de l'enseignement supérieur Liège et son pays. Naissance d'une patrie (s) en 1945.

Retour à la vie civile Rendu à la vie civile et retrouvant Liège, il constate l'échec de son mariage, contracté avant la guerre, mais devient Secrétaire Général de l'association « Le Grand Liège » puis assistant du professeur Paul Harsin de 1947 à 1955, ensuite chargé de cours et enfin professeur à partir de 1959, titulaire de la chaire d'Histoire de Belgique et d'histoire de la principauté de Liège.

La publication de sa thèse lui vaut une notoriété et une réputation scientifique mais c'est la publication par le Grand Liège de son livre sur « La Principauté de Liège », ouvrage de vulgarisation mais de haute tenue qu'il dédie à sa sœur Rita, qui lui vaut une large popularité.

Tout en continuant son œuvre scientifique émaillée de publications, Jean Lejeune se lance aussi dans une carrière politique communale qui va faire de lui un conseiller communal dans les rangs du parti libéral puis, presque aussitôt, un échevin des Travaux Publics et des Musées, réalisant un programme de travaux et de promotion de la vie culturelle qui va changer le visage de Liège.

Jean Lejeune est néanmoins partisan du « tout à l'automobile », influencé par les idées du groupe architectural l'Équerre.

Dans les années 1960, responsables politiques et techniciens s’accordent pour adapter le centre de Liège à la circulation automobile. Le plan Lejeune est adopté en 1968. Il prévoit de transformer la place Saint-Lambert en carrefour de voies rapides, ainsi que de créer en sous-sol une importante gare des bus et deux mille places de parking.

Le plan d'aménagement suppose de nombreuses démolitions. C'est presque tout le quartier situé entre la place Saint-Lambert et la rue Haute-Sauvenière qui disparaît dans le courant des années 1970.

Il participe à certains congrès nationaux wallons, use de toute sa science pour défendre la réunion ou le retour des Fourons à la province de Liège. Il pense même qu'en réalité les Flamands cherchent à couper la Wallonie des pays voisins.

Il est également président de l'association Le Grand Liège. Lors de la formation du Gouvernement Eyskens-Merlot en 1968, ce membre libéral de Wallonie libre se lance dans un plaidoyer passionné face à cette association en principe apolitique en faveur du fédéralisme.

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Source Encyclopédie du Mouvement wallon, Tome II,

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