On désigne sous le vocable de moulin de la SiagnoleLes sources de la Siagnole de Mons, M. Étienne, Thèse Doct. , 1987, Univ. Sc. et Tech. du Languedoc, Montpellier le regroupement des anciens moulins communaux de Mons, rachetés à la commune à la fin de la Seconde Guerre mondiale par l'ancien meunier du village, Jean Lambert, qui les entretient, les maintient en état de fonctionnement et les ouvre au public lors de la fête des moulins (fête du patrimoine), à l'occasion de laquelle il remet tout en marcheLe Moulin de la Siagnole.

Ces moulins se composent d'un double moulin à huile et essence, et d'un moulin à blé.

Ces moulins sont une propriété privée, il n'y existe pas d'organisation de visites. Tous les ans, en principe, journée portes ouvertes pour la fête des moulins en juin. Les moulins sont dans le périmètre de protection naturelle Natura 2000 (directive européenne) et dans le périmètre de protection de captage des sources dites du Neissoun.

Géographie Situé sur la Siagnole, à d'altitude, à au sud de la commune de Mons (Var) par l'ancien chemin (devenu GR49), ou par la route moderne, en aval () des sources du Neissoun, en dessous du château de Beauregard.

L'aqueduc de Mons à Fréjus chemine sur la rive opposée, d'où des conflits sur les droits d'eau de la Siagnole.

Accès : par la D56, accessible depuis Fayence, Montauroux, Mons : la route, qui descend dans les gorges de la Siagnole offre des points de vue magnifiques, mais est étroite, et les croisements peuvent y être délicats.

Synonymes Moulins communaux de Mons, Moulin de Mons, Moulin Lambert, Moulin de fer.

Historique thumb|upright=1.0|Moulin de la Siagnole en hiver Les moulins à eau ont eu leur âge d'or au , époque de fort développement économique et agricole, (avec localement les restanques, seule solution au manque de terrain en zone aride) : on en a alors compté jusqu'à 1185 dans le Var. Mais, rapidement, et comme partout, l'industrie les a rendus non rentablesD. Solakian, Une communauté paysanne de Provence pendant la Révolution : Mons, Var, 1789-1795, Maîtrise d’Histoire, Paris-Sorbonne, janvier 1969..

La plupart sont tombés en ruines, certains ont été reconvertis, souvent en boites de nuit, quelques-uns en musée et un petit nombre a été maintenu en état de fonctionner, la plupart par des associations ou des passionnés comme le meunier communal de Mons, Jean Lambert.

Selon les documents abondent comme aux archives départementales du Var à DraguignanMeunier aux moulins à farine et à huile de la Siagnole à Mons (1/2)Meunier aux moulins à farine et à huile de la Siagnole à Mons (2/2), il a existé de nombreux autres moulins peu éloignés : les deux moulin à rodet (ou à cuillères, en ruines) d'Esclapon, sur le Fil (autrefois Orfil), en rive droite, le moulin dit médiéval (ruines) immédiatement en aval du Neissoun, en rive gauche, le moulin à rodet de Villevieille (ruines), 700 en amont du nôtre, mais en rive droite, le moulin à plâtre dit de Fayence (ruines) : en aval du nôtre, en rive droite, avant le vallon de San-Peyre et Frigoure, et le moulin (détruit) des Ajustadous (confluence de la Siagne et de la Siagnole) en aval du nôtre, en rive gauche. Il serait de plus étonnant que les romains n'en aient pas installé un lors de la construction de l'aqueduc de Mons à Fréjus.

Pour le moulin communal, les premières traces écrites sont liées à ce fief de la famille des Villeneuve qui par ses unions a contrôlé une très grande partie de la ProvencePrésentation du village : Les moulins de Mons.

Les Villeneuve partagèrent progressivement leurs privilèges avec la population, anticipant largement 1789, qui s'en souvint peu et même les décima. Patrick et Laure de Clarens leur succédèrent. Mons put ainsi se développer notoirement et participer au développement des viles voisines.

Faisant suite à l'acte d’Habitation signé par Antoine de Villeneuve en 1468 accordant droit de chasse de pêche de pâturage, d'ouvrir une boucherie et un café … Henri de Villeneuve, surnommé 'le cruel' va plus loin et par transaction du cède ses moulins à blé et à huile :

Son épouse, Constance Fernandez fera casser cette transaction. Cet accord signera la fin des autres moulins, celui de Fayence, sous San-Peyre, deviendra quelque temps un moulin à plâtre, et le moulin amont dit de Villevieille sera abandonné sans doute du fait de sa technologie obsolète (à rodet ou cuillères). Les temps passent, les moulins sont alors dénommés engeins et, après le grand essor agro-industriel du début du , ils seront baptisés 'usines'.

Ces moulins n'ont pas encore livré tous leurs secrets. Mais les monsois y sont en permanence restés très attachés, preuve en sont les véhémentes protestations du conseil municipal de Mons à propos du projet du canal Jourdan (délibération du 14/11/1847): résultat : ils ont réussi à maintenir un droit d'eau d'un débit minimum de 100 litres par seconde au niveau des moulins communaux sur les 300 litres de débit moyen de la source du Neissoun et dont le surplus est renvoyé à la Siagnole bien en aval par le Vallon de San Peyre.

Plan d'ensemble thumb|Plan des moulins en 1870

Les emplacements propices à la construction d'un moulin à eau n'ont pas varié depuis les temps les plus reculés : ainsi on observe souvent des traces d'empilements de structures d'âge différent, et dans le Var, en fouillant les sites de moulins modernes, il n est pas rare de retrouver des structures pouvant remonter jusqu'au .

Le bief ou canal d'alimentation Capture des eaux de la Siagnole, et bief (canal d'alimentation).

Témoignages sur la vie de meunier En 1792, les moulins devenus communaux font l'objet d'une inventaire complet ainsi que d'une évaluation, puis en 1807 d'un devis de remise en état du moulin à huile, préalables en 1818 à un cahier des charges précisant les conditions de son adjudication par périodes de 4 ans (900 francs en 1852). Tout ne fut pas rose : la commune de Mons et les Grands travaux de Marseille constructeurs et exploitants du canal Jourdan terminé en 1895 ont dû user des tribunaux pour se départager. Les moulins avaient une grande importance auprès de la population paysanne au fil des saisons.

Les terres étaient pauvres, elles leur assuraient les produits du terroir : blé, olives, tilleul, lavande, pois chiches (ces légumes secs représentaient « l'or des paysans ». Il servaient à faire de la farine pour les bouillies mais aussi pour la soccaSocca et produits similaires, sorte de crêpe qui se consomme encore dans les vieilles rues de Nice, pour perpétuer la tradition des anciens). Et lors de la construction du canal Jourdan doublant l'aqueduc romain de Mons à Fréjus, le moulin nourrissait les ouvriers de l'époque (prisonniers bulgares) : c'était l'époque de Tonin Gras suivi par son fils Armand.

Le recrutement des meuniers particuliers se faisait pour 4 ans, moyennant une rente annuelle qui constituait le revenu le plus important de la communauté.

En 1627, mission est donnée aux consuls d’appeler les maçons, pour traiter du prix de la facture de l'écluse du moulin, point de départ de la béalière ou canal qui conduit l'eau au moulin. (voir carte)

Tous les ans, un cahier de doléances est ouvert pour vérifier le bon fonctionnement : il est le plus souvent rempli d'anecdotes croustillantes… En 1683, défense est faite aux rentiers des moulins à farine, de continuer à moudre pour les étrangers (à cause de l'usure et du renouvellement des meules !)

La communauté doit rester vigilante. En 1689, elle défend de détourner l'eau du moulin, sous peine de trois livres d'amende.

Les paysans, au début du , venaient « faire moudre » leur blé pour fabriquer eux-mêmes leur pain. L'hiver, ils apportaient leur récolte d’olives au moulin à huile. Cette huile servait à la cuisine, mais aussi à l'éclairage, l’électricité n'étant pas encore amenée dans les campagnes. Les routes n'étaient pas aménagées et c'est, à dos de mulet, par les chemins rocailleux, que les paysans se rendaient aux moulins.

Avec de blé on obtenait environ de farine. Ce poids ne pouvait être dépassé, car il constituait la charge maximum que pouvait porter un mulet.

Vers 1914, la Société des Grands Travaux de Marseille qui gère la Société des Eaux, décide de faire un second canal, pour doubler le canal romain. Des prisonniers bulgares avaient été mobilisés pour la réalisation de cet ouvrage. Ils se ravitaillaient au moulin tenu à cette époque par (Tonin Gras). Ses enfants devaient assurer la suite, à partir de 1930.

Armand, l'un de ses fils, bon meunier, homme honorable, entretenait ses terres et son moulin très consciencieusement.

La Deuxième Guerre mondiale va modifier considérablement le rythme des moulins. La clandestinité, le troc s'installent peu à peu. Mille autres péripéties viendront modifier la vie paisible des moulins, jusqu'à la fin de la guerre. C'est à ce moment-là que la municipalité va reconduire la location des moulins de Mons. La seule solution : faire tourner les roues, les huiler, les réparer ! Tout était contrôle par le fisc au moyen de congés ou d'acquit. La seule récompense était le travail bien fait et le plaisir de recevoir le voyageur qui voyant la cheminée du moulin, venait s'y réchauffer le cœur. Encore que … en mairie un cahier de doléances était ouvert, oui chacun pouvait critiquer le travail du meunier ou la précision de sa bascule ! Et Germaine n'était pas encore là pour améliorer l'ordinaire avec les revenus de sa petite boulangerie-épicerie. Aussi longtemps que Germaine fut l'épicière du village, le crédit ne s'est jamais arrêté, il parait même qu'il court encore.

Entretien des meules et du moulin : L'entretien du moulin consistait à surveiller, régler, graisser, nettoyer méticuleusement tout le mécanisme y compris le rhabillage des meules, dans la mesure où le meunier en était capable ; sinon, il devait avoir recours à un rhabilleur de métier. Cela consistait à refaire les petites rainures des meules. Cette opération était très importante, pour la qualité de la farine.

Pendant six mois le moulin tournait à plein, le reste du temps, il fallait penser à l'entretien de tous ses éléments : En premier la meule : qui devait être re-surfacée (rhabillage) à la mailloche. Au niveau de la machinerie : c’était le moment de changer les alluchons (dents des roues de transmission) défaillants : pour cela on utilisait du bois de sorbier ou courmier. Changer les planches de la grande roue, entretenir la turbine Et surtout nettoyer et réparer le bief ou béal d'adduction d'eau, qui fuyait, s'entartrait, était pollué par des avalanches de terrain ... le débarrasser de ses truites et écrevisses. Battage blé = aux pieds mulets, rarement rouleau. Tarare (machine) pour enlever pailles et poussières

Le moulin à olives Le moulin à olives est le plus ancien.

À Mons, les moulins communaux furent mis en vente en 1960. Jean Lambert, par amour de son outil de travail et avec la complicité de Germaine son épouse, se résolut à puiser dans leurs ressources et perdre de l'argent et de l'énergie pour que les générations futures conservent ce témoignage de leur passé. C'est en continuant à les faire tourner, à moudre le blé et à presser les olives, qu'il leur prodigue les soins les plus attentifs. II restaure ainsi entièrement la grand-roue du moulin à huile, aidé de quelques précieux amis bénévoles.

La vie du moulin était rythmée par deux campagnes successives : celles du blé et de l'olive : Campagne de l'olive : du au : Les habitants de Mons apportaient leur récolte toute fraîche pour la presser en une tournée. Une tournée prenait environ une heure et demie, et le presseur gardait pour lui 2 litres d'huile par tournée soit 8 à 10 litres par jour. Chaque tournée produisait environ 40-45 litres (les olives d'altitude étaient moins grosses et moins mures). Il fallait en moyenne 12 kg d'olives soit un décalitre d'olives pour faire un litre d'huile (ou pour faire 20 litres), mais cela dépendait évidemment de la qualité des olives.