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La Tentation d'Ève est une sculpture médiévale représentant une femme nue couchée, Ève, se saisissant d'un fruit sur une branche tenue par une main griffue. Ce bas-relief, attribué au sculpteur Gislebert, ornait le linteau du portail est de la cathédrale Saint-Lazare d'Autun. Il est daté de 1130 environ. Il est démonté en 1766, ainsi que le reste du linteau et le tympan du portail, le Tombeau de saint Lazare, le Jubé (1743) et tout l'espace du chœurSite sur l'Art Roman en Bourgogne, Autun, cathédrale Saint-Lazare.. Depuis 1935, La Tentation d'Ève est classée au titre des monuments historiques. Cette œuvre est conservée à Autun au musée Rolin.

Description Le bas-relief, aujourd'hui incomplet, illustre une scène issue de la Genèse. Il représente Ève couchée, le corps ondulant dans une posture sensuelle, juste au moment qui précède la consommation du péché originel.

Ève tend la main dans son dos, saisissant le fruit défendu de l'Arbre de la connaissance du bien et du mal. À droite se trouve l'arbre de la connaissance, ainsi que la main griffue de Satan (dont la représentation complète a disparu) représentant la force qui pousse l'humanité au Mal. Le visage d'Ève est traité en deux à-plats à angle quasi-droit sur l'arête du nez. À l'origine, les yeux étaient probablement garnis d'une bille de verre bleu foncé comme les sculptures du tympan principal. L'arbre qui pousse devant elle, cachant son sexe, pourrait avec ses fruits répartis sur des branches symboliser sa descendance..

Adam, qui se trouvait à gauche, a également disparu. Ève se saisit du fruit, derrière elle, sans regarder, le visage tourné vers son compagnonMusée de Bourgogne, musée Rolin, Autun.

C'est une des premières représentations d'une femme nue d'aussi grande taille et à un emplacement aussi important dans la statuaire médiévaleEncyclopédie de l'Art, Éd. La pochotèque/Garzanti, 1991, p. 1238..

Il existe un moulage en plâtre de ce bas-relief au musée des monuments français de Paris.

Restauration En 2016, La Tentation d'Ève a été restaurée au Centre de recherche et de restauration des musées de France, après un appel public aux dons sur la plateforme Ulule.

La restauration s'est principalement effectuée en retirant par micro-abrasion la couche noirâtre qui recouvrait une grande partie du bas-relief, dont l'étude a montré qu'elle avait été ajoutée entre le début du et sa déposition en 1766. Exposée quelques mois au musée du Louvre, La Tentation d'Ève a rejoint le musée Rolin, où elle était traditionnellement conservée, début 2017.

Attribution Cette sculpture est attribuée à un dénommé GislebertFrancis Salet, « La sculpture romane en Bourgogne. À propos d’un livre récent », Bulletin Monumental, t. CXIX, octobre-décembre 1961, p. 325-343. comme le tympan de la cathédrale Saint-Lazare d'Autun, représentant le Jugement dernier. En effet celui-ci comporte, au pied du Christ, la mention latine (), qui n'est pas forcément une signature. On sait que la mention traditionnelle ne se traduit pas par , mais par .

Redécouverte La sculpture conservée à Autun n'est que la partie centrale de l'œuvre originale. Après sa déposition, en 1766, les chanoines du , peu sensibles aux beautés de l'art médiévalLe Guide vert, Bourgogne Morvan, Éd. du Voyage, 2000, 108.Le Guide du routard, Bourgogne Franche-Comté, éd. 2001-2002, 254., vendirent cette partie centrale comme pierre de construction. Elle a été brisée en deux blocs destinés à la décoration de la façade de l'hôtel Dorsenne, place du Champ de Mars (aujourd'hui rue Jean-et-Bernard-de-Lattre-de-Tassigny). Sa trace a ensuite été perdue. Cent ans plus tard, le bas-relief est retrouvé par hasard par l'architecte Jean Roidot-Houdaille dans un pan de mur d’une maison particulière en cours de rénovation à Autun. Elle est vendue par les héritiers de Roidot à l'abbé Terret, membre de la Société éduenne, en 1910. Cédée à cette société, elle arrive finalement dans les collections de l'hôtel Rolin le ..

La possible localisation des deux autres morceaux manquants est l'objet de spéculations ; toutefois, le musée Rolin expose un Fragment de la tête du diable, formellement identifié comme élément du linteau de la Tentation d'Ève.

En 2016, la fondation , à Brooklyn, a exposé un bas-relief en albâtre présenté comme une copie médiévale de la sculpture, qui inclut la représentation d'Adam..

Expositions Ève ou la folle tentation, Autun, musée Rolin, du au .

Notes et références

Annexes Bibliographie Alain Erlande-Brandenburg, L'art roman, un défi européen, Éd. Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Arts » (), Paris, 2005, , 105 Marcel Durliat, L'art roman, 1989, Éd. Citadelles et Mazenod ; rééd. avec mise à jour en 2009. Denis Grivot et George Zarnecki, Gislebertus, sculpteur d'Autun, Paris, 1960. Francis Salet, « La sculpture romane en Bourgogne, à propos d'un livre récent », in Bulletin Monumental, t. CXIX, octobre-, 325-343. Didier Cornaille, Adam en héritage, Éd. Presses de la Cité, coll. « Terres de France », 2010 [roman]. Brigitte Maurice-Chabard (dir.), Ève ou la folle tentation, Autun, Musée Rolin, 2017, 208 p. Brigitte Maurice-Chabard, « Ève, la tentatrice d'Autun », Grande Galerie - Le Journal du Louvre, n°40, juin-juillet-, p. 96-98.

Filmographie La Tentation d'Ève, film documentaire de Saskia Walker, Allemagne, 2003, , WDR. Ce court métrage documentaire a été projeté par la chaîne de télévision Arte, le samedi .

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