Adhémar Barré de Saint-Venant, né le (soit le ) au château de Fortoiseau, à Villiers-en-Bière (Seine-et-Marne) et mort le à Saint-Ouen (Loir-et-Cher)Ou peut-être le ; voir cette note publiée dans le Livre du Centenaire de l'École polytechnique, 1897., est un ingénieur, physicien et mathématicien français.
Biographie Fils de Jean Barré de Saint-VenantGustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , tome 2, pages 373 à 374 Barré de Saint-Venant. (Niort, 1737 - Paris, ), officier, colon à l’Île de Saint-Domingue, et de Marie-Thérèse Joséphine Laborie (Cap-Français, auj. Cap-Haïtien, Haïti, 1769 - ?), il entre à l'École polytechnique en 1813Site de la bibliothèque de l'École polytechnique, onglet « Catalogues de la BCX → Famille polytechnicienne », recherche « Barré de Saint-Venant Adhémar », résultat : « Barré de Saint-Venant, Adhémar Jean ; 1797-1886) »., est classé à la fin de la première année.
À la fin , les armées coalisées approchant de la capitale, les Polytechniciens sont mobilisés en vue de la bataille de Paris. Saint-Venant, en tant que major, est premier sergent d'un contingent d'artilleurs qui doivent porter leurs batteries sur les forts de Paris. Alors qu'ils progressent, Saint-Venant se tourne vers ses camarades et leur déclare : L’École polytechnique, après la capitulation de Paris, resta fermée pendant plusieurs semaines ; quant à Saint-Venant, déclaré déserteur, il s'abstint prudemment de reprendre les cours à l’École polytechnique. Son condisciple Chasles qui, comme ses autres camarades, l'avait d'abord méprisé, écrira plus tard à propos de cet événement :
Lors de la Première Restauration, élève de Gay-Lussac, il se passionne d’abord pour la chimie, ce qui le conduit à opter, à sa sortie, pour le Service des poudres et salpêtres (ancienne régie rattachée au Ministère des Finances, devenue la Société nationale des poudres et explosifs, et dont l'école d'application est devenue l'École nationale supérieure de techniques avancées), où il se signale par la découverte d’un procédé rapide de dosage du chlore. Huit ans après, le gouvernement de la Restauration l’admet sans examen à l’École des ponts et chaussées. Bravant toutes les protestations, Saint-Venant suit tous les cours, passe les examens d'où il sort premier en 1825 et fera partie du corps des Ponts et Chaussées pendant plus de vingt ans.
Affecté en premier poste à Guéret, il s'y fait remarquer par la construction d'un pont en charpente sur la Creuse, où il fait intervenir pour la première fois la « théorie du glissement » qu'il devait développer plus tard, et qui assoit sa réputation de physicien et de mathématicien. Bien qu’il n’ait jamais eu d’attaches professionnelles ou personnelles avec la Sologne, il s'intéresse très tôt à cette région alors réputée pour son insalubrité et sa misère, par pure philanthropie. En , il effectue un premier voyage dans la région, puis un second en . Il conçoit alors le projet d’un canal permettant d'amener en Sologne la marne des confins du Berry, et les eaux chargées de marne de la Sauldre en vue de l'irrigation d'une partie de la région. En , au cours d’un troisième voyage, il parfait son enquête et dresse les plans du canal de la Sauldre, qu'il propose vainement au ministère des Travaux publics, mais qui sera, avec d'importantes modifications par rapport au projet initial, effectivement réalisé de à , sans que personne se réfère alors ni à ses travaux, ni à son rôle en faveur de la Sologne.
Il est ensuite attaché au service du canal d'Arles, puis à celui du Nivernais, au canal des Ardennes (1830) et enfin au service de l'Yonne. Simultanément, il soumet à l'Académie des sciences différents essais: l'un sur les limites de la déformation élastique qu'un corps peut endurer, l'autre sur la dynamique des intumescences à la surface d'un cours d'eau. Ces travaux le font connaître des savants de Paris, et c'est ainsi qu'en 1837-38, Coriolis, malade, lui demande d'assurer à sa place les cours de mécanique appliquée de l’École des ponts et chaussées.
Barré de Saint-Venant est nommé en ingénieur en chef et attaché à la voirie (le « pavé ») de la ville de Paris, où il contribue à faire accepter le principe des plantations d'arbres le long des grandes avenues. En , il est mis à la retraite par le gouvernement provisoire. Il se voit confier, en , le cours de génie rural de l'Institut agronomique. Cette institution ayant été supprimée en , il rentre dans la vie privée tout en continuant ses travaux scientifiques qui donnent lieu à de nombreuses publications.
Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le , puis officier de la Légion d'honneur le .
Le , Adhémar Barré de Saint-Venant reçoit du pape le titre de comte héréditaire en raison de son activité pour le rayonnement du catholicismeDominique de La Barre de Raillicourt, Les titres authentiques de la noblesse en France, Perrin 2004, .. Il est par ailleurs président de la Société archéologique du Vendômois ; à ce titre, il fait paraître en 1863 un Rapport sur le projet de rédaction d'un dictionnaire géographique de l'arrondissement de Vendôme, qui devait servir de point de départ à son fils Raoul (-) pour son Dictionnaire topographique, historique, biographique, généalogique et héraldique du Vendômois (3 volumes, 1914-1917).
Il a été enfin le maître d’Alfred-Aimé Flamant et de Joseph Boussinesq.
Travaux scientifiques
Mécanique De à , Adhémar Barré de Saint-Venant présente divers mémoires à l'Académie des sciences, dont deux portant sur la résistance et la flexion des solides élastiques, dans lesquelles il expose la fameuse théorie du « glissement » qui lui doit son nom. Parmi les nombreux travaux qui suivirent, deux retiennent l'attention des scientifiques : un mémoire sur la torsion des prismes (1855), et un autre sur la flexion (1856) où il montre les déformations éprouvées par un corps cylindrique ou prismatique (« problème de Saint-Venant »). Ces deux mémoires, malgré quelques imperfections relevées par Vicat (le cisaillement n'est pas pris en compte dans l'étude de la flexion) et Lamé, marquent l'acte de naissance des méthodes semi-inversesCes méthodes consistent à former une fonction auxiliaire satisfaisant, par sa forme algébrique, l'équation d'équilibre de Lamé, et dont les coefficients vérifient les conditions aux limites du problème. Saint-Venant introduit ainsi une « fonction de gauchissement » pour résoudre le problème de la torsion simple d'un cylindre élastique. en mécanique. Elles exerceront une influence profonde. sur l’École allemande (Weisbach, Bach puis Müller-Breslau, Prandtl et Reissner) et annoncent les méthodes variationnelles modernes.
On doit encore à Saint-Venant de nombreuses publications (La question du choc des barres, 1853-1866 ; La théorie générale de l'élasticité, 1868 ; Du roulis sur mer houleuse, 1871). Toutes ces études lui valent d'être reçu en 1868 à l'Académie des sciences.
Hydraulique En 1843, Saint-Véran interprète des forces de cisaillement qui s'opposent au mouvement des fluides comme la viscosité. Il publie deux avant Stokes la première formulation moderne des équations de Navier-Stokes. Dans son ouvrage, J. D. Anderson écrit:Seven years after Navier's death, Saint-Venant re-derived Navier's equations for a viscous flow, considering the internal viscous stresses, and eschewing completely Navier's molecular approach. That 1843 paper was the first to properly identify the coefficient of viscosity and its role as a multiplying factor for the velocity gradients in the flow. He further identified those products as viscous stresses acting within the fluid because of friction. Saint-Venant got it right and recorded it. Why his name never became associated with those equations is a mystery. certainly it is a miscarriage of technical attribution.À partir de 1871 il publie une série d'articles sur les écoulements dans les cours d'eau qui donneront leur nom aux équations de Saint-Venant. Par la suite il continuera à s'intéresser à la mécanique des fluides.
Publications
Références
Voir aussi Bibliographie Dossier individuel (administration des Ponts et Chaussées) : Saint-Venant (23/8/1797) - Archives nationales, F/14/2318/2 . . [Anonyme], Adhémar-Jean-Claude, comte Barré de Saint-Venant, membre de l’Institut (1797-1886), Le Mans, Impr. de Monnoyer, 1926. . .
Articles connexes Principe de Saint-Venant Liste de familles subsistantes d'ancienne bourgeoisie française Liste des familles françaises subsistantes de la noblesse pontificale
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