vignette|Honoré Daumier, Le Marchand d'estampes (seconde moitié du ), huile sur toile, Männedorf, collection . vignette|Le Journal amusant : caricature du marché de l'art par Bertall et Philipon publiée en 1858, où la cote des peintres est transposée en cote boursière, de .

Le marché de l'art est l'ensemble des transactions portant sur les objets d'art et les œuvres d'art, effectuées entre les différents acteurs du commerce de l'art que sont les artistes, les marchands et antiquaires, galeries ou courtiers, les collectionneurs et amateurs.

Apparu au début du , ce commerce n'a cessé d'évoluer. Il est segmenté par pays, législation et par diverses catégories conventionnelles qui suivent la chronologie de l'histoire des représentations artistiques et des productions humaines.

Structures du marché au niveau mondial Définition et volume La dénomination « marché de l'art » recouvre des réalités diverses et contradictoires, puisque objets et œuvres d'art sont vendues soit à travers des galeries (transaction de gré à gré), marché privé dont le chiffre d'affaires n'est pas connu avec précision, soit à travers des ventes aux enchères dont les chiffres et résultats sont connus.

Par ailleurs, le marché international distingue plusieurs catégories : des objets relatifs aux beaux-arts (fine art), et des objets anciens ou non, collectionnés, recherchés, comme une momie égyptienne« Une momie égyptienne disparue depuis 1970 retrouvée grâce à un commissaire-priseur de Mons » , Sud Info, 6 novembre 2015., un squelette de dinosaure« Un squelette géant de dinosaure vendu 6 millions d’euros dans les Yvelines », Le Monde, 16 novembre 2024., un diamant, un timbre postal rarissime « Stamp Sells for a Record $9.5 Million », The New York Times, 18 juin 2024., ou une voiture produite à un exemplaire.

Au niveau mondial, le volume de toutes les transactions connues était estimé à près de d'euros en 2018 par la foire de Bâle et la banque UBSRoxana Azimi, « L’embellie du marché de l’art ne profite qu’à une poignée d’acteurs », Le Monde, 14 mars 2018.. En 2024, ce même volume est estimé à 57,5 milliards de dollars Indice 2025 ArtBasel/ UBS.. Sur ce total, la catégorie fine art représentait en 2024 moins de 10 milliards« Le marché de l'art en 2024 », rapport annuel Artprice..

Les recensées dans le monde réalisent un chiffre d'affaires de de dollars, dont cinq réalisent à elles-seules 50 % de ce chiffre, les deux premières maisons étant Sotheby's et Christie'sidem note 1. Le chiffre d'affaires des galeries et marchands d'art est lui estimé à Selon le rapport de la foire de Bâle 2018, cité par la RTBF, « La foire de l'art de Bâle démarre sur une note solide », consulté le 15 juin 2018..

Entre 1997 et 2017, le chiffre d’affaires mondial du marché de l’art a connu une croissance de 456 % : cette très forte progression s'explique principalement par l'arrivée de nouveaux acteurs géographiques tels que la Chine« Édito de Thierry Ehrmann, Fondateur et Président d’Artprice », in Art Price, « Le Marché de l'art en 2017 ».. Selon Thierry Ehrmann, le nombre de pays actifs dans le marché de l'art est passé de 34 à 59 sur la période..

Après la crise du Covid-19, le marché connait un rebond puis un lent effritement, baisse de 14 % entre 2022 et 2023Voir sur francetvinfo.fr., puis en 2024 une nouvelle baisse, en particulier pour Sotheby's de 88 % de son chiffre d'affairesVoir sur rfi.fr., ce qui entraîne des licenciements , chez Christie's les ventes londoniennes d' sont annuléesGeorgina Adams, « Londres : un marché en crise ou une nouvelle réalité ? », Le Quotidien de l'art, le 17 octobre 2024..

En 2024, le chiffre d'affaires en termes de volumes de transactions connus sur la catégorie fine art (peinture, sculpture, dessin, photographie, estampe, vidéo, installation, tapisserie) est estimé par Artprice à 9,9 milliards de dollars en baise de 35,5 %. Plusieurs raisons sont avancées, baisse des ventes en Chine, émiettements des collectionneurs, la dématérialisation et la numérisation grandissante de l'offre et des pratiques de ventes.

Segmentations Le marché mondial est divisé en catégories qui recouvrent des réalités de l'art différentes, et, suivant les contextes, tendent à varier sensiblement. De nos jours, le marché est largement dominé par l'expertise anglo-saxonne, pour des raisons historiques financières, et ce, depuis 1945. Cependant, au profit des nouveaux acteurs tels que les marchands chinois, indiens, moyen-orientaux, russes, les catégories évoluent, de même que l'histoire de l'art n'est pas figée dans une représentation culturo-centrée, des niches émergent qui nécessitent une expertise à la fois locale et plus fine.

Le premier critère est la datation. La répartition par grandes époques se fait de façon conventionnelle en suivant une chronologie longtemps imposée par l'Occident et parfois mouvantes : antiquités, art médiéval, art classique, art moderne (art nouveau, art déco…), art contemporain. Elle se traduit également par courants artistiques, pour une approche plus historicisante, par période répertoriée de création et de vente : primitifs flamands, art classique de 1600 à 1840, académisme, moderne de 1840 à 1940 (mais les Britanniques considèrent 1900 comme date butoir du modernisme), pompiers, impressionnisme, après-guerre (après 1945), contemporain, cette dernière évoluant en un reclassement ou une catégorisation plus précise à mesure que le temps passe. L'impact politique joue un rôle majeur : on a un avant et un après les grandes périodes révolutionnaires, la colonisation ou les guerres.

Le deuxième criète est l'origine par secteur géographique, puisque d'une part l'évolution de l'histoire de l'art n'est pas limitée à l'Occident, et d'autre part, les réglementations fiscales, les définitions de l'œuvre d'art, les droits varient d'un pays l'autre. On trouve ainsi des secteurs comme les arts primitifs ou arts premiers (Afrique, Amériques pré-colombiennes, Océanie, etc.), l'art chinois, l'art indien, l'art japonais, les arts de l'Islam, etc.

Mais le marché est également segmenté localement : à l'intérieur d'un pays, par exemple en France, des marchés régionaux existent autour de grandes villes régionales (Lyon, Toulouse, etc.), ou aux États-Unis, d'un État l'autre, etc. On trouve dans le marché des objets d'art d'énormes clivages, des catégories très pointues comme « les automates et montres fabriquées dans le Jura au », les « incunables imprimés à Venise avant 1500 », ou les « monnaies frappées par un atelier au cœur d'une vallée en Bohême avant 1600 », etc.

Suivant les pays, certains objets ont une fiscalité particulière. Certaines œuvres peuvent être interdites de vente étant considérées comme trésor national, d'un intérêt patrimonial majeur. En ce cas, les pouvoirs publics peuvent user d'un droit de préemption.

Aussi, selon Raymonde Moulin, l'analyse des résultats des ventes publiques « exige une connaissance subtile du marché réservé aux habitués, pour ne pas dire aux initiés »Raymonde Moulin, Le Marché de l'art, Mondialisation et nouvelles technologies, Flammarion, 2000, ..

Acteurs du marché de l'art vignette|Jan Van Eyck, Les Époux Arnolfini (1434) : Giovanni Arnolfini, un des plus grands marchands d'art de la Renaissance. À l'échelle mondiale, on identifie les acteurs du marché de l'art suivant : les artistes ; les collectionneurs d'art ; les commissaires-priseurs et les salles de ventes ; les galeries d'art ; les antiquaires ; les marchands d'art et les courtiers ; les critiques d'art ; les experts ; les restaurateurs d'œuvres d'art ; les artisans d'art : encadreurs, socleurs, doreurs, etc. les musées et les trustees ; les mécènes ; les fondations d'art ; d'autres acteurs comme les fonds d'investissement ou les banques privées.

Part du marché par secteurs géographiques Par pays En 2018, les États-Unis détiennent 35 % du marché connu, la Chine 31 %..

Par villes Selon le rapport 2017 publié par Artprice concernant le seul secteur de l'art contemporain« Le Marché de l'art contemporain 2017 », sur artprice.com., New York représente 43 % des ventes contre 22 % pour Londres, 10 % pour Hong Kong et 8 % pour Pékin.

En 2017, pour les ventes d'art classique, New York représente 31 %, Londres 19 %, Hong Kong 7 %, et Pékin 16 %idem note précédente.

L'effondrement de la place parisienne La place de Paris représentait en 1950, 80 % du marché de l'art mondial, en 1990 elle représentait encore 40 %, puis en 2010, moins de 5 %, et en 2016, on tombe à 3 %. Pour donner un ordre de grandeur, en 1999, sur la seule place parisienne, l'historienne Raymonde Moulin estimait le marché des ventes aux enchères et des ventes privées à d'euros environ "L'ensemble du secteur (ventes aux enchères plus commerce), est de l'ordre de vingt milliards de francs" (…) "Le montant des ventes publiques en France, s'est élevé en 1999, à (hors frais) ce qui représente un peu plus du tiers du montant conjugué des ventes de Christie's et Sotheby's" in Raymonde Moulin, Le marché de l'art, mondialisation et nouvelles technologies, Dominos, Flammarion, Paris, 2000, p 46.

En 2013, le rapport du ministère de la Culture français évalue l'apport économique des marchands d'art (ventes privées et publiques) à d'euros dans un secteur soumis à la délocalisation « Création sous tension », in Panorama de l'économie de la culture et de la création en France.. En 2015 le chiffre d'affaires français des ventes publiques s'était effondré à moins de d'euros« L'incroyable déclin de la France sur le marché de l'art », sur Capital, 27 février 2015.. Cet effondrement s'explique principalement par la globalisation du marché qui touche toutes les formes d'art, avec la réapparition d'acteurs au tournant des années 1990 qui avaient quitté la scène — par exemple, la Chine, et ce, depuis 1939 —, ou l'affirmation de la place de Londres — qui a entamé un travail de dérégulation depuis 1978 —, le chiffre d'affaires de la place de Paris étant cependant en constante croissance depuis cinquante ans« Comptes rendus de la commission de la culture, de l'éducation et de la communication », 7 mars 2018, sur senat.fr. M. Yann Gaillard, paragraphe c, in Sénat, Session ordinaire de 1998-1999, Annexe au procès-verbal de la séance du 29 avril 1999, Rapport d'information, fait au nom de la commission des Finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation (1) sur les aspects fiscaux et budgétaires d'une politique de relance du marché de l'art en France..

Principales maisons de ventes monde Voici les 10 premières maisons de ventes d'art classées par chiffre d'affaires en milliards de dollars américains (2017) « Leading auction houses worldwide in 2017 by fine art revenue (in billion U.S. dollars) », sur statista.com. :

RangSociétéCA 20171Christie's4,452Sotheby's3,383Poly Auction1,0340,825Phillips0,476Council International AuctionsBeijing HuaChen Auctions Co., Ltd., site officiel en ligne.0,427Rombon Auction Beijing Ronbon Auction, sur The Clarion List.0,248Xiling Yinshe AuctionOfficial website for China Xiling Yinshe Auction Co., Ltd., en ligne.0,189Bonhams0,1610Guangzhou Holly’s International AuctionGuangzhou Holly's International Auction Co., Ltd., site officiel en ligne.0,13

Rentabilité du marché de l'art Depuis une trentaine d'années, des études diverses ont tenté de démontrer la rentabilité du marché de l'art. Suivant les configurations choisies la rentabilité serait inférieure au rendement des actions (avec moins de 1 % de rentabilité), d'autres études démontrent le contraire avec 6 à 7 % environ. Un pôle d'attraction de l'art comme une valeur refuge patrimoniale a été établi lors de l'éclatement de bulles spéculatives.

Les indices comme le Art Sale Index excluent en général de leurs calculs les résultats des ventes inférieures à deux mille euros.