Le Xikang ou Sikang (, le terme kang est la transcription phonétique du ) est une ancienne province créée sous la République de Chine (1912-1949) en 1928, d'après un article de 1930 de George Babcock Cressey, en 1939 pendant l'invasion japonaise d'après une publication de Lawrence Epstein de 2000 et qui prendra fin sous la République populaire de Chine, en 1955. Elle remplace donc en 1928 le District spécial de Chuanbian (créé en 1914 ou 1916 à 1926), et remplaçant la () créée sous la dynastie Qing.
Description
La province comprenait notamment la plus grande partie de l'ancienne province tibétaine du Kham, où vivent les Khampas, un sous-groupe de la population tibétaineRobert W. Ford, Tibet Rouge, Capturé par l'armée chinoise au Kham, Éditions Olizane, Genève, 1999, , p. 14 et p. 51, ainsi que des Qiang et Hui (notamment à Kangding, sa capitale) et les régions orientales sont traditionnellement, et toujours aujourd'hui peuplées de Naxi, Qiang, Gyalrong, Yi ou Han, tandis que la partie ouest était habitée essentiellement par des Tibétains.
Histoire
Selon l'universitaire Peng Wenbin (, l'invasion britannique de Lhassa, en 1904 a créé une profonde anxiété parmi les officiers des frontières chinois, concernant la sécurité des frontières du sud-ouest de la Chine. Dans leurs esprits, des mesures immédiates devaient être prises pour redresser les vulnérabilités de la frontière sino-tibétaine. Ces mesures allaient se matérialiser par le « projet de civilisation » de Zhao Erfeng, comprenant la réforme du système tusi, et le développement de l'agriculture, de l'exploitation des minerais et de l'éducation Peng Wenbin, Frontier Process, Provincial Politics and Movements for Khampa Autonomy, in .
Le Xikang est découpé en 1905 (la capitale est alors Kang Ting et anciennement Ta Tsien Lou ), par la dynastie Qing, sous le nom de (, ou circuit du Chuanbian). Elle a été faite afin d'affirmer la maîtrise chinoise du Tibet oriental (pays du Kam, par opposition au Tibet propre, ou pays Tsang).
Selon Claude Arpi, en 1905, alors que l'empire de la dynastie Qing était sur son déclin, les frères Zhao Erfeng et Zhao Erxun, de la bannière bleue, unique bannière han des Huit Bannières du gouvernement mandchou, se partagèrent la tâche de redécouper le plateau du Tibet en différentes régions administratives. L'Amdo et le Kham devinrent respectivement les provinces du Qinghai et du XikangClaude Arpi, Tibet, le pays sacrifié, Calmann-Lévy, 2000, chap. 11, p. 126..
D'abord () en 1905, puis « district spécial de Chuanbian » du au , le Xikang devint officiellement une province en 1939. Jusqu'en 1955, sa capitale a été la ville de Kangding, et son gouverneur le seigneur de la guerre Liu Wenhui.
Durant la chute de la Dynastie Qing, à la suite du soulèvement de Wuchang, en 1911, les propositions de Zhao Erfang n'étaient plus la priorité du gouvernement mandchou.
Le projet du Xikang a été ravivé en 1928, à la fin du Gouvernement de Beiyang (1912 — 1928) par le gouvernement nationaliste, ainsi que les plans de création de quatre provinces ; Rehe, Chahaer, Suiyuan et Qinghai. Les provinces du Qinghai et du Xikang sont donc créées cette année-là
Dans les années 1940, l'artiste peintre Xia Ming s'installe dans le tusi de Muli (minorité pumi), situé dans le Xikang, où il peint de 1945 à 1948, et devient fondateur de l'école primaire nationale du Xikang.
Servage et agriculture Selon Pierre Gourou, l'administration est aux mains des lamas. Les populations sédentaires des vallées sont presque exclusivement agricoles, routinières, mais dégradées par la décadence économique du . Les paysans sont tous serfs () : serfs des seigneurs (), employés des seigneurs (), serfs des lamaseries (), ou journaliers sans terre. Les paysans ne nagent pas dans l'abondance, comme les paysans tibétains ; ils ne pratiquent pas l'élevage. Ils exploitent de façon assez intensive les fonds de vallée. Ils ont ravagé les forêts au point qu'il n'y a plus de bois de construction ou combustible.
Dans les faits, le contrôle chinois ne portait que sur le Kham oriental, les Tibétains contrôlant le Kham occidental (région de Qamdo), le fleuve Yangzi constituant alors la frontière définie lors de la convention de Simla, entre Chine et Tibet . Pendant cette période, la région contrôlée par Liu Wenhui devint un centre important de production d'opium.
République populaire de Chine En 1950, après la défaite du Kuomintang face au Parti communiste chinois dans la guerre civile chinoise, la province fut amputée du territoire de Qamdo, officialisant ainsi la situation antérieure, et sa capitale transférée à Ya'an. La province ainsi réduite disparut en 1956, lors de l'intégration du Kham oriental à la province du Sichuan China News Analysis, 1965, Numéros 551 à 600, p. 76 "originally 'Sikang province Tibetan aut. district" 1950, the same aut. chou in 1955. Incorporated in Szechuan in 1956" ; quant au territoire de Qamdo, il fut rattaché en tant que préfecture de Qamdo à la région autonome du Tibet lors de sa création en 1965. .
Annexes Notes et références
Bibliographie
Articles connexes (), nom du Tibet oriental sous la République de Chine (1912-1949) Kham Gouvernement de Beiyang Histoire de la République de Chine :de:Image:Xikang.JPG carte allemande du Xikang
Liens externes
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