Fougères (en breton : Felger) est une commune française sous-préfecture d'Ille-et-Vilaine, en région Bretagne.
Fougères compte en , faisant d'elle la troisième commune d'Ille-et-Vilaine après Rennes, la capitale régionale (), et Saint-Malo (). Elle devance Bruz () et Vitré ().
Elle est également au cœur de la communauté d'agglomération Fougères Agglomération () et du Pays de Fougères regroupant près de .
Cette ville comporte de nombreux sites touristiques, tels que son château ou son beffroi. Ses habitants sont appelés les Fougerais et les Fougeraises.
Géographie Localisation
Fougères est située au nord-est du département d'Ille-et-Vilaine.
L'extension de la ville., principalement au , s'est faite en partie sur le plateau de rive droite du Nançon (quartier de la Croix Hamon), mais débordant au-delà de la vallée du ruisseau de Groslay (affluent de rive gauche du Nançon) vers le sud (par exemple le quartier du Bourg d'Iné), vers le nord-est (quartiers de Montaubert, la Verrerie) et surtout vers l'est (zones industrielles de la Guénaudière et de l'Écartelée, complexe sportif du Paron) au-delà de la rocade routière de la partie est de la ville.
Communes limitrophes
Géologie vignette|Carte géologique du Massif armoricain, avec au nord-est le batholite mancellien et ses nombreux plutons de granite cadomien (Lanhélin, Louvigné, Vire, Avranches…). Ce batholite dessine une ellipse de (d'Alençon à la Rance) sur (de Vitré à Vire)Carte géologique de la France au 1/50000 Fougères 13-17, éditions du BRGM, 1981, p. 5. vignette|Une vue panoramique depuis le jardin public permet de repérer à gauche une falaise qui correspond à l'ancien front de taille de la carrière de cornéenne de Savigny, au pied de la Butte à Bigot, et celle du Rocher coupé, derrière le château.. vignette|La carrière du Rocher Coupé et ses pontons flottants. Fougères est localisée dans le domaine nord armoricain, dans la partie orientale du Massif armoricain qui est le résultat de trois chaînes de montagnes successives. Le site géologique de Fougères se situe plus précisément dans un bassin sédimentaire essentiellement briovérien limité au nord par un important massif granitique cadomien, le pluton dit de Louvigné-Gorron (connu localement sous le nom de granite de Louvigné-du-DésertCe granite est une roche à grains plurimillimétriques, constituée de 3 minéraux (quartz limpide, feldspath blanc laiteux et un mica noir, la biotite). La particularité de ce granite est de renfermer de nombreuses enclaves noires (les « crapauds » des granitiers) dont l'origine, complexe et variée, est toujours discutée.). Ce pluton fait partie d'un ensemble plus vaste, le batholite mancellien. Le territoire fougerais comprend ainsi au Nord de la ville, un plateau de 180-190 mètres d'altitude, correspondant au massif granitique de Fougères (massif allongé W.SW—E.NE, faisant partie du massif de Louvigné-du-Désert qui représente un des apex affleurants du batholite mancellien), et au Sud, un plateau de 140 mètres d'altitude sur laquelle la ville s'est construite, et qui correspond à ce bassin sédimentaire..
L'histoire géologique de la région est marquée par la chaîne cadomienne. À la fin du Précambrien supérieur, les sédiments briovériens environnants sont fortement déformés, plissés et métamorphisés par le cycle cadomien. Cette chaîne montagneuse, qui devait culminer à environ , donne naissance à des massifs granitiques (batholite côtier nord-trégorrois, granite de Saint-Brieuc, immense batholite mancellienDe , nom latin de la région du Maine, domaine structural de la partie nord-est du Massif armoricain dénommé en 1949 par le géologue Pierre Pruvost. Il est caractérisé par un Précambrien récent au sein duquel se sont mis en place des granitoïdes intrusifs antérieurement au dépôt des terrains paléozoïques ; ce domaine surélevé a été épargné par les transgressions marines du Cambrien. formé de nombreux plutons granitiques) produits par le surépaississement crustal. Ces intrusions vers 540 millions d'années, de magmas granitiques issus du vaste batholite mancellien, développent un métamorphisme de contact : le refroidissement des masses granitiques à des températures de l'ordre de et à des profondeurs de l'ordre de dans l'écorce terrestre, font que les schistes briovériens, tendres et friables, sont transformés par « cuisson », variable selon la distance du massif granitique : intense et forte à proximité, cette cuisson donne les cornéennes, roches dures et compactes ; moindre et atténuée à quelques kilomètres du massif, elle donne des schistes tachetés (d'où une double auréole de cornéennes et de schistes tachetés)Ces deux roches métamorphiques sont exploitées dans la carrière du Gué-Morin à Vieux-Vy-sur-Couesnon. . Cf .. Ce thermométamorphisme développé par l'intrusion du granite a ainsi provoqué la cristallisation de minéraux nouveaux (biotite, andalousite), soulignant l'ancien litage sédimentaire. Ces deux roches magmatique (granite) et métamorphique (cornéenne, schiste tacheté) affleurent à la suite de longs processus d'érosion qui ont aplani les reliefs anciens...
La ville de Fougères est principalement construite à l'aide de ces deux matériaux géologiques mis à nu, depuis 540 Millions d'années, par l'érosion : la cornéenne a été largement exploitée dans les carrières de Savigny et du Rocher Coupé. Dans le détail, il est possible de retrouver, dans certains blocs servant à la construction, l'hétérogénéité sédimentaire initiale du schiste. Les bâtiments utilisent aussi le granite de construction de Louvigné, plus homogène, qui est en fait une granodiorite grise du type VireCe granite a une granulométrie moyenne et constante (2 à 4 mm). Sa texture est isogranulaire et équante. Elle se distingue par la présence de cordiérite, très souvent prismatique (1 à 4 mm) et de muscovite subordonnée. Toutefois sa granulométrie est localement plus fine et quelques rares phénocristaux (1 cm) apparaissent donnant un faciès porphyrique, localisé semble-t-il au toit du massif. On peut y observer des enclaves anguleuses ou arrondies. Cf Carte géologique de la France au 1/50000 Fougères 13-17, , p. 6. Il faut attendre l'arrivée du chemin de fer pour importer d'autres pierres à la fin (calcaire, ardoises). Dans le domaine de la castellologie, le château de Fougères., situé sur une percée est-ouest du Massif armoricain dans la vallée du Nançon, n'est pas construit sur la hauteur mais à l'abri de trois collines de cornéennes à l'ouest, au nord et à l'est, le premier donjon étant élevé sur un îlot de cornéenne, cette roche dure empêchant les risques d'attaques par minage et souterrains..
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Couesnon, le Nançon, le ruisseau de Groslay et le ruisseau du Pont sec et un autre petit cours d'eau..
Le Couesnon, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Pierre-des-Landes et se jette dans la Manche au niveau du Mont-Saint-Michel, après avoir traversé ..
Le Nançon, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Landéan et se jette dans le Couesnon sur la commune, après avoir traversé ..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de FougèresLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : l'étang de Groslais () et l'étang des Cotterêts ()..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Fougères est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de FougèresUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant quatre communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l'agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. Dans le cas de l'unité urbaine de Fougères, il y a une ville-centre et trois communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Fougères, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (77,1 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (72,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (56,9 %), prairies (17,8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (15,6 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (4,6 %), terres arables (3,1 %), zones agricoles hétérogènes (1,6 %), forêts (0,4 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports Réseau routier La commune est traversée par la RN 12.
Plusieurs routes départementales traversent la commune : la RD 112 entre Fougères et Châteaubourg ; la RD 155 entre Fougères et Saint-Malo ; il s'agit de l'ancienne RN 155, déclassée dans les années 1970 ; la RD 177 entre Saint-Hilaire-du-Harcouët et Redon ; il s'agit de l'ancienne RN 177, déclassée dans les années 1970 ;