Le parc départemental Georges-Valbon, communément appelé parc de La Courneuve, est le troisième plus grand parc de la région parisienne, avec une superficie de , après le bois de Vincennes () et le bois de Boulogne ()parcs93.info - Le site des parcs et espaces verts départementaux de la Seine-Saint-Denis, sur le site parcs93.info, hors de Paris.
Il est officiellement nommé parc Georges-Valbon le , en hommage au premier président du conseil général de la Seine-Saint-Denis.
Sur les du parc, 310 sont classés zone Natura 2000. Il s'étend sur cinq communes, quatre de Seine-Saint-Denis, La Courneuve, Saint-Denis, Stains et Dugny, ainsi qu'une dans le Val-d'Oise, Garges-lès-Gonesse.
Géographie
La coupe géologique fait apparaître successivement 5 mètres d'alluvions du quaternaire, 1 mètre de marnes infragypseuses et sables verts de l'éocène supérieur (ludien), 11 mètres de calcaire marneux de Saint-Ouen de l'Éocène supérieur (Marinésien), 9 mètres de sables de Beauchamp de l'eocène supérieur (Auversien), 28 mètres de marnes et grès de l'éocène moyen (Lutétien) et plus de 10 mètres de sables, graviers verts et quartz de l'éocène inférieur (Yprésien).
Le parc se situe sur un ancien lit de la Marne, qui laissa une zone humide et marécageuse ainsi que des sols d'alluvions qui furent exploités par les maraîchers, nombreux dans le secteur jusqu'à un passé récent.
Afin d'une part de lutter contre la pollution, et d'autre part de réguler le débit des eaux en direction des zones urbanisées, un certain nombre d'ouvrages importants ont été réalisés bien avant la création du parc : canalisation et couverture de la Vieille Mer, création de bassins d'orage avec extension possible vers des zones inondables.
Histoire Des cultures de céréales étaient pratiquées du Moyen Âge au , puis des cultures maraîchères (dès 1820) pour l’approvisionnement de la capitale. Ces terrains situés dans la partie basse du département, quasiment au niveau de la Seine, étaient très humides et inondables.
Ainsi le site était traversé par plusieurs rivières et rus : le Croult, le Rouillon, la Vieille Mer, la Morée, la Molette et de nombreux petits ruisseaux de drainage complétaient cet ensemble.
L'idée de réaliser une promenade publique sur le site date de 1925 à l'initiative du conseil général de la Seine qui réserve 800 ha de terrain ; l'idée est relancée en 1934, mais il faut attendre 1954 pour qu'un avant-projet soit réalisé ; le paysagiste Albert Audas imagine un projet similaire à celui du Bois de Boulogne avec de grandes allées pour les voitures… Une première tranche de ouvre au public en 1970..
Dans les années 1960, l'ouest de la zone actuelle du parc abritait le bidonville de la Campa, où vivaient dans le plus grand dénuement des centaines de familles, notamment d'origine nord-africaine et espagnole, qui furent relogés plus tard dans les cités HLM du secteurBidonvilles : histoire et représentations, brochure de la série « Patrimoine en Seine-Saint-Denis », éditée par le conseil général de la Seine-Saint-Denis, 2007..
vignette|Les cascades. Avec la création du conseil général de la Seine-Saint-Denis, le projet change de perspective et sera réservé aux piétons. Si ce parc est la principale réalisation du département en la matière, il n'est pas la seuleVoir par exemple le parc départemental de l'Île Saint-Denis (), de Villetaneuse (12 ha), de la Bergère à Bobigny (23 ha), du Sausset à Aulnay-sous-Bois et Villepinte (200 ha)…, si bien que la superficie des espaces verts de la Seine-Saint-Denis est passée de par habitant en 1969 à en 2005. Le parc de La Courneuve grandit par tranches successives : Dans les années 1960, 136 ha sont aménagés recréant la nature au travers de massifs boisés et de prairies rustiques traversées par de nombreux sentiers. Dans les années 1970, de nouveaux paysagistes, Allain Provost ; John Whalley et Gilbert Samel., vont créer un monde totalement artificiel composé de vallons, coteaux, lacs, belvédères. Dans les années 1980, le public veut être plus près de la nature. Les trois lacs supérieurs sont aménagés de manière à permettre un meilleur équilibre biologique.
Dans les années 1990, un combat est mené contre le projet de prolongement de l'autoroute A16 jusqu'à l'autoroute A86 en traversant le parc. En 1997 et 2001, il est décidé de limiter ce prolongement à la Francilienne.
De 1972 à 1998, la Fête de l'Humanité se déroule dans le parc paysager sur 70 hectares, avant de rejoindre l'Aire des vents de 1999 à 2021. D'autres concerts ont lieu, notamment ceux de Bruce Springsteen les 29 et devant , quelques semaines après la sortie de son album Born in the U.S.A., initialement prévu au stade Yves-du-Manoir à Colombes mais déplacé pour des raisons de sécurité.
Le parc départemental de La Courneuve est officiellement renommé parc départemental Georges-Valbon le , à la suite de la délibération votée en ce sens le afin de rendre hommage au premier président du conseil général de la Seine-Saint-Denis.
En , le parc s'agrandit de deux hectares supplémentaires récupérés sur une ancienne friche industrielle ..
Le parc est surveillé notamment par une unité de police à cheval, créée en 1994 pour ramener la sécurité. Les agressions y sont rapidement divisées par quatre...
Parc des Jeux 2024 Durant les Jeux olympiques puis les paralympiques de 2024, le parc accueille la plus vaste zone de célébration francilienne du (date du passage de la flamme olympique) au , puis du 6 au . Aux abords du lac, sont attendues chaque jour et même lors de soirées événementielles jusqu’à minuit..
Largement médiatisée, l'initiative Parc des Jeux proposera de suivre les compétitions sur un écran géant de 60 mètres carrés posé sur le lac. Chaque jour une sélection parmi 70 activités sportives gratuites, auxquelles s'ajoutera une tour panoramique permettant de contempler la Seine-Saint-Denis à 80 mètres de haut. Parmi les huit soirées de concerts: le rappeur Gazo et chanteuse Adèle Castillon assurent la soirée d'ouverture alors que le groupe Magic System est annoncé pour la clôture le . .. Les venues d'athlètes et les animations proposées connaissent le succès et attirent un nouveau public au parc..
Un espace varié vignette|gauche|Fleurs et grands ensembles. vignette|Le parc s'endormant, vue d'artiste. Le parc de La Courneuve reçoit près de de visiteurs par an.
Le parc compte de grands espaces verts, sauvages ou aménagés dont sept plans d'eau naturels (l'étang des Brouillards) ou artificiels (le Grand lac de , le Vallon…). et même des cascades de de haut.
La roseraie comprend de ; on plante chaque année ; la vallée des fleurs (composée de plantes vivaces) s'étend sur .
Géré par le conseil départemental, le parc propose toute l'année des ateliers, des animations, des sorties « nature », des expositionsVisite virtuelle.…
On compte aussi 8 chemins de randonnée, des aires de jeux, jets d'eau géants, des espaces réservés aux chiens (Cani-parc), trois buvettes, des locations de vélos, de rosalies (voitures à pédales), barques et pédalos. Il abrite un centre équestre, qui accueille en mai le jumping international de la Seine-Saint-Denis.
17 écogardes et 3 chefs de brigade à cheval ou véhiculés assurent les missions d’accueil, de prévention, de sécurité et de sensibilisation à la protection de l’environnement, 365 jours par an.
Nommées Édouard Glissant en 2011 et Victoria Montou en 2022, les deux Maisons du parc accueillent les visiteurs et organisent de nombreuses manifestations et visites thématiques. En surplomb du lac, près de cette dernière est installé en la sculpture Le Vigilant de l'artiste Rachid Koraïchi.
Aire des vents D'une superficie de l'Aire des vents, jouxte le parc sans être dans l'espace Natura 2000, car elle a d'abord été aménagée pour des usages événementiels comme la Fête de l'Humanité ou parking pour le Salon du Bourget.
Les de la bordure Est deviennent en écoquartier composé de (dont 20 % de logements sociaux), dit Village des médias, pour avoir hébergé des salariés des médias à l’occasion des Jeux olympiques d'été de 2024.
Les font l’objet d’une requalification lancée en 2026 pour en faire un véritable parc avec des aménagements sportifs et ludiques (skatepark, terrains de basket-ball, jeux de raquette, aire de jeux, anneau cyclable...), plus étroitement relié au parc Georges-Valbon. Les sols seront en grande partie désimperméabilisés alors que 8 200 arbres seront plantés sur 3 hectares.
Terrain des essences D'une superficie de (12,3 de l’État et 0,7 de la SNCF), le Terrain des essences était jusqu'en 2002 un centre de ravitaillement en carburants du Ministère des Armées. Vers 2009, le site est évoqué pour accueillir l'école d'ingénieurs ESTACA, mais le projet n'aboutit pas. Bombardé par les Alliés en août 1943, le site est déminé dans les années 2010. Destiné à accueillir des épreuves lors des Jeux olympiques de 2024, le site est acquis par le Département en 2021 puis est dépollué des hydrocarbures infiltrés dans les sols entre 2021 et 2023 pour d’euros, dont plus de d’euros consacrés à la décontamination. Le site devait accueillir les épreuves de tir, mais l'espace s'étant révélé trop exigu, celles-ci sont disputées à Châteauroux. Toutefois, le parc sera le lieu du départ du paramarathon.
Après les Jeux, le site est intégré fin au parc Valbon avec au nord une zone de refuge pour la biodiversité sur inaccessible au public, au centre une zone de aménagée pour des activités pédagogiques de découverte de la faune et au sud, une zone de aménagée par des promenades et des équipements de détente. Accessible par la nouvelle "entrée olympique" du parc, le site abrite également un skatepark et des espaces de jeux pour enfants qui sont inaugurés officiellement le . Cette nouvelle entrée permet un accès aisé par la gare de Dugny - La Courneuve.
Écologie La grande majorité de la surface du parc, 310 hectares, est classée Natura 2000 depuis 2006 « Mobilisation contre le projet de “Central Park” à la française à La Courneuve », Le Monde, 5 juillet 2015..
La faune Le parc abrite de nombreuses espèces des plus communes, comme le lapin de garenne ou le cygne tuberculé aux plus rares comme le crapaud calamite ou le blongios nain, en passant par le hibou moyen-duc.
Les oiseaux vignette|Si certains oiseaux sont difficiles à observer, ce n'est pas le cas de la pie, qui fréquente les prairies du parc.
Parmi les inventoriées, l'espèce emblématique du parc est le blongios nain, le plus petit des hérons d'Europe. Plusieurs couples nicheurs de cette espèce menacée y sont observés et s’y reproduisent. Autres espèces rares, le martin-pêcheur et le pic noir sont régulièrement observées dans le parc, parce qu'ils y trouvent des habitats favorables à leur alimentation ou leur reproduction. De nombreux oiseaux d'eau migrateurs (fuligule milouin, canard souchet, bruant des roseaux, grèbe castagneux, butor étoiléAu parc de la Courneuve, l'espèce n'a été observée qu'en migration ; 1 à 2 individus ont été vus chaque hiver au niveau de l’Étang des Brouillards entre 2001 et 2004. L'ensemble des roselières des plans d'eau du parc lui sont favorables. (Source : Étude d'impact de l'enquête publique de la Tangentielle Nord), chevalier guignette…) font escale dans le parc. De même, grâce au phénomène de marnage de l'étang des Brouillards et du Vallon, les oiseaux limicoles (gravelots, bécassines…) peuvent s'arrêter et se nourrir dans le parc.
Plus communes, la poule d'eau, le grèbe huppé, le cygne tuberculé, la foulque macroule sont des habitués des lacs, alors que les nombreux bois abritent le rouge-gorge familier, les mésanges, le pic vert, le pic épeiche et le hibou moyen-duc. Faucon crécerelle, épervier d'Europe, alouette des champs sont eux visibles en milieu ouvert.
Les mammifères vignette|left|Renard roux traversant le parc.