Émile Lempereur, né le à Châtelet et y mort le , est un écrivain belge de langue wallonne et une figure du Mouvement wallon.

Biographie Enfance et formation

Le père d'Émile Lempereur tient une boucherie.

Il fréquente l'école primaire et l'école moyenne de Châtelet. Il est notamment l'élève de Paul Moureau, qui enseigne le dessin au sein de cette dernière. Il poursuit ensuite sa scolarité à l'école normale de Mons et devient instituteur à 18 ans.

Dans les années 1930, il fréquente un groupe de peintres, de photographes et d'écrivains qui se réunissent chez l'imprimeur Alphone Dandoy, place du Baquet à Châtelet..

Débuts littéraires et premières prises de position C'est via la langue la française qu'Émile Lempereur entre d'abord en littérature. En 1931, il publie Écrit des deux mains, un recueil de poésie d'inspiration romantique, qui est préfacé par Constant Burniaux et dont un texte est dédié à Paul Moureau. Sa première œuvre en langue wallonne parait l'année suivante, sous le titre Autoû d' mi (« Autour de moi ») ; il s'agit de portraits en vers, dotés d'un lexique riche et parfois archaïsant.

Le , il présente un rapport intitulé Du renouvellement des sources d'inspiration dans la poésie wallonne à l'occasion du Congrès de Littérature et d'Art dramatique wallon, qui est organisé au Conservatoire de Charleroi par l'Union nationale des Fédérations wallonnes. Lors de cette communication, il se dit simultanément favorable au renouvellement des thèmes et à la fidélité à la langue. Reprochant à ses homologues plus âgés leur complaisance pour les sujets folklorisants ou passéistes, il appelle au développement d'une de langue wallonne :

Cette communication est reproduite dans le compte-rendu du congrès, paru en 1934 ; Émile Lempereur en fait par ailleurs imprimer un tiré à part, en vue de sa large diffusion. Elle est reçue négativement par une majorité des auteurs présents, dont et . Elle est à nouveau longuement commentée lors du 16 Congrès de Littérature et d'Art dramatique wallon, qui se tient à Verviers en mai 1934.

À la suite de ces débats, Émile Lempereur cofonde en 1934 à Liège l'Action littéraire interprovinciale wallonne (ALIW), dont il devient l'animateur et le secrétaire.. Cette association a notamment pour objets le développement d'une littérature wallonne plus universelle et le rapprochement avec les autres littératures dialectales du domaine gallo-roman. Elle voit ses activités interrompues par la Seconde Guerre mondiale.

Émile Lempereur a le projet de produire un cycle de poésie intitulé (« Éclats d'âme »), qui ferait la démonstration de ses vues théoriques. Seule la première partie de cet ouvrage parait, en 1935 chez l'imprimeur Alphone Dandoy, sous le titre (« Visage 1934 »).

Les œuvres de maturité Émile Lempereur écrit plusieurs essais sur la littérature wallonne : Regards sur la jeune littérature wallonne (1937) ; Les Lettres dialectales en Hainaut, essai et documents (1963) ; Le Théâtre dialectal en Wallonie au (1979).

En 1938 il publie un petit roman (« Découpé dans un cœur »). Sa nouvelle (« Du charbon dans les bouses ») date de 1934, récit psychologique où il conte la vie d'un instituteur anarchiste dans un village agricole. Il fait le portrait de ses élèves dans (« Têtes rasées » 1977), égrène ses souvenirs dans (« Un homme de Châtelet » 2000).

Un de ses poèmes a été traduit en anglais par et publié à deux reprises, dans la revue Iron (, 1978) et dans l'anthologie The Colour of the Weather (1980)..

Militantisme Émile Lempereur est aux côtés de l'abbé Jules Mahieu dans la Concentration wallonne. Il est capturé par les troupes nazies à la bataille de la Lys, emmené en Allemagne comme soldat wallon, avant de regagner le pays pour raisons de santé. Il adhère à la résistance et à Wallonie libre.

Fondateur de la revue wallonne El Bourdon, il collabore régulièrement de 1944 à 1975 au Journal de Charleroi. Il est membre de la Société de langue et de littérature wallonnes depuis 1955, du Fonds d'histoire du mouvement wallon, de l'Institut Jules Destrée, apporte sa collaboration à La Wallonie, le Pays et les Hommes (Tome III, arts et lettres). Il figure en 1976 parmi les signataires de la Nouvelles lettre au roi pour un vrai fédéralisme écrite par Fernand Dehousse, Jean Rey et Marcel Thiry.

Il est aussi président de l'Association littéraire wallonne de Charleroi et du Cercle d'Art et de Littérature du Canton de Châtelet, ainsi que membre titulaire de la Société des sciences, des arts et des lettres du Hainaut..

Son pacifisme l'amène à entretenir une correspondance avec Jean Giono.

Prix et distinctions 1975 : Prix Jules-Destrée de l'Association royale des Écrivains wallons. .

Œuvres .

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Notes et références

Annexes Bibliographie

Encyclopédie du Mouvement wallon, , .

Articles connexes Littérature wallonne Société de langue et de littérature wallonnes

Liens externes

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