Le théâtre Marigny est situé carré Marigny, à l'angle de l'avenue des Champs-Élysées et de l'avenue de Marigny, dans le de Paris.
Histoire vignette|right|Le carré Marigny en 1855 (avec le cirque de l’Impératrice, le palais de l'Industrie et la salle Lacaze).
En 1835, un physicien-prestidigitateur propose ses attractions au carré Marigny. Après la révolution de 1848, une petite salle, le « Château d'enfer », dirigée par Henri Lacaze et régie par Denizard-Rivail, y présente des spectacles de « physique amusante, fantasmagorie et curiosité ».
Cette modeste attraction devant fermer ses portes, Jacques Offenbach, jugeant l'emplacement idéal dans la perspective de l'exposition universelle de 1855, obtient d'en disposer, y fait quelques travaux, et ouvre le le théâtre des Bouffes-Parisiens, bientôt rebaptisé Bouffes d'été, la troupe d'Offenbach trouvant refuge durant l'hiver aux Bouffes d'hiver, rue Monsigny (cette salle conservera d'ailleurs le nom de théâtre des Bouffes-Parisiens jusqu'à aujourd'hui).
En 1859, à l'expiration du bail d'Offenbach, la salle devient le théâtre Deburau, du nom de son directeur Charles Deburau, fils du célèbre mime Jean-Gaspard Deburau. Il est dirigé après lui par Céleste Mogador avant de devenir en 1865 les Folies-Marigny, sous la direction du couple d'acteurs Louis Montrouge et Marguerite Macé. Achille-Félix Montaubry leur succède en 1869, remplacé trois ans plus tard par la cantatrice Delphine Ugalde.
Le théâtre est démoli en 1881 pour céder la place deux ans plus tard à un panorama construit par Charles Garnier, l'architecte de l'Opéra de Paris. En 1885, on peut y admirer les dioramas Paris à travers les âges en huit tableaux de Theodor Josef Hubert Hoffbauer (1839-1922) et Jérusalem d'Olivier PichatTransféré en 1899 à Montmartre, rue Lamarck..
Le Panorama est transformé en théâtre en rotonde en 1894 par l'architecte Édouard NiermansJean-François Pinchon, Édouard Niermans, architecte de la Café-Society, Mardaga, 1991.. Dirigé par Abel Deval à partir de 1910, il enchaîne les productions à succès. La salle est encore agrandie et modernisée en 1925 par son nouveau directeur, Léon Volterra, déjà à la tête du théâtre de Paris et de l'Eden.
En 1946, il cède la gestion de la salle à son épouse, Simonne Volterra, qui fait appel à des anciens membres de la Comédie-Française pour constituer une troupe « maison » autour de Jean-Louis Barrault : la compagnie Renaud-Barrault est née. En 1954, Jean-Louis Barrault aménage dans le théâtre une seconde petite salle, le Petit-Marigny.
Propriété de la ville de Paris, le théâtre, alors très délabré, est fermé en 1962. En , dix-neuf candidatures sont évoquées pour sa reprise et sa direction, parmi lesquelles Antoine Bourseiller, Léon Ledoux, Véra Korène, Charles Aznavour, Paquita Claude, Yves Dautun, Paul Maquaire, Jean Rouvet, Loulou Gasté, Robert Baze ou Jacques DouéJacqueline Vandel, « Treize candidats-directeurs nous disent leurs projets pour le théâtre Marigny », Le Figaro littéraire , 20 juillet 1966, ..
Finalement, de 1966 à 1978, la direction est assurée par la comédienne Elvire Popesco, assistée de Hubert de Malet et Robert Manuel. Jean Bodson leur succède et entreprend d'importants travaux de rénovation, ainsi que la transformation totale de la seconde salle en petit théâtre de , la salle Gabriel, rebaptisée quelques années plus tard salle Popesco. À sa mort en 1980, il est remplacé par Christiane Porquerel, assistée de Jean-Jacques Bricaire.
La concession du théâtre (les murs appartenant à la Ville de Paris) est accordée en 2000 à la holding Artémis de François Pinault, qui en confie la direction à Robert Hossein, puis à Pierre Lescure à partir de 2008.. La fréquentation cumulée des deux salles en 2007 était de .
En 2010, le théâtre Marigny fait partie des cinquante théâtres privés parisiens qui se regroupent au sein de l’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP) et le Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé (SNDTP). Sous l'enseigne “Théâtres parisiens associés”., ils souhaitaient renforcer leur action sur le modèle historique du théâtre privé.
Fermé depuis en raison de problèmes structurels., le bâtiment est l'objet des travaux de réhabilitation (notamment d'un renforcement de la coupole), menés conjointement par les groupes Pinault et Vinci, à l'issue desquels la société Fimalac se substitue au groupe Vinci en tant d'exploitant.. La direction artistique du lieu est confiée à Jean-Luc Choplin, ancien directeur du théâtre du Châtelet, qui axe sa programmation sur le théâtre musical. La réouverture a lieu en avec l'adaptation scénique du film musical de Jacques Demy et Michel Legrand, Peau d'âneSylvain Merle, « Le théâtre Marigny va rouvrir avec la féerie musicale Peau d’âne », Le Parisien, 19 juin 2018...
Richard Caillat lui succède en 2022, suivi de Michel Lumbroso en 2025.
Anecdotes vignette|Plaque commémorative apposée en hommage à Ödön von Horváth par son éditeur Thomas Sessler Verlag sur la façade du théâtre Marigny.
Le , le dramaturge et écrivain de langue allemande Ödön von Horváth meurt devant le théâtre, tué par la branche d'un marronnier déraciné par la tempête. En 1998, une plaque commémorative est apposée en commémoration par son éditeur sur le côté gauche de la façade.
Le , la Citroën DS y est présentée en avant-première aux 350 concessionnaires Citroën, qui sont très enthousiasmés, tant cette automobile rompt avec les canons esthétiques en vigueur dans le secteurJean-Louis Loubet, « 1955 : naissance d'une déesse… », L'Histoire , octobre 2005, ..
Le théâtre Marigny accueille, de 1966 à 1988, l'émission de télévision Au théâtre ce soir, ainsi que plusieurs cérémonies des Molières.
Spectacles représentés vignette|L'entrée du théâtre sur l'avenue de Marigny.
Grande salle 1906 : Pan de Charles Van Lerberghe, mise en scène Lugné-Poe, maison de l'Œuvre 1907 : Petit Jean de Georges de Buysieulx et Roger Max, maison de l'Œuvre
Direction Abel Deval 1913 : Les Anges gardiens de Jean-José Frappa et Henry Dupuy-Mazuel 1919 : Aladin ou la Lampe merveilleuse, opérette-féérie en 3 actes de Rip, musique de Willy Redstone
1920 : Le Marché d'amour, opérette légère en 3 actes de Yoris d'Hanswyck, Pierre de Wattyne et Paul Ruez, musique de Léo Pouget 1922 : My Love… mon amour ! de Tristan Bernard 1923 : J'te veux, comédie opérette en 3 actes de Wilned, Marcel Grandjean et Battaille-Henri, musique de Gaston Gabaroche, Fred Pearly, Albert Valsien et René Mercier.. 1924 : La Petite Bonne d'Abraham, opérette légère en 3 actes de Félix Gandéra et André Mouëzy-Éon, musique de Marcel Pollet
Direction Léon Volterra vignette|Action des Établissements Léon Volterra et Théâtre Marigny en date du 30 mai 1927.
1925-1926 : Monsieur Beaucaire, opérette romantique en 3 actes d'André Rivoire et Pierre Veber, musique d'André Messager 1926-1927 : Ciboulette, opérette en 3 actes de Robert de Flers et Francis de Croisset, musique de Reynaldo Hahn 1927-1928 : Venise, opérette en 3 actes de André Mouëzy-Éon et Albert Willemetz, musique de Tiarko Richepin 1927-1928 : Le Diable à Paris, opérette en 3 actes de Robert de Flers, Francis de Croisset et Albert Willemetz, musique de Marcel Lattès 1928 : Trois jeunes filles nues, opérette en 3 actes d'Yves Mirande et Albert Willemetz, musique de Raoul Moretti 1928-1929 : Coups de roulis, opérette en 3 actes d'Albert Willemetz, musique d'André Messager 1929 : La Reine joyeuse ou La Reine s'amuse, opérette en 3 actes d'André Barde, musique de Charles Cuvillier 1929-1930 : Boulard et ses filles, opérette en 3 actes de Louis Verneuil, Saint-Granier et Jean Le Seyeux, musique de Charles Cuvillier
1930 : Coups de roulis, opérette en 3 actes d'Albert Willemetz, musique d'André Messager 1930 : Madame de Pompadour, opérette d'Albert Willemetz, Max Eddy et Jean Marietti, musique de Léo Fall 1931 : Moineau, opérette en 3 actes d'Henri Duvernois, Pierre Wolff et Guillot de Saix, musique de Louis Beydts 1933 : Un homme du Nord de Charles Méré, mise en scène André Brulé 1934 : L'École des contribuables de Louis Verneuil et Georges Berr, avec André Luguet et Saturnin Fabre 1935 : Margot d'Édouard Bourdet, mise en scène Pierre Fresnay, avec Pierre Fresnay et Yvonne Printemps 1935 : Le Bonheur, mesdames !, comédie musicale en 2 actes de Francis de Croisset et Albert Willemetz, musique d'Henri Christiné 1937 : La Belle Saison, comédie musicale en 2 actes de Jean de Létraz, musique de Jean Delettre
1940 : Mes amours, opérette en 2 actes de Léopold Marchand et Albert Willemetz, musique d’Oscar Straus 1941 : Trois jeunes filles nues, opérette en 3 actes d'Yves Mirande et Albert Willemetz, musique de Raoul Moretti 1941-1942 : Passionnément !, comédie musicale en 3 actes de Maurice Hennequin et Albert Willemetz, musique d'André Messager 1941-1942 : Ciboulette, opérette en 3 actes de Robert de Flers et Francis de Croisset, musique de Reynaldo Hahn 1942 : La Folle Nuit ou le Dérivatif amoureux, conte galant en 3 actes mêlé de couplets de Félix Gand'ra et André Mouézy-Éon, musique de Marcel Pollet 1942-1943 : Coups de roulis, opérette en 3 actes d'Albert Willemetz, musique d'André Messager 1943-1944 : Dédé, opérette en 3 actes d'Albert Willemetz, musique d'Henri Christiné 1944 : Là-Haut, opérette bouffe en 3 actes d'Yves Mirande, Gustave Quinson et Albert Willemetz, musique de Maurice Yvain
Direction Simonne Volterra (compagnie Renaud-Barrault) 1946 : Hamlet de William Shakespeare, traduction André Gide, mise en scène Jean-Louis Barrault, musique de scène Arthur Honegger, avec Jean-Louis Barrault et Jacqueline Bouvier 1946 : Les Fausses Confidences de Marivaux, mise en scène Jean-Louis Barrault, musique de scène Joseph Kosma, avec Madeleine Renaud et Jean Desailly 1946 : Baptiste de Jacques Prévert, mise en scène Jean-Louis Barrault, musique de scène Joseph Kosma 1946 : Les Nuits de la colère d’Armand Salacrou, mise en scène Jean-Louis Barrault 1947 : Le Procès d'après Franz Kafka, adaptation Jean-Louis Barrault et André Gide, mise en scène Jean-Louis Barrault, musique de scène Joseph Kosma et Pierre Boulez 1947 : La Fontaine de jouvence de Boris Kochno, mise en scène Jean-Louis Barrault, musique de scène Georges Auric 1947 : Amphitryon de Molière, mise en scène Jean-Louis Barrault, musique de scène Francis Poulenc 1948 : Occupe-toi d'Amélie de Georges Feydeau, mise en scène Jean-Louis Barrault 1948 : Les Demoiselles de la nuit, livret Jean Anouilh, chorégraphie Roland Petit, avec Margot Fonteyn et Roland Petit 1948 : L'État de siège d'Albert Camus, mise en scène Jean-Louis Barrault, musique de scène Arthur Honegger 1948 : Partage de midi de Paul Claudel, mise en scène Jean-Louis Barrault, avec Edwige Feuillère, Jean-Louis Barrault, Jacques Dacqmine et Pierre Brasseur 1949 : La Seconde Surprise de l'amour de Marivaux, mise en scène Jean-Louis Barrault 1949 : Les Fourberies de Scapin de Molière, mise en scène Louis Jouvet, musique de scène Henri Sauguet 1949 : Élisabeth d'Angleterre de Ferdinand Bruckner, mise en scène Jean-Louis Barrault, musique de scène Elsa Barraine 1949 : Le Bossu de Paul Féval et Anicet Bourgeois, mise en scène Jean-Louis Barrault, musique de scène Georges Auric
1950 : Malborough s'en va t-en-guerre de Marcel Achard, mise en scène Jean-Louis Barrault, musique de scène Georges Auric (repris en 1951) 1950 : La Répétition ou l'Amour puni de Jean Anouilh, mise en scène Jean-Louis Barrault 1950 : Malatesta de Henry de Montherlant mise en scène Jean-Louis Barrault 1951 : Œdipe d’André Gide, mise en scène Jean Vilar, avec Jean Vilar 1951 : On purge bébé de Georges Feydeau, mise en scène Jean-Louis Barrault 1951 : Lazare d'André Obey, mise en scène Jean-Louis Barrault 1951 : L'Échange de Paul Claudel, mise en scène Jean-Louis Barrault 1951 : On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset, mise en scène Jean-Louis Barrault, musique de scène Arthur Honegger