Éric Stauffer, né le à Carouge (originaire de Homberg), est un homme politique genevois. Il préside le Mouvement citoyens genevois de 2008 à 2012.

Biographie Né à Carouge d'une mère italienne et d'un père genevois originaire de HombergUFIP Union Financière Privée SA (Registre du commerce)., Éric Stauffer se marie une première fois à 21 ans avec une Italienne puis une deuxième fois, à 38 ans, avec une Mauricienne. Père de trois enfants« Eric Stauffer, le bagarreur de la politique genevoise », par Fedele Mendicino et Fabiano Citroni, La Tribune de Genève, 18 mai 2012., il est tri-national suisse, italien et mauricien..

Éric Stauffer est un des rares politiciens suisses à avoir autant défrayé la chronique. au point que l’émission phare de la RTS « Temps Présent » lui consacre un reportage intitulé « Populisme mode d’emploi » le .

Parcours professionnel Éric Stauffer affirme avoir collaboré dans les années 1990 avec le Département militaire fédéral, en particulier le Laboratoire de Spiez spécialisé dans l'étude des menaces et risques atomiques, biologiques et chimiques en lien avec les armes de destruction massive. Contactés par la Tribune de Genève dans le cadre d'une enquête, le laboratoire et l’Office fédéral de la police refusent de commenter cette affirmationMarc Bretton, Éric Stauffer est-il un ancien espion suisse ?, La Tribune de Genève, 5 novembre 2008..

Dans les années 2000, Éric Stauffer est actif sur l'île Maurice. Il quitte l'île après avoir été accusé à tort de lourdes charges par le premier ministre Navim Ramgoolam.

Il déclare avoir collaboré avec la Confédération suisse en 2002, en vue de l'organisation d'une conférence de paix en Suisse entre Israël et l'Autorité palestinienne.

En , il participe à la création de la compagnie aérienne Helvetic Wings et en devient le directeur financier. En désaccord avec les actionnaires de la compagnie sur la stratégie de développement, il démissionne en avril 2004 après seulement 6 mois d’activité. En Helvetic Wings fait faillite.

En 2010, Éric Stauffer fonde avec Carlos Medeiros une société active dans le domaine de la téléphonie mobile. Affilié avec l'opérateur Sunrise, la société proposait des offres à prix réduits à ses clients. En , Sunrise rachète les activités de la société et la marque Medinex.

Fin 2018, Éric Stauffer crée une nouvelle société de services téléphoniques en Valais, où il s'est installé..

Parcours politique Membre du Parti libéral suisse dans les années 1980, il est élu une première fois conseiller municipal de la ville d'Onex sous cette étiquette pour la législature 1987-1991.

Il adhère à l'Union démocratique du centre (UDC) au printemps 2005. Quelques semaines plus tard, il fonde avec Georges Letellier, le , le Mouvement blochérien genevois (MBG), qui décide rapidement de changer de nom en adoptant celui de Mouvement citoyens genevois (MCG). La nouvelle formation se fait très rapidement connaître par deux émissions de la Radio Télévision Suisse. Éric Stauffer est élu le par l'assemblée générale du MCG au poste de président. Roger Golay le remplace le .

Candidat au Conseil administratif d'Onex lors des élections municipales du , Éric Stauffer provoque pour la première fois dans l’histoire politique de la commune un deuxième tour, où il est finalement devancé par le candidat démocrate-chrétien Philippe RochatRésultats de l'élection administrative complémentaire du 3 juin 2007 (État de Genève). Le , il est élu au Conseil administratif d'Onex, évinçant Philippe RochatRésultats des élections administratives du 17 avril 2011 (État de Genève).. Il est maire de la commune pour l'année 2013-2014Conseil administratif d'Onex.. En 2015, il est victime d'une alliance entre le PLR, le parti socialiste, les Verts et le PDC au second tour et perd son siège alors même qu'il recueille près de 38% des suffrages« Eric Stauffer tombe de l’affiche à Onex », La Tribune de Genève, 10 mai 2015..

Il présente sa candidature pour l'élection du Grand Conseil du canton de Genève en octobre 2005. Élu député, il brigue sans succès le 13 novembre un siège au Conseil d'ÉtatRésultats de l'élection du Conseil d'État du 13 novembre 2005 (État de Genève).. Le , il est réélu en conduisant la liste de son parti, qui double sa représentation pour devenir le troisième parti du canton. Dans la foulée, il lance à nouveau sa candidature pour le Conseil d'État aux côtés de Mauro Poggia, mais aucun des deux n'est élu. Il est à nouveau candidat au Conseil d'État en 2012Isabel Jan-Hess « Éric Stauffer plébiscité par les siens », La Tribune de Genève, 29 février 2012. et 2013Olivier Francey, « Le MCG lancera trois candidats dans la course au Conseil d'État », La Tribune de Genève, 10 juin 2013., mais sans succèsRésultats des élections cantonales de 2013 (État de Genève).. Le 2013, il est réélu député au Grand ConseilRésultats des élections cantonales de 2013 (État de Genève)..

En 2016, il brigue à nouveau la présidence du MCG, face à Ana Roch. Il perd cette élection d'une voix et annonce dans la foulée son retrait de la vie politique. Il revient cependant sur cette décision et siège à partir de au Grand Conseil comme « indépendant ».. Il tente ensuite de rejoindre la section genevoise de l'UDC, mais celle-ci refuse.

En 2017, Éric Stauffer lance le mouvement « Genève en marche » en vue des élections cantonales de 2018. Après sa non-réélection au Grand Conseil genevois, il annonce la dissolution du mouvement et son retrait de la vie politique.

Après un déménagement en Valais, il tente toutefois de rejoindre, sans succès, la section valaisanne du PDC. En 2019, il adhère à la section genevoise du Parti bourgeois démocratique et est candidat sur leur liste pour le Conseil national la même année.

En 2024, il est accueilli au sein de la section valaisanne de l'UDC en vue de se présenter aux élections municipales, projet qu'il interrompt.

Alertes, affaires et controverses Affaire mauricienne

En 1999, Éric Stauffer fonde sur l’île Maurice avec Xavier Luc Duval une compagnie de management, Equinoxe Financial Services Ltd. Quelques mois plus tard, aidé par Eric Stauffer, Xavier Luc Duval est élu au gouvernement et devient ministre de l'industrie et du commerce et vice premier ministre. Éric Stauffer devient son conseiller spécial.

Navin Ramgoolam, premier ministre, a peur qu'Éric Stauffer puisse savoir que le gouvernement mauricien a détourné des fonds vers l’UOB, banque suisse établie à Genève. C'est en effet la société Erton Assets Management SA, dont Éric Stauffer est l'actionnaire principal et le liquidateur, qui présente le ministre mauricien à l'UOB. Éric Stauffer et sa société renoncent cependant à entrer en affaires parce que la conclusion du contrat supposait le versement de pots-de-vin. Pourtant, Éric Stauffer est persuadé que l'UOB a accepté l'offre. Un document interne de l'UEB, que la Tribune de Genève a publié, prouve que des contacts ont bel et bien eu lieu en 1997 entre la banque et le ministre des finances mauricien de l'époque. On y apprend comment le ministre proposait à l'UOB (ancienne raison sociale de l'UEB) de financer la campagne électorale de son parti en l'an 2000.

Éric Stauffer dénonce un scandale et quitte l’île Maurice et de très nombreux articles de presse relatent ce fait, désormais scandale national.

Après une guerre acharnée et un communiqué de presse de la Confédération suisse désavouant le premier ministre Navin Ramgolam, l’opposition s’empare du pouvoir lors d’élections anticipées, Éric Stauffer est accueilli en héros à l’île Maurice où il est fait citoyen d’honneur et reçoit la nationalité mauricienne. Accusations contre les Services industriels Éric Stauffer, en tant que député, a siégé plusieurs années au conseil d’administration des Services industriels de Genève (SIG).

En 2007, il combat ce qu'il considère comme la au nom de la santé publique, trouvant aberrant que des déchets traversent toute l’Europe pour alimenter des incinérateurs genevois surdimensionnés. Robert Cramer, conseiller d’État chargé de l’environnement, ayant annoncé la prochaine importation de déchets en provenance de Naples pour être incinérés à Genève, Éric Stauffer organise une conférence de presse à Naples pour dénoncer ces importations de déchets et s'inquiète de filières douteuses entre la mafia italienne et les SIG ; au passage il provoque le gouvernement italien affirmant que certains membres travailleraient à la solde de la mafiaSources: . Le gouvernement italien y apporte un démenti en déclarant : « jamais nous n'avons autorisé l'exportation de nos déchets à Genève ou en Suisse ». Le lendemain, le Conseil d'État genevois annonce l'interdiction de l'importation de déchets« SIG : confusion sur les déchets napolitains », Télévision suisse romande, 10 mars 2008.Sarah Pernet, « Éric Stauffer : Les membres du conseil d'administration des SIG sont lobotomisés ! », Le Matin Bleu, 29 octobre 2008..

La même année, il s'insurge contre le système de rémunération des SIG en déposant une motion parlementairePhilippe Bach, « Administrateur aux SIG, Éric Stauffer risque l'exclusion », Le Courrier, 5 septembre 2007.. En 2008, ce sont des malversations qu'il dénonce sans suiteAntoine Grosjean, « Nouvelle attaque d'Éric Stauffer contre les Services industriels », La Tribune de Genève, 7 octobre 2008. : il invoque un rapport attestant que Gaznat, filiale des SIG spécialisée dans le gaz, aurait falsifié ses comptes dans les années 1990 pour dissimuler un dumping de ses tarifs et « couler les mazoutiers » ; l'opération aurait rendu nécessaire l'assainissement de Gaznat à hauteur de de francs payables par le contribuable genevoisMarc Bretton, « Tensions en hausse à la tête des SIG », La Tribune de Genève, 17 octobre 2008, .. Il dénonce également le versement par les SIG de fonds à Énergie Ouest Suisse pour le financement du barrage de la grande Dixence en Valais, soit de francs.

Début , le Conseil d'État révoque son mandat d'administrateur des SIG pour violation des devoirs liés à sa fonction, notamment le devoir de loyauté, décision contre laquelle il fait recours devant le Tribunal administratif de GenèveVincent Donzé, « Éric Stauffer : viré, il veut revenir ! », Le Matin, 3 mars 2009. au motif que la seule loyauté qu'il reconnaît est celle envers le peuple qui l’a élu. Celui-ci rejette sa demande d'effet suspensif par arrêt du Arrêt du Tribunal administratif du 19 mai 2009 (État de Genève).. Le Tribunal fédéral déclare irrecevable le recours contestant la décision du Tribunal administratif par arrêt du Arrêt du Tribunal fédéral du 3 août 2009 (État de Genève)., en considérant notamment que sa révocation ne saurait lui causer un préjudice irréparable, condition nécessaire pour que son recours soit recevable. Éric Stauffer dénonce alors une « cabale politique ».

Controverses et affaires judiciaires En 2009, il est interpellé par la police genevoise pour avoir roulé au guidon d'un scooter alors qu'il était sous le coup d'un retrait de permis de conduireChloé Dethurens, « Éric Stauffer pincé sans permis de conduire », La Tribune de Genève, 22 mai 2009.

En , Éric Stauffer conçoit une affiche dans le cadre d’une votation fédérale sur le renvoi des criminels étrangers, où figure en photo le colonel Kadhafi avec le slogan « Il veut détruire la Suisse ». La Libye porte plainte auprès de la Confédération contre Éric Stauffer et l’affaire fait grand bruit dans les médias suisses. Éric Stauffer fait l’objet d’une procédure pénale fédérale (fait rarissime en Suisse) pour « outrage à chef d’État étranger ». Le Conseil fédéral donne l’autorisation de poursuivre Éric Stauffer. Dans un premier temps, le Ministère Public de la Confédération prononce un séquestre des affiches. Environ 8 mois plus tard, le printemps arabe provoque la chute du régime de Kadhafi et le Ministère Public de la Confédération abandonne les poursuites. Eric Stauffer obtiendra même une victoire au Tribunal fédéral sur cette affaire.