Fondée en 1634 à Limoges par la religieuse Suzanne de Briançon, l’Institution Beaupeyrat (ou plus simplement Beaupeyrat) est un établissement d'enseignement privé catholique sous contrat d'association avec l'État, sous la tutelle depuis ses origines de la Compagnie de Marie-Notre-Dame (elle-même fondée par sainte Jeanne de Lestonnac, nièce de Montaigne).

Avec répartis dans une cinquantaine de classes de la maternelle au supérieur, ainsi qu'une centaine d'enseignants, Beaupeyrat est le plus grand établissement privé en Limousin. et le seul de la région à regrouper tous les niveaux sur un même site. : école maternelle et élémentaire, collège, lycée d'enseignement général et technologique, BTS et Diplôme de comptabilité et de gestion (DCG). Il est aussi le plus vieil établissement d'enseignement privé de Limoges et de sa région.

En plus du français, les langues enseignées sont : l'anglais, l'allemand, l'espagnol, le latin et l'occitan.

Histoire Les Filles de Notre-Dame La Compagnie de Marie-Notre-Dame, anciennement appelée Ordre de Notre-Dame, est une congrégation religieuse enseignante d'inspiration ignacienne (jésuite) fondée en 1607 à Bordeaux par Jeanne de Lestonnac, nièce du philosophe Michel de Montaigne. Les , comme elles sont alors appelées, ont pour mission l'enseignement aux jeunes filles de toutes les classes de la société, et ce gratuitement.

En , Suzanne de Briançon, supérieure de l'établissement de Périgueux et amie de Jeanne de Lestonnac, se rend à Limoges, accompagnée de quelques religieuses, car elle souhaite y fonder une nouvelle , c'est-à-dire un pensionnat religieux pour jeunes filles.

Cependant on leur refuse d'abord l'installation, car les Ursulines assurent déjà l'instruction gratuite des jeunes filles pauvres rue Banc-Léger depuis 1620 et car le peuple craint qu'elles ne soient à la charge de la ville.

Les six Filles de Notre-Dame peuvent finalement s'installer à Limoges le dans l'ancien monastère des Carmélites situé au 11 de l'actuelle rue des Filles-Notre-Dame à Limoges (le nom de la rue a été donné en souvenir de la congrégation : il n'existe plus aujourd'hui que la porte d'entrée du monastère, qui fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le .). La maison de Limoges est la maison à être fondée après la maison mère de Bordeaux. Suzanne de Briançon reste 5 ans à Limoges ; à son départ la communauté compte 22 religieuses.

Pendant la Révolution française, les religieuses, comme toutes les communautés religieuses de Limoges et un peu partout en FranceSite du conseil général., sont expulsées. L'institution comptait alors 70 à 80 élèves pensionnaires et environ 100 externes. Le registre des actes capitulaires de l'Ordre à Limoges indique :

Françoise Gonneau, qui, durant les années sombres, enseignait en cachette aux enfants de Rochechouart où elle s'était réfugiée auprès des siens, regroupe les religieuses survivantes rue des Filles-Notre-Dame, puis achète en 1834 une maison près de l’hôtel de ville, à l'actuel emplacement du parking F. Roosevelt. Rapidement, la place manque pour recevoir les élèves..

Au 9 ter, rue Pétiniaud-Beaupeyrat alt=Pensionnat Beaupeyrat, vue générale vers 1908 (illustration).|vignette|upright=0.8|Pensionnat Beaupeyrat, vue générale vers 1908 (illustration). En 1854, les religieuses achètent un grand terrain à la campagne, où est construit le bâtiment qui sera le noyau de l'actuel Beaupeyrat et qui est achevé en 1856. Certains estiment qu'elles n'auront jamais d'élèves à l'ecart de la ville, mais c'est la ville qui rejoindra assez rapidement les religieuses. En 1866., la rue des Quatre-Chemins est renommée rue Pétiniaud-Beaupeyrat, en hommage à l'ancien maire de Limoges Jean-Baptiste Pétiniaud de Beaupeyrat.. Les religieuses font également construire une buanderie avec lavoir, des salles de douche et de bain. En 1884, l'institution compte 210 élèves. alt=Grotte réplique de celle de Lourdes, en 1913|vignette|upright=0.8|Grotte réplique de celle de Lourdes, en 1913. alt=Intérieur de la chapelle en 1913.|vignette|upright=0.6|Intérieur de la chapelle en 1913. Les apparitions à Bernadette Soubirous de la Vierge à la grotte de Massabielle à Lourdes en 1858 et le développement du sanctuaire, avec le couronnement de la statue de la Vierge en 1876, donnent des idées au monde catholique, et en 1894, le père Paul Maupetit, aumônier de la communauté des Filles de Notre-Dame, fait élever une grotte similaire sur le site limougeaud par des artistes venus de Paris. Pour donner plus de crédibilité à cette édification, il fait ajouter des cascades faisant penser au gave qui coule à Lourdes. La chapelle est édifiée en 1900 et les fresques sont réalisées par Paul-Laurent Courtot.. L'établissement compte alors 160 élèves.

En 1904, les congrégations ne sont plus autorisées à enseigner après les limitations apportées à la loi de 1901.. Les religieuses sont chassées et leur maison est vendue aux enchères. Grâce à Maître Montagne et à sa femme présidente des Anciennes élèves, ces dernières ouvrent une souscription permettant de racheter la maison. À la rentrée 1904, Notre-Dame devient Beaupeyrat (qui signifierait par ailleurs beau poirier en occitan, selon le site de l'établissement), en référence au quartier dans lequel elle est située, et ainsi l’école continue, confiée à des laïques, anciennes élèves. Les religieuses doivent alors gagner leur vie, certaines décorent de la porcelaine, d'autres lancent avec M. Maupetit, frère de la supérieure Mélanie Maupetit, une fabrique de chocolat. Elles se préparent à reprendre leur mission enseignante dès que cela sera possible, et remboursent petit à petit les anciennes élèves, ce qui sera achevé en 1925.

À partir du , une partie des locaux est réquisitionnée pour en faire un hôpital militaire de soixante-cinq litsPage sur les hôpitaux militaires durant la guerre 14-18..

En 1939-1940, une partie des locaux est de nouveau transformée en hôpital militaire. Lorsque les blessés français seront remplacés par des blessés allemands, le courage et l’énergie de Mme Haquette forceront le respect des occupants.

En 1959, l'établissement compte 260 élèves. Avec la loi Debré, qui apporte des fonds, l'intégration en 1965 du pensionnat Fénelon (jouxtant l'établissement côté boulevard Gambetta) puis l'école-collège Sainte-Philomène (rue Armand-Dutreix) en 1973, et l'arrivée progressive de la mixité, le nombre d'élèves atteint 1100 en 1982.

En 1996, après avoir fait construire un gymnase, Beaupeyrat bâtit sa nouvelle école primaire Saint-Aurélien, qui permet de regrouper sur le site principal ses classes et celles qui se trouvaient à l'annexe Sainte-Philomène près de la place des Carmes.

Les religieuses quittent l'établissement en 2002. Après avoir passé les sélections régionales, nationales et européennes, l'Institution Beaupeyrat est choisie en 2007 pour le projet de coopération européenne Comenius. En 2008, un nouveau gymnase omnisports et un bâtiment pour les maternelles (Saint-Hilaire) sont construits.

Personnalités liées à l’Institution Beaupeyrat Jeanne de Lestonnac, nièce du célèbre philosophe Michel de Montaigne, mère supérieure et amie de la fondatrice Suzanne de Briançon. Françoise Soury-Lavergne, ancienne élève et directrice de l'établissement, archiviste de la Compagnie de Marie-Notre-Dame.. Anne Boquet, ancienne élève, haut fonctionnaire .. Bernard Lathière, fondateur du consortium européen Airbus, et P-DG du groupe de 1975 à 1984, ainsi que président des Aéroports de Paris de 1986 à 1992. Jean-François Julien, ancien élève, journaliste au Populaire du Centre. Jean-Michel Imbert, ancien élève, guide à l'office de tourisme de Limoges. Bozidar Maljkovic, entraîneur de basket (CSP Limoges), parent d'élèves.. Christian Charrière-Bournazel, bâtonnier de l'ordre des avocats du barreau de Paris du au , et frère de Jean-Jacques Charrière, chef d'établissement. Axel Monnier, ancien élève, journaliste correspondant de TF1 à Washington..

Direction PériodeNom du chef d'établissement1960?-1973Sœur Françoise Soury-Lavergne1972-1990Sœur Marie-Henriette Soury-Lavergne.1990-1999Sœur Marie-Josèphe Raveyre 1999-2014Jean-Jacques Charrière.2014-2021Fabienne Berthe2021-Emmanuel Rabatel

Traditions

Fêtes célébrées dans l'établissement L'institution célèbre la Sainte-Jeanne-de-Lestonnac le , date anniversaire de sa canonisation. ; la fête de la Présentation de Marie au Temple le , lors de laquelle Jeanne de Lestonnac avait choisi de confier à la Vierge Marie « ses » filles. ; ainsi que la fête de l'Immaculée-Conception le ..

Nom des salles La plupart des salles de l'Institution Beaupeyrat portent des noms de saints, afin de leur rendre hommage, à commencer coté collège par des noms de saintes ayant un lien avec l'établissement., comme Sainte-Jeanne-de-Lestonnac ou Sainte-Suzanne – pour la fondatrice Suzanne de Briançon –, ou encore (qui canonisa Jeanne de Lestonnac le ). Du côté du primaire ce sont des noms de saints du Limousin (Saint-Hilaire, Saint-Pardoux, Saint-Just... – Saint-Martial, saint patron de la ville de Limoges, étant depuis de longues années le nom du bâtiment du lycée contenant la salle de spectacle de l'établissement). Quelques salles sont nommées en clin d'œil à leur fonction comme la salle de dessin qui porte le nom de Michel-Ange.

Ostensions Tous les sept ans depuis les années 1950, la relique de Jeanne de Lestonnac, portée par des élèves de l'établissement, fait partie intégrante des processions lors des Ostensions limousines septennales...

Classement du lycée En 2015, le lycée se classe troisième sur treize au niveau départemental quant à la qualité d'enseignement, et au niveau nationalClassement départemental et national du lycée.. Le classement s'établit sur trois critères : le taux de réussite au bac, la proportion d'élèves de première qui obtient le baccalauréat en ayant fait les deux dernières années de leur scolarité dans l'établissement, et la valeur ajoutée (calculée à partir de l'origine sociale des élèves, de leur âge et de leurs résultats au diplôme national du brevet)Méthodologie du classement national des lycées français..

Partenariats L'établissement propose dans ses locaux depuis 2017 le brevet d'initiation aéronautique (BIA) en partenariat avec l'Aéroclub Limoges-Bellegarde., et depuis 2019, en classe de , l'option défense et sécurité globale avec le Centre de recrutement et d’information de la Marine à Limoges et le porte-hélicoptères amphibie Le Tonnerre basé à Toulon..

Beaupeyrat est également partenaire de l’association « Les Petits Chanteurs Limousins », membre de la fédération internationale des Pueri Cantores, relancée au sein de l'établissement en 2018. La manécanterie propose aux élèves désireux de chanter et d’apprendre à chanter d’intégrer la pré-maîtrise (du CE2 au CM2) et la maîtrise (collège).. Elle se produit à Marseille devant le pape François en ..

Notes et références

Bibliographie . . .

Voir aussi

Articles connexes Jeanne de Lestonnac Compagnie de Marie-Notre-Dame

Sites externes

B Beaupeyrat Catégorie:Lycée privé en France Catégorie:Collège privé en France Catégorie:École primaire privée en France