La fosse Dionne est une source karstique dite source vauclusienneVille de Tonnerre - Guide touristique du patrimoine, édité par l'Office de tourisme, 2012, située dans le centre-ville de Tonnerre (commune française du département de l'Yonne). Elle est alimentée par les infiltrations des eaux pluviales dans le plateau calcaire avoisinant ainsi que par les pertes d'au moins une rivière. La fosse Dionne est remarquable par son débit (en moyenne ) et la taille de son réseau hydrogéologique qui s'étend sur plus de .

Sa présence est à l'origine de la création de la ville de Tonnerre. Un lavoir élaboré a été aménagé autour de la source au .

Toponymie Fosse Dionne viendrait de l'ancien français "Fons Divina", signifiant "source divine". Une autre étymologie pour Dionne pourrait être Dioné, nom de l'une des nymphes Hyades, chargées de faire tomber la pluie dans la mythologie grecque. Toutefois, étant éloigné de la zone d'influence de la Grèce antique, il serait plus vaisemblable que ce soit Divona, déesse celtique des mondes souterrains et humides (gouffres, sources et fontaines). Un tronc de statue sorti du bassin en 1731 pourrait être celui de la divinité en question.

Hydrogéologie La fosse Dionne est, du point de vue hydrogéologique, une source de type exsurgence alimentée principalement par l'infiltration des précipitations dans les couches calcaires du plateau karstique datant du Jurassique et qui avoisine la ville de Tonnerre. Mais des colorations ont démontré qu'une partie des eaux de la source sont également fournies par la Laigne qui se perd au niveau de Villaines-en-Duesmois dans le gouffre de la Garenne, à de Tonnerre à vol d'oiseau. Il existe également une relation entre la source et le gouffre d'Athée.

Le débit moyen est de 311 litres par seconde mais en période de crue il peut atteindre litres par seconde (). Le débit moyen mensuel constaté sur une période d'observation de 20 ans oscille entre un pic de 619 litres par seconde en janvier et un minimum de 87 litres par seconde en août.

Histoire À l'époque gallo-romaine, la fosse Dionne est utilisée pour alimenter en eau l'oppidum de Tornodurum, implanté sur le plateau dit des vieux châteaux qui domine la ville actuelle. La ville moderne de Tonnerre est par la suite édifiée autour de la sourcela Fosse Dionne.

L'origine de la source remonte probablement à l'époque celtique. Si l'étymologie "Fons Divina" est avérée, le lieu était sacré pour les celtes puis les gallo-romains.

Le lavoir

En 1758, Louis d'Éon, père du chevalier d'Éon, fait aménager la source en lavoir. Un bassin de de diamètre est édifié. Les lavandières sont protégées des intempéries par un toit en forme de « demi-rotonde » porté par une charpente adossée à un mur en moellons. Pour éviter toute pollution, un muret sépare la source de l'auge annulaire utilisée pour le lavage. Des foyers situés sur le pourtour du lavoir permettent de produire la cendre utilisée pour le nettoyage. Le lavoir est classé Monument historique depuis 1920..

Exploration du réseau hydrogéologique en plongée souterraine La source constitue une vasque profonde (d'où l'appellation de fosse) dans laquelle débouche une galerie noyée dont l'entrée haute de est visible depuis l'extérieur. Le réseau hydrogéologique souterrain a été exploré par des plongeurs malgré les difficultés créées par des boyaux étroits (étroitures) et une succession de profonds siphons nécessitant de fréquents paliers de décompression. La première exploration connue a été effectuée en 1955. La galerie s'enfonce d'abord selon un angle de 45° jusqu'à la profondeur de . Pour continuer l'exploration il faut franchir une chatière de sur . Puis elle remonte à deux reprises à des profondeurs proches de avant de s'enfoncer progressivement jusqu'à -70 m à de l'entrée, distance limite atteinte jusqu'ici par les plongeurs.

Plusieurs tentatives d'exploration ont eu lieu, notamment en 1955, 1962, 1979, 1989 et 1996 mais, à la suite de plusieurs accidents mortels (1962 et 1996), l'accès au site a été interdit en 1996. La plongée souterraine y est strictement réglementéespélé.press coupure de presse de l'Yonne républicaine du 9 juillet 2001.

Fin , Pierre-Éric Deseigne, plongeur spéléologue professionnel, obtient l'autorisation d'entrer dans la Fosse avec plusieurs objectifs en tête : poser un nouveau fil d'Ariane qui lui permettra de retrouver son chemin, nettoyer la fosse des déchets jetés là, cartographier le réseau et revenir avec des images. Le il atteint la profondeur de - en dépassant de 10 mètres le terminus de Patrick Jolivet de 1989...

center|thumb|upright=3.2|Lavoir de la Fosse-Dionne.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Articles connexes

Liste des monuments historiques de Tonnerre Liste des cavités naturelles les plus longues de l'Yonne

Liens externes Caractéristiques et historique des plongées spéléologiques Légendes liées à la fosse Dionne

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