La Garde républicaine (GR) est une branche de la Gendarmerie nationale qui assure des missions d'honneur et de sécurité au profit des plus hautes autorités de l'État en France, ainsi que des missions de sécurité au profit du public. Elle concourt également au rayonnement culturel de la France avec ses formations musicales et ses formations spéciales. Enfin, elle exécute des missions d'assistance, de formation et de coopération, tant en France qu'à l'étranger.

Subordonnée à la région de gendarmerie d'Île-de-France (RGIF), son effectif comprend environ et femmes en 2019 — militaires et civils.L'effectif était de dans les années 2000, sur un total de pour l'ensemble de la Gendarmerie.. Elle est composée d'un régiment de cavalerie, de deux régiments d'infanterie, d'un escadron motocyclisteL'escadron motocycliste n'est pas une unité autonome, il rattaché organiquement au premier régiment d'infanterie. et de formations musicales qui comprennent notamment l'orchestre de la Garde républicaine et le chœur de l'Armée française.

Intrinsèquement liée à Paris, elle n'abandonne qu'en 1978 le nom de « Garde républicaine de Paris », acquis en 1870. Il reste que les armoiries et les couleurs de la Ville de Paris sont omniprésentes sur les uniformes : boutons, insigne de poche, plaques de shako et de ceinturon, bandeau de casque, ainsi que sur les fanions, drapeaux, les tabliers et les flammes des trompettes. Les gardes et les officiers portent sur leur tenue de service courant un écusson aux armes de la ville.

Le siège de l'état-major de la Garde républicaine se trouve au quartier des Célestins dans le de Paris.

Histoire Un héritage ancien La Garde républicaine est l'héritière de tous les corps qui ont assuré, depuis les premiers rois francs, les honneurs et la protection des hautes autorités de l'État et de la Ville de ParisHistoire de la Garde républicaine sur le site du ministère de l’Intérieur..

En 1254, Paris est dotée du guet royal créé par Saint Louis. Celui-ci devient la « garde de Paris » en 1750. Dès le , celle-ci se place sous les ordres de l’Assemblée nationale mais elle est dissoute en 1791, et Paris n’a plus de garde spécifique : la police y est désormais assurée par de gendarmerie jusqu’en 1793, puis par une légion de police jusqu’en 1796. Ensuite, les patrouilles et la garde des bâtiments publics sont assurées uniquement par la Garde nationale.

Garde municipale, gendarmerie impériale, Garde royale, Garde de Paris (1802- 1870)

La Garde républicaine actuelle se rattache plus directement à la Garde municipale de Paris, créée le () par Napoléon Bonaparte. Celle-ci s'est distinguée dans de grandes batailles, dont Dantzig et Friedland en 1807, Alcolea en 1808 et Burgos en 1812.

En 1813, elle est dissoute à la suite de la tentative de coup d'État du général Malet et remplacée par la Gendarmerie impériale de Paris puis, sous la Restauration, par la Garde royale de Paris puis la Gendarmerie royale de Paris.. En 1830, elle est recréée, puis de nouveau supprimée après la révolution de 1848 au profit de l'éphémère Garde civique.

vignette|Garde à pied, garde à cheval et sous-officier de la garde républicaine de Paris fin 1848.

En est créée la Garde républicaine de Paris, qui comprend un régiment d'infanterie et un régiment de cavalerie. Cette Garde, par décret de Louis-Napoléon Bonaparte, est intégrée dans la Gendarmerie le . Sous le second Empire, elle devient la garde de Paris chargée du maintien de l'ordre et de manifestations de prestige. Elle reçoit ses insignes le .

La Garde républicaine dans la Première Guerre mondiale

Elle ne prend pas part à la Première Guerre mondiale en tant qu'unité combattante, contrairement aux autres régiments montés de cuirassiers et de dragons car elle ne devait pas être mobilisée en temps de guerre, sa mission étant le maintien de l'ordre dans la capitale, l'encadrement de la mobilisation et la défense éventuelle de Paris. Toutefois, de très nombreux volontaires partirent pour le front où ils furent versés dans l'infanterie : la totalité de ses officiers et le tiers de ses effectifs en sous-officiers soit plus d'un millier de militaires. C'est en reconnaissance de ce fait qu'elle voit ses drapeaux et son étendard décorés de la croix de chevalier de la Légion d'honneur depuis 1928.

C'est justement son maintien dans la capitale pendant la Première Guerre mondiale qui devait la sauver en tant que dernier régiment monté. En effet, les régiments de cuirassiers de Paris à qui était échu jusqu'alors le service des escortes officielles sont partis au front avec leurs chevaux, leurs casques, leurs cuirasses et leurs sabres. Ils en reviendront quatre années plus tard, entièrement mécanisés. La Garde qui avait ainsi échappé au départ sur le front et à la mécanisation se retrouva de ce fait seule à assurer le service des honneurs et des escortes dans la capitale où elle se maintint dans ses coutumes et uniformes restés d'avant-guerre, et encore de nos jours, sachant que l'anachronisme des tenues et des montures ne commence qu'à partir de ce moment.

La Garde républicaine dans la Seconde Guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, démilitarisée, elle est rattachée à la préfecture de police et prend le nom de Garde de Paris. . La Garde participe aux combats aux côtés des FFI lors de la libération de Paris.

La Garde républicaine dans la guerre d'Indochine

De 1947 à 1954, la Garde républicaine prend part à la guerre d'Indochine en envoyant trois Légions de Marche qui sont principalement assignées à la formation des troupes autochtones alliées et à la défense de certains lieux. Les trois légions, comprenant un effectif constant de près de , déploreront de lourdes pertes (plus de et durant le conflit), ce qui lui vaut la croix de guerre des TOE. En 1954, la Garde républicaine se scinde en deux branches distinctes, la Gendarmerie mobile et la Garde républicaine de Paris.

La Garde républicaine de Paris devient la garde républicaine

En 1978, la Garde républicaine de Paris reprend l'ancienne dénomination de « Garde républicaine ». L'année 1978 voit également la scission du régiment d'infanterie pour former deux unités nouvelles appelées respectivement et d'infanterie de la Garde républicaine. Le président Valéry Giscard d'Estaing remet ses nouveaux insignes à la garde le en remettant son drapeau au lieutenant-colonel Gerardin, chef de corps du régiment.

vignette|upright=0.6|Armoiries de la Garde républicaine (1981). En 1981, Pierre Rosière et Jacques P. Vougny conçoivent les armoiries de la Garde, qui figurent notamment sur les tamboursBlason : Écartelé : au I, d’azur à une grue à la tête contournée d’or et sa vigilance d’argent adextrée d’une étoile et sénestrée de trois fleurs de lis, toutes d’or ; au II, de gueules à l’aigle impériale couronnée empiétant un foudre d'or ; au III, de gueules au faisceau de licteur d’or lié du champ supportant un bonnet phrygien du même et accosté de deux branches de laurier aussi d'or ; au IV, d’azur à une bombe enflammée d'or ; sur le tout, de gueules à la nef équipée et habillée voguant sur des ondes mouvantes de la pointe, le tout d'argent, au chef d'azur semé de fleurs de lis d'or, qui est de Paris. Cf. Filmotte Richard. Gendarmerie : Les armoiries de la Gendarmerie Nationale et de la Garde républicaine. II. Les armoiries de la Garde républicaine. In: Revue Historique des Armées, n°224, 2001. Mélanges. pp. 126-127..

En , la Cour des comptes demande un rapport sur la réduction éventuelle des moyens accordés à la Garde républicaine car les « missions de la Garde répondent davantage à des objectifs de prestige qu'à des besoins de sécurité » tout en constatant que les services d'honneur ne représentent que 7,5 % des activités de la Garde.Selon la Cour, le "coût" annuel de la Garde républicaine s'élèverait à d'euros : La Garde républicaine dans le collimateur de la Cour des comptes, AFP, ..

Le , le cheval hongre de la Garde républicaine Vésuve de Brekka est offert par Emmanuel Macron à son homologue chinois Xi Jinping, geste que l'Élysée qualifie de « diplomatie du cheval inédite »..

Il en est de même pour la reine d'Angleterre à l'occasion du Jubilé de platine d'Élisabeth II célébré du au , où le cheval Fabuleu de Maucour jusque-là cheval porte étendard du régiment de cavalerie de la Garde est là aussi offert par Emmanuel Macron à la reine. D’autres présents, dont une selle d'arme ainsi qu'un sabre des modèles réservés aux officiers supérieurs de la Garde, l’accompagnent. Emmanuel Macron présidant dans le même temps le , premier jour des festivités, la cérémonie de ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe aux côtés de Menna Rawlings, ambassadrice du Royaume-Uni à Paris..

Missions thumb|Officier de cavalerie.|273x273px thumb|gauche|1er régiment d'Infanterie.|269x269px

Les missions de la Garde républicaine entrent dans trois catégoriesPlaquette de présentation des missions de la Garde républicaine. : les missions d’honneur : assurer le protocole militaire de l’État, comme lors des déplacements du Président de la République les missions de sécurité : assurer la sécurité des palais nationaux ; contribuer à la sécurité publique générale ; les missions culturelles, de formation et de coopération : contribuer au rayonnement de la France.

Les missions d’honneur ou de prestige sont celles qui attirent le plus l’attention du public mais, en fait, 80 % des missions de la Garde républicaine sont des missions de sécurité.

Les missions d'honneur Les honneurs sont rendus par le régiment de cavalerie et les deux régiments d'infanterie. Les escortes sont assurées par le régiment de cavalerie et par l'escadron motocycliste.

Des détachements du régiment de cavalerie renforcent les deux régiments d'infanterie dans leurs missions d'honneur et de sécurité dans les palais de l'État. Les hôtes prestigieux sont accueillis sur le perron de l'Élysée ou de Matignon par des cavaliers à pied, la mission des régiments d'infanterie étant de rendre les honneurs et de veiller à la sécurité de ces palais ainsi qu'à celle des autorités. Certains services d'honneurs sont rendus lors de visites officielles dans les musées ou l'Opéra ou lors de la descente des académiciens sous la coupole de l'Académie française.

Lors de visites officielles ou de travail, le protocoleStructure de l’administration centrale - Le Protocole. exige de la Garde républicaine que les honneurs soient rendus par dix cavaliers à pied sur le perron de l'Élysée et trois sections à tandis qu'un orchestre de de cuivres et tambours joue dans la cour d'honneur ; lors de visites d'État, le protocole est renforcé par la présence du commandant militaire du palais ou de son adjoint et de deux cavaliers à cheval devant l'entrée principale.

L'escadron motocycliste participe également à certaines missions d'honneur et notamment à l'escorte des corps des militaires tombés pour la France lors de leur transfert à l'hôtel des Invalides.

Les missions de sécurité Missions de sécurité du régiment de cavalerie thumb|gauche|Patrouille de Gardes républicains à cheval au Louvre. thumb|Escorte d'une manifestation de cavaliers contre l'Équitaxe dans Paris en 2013. En plus des escortes, le régiment de cavalerie assure les missions suivantes : patrouilles à cheval dans Paris et les massifs forestiers du bassin parisien mais également autour du château de Chambord et en Nouvelle-Calédonie ; le régiment s’appuie sur une dizaine de postes permanents dans les bois de Boulogne, de Vincennes et les forêts de Chambord, Saint-Nom-la-Bretèche, L'Isle-Adam, Fontainebleau, Rambouillet, Saint-Chéron, Chantilly et Le Touquet ; des patrouilles quotidiennes sont également assurées dans les rues de Paris ; enfin, à la demande de certaines municipalités, certains gardes assurent des patrouilles à cheval de juin à septembre ; surveillance des sites et aires de stationnement pendant les grands sommets, G8, G20 ;