est un conglomérat industriel allemand spécialisé dans l’armement et l’équipement automobile, dont le siège social et la direction générale se trouvent à Düsseldorf.

L'exercice 2025 (resp. 2018) a enregistré un chiffre d'affaires de 9,94 (resp. 6,148) milliards d'euros pour un effectif de (resp. )D'après le Rapport d'activités 2019 de RheinmetallD'après les données officielles de Rheinmetall .

Cette entreprise est comptabilisée dans l'indice boursier MDAX.

se classait en 2025 au mondial pour la production d'armementD'après Defense News Top 100 Liste pour 2025.

Historique vignette|Un des premiers canons de la Rheinische Metallwaaren- und Maschinenfabrik, le « colonial de 75 mm ». Le , l'ingénieur Heinrich Ehrhardt (1840-1928) fondait à Düsseldorf avec un groupement d'actionnaires de Berlin, Francfort-sur-le-Main et Düsseldorf la société par actions Rheinische Metallwaaren- und Maschinenfabrik AG, pour répondre à une importante commande de munitions du ministère de la Guerre, que l’Union minière de Dortmund-Hörder (Hörder Bergwerks- und Hütten-Verein) venait de lui sous-traiter. La nouvelle usine ouvrit à Düsseldorf-Derendorf en , et une seconde la même année à Unterlüß dans l'arrondissement de Celle D'après de .

Débuts à l'ère wilhelmienne L’entreprise se développe rapidement les premières années, non seulement grâce aux commandes du gouvernement, mais aussi grâce à l'exploitation de deux brevets pour la fabrication de tubes sans soudure en 1891 et 1892. Pour répondre aux besoins sans cesse croissants d'acier dans la chaîne de fabrication, la société sidérurgique Metallwerk Ehrhardt & Heye AG fut créée à Düsseldorf-Rath en 1892 puis fusionnée avec l'entreprise-mère en 1896 en tant que « Département Rath ».

proposa en 1896 le premier canon à tir rapide, qui fut d'abord repoussé par la commission prussienne de l'artillerie. Mais avec les succès de ce nouveau type d'arme dans l'armée française, l'état-major se ravisa et la fabrication de canons devint la principale filière de l'entreprise.

Afin de tester les armes et les munitions, la société fit en 1899 l'acquisition d'un terrain d'environ à Unterlüß dans la Lande de Lunebourg pour en faire un pas de tir, que l'on peut toujours voir.

Sur une suggestion d'Heinrich Ehrhardt, les actionnaires de rachetèrent en 1901 la société en faillite Munitions- und Waffenfabrik AG de Sömmerda. Cette usine naguère spécialisée dans la fabrication de fusils Dreyse, qui fabriquait depuis armes à feu, balles de fusil et détonateurs, élargit la gamme de produits de .

Première Guerre mondiale et crises de l'entre-deux guerres vignette|Une machine à écrire Rheinmetall, vers 1920. vignette|Action d'une valeur de de la Rheinische Metallwaaren- und Maschinenfabrik datant de décembre 1928.

Au cours des années suivantes, c'est la demande de l'étranger qui suscita l'essentiel de la croissance de , si bien qu'en 1906 il fallut agrandir l'usine de Düsseldorf. Lorsqu’éclata la Première Guerre mondiale, était l'une des premières sociétés d'armement de l’Empire allemand ; elle employait quelque , mais l'effectif s'accrut sans cesse et se montait à la fin de la guerre à et employés, dont environ . La surface bâtie des ateliers de l'usine mère avait quadruplé dans l’intervalle.

Avec la fin du conflit, la production de guerre s'effondra naturellement et dut licencier des milliers d'ouvriers. Les exigences du traité de Versailles nécessitaient une reconversion urgente dans le domaine civil. Alors se mit à fabriquer en Rhénanie des locomotives, des wagons, du matériel agricole et des tracteurs à vapeur. L'usine de Sömmerda se spécialisa dans la mécanique de précision, avec les machines à écrire et les calculateurs de bureau. Pour éviter les ruptures d'approvisionnement, la production des usines sidérurgiques de Rath fut accrue.

À partir de 1921 les Alliés, pour combattre la menace communiste, ré-autorisèrent la production d'armes en petite quantité. Cependant l’usine de Derendorf restait sous occupation franco-belge, et le demeura jusqu'en 1925. Par suite d'une crise de la demande, il fallut réaffecter le personnel à la production de biens d'équipement civils et la fabrication de tracteurs à vapeur. Lors de la recapitalisation de 1925, l’État allemand, par l'intermédiaire de son consortium VIAG, devint l’actionnaire majoritaire de .

En , remporta les enchères lors de la liquidation du fabricant de locomotives Borsig, et disposa ainsi de l’immense usine de matériel ferroviaire de Berlin-Tegel. Cette fusion conduisit en 1936 à la création du groupe Rheinmetall-Borsig AG. Vers le milieu des années 1930, avec la politique impérialiste et belliciste de la dictature nazie, Rheinmetall-Borsig, grâce aux commandes incessantes du ministère de la Reichswehr, améliora et intensifia sa production d’armes et de munitions. La palette des produits allait des mitrailleuses et des canons de campagne aux canons antiaériens et tractés sur rail, en passant par les canons antichars et les poseurs de mines. La filiale Alkett (diminutif de Altmärkische Kettenwerke GmbH, littéralement « trains à chenille de l'Altmark ») fut créée en 1937 à Berlin pour répondre spécifiquement à la fabrication des chars d'assaut à chenilles ; cette spécialisation s'inscrivait plus généralement dans le plan Montan, une rationalisation gouvernementale du complexe militaro-industriel. En 1938, la société transféra finalement son siège social de Düsseldorf à Berlin.

Seconde Guerre mondiale vignette|La mitrailleuse MG34 fut conçue par l’équipe de Louis Stange chez Rheinmetall et était utilisée pendant la guerre d'Espagne. La production d’armement atteignit son apogée au cours de la Seconde Guerre mondiale, qui stimula par ailleurs le développement de nouvelles armes. L’influence croissante de l'appareil étatique, consécutif à la création de la Wehrmacht et à l'incorporation de Rheinmetall-Borsig au consortium d’État Reichswerke Hermann Göring conduisit finalement à la nationalisation de fait des usines, qui permit de coordonner au mieux l’économie de guerre. Au cours des deux dernières années de guerre, les centres de production du groupe étaient soit très endommagés, soit entièrement détruits par les bombardements alliés. Après le bombardement massif des usines de Düsseldorf, de nombreux secteurs de production furent transférés plus loin à l’est, en Thuringe (Apolda) et en Silésie (Guben et Breslau). Les usines de Berlin et de Sömmerda furent reconstruites en souterrain.

Au cours de la guerre, d’innombrables travailleurs déportés se retrouvèrent sur les chaînes de montage de . La seule usine d’Unterlüß employait à la fin de la guerre hommes et femmes, ainsi que des prisonniers de guerre (à peu près , soviétiques, et des autres pays), qui furent libérés par les Forces armées britanniques. De temps à autre, on faisait aussi appel aux juives hongroises du camp de travail (Außenlager) de Bergen-Belsen. Au total, des du « complexe Hermann Göring », la moitié étaient des déportés raflés dans tous les pays occupés.

Mais en , la plupart des ateliers de Rheinmetall-Borsig AG étaient détruits. Les usines de Düsseldorf, d’Unterlüß et des quartiers ouest de Berlin passèrent sous le contrôle des Américains, des Britanniques et des Français ou devinrent des coopératives. Dans les territoires occupés par l'Armée rouge, elles furent confisquées. Certaines usines furent même entièrement démontées et transplantées par les vainqueurs.

Guerre froide vignette|Le reflex EXA, un des produits phares de la VEB Rheinmetall Sömmerda. Jusqu'en 1950, toute production fut interdite. Puis Rheinmetall-Borsig AG devint un groupe et donna naissance à deux compagnies distinctes : Borsig AG, à Berlin, fabriquait des cocottes-minutes et des réfrigérateurs, et AG, basée à Düsseldorf, se spécialisa dans les machines à écrire, les amortisseurs, les ascenseurs, des chaînes de tannage ainsi que des portiques et de l'outillage portuaire. Cette reconversion de Düsseldorf à la production de biens d'équipement civils est aujourd'hui jugée comme peu satisfaisante par la compagnie.

Le , le gouvernement soviétique rendit à la RDA l'usine Rheinmetall de Sömmerda, qui prit désormais le statut de Volkseigener Betrieb (VEB)Entreprise populaire. Sous le nom de VEB Mechanik Büromaschinenwerk Rheinmetall Sömmerda, elle se mit à produire des machines à écrire et des calculateurs de bureau, des moteurs pour les cyclomoteurs Simson (modèles SR1, SR2 et Spatz) ainsi que des appareils photo. Le , elle fusionna au sein du consortium (Vereinigung Volkseigener Betriebe, VVB) Traitement de données et buromatique d’Erfurt. Ce groupement devint le le combinat Zentronik, puis le le combinat Robotron. En 1967, rebaptisée désormais VEB Robotron Büromaschinenwerks Sömmerda (BWS), elle ajouta la fabrication d’imprimantes puis en 1981 celle d’ordinateurs personnels (PC 1715, EC 1834, EC1835). Avec la réunification allemande, l'usine et ses quelque fut privatisée par la Treuhandanstalt en tant que Robotron Büromaschinenwerk AG et mise en liquidation le .

À l'ouest, l'année 1956 marqua un tournant : le , Rheinmetall-Borsig AG était nationalisée par la République Fédérale via le rachat par les usines sidérurgiques Röchlingsche Eisen- und Stahlwerke GmbH (aujourd'hui Saarstahl) ; un mois plus tard, Borsig AG était revendue à Salzgitter AG ; puis le groupe fut scindé en deux sociétés privées, Rheinmetall Berlin AG au mois de novembre et Rheinmetall GmbH à Düsseldorf en 1957. La création de la Bundeswehr en 1956 annonçait en effet la reprise d'un programme d'armement national. Rheinmetall se remit à produire des mitrailleuses, des canons automatiques et des munitions. La première arme produite fut la MG1.

La fabrication de composants d'artillerie lourde, tubes de canon ou affûts, reprit à partir de 1964. Elle permit la production de blindés et de canons. Rheinmetall développa un canon antichar, puis une tourelle mitrailleuse et un obusier embarqué pouvant équiper toute une gamme de chars. L'année suivante, elle décida de se lancer dans le développement de la technologie du canon lisse de .

vignette|Prototype du char Leopard 2 de Krauss-Maffei (Wanne ) équipé d'un canon en 1980 : le char est ici utilisé pour une épreuve de chargement à l’École fédérale du génie militaire. Cette variante primitive était équipée d’un télémètre. La tourelle porte des projecteurs et le canon est arrimé. Afin d'élargir sa production à la pyrotechnie, elle prit en 1970 une part majoritaire dans les actions de NICO Pyrotechnik Hanns Jürgen Diederichs KG. En 1972, on installa au pas de tir d’Unterlüß un centre d’essais climatiques pour tester, outre les armes et le matériel militaires, certains équipements civils. L'année 1978 fut marquée par la fabrication en série de l’obusier de calibre FH 70. Le premier char de Krauss-Maffei livré à la Bundeswehr le était notamment équipé du canon Rheinmetall de 120 mm, une innovation de la firme.

C'est alors qu'on s'occupa de réformer le secteur des biens d'équipement civils, avec en 1981 une prise de parts majoritaire dans Jagenberg AG et le rachat des machines d'emballages Gasti-Verpackungsmaschinen GmbH. Mais le , l’Office fédéral de police criminelle (BKA) perquisitionnait le siège du groupe à Düsseldorf, mettant au jour un système de sociétés écrans suspectées de trafic d'armes, notamment avec l’ArgentineD'après , et .

Puis en 1986, le groupe investit dans un équipementier automobile par le rachat des usines de carburateurs Pierburg GmbH. Par fusion avec Diehl BGT Defence, créa ainsi Intelligente Wirksysteme GmbH (GIWS), spécialisée dans les missiles guidés et les lanceurs. Avec la chute du mur de Berlin et le bouleversement des relations internationales, décida dès 1989 de diversifier ses filières de biens civils.

Diversification : les années 1990