Un dessin d'architecture est un dessin de tout type technique et nature, utilisé dans le domaine de l'architecture. C'est généralement une représentation technique d'un bâtiment qui associée à d'autres, permet une compréhension de ses caractéristiques, qu'il soit une construction édifiée ou seulement en projet. Ainsi, divers plans forment le cœur d'un dossier de demande d'un permis de construire.

Un dessin d'architecture est toujours une application de principes géométriques, de considérations esthétiques et d'exigences pratiques ; l'ensemble étant régi par des conventions. La synthèse et la traduction graphique de tous ces impératifs sont modulées selon le mode de réalisation du dessin, depuis le croquis à main levée jusqu'au système informatique le plus sophistiqué.

Un dessin donné appartient habituellement à un ensemble de dessins concernant un même bâtiment ou projet. Dans le cas d'un projet, il est la concrétisation de l'intention du décideur ultime tout en laissant une part au talent propre de l'architecteDessin d'architecture (site de l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Toulouse mémoires consulté le 30/11/2019). et même du dessinateur.

Le dessin d'architecture est associé à la carte géographique, à la photographie, à l'écrit sommaire (mémoire), à l'écrit détaillé (devis descriptif), aux relevés (état des lieux) faits avec actuellement un outillage informatique.

350px|thumb|right|Plan du rez-de-chaussée de la Maison royale de Saint-Louis. 400px|thumb|right|Élévation de la façade d'un palais. 200px|thumb|right|Traceur numérique produisant une image de type Plan de niveau.

Histoire

Le plus ancien plan architectural connu, gravé il y a environ sur un bloc calcaire, est le plan détaillé et à l'échelle d'un desert kite jordanien, découvert en 2023 sur le site du kite...

Lors de la Renaissance, le dessin s'est établi comme un élément essentiel de la conception architecturale, marquant une transition depuis une approche plus manuelle de l'architecture. À l'époque médiévale, les plans des édifices étaient tracés directement sur le sol, à l'échelle 1:1, pendant la construction des cathédrales. Plus tard, avec l'avènement de bases théoriques solides, l'architecture a été élevée au rang de science, redécouvrant des traités antiques tels que celui de Vitruve à la Renaissance. Après les Guerres mondiales, les architectes se sont éloignés du terrain pour se concentrer sur la conception, marquant une séparation entre la conception et la réalisation.

L'utilisation du dessin dans l'architecture a évolué, passant d'un outil de construction à un moyen de conception artistique. Au fil de l'histoire, le rôle de architecte et son utilisation du dessin ont évolué conjointement et séparément. Les dessins médiévaux étaient moins détaillés, laissant place à des décisions sur le chantier, contrairement aux dessins actuels fournis par les architectes. Les élévations de Sansedoni signalent une nouvelle évolution, où l'architecte devient le producteur des documents de conception, marquant la séparation d'avec les constructeurs.

La fonction de l'architecte s'est éloignée de celle de l'artisan pour se rapprocher de celle de l'artiste et du théoricien. Le dessin est devenu crucial, distinguant l'architecte et marquant la différence entre la conception et la réalisation. Les influences de l'architecture proviennent d'une variété de sources, des écoles d'architecture aux expériences personnelles. La curiosité et l'observation sont les moteurs de la création, et l'enrichissement des connaissances contribue à maintenir la fraîcheur dans la conception architecturale. En développant ses capacités, l'étudiant en architecture forge son identité et exprime ses principes à travers des productions graphiques originales .

Rôles et usages du dessin thumb|right|Plan de Port-Royal des Champs 1204-1709. Le dessin a pour rôle de communiquer à la personne concernée un ensemble de caractéristiques très diverses (et dans la plupart des cas sans liaison les unes avec les autres) de ce qui est en projet ou réalisé : la construction d'un bâtiment, d'un monument-sculpture, d'un parc, d'une pièce d'eau, d'un espace scénique… Le plus souvent c'est une sorte de nébuleuse de propriétés essentielles et permanentes attribuées à l'objet fabriqué et le définissant par leur mise ensemble. Il s'agit de traits formulant des formes et des directions, de mots formulant des substances et des qualités, de nombres formulant des tailles et des quantités avec en plus des étiquettes lettres et chiffres de repérage des parties du dessin, l'étiquette du dessin dans l'ensemble projeté.

La précision demandée au dessin (sa finesse des contours, des formes, des traits), son échelle, son support (papier ou numérique), ses cotes intégrées, la symbolique de son graphisme (rien, trait, pointillés, hachures, gris plus ou moins fort, couleur, combinaison des précédents) sont liées au métier de la personne concernée qui doit agir.

L'utilité d'un dessin dépend étroitement du type de personnes qui est amené, professionnellement, à en faire usage. Les priorités qui président à sa conception et sa réalisation ne sont pas les mêmes s'il s'agit d'un urbaniste, d'un organisme d'enregistrement des parcelles bâties par le biais d'un notaire, d'un maître d'ouvrage, maître d'œuvre ou d'un exécutant bâtisseur ou jardinier (artisan ou autre) Le nombre des intervenants propres à la construction est très variable, même dans les pays très industrialisés ; Selon la technique de l'ingénierie en bureau d'étude présente ou non.

Et bien entendu le protocole de construction dépend du pays avec ses normes et ses usages très souvent lié au son climat où se situe la chose dont on parle représentée par des dessins. Les rôles et les métiers des intervenants sont soumises aux lois, donc les droits (propriété, usage etc.) sont aussi liés aux dessins qui doivent dans les pays occidentaux être archivés (par les concepteurs et par les organismes locaux). Les contrats passés par les intervenants imposent l'adjonction aux dessins d'écrits détaillés (devis descriptif des objets, matériaux et matières finies obtenus, devis estimatif des coûts préalable). Types de dessin 300px|thumb|right|Élévation du Palais de Placentia à Greenwich, vue oblique. Selon l'objet : construction existante ou projetée ; ampleur de la construction ; degré de détail ; Selon sa place dans le projet : dessin d'observation ou esquisse ; document administratif ; représentation technique ou esthétique ; dessin d'exécution ;

Selon la pratique et les conventions : Plans : représentations selon une coupe horizontale ; Projections, telle que l'élévation, projection sur un plan vertical d'une face de l'objet à représenter : façade principale, façade latérale, etc. ; Coupes : tout dessin dans un plan quelconque de l'édifice ; Lavis : réalisés en supposant la construction éclairée à 45° verticalement et horizontalement Les dessins ainsi lavés se nomment rendusDenfer, Architecture et constructions civiles, 1893..

Vues standards thumb|right|280px|Vues standards en dessin architectural; élévations façade et pignon, coupe, plan de niveau, axonométrie, isométrie. Plan de niveau thumb|left|Plan de niveau 2018 de la nouvelle caserne de pompiers de Sitzendorf an der Schmida, Autriche. Le plan de niveau est le principal dessin d'architecture. C'est une vue de dessus qui représente la disposition des espaces dans un bâtiment, à la manière d'une carte, pour un étage du bâtiment.

Techniquement, c'est une section horizontale d'un bâtiment (conventionnellement à un mètre au-dessus du sol), représentant notamment les murs, les portes et les fenêtres.

À partir du haut Moyen Âge, les circulations sont très clairement un objectif architectural depuis la création en Europe du métier d'architecte, celui qui établit la programmation du chantier par le dessin.

Les baies (éclairage du volume créé) étant d'une grande importance, on remarque dans l'architecture classique monumentale les triforiums, les déambulatoires et les coursières et coursives. Il peut donc y avoir les plans de niveau les expliquant.

Il est peu utile de superposer des plans sur des hauteurs différentes à celle de la convention dans l'architecture de type cubique. Le plan de niveau est en général un plan distinct unique par niveau par bâtiment dans le projet.

Il est nécessaire suivant l'époque d'associer les deux : Plan de niveau et Vues en coupe (voir infra); Une architecture dont la conception des volumes évolue avec le temps, des grandes et hautes salles avant le , aux étages du qui reproduisent une répétition des volumes où on les confond avec niveau. Au , l'architecture est devenue quelquefois moins cubique, moins « corbuséenne ».

Élévation thumb|left|Élévation principale de la façade du Panthéon de Paris. thumb|150px|right|Élévation de façade de l'Hôtel de La Trémoille, dessin de Viollet-le-Duc. Une élévation est la représentation d'une façade ; l'élévation ne doit pas être confondue avec la façade. C'est la vue la plus commune pour représenter l'aspect extérieur d'un bâtiment. Chaque élévation est nommée selon la position relative à la façade à rue (avant, gauche, droite ou arrière) ou de la position relative aux points cardinaux.

Avec le système de l'entresol, (entre le sol et le premier étage, issu du fenêtrage avec des croisées), l'élévation montre que l'étage ne se confond pas forcément avec le niveau. Le plan de niveau de l'entresol est alors fourni (on voit actuellement à Hôtel de La Trémoille, côté jardin un entresol). L'entresol s'il est un étage carré mis à disposition au-dessus d'un passage sous le bâtiment peut comporter une cheminée avec âtre.

Les bâtiments n'étant quasi jamais de forme rectangulaire, une élévation typique montre tous les éléments d'un bâtiment visibles dans une direction particulière.

Une élévation peut être intérieure. Elle sera forcément une perspective ou une vue en coupe comportant en fond une élévation. Elle permet de voir les galeries et déambulatoires.

Géométriquement, une élévation est une projection orthogonale horizontale d'un bâtiment sur un plan vertical, le plan vertical étant parallèle à la façade choisie du bâtiment.

Vue en coupe thumb|left|Couvent des Ursulines (La Nouvelle-Orléans), archi. Ignace François Broutin, 1733. thumb|right|Une coupe d'un Panoptique, au-dessus du plan de panoptique (Illustration de la prison à la façon de Jeremy Bentham concept du ).

Une vue en coupe représente un bâtiment coupé par un plan vertical. Dans cette vue, chaque élément coupé par le plan est représenté par une ligne en gras. Les coupes sont notamment utilisées pour décrire les relations entre les différents étages d'un bâtiment. Géométriquement, une coupe est une projection orthographique horizontale d'un bâtiment sur un plan vertical, le plan vertical coupant le bâtiment. Ce plan peut être représenté projeté sur le plan de niveau par un trait nommé indiquant la direction (exemple: coupe A^___^A').

Lorsque la coupe est significative d'une architecture non répétitive, ce qui est visible sur le plan de niveau ou exprimé sur la coupe (exemple: illustration de gauche), on peut la compléter avec d'autres coupes. Cela a été utile pour exprimer de manière sensible ce qui est technique. Ceci est particulièrement utile dans l'architecture n'ayant pas un axe de symétrie telle qu'apparait l'architecture à la fin du utilisant les coupoles et les membres de corps de bâtiment non polygonauxExemple : Oscar Niemeyer, Eero Saarinen.

Les vues en coupe fournies par les outils numériques sont particulièrement pertinentes techniquement pour l'architecture d'avant-garde du .

Perspectives thumb|right|Axonométrie de corps de bâtiment (architecture type 1970). thumb|left|Perspective à la manière de la classique Cité idéale par Jean-Max Albert,1977. thumb|left|Perspective cavalière d'une galerie de sape et d'une batterie de canons.