Delphin-Antoine-Edmond ThiaudièreIl eut entre autres pour pseudonymes : Edmond Thy, Frédéric Stampf, Lord Humour., né le à Gençay, où il est mort le , est un homme de lettres français, à la fois poète, romancier, philosophe et « maximiste ».

Biographie Issu d’une famille de médecins depuis quatre générationsSon père Pierre-Delphin Thiaudière a publié des ouvrages de médecine, Edmond Thiaudière, opte pour une carrière d’homme de lettres après s’être détourné de ses études de droit brillamment menées à Poitiers. Il s’essaie au roman, aux nouvelles, à la poésie, au théâtre, écrit des essais politiques et autres pamphlets, mais il se distingue surtout par son œuvre philosophique, parsemant sur quarante années une douzaine de recueils aux titres sibyllins, avec le sous-titre générique Notes d’un PessimisteLire à ce propos la notice qu’en a fait Remy de Gourmont dans ses Promenades littéraires..

Dans la dédicace de son dernier ouvrage, La Vanité de Tout, paru en 1928, il annonçait la publication de douze nouveaux recueils dont le dernier devait paraître en 1937 à l'occasion de son centenaire et devait porter le titre La Captation de l’au-delà.

Il publie à diverses époques des fantaisies, des articles et des nouvelles dans plusieurs journaux périodiques tels que l’ancien Figaro, le Grand-Journal de Villemessant, le Paris-Magazine, l’Éclair, la Vogue Parisienne, le Nain Jaune, le Centre Gauche, le Soir, la Revue Moderne de Charles Dollfus, les États-Unis d'EuropeJournal hebdomadaire de la Ligue internationale de la Paix et de la Liberté. Directeur : Charles Lemonnier..

En 1876, il fonde la Revue des idées nouvelles, un bulletin du progrès dans la philosophie, les sciences, les lettres, les arts, l’industrie, le commerce et l’agriculture, véritable publication encyclopédique qu’il dirige et rédige presque entièrement à lui seul, pendant trois ans sous divers pseudonymes. vignette|gauche|Caricature par Henri Demare. Il est membre du conseil d’administration de la Société française des amis de la paix. Il est l'un des partisans les plus zélés de la substitution de l’arbitrage à la guerre pour le règlement des différends internationaux. Il prend par ailleurs une part importante aux délibérations du Congrès international de la paix, tenu à Paris en 1878, dont il est l’un des secrétaires. Il présente à ses collègues un mémoire où est émise l’idée de la création d’un parlement européen, d’abord officieux, s’il ne pouvait tout de suite être officiel, recruté par délégation des divers parlements et traitant dans des assises annuelles les questions qui intéresseraient plusieurs nations. C’est pourquoi la notice nécrologique qui lui est consacrée par Le TempsQuotidien français de 1861 à 1942 auquel a succédé Le Monde., le , faisait remarquer qu’il pouvait être considéré comme le précurseur de la Société des Nations. .

Il seconde son ami Louis-Xavier de Ricard dans la fondation de la Société d’alliance latine : l’Alouette, qui avait pour but de fédérer les peuples du bassin méditerranéen. Il est du comité de l’Union démocratique de propagande anti-cléricale et du comité de patronage de la Semaine anti-cléricale. Il fait partie de la Société protectrice des animaux — comment cela aurait-il pu être autrement, lui qui, n’ayant pas eu d’enfant, disait, parlant de son amour pour les bêtes, et les chiens plus que de raison, que les chiens sont des enfants perfectionnés ; à tel point que son premier recueil de pensées, La Proie du Néant, qu’il publie en 1886, contient en préambule une longue dédicace adressée à Léa et Mosès, ses deux chiens fidèles.

Œuvres De l’expropriation forcée, 1858 L’Apprentissage de la Vie, avec une dédicace à la Mort, 1861 Un Prêtre en famille, 1864 Sauvagerie, petits poèmes et sonnets, 1866 Le Désaveu du Christ, poème, 1869 La Confédération française, forme nouvelle de Gouvernement, 1872 La Dernière Bataille (Die letzte Schlacht), épopée prophétique de l’année 1909, 1873 Voyages de Lord Humour. En Bubaterbro ou pays des jolis bœufs, 1874 Les Légendes bouddhiques, 1875 Voyages de Lord Humour. Le pays des Rétrogrades. Île de Servat-Abus. (), 1876 Revue des idées nouvelles, 1876 à 1878 Le Dindon blanc, conte en vers, 1877 M. Martin, légitimiste, 1879 La Petite-fille du curé, 1880 Le Roman d’un bossu, 1880 Une nouvelle fonction de la Magistrature, 1882 La Maison fatale, roman parisien, 1883 Trois amours singulières, 1886 La Proie du Néant, Notes d’un Pessimiste, 1886 L’Œil de verre, 1888 La Complainte de l’Être, Notes d’un Pessimiste, 1889 De l’une à l’autre, 1891 La Décevance du Vrai, Notes d’un Pessimiste, 1892 Le Chien du Bon Dieu, conte céleste, 1894 La Soif du Juste, Notes d’un Pessimiste, 1895 Un colloque de rois sur l’union européenne tenu secrètement au Château de Windsor en juillet, 1896., 1896 L’Obsession du Divin, Notes d’un Pessimiste, 1898 La Fierté du Renoncement, Notes d’un Pessimiste, 1901 Contes d’un éleveur de chimères, 1902 La Haine du Vice, Notes d’un Pessimiste, 1903 La Réponse du Sphinx, Notes d’un Pessimiste, 1905 La Conquête de l’Infini, Notes d’un Pessimiste, Précédées de son testament religieux, 1908 La Source du Bien, Notes d’un Pessimiste, 1910 L’École du Bonisme, Notes d’un Pessimiste, 1912 La Prisée de ce Monde, Notes d’un Pessimiste, 1918 La Vanité de Tout, Notes d’un Pessimiste, 1928

Citations

La Haine du Vice La Haine du Vice L’Obsession du Divin La Proie du Néant

La Proie du Néant La Proie du Néant

Sources A.-F. Baillot, « Un penseur poitevin oublié, Edmond Thiaudière », Les Cahiers de l'OuestRevue littéraire, artistique, économique, trimestrielle puis bimensuelle de 1954 à 1960, qui avait succédé à la revue Le Pays d'Ouest fondée en 1911. Directeur : Joseph Beineix., , janvier-, 62-66. Les Hommes d’aujourd’hui, Une série satirique de la Belle Époque consacrée à Edmond Thiaudière. Remy de Gourmont, « Un homme qui pense, [Edmond Thiaudière] » in Promenades littéraires, Paris, Mercure de France, 1904, . Albert Cim, Le Dîner des gens de lettres. Souvenirs littéraires, Paris, Ernest Flammarion, 1903, de . L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, , vol. 38/217-218, L'Intermédiaire des chercheurs et curieux , , 1934, vol. 97/-1823, Le Temps, , rubrique nécrologique. Diverses notices bibliographiques in Revue philosophique de la France et de l'étranger depuis l'année 1886 jusqu'à 1918.

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Écrivain français du XIXe siècle Catégorie:Étudiant de l'université de Poitiers Catégorie:Personnalité utilisant un pseudonyme Catégorie:Naissance dans la Vienne Catégorie:Naissance en mars 1837 Catégorie:Décès en novembre 1930 Catégorie:Décès dans la Vienne Catégorie:Membre de la Ligue de la patrie française Catégorie:Décès à 93 ans