Slimane Azem (en kabyle: Sliman Ɛezem), né le à Agouni Gueghrane en Algérie, et mort le à Moissac en France, est un musicien, chanteur, auteur-compositeur-interprète, poète et fabuliste algérien d'expression kabyle.
Biographie Slimane Azem naît le à Agouni Gueghrane, en Kabylie, en Algérie, alors départements français.
À 11 ans, il devient employé agricole chez un colon à Staoueli, une station balnéaire près d'Alger. En 1937, il s'installe à Longwy en France métropolitaine et trouve un travail dans une aciérie pendant deux ans. Mobilisé en 1939, lors de la « drôle de guerre », à Issoudun. En 1940, il est réformé et s'installe à Paris où il est embauché comme aide électricien dans le métro parisien. En 1942, il est réquisitionné pour le STO par les Allemands dans les camps de travail de la Rhénanie jusqu'à sa libération, en 1945.
Après la Libération, il décroche la gérance d'un café dans le où il interprète ses premières compositions. Remarqué et encouragé par Mohamed el Kamel, ancien de l'ensemble Bachtarzi, il persévère dans le chant. Slimane enregistre enfin son premier disque avec le morceau A Moh A Moh. Traitant du mal du pays, ses disques s'arracheront chez Madame Sauviat, l'unique disquaire qui vend des albums d'artistes nord-africains et orientaux.
En 1955, il écrit en pleine guerre d'Algérie, Effeɣ ay ajrad tamurt iw, une chanson où il compare les colons français aux criquets qui dévastent les cultures et dévorent son pays. Elle est interdite par un arrêté du de la République française. gauche|vignette|Un arrêté des autorités françaises interdit, en pleine Guerre d'Algérie, l'album de Slimane. Une des chansons de l'album est intitulée « quittez notre pays ». À l'indépendance de l'Algérie, en 1962, Slimane Azem critique le pouvoir algérien, Ben Bella et Boumedienne dans des chansons vendues sous le manteau en Algérie. Le pouvoir lui interdit tout retour dans le pays. Contraint de s'installer en France, il devient alors une voix légendaire que les Kabyles peuvent écouter sur la radio française dans son quart d’heure kabyle quotidien. Azem est, de fait, interdit d’antenne dans son propre pays et ses disques ne circulent que sous le manteau ; on ne lira son nom, en minuscules, que dans les brèves, d'un quotidien du bled. En 1970 il obtient, avec la chanteuse Noura, un disque d'or l'imposant comme une des meilleures ventes hexagonales. Il devient sociétaire de la SACEM.
Au cours des années 1970, il fait des duos comiques avec le cheikh Norredine et chante en français Algérie, mon beau pays et Carte de résidence. Au fil des enregistrements, Slimane Azem conquiert un large public communautaire grâce à ses textes paraboles où il met en scène des animaux et se pose comme un chanteur engagé politiquement. Puis son inspiration décline.
Au début des années 1980, il consacre une bonne partie de sa fortune à l'achat d'une ferme à Moissac. Slimane Azem meurt le dans sa ferme.
Postérité thumb|La place Slimane-Azem dans le de Paris En 2008, la ville de Moissac, en France, décide d'honorer le chanteur en baptisant un jardin à son nom. La ville de Paris a fait de même en en baptisant une place dans le .
En 2020, HK et Les Saltimbanks lui rend hommage dans la chanson Slimane de l'album Petite Terre.
Vie privée Il est le frère de Ouali Azem, député français de 1958 à 1962 sous la V République.
Chansons célèbres
Dites-moi les amis, chanson rendue célèbre par le film Les collègues (1999) ; A Muh A Muh traite des conditions de vie des immigrés ; Lejdud (les ancêtres) Yekfa Laman (la confiance n'est plus) Ffeɣ ay aǧrad tamurt-iw (Criquets, quittez mon pays) dénonce les conditions de la colonisation ; Ɣef taqbaylit yuli wass (Le Jour se lève sur la langue kabyle) est un hommage au Printemps berbère ; La carte de résidence, chante les difficultés de l'immigration et de la délivrance de ladite carte ; Algérie mon beau pays, chant nostalgique.
Discographie complète
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Youssef Nacib, Slimane Azem le poète, Publisud, 2001 donné par la BNF, , .
Idir Tas, Bouquet de 21 chansons kabyles, Les Editions du Net, Paris, 2021, 118p.
Liens externes
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