Le dromadaire (Camelus dromedarius), ou chameau d'Arabie, est une espèce de chameaux, mammifères artiodactyles de la famille des camélidés.

Il se distingue des autres chameaux par sa possession d'une seule bosse. Il est particulièrement adapté aux déserts chauds par son anatomie, notamment ses sinus récupérateurs d'eau et ses naseaux se fermant complètement. Sa bosse est une réserve d'énergie et de graisse lui permettant la traversée des déserts. Ses pieds larges et élastiques facilitent la marche sur un sol sableux.

Domestiqué dans la péninsule arabique vers 2000 ou 3000 , utilisé comme monture ou comme animal de bât, le dromadaire permet le transport de marchandises à travers le désert, la formation de caravanes et de routes commerciales.

Dénominations Le dromadaire est aussi appelé chameau d'Arabie. Pour cette raison, qualifier un dromadaire de « chameau » n'est pas erroné mais juste moins précis ; les espèces nommées couramment « chameau » présentent deux bosses, alors que le dromadaire n'en possède qu'une seule. Le terme dromadaire est tiré du grec : « chameau qui chemine ». Il est parfois surnommé « vaisseau du désert » (safînat as‑Saḥrâ’ en arabeHérodote qualifiait le Sahara de « mer de sable » et les oasis d'« îles d'eau »..).

Caractéristiques

La taille du dromadaire va de à au garrot pour les plus grands ; son poids varie entre 400 et selon les races.

Cet herbivore a une espérance de vie de .

Il est parfois confondu avec le chameau de Bactriane, qui appartient au même genre biologique et qui a deux bosses. Le dromadaire est un habitant des déserts chauds (Sahara, péninsule Arabique) alors que le chameau de Bactriane se trouve plutôt en Asie centrale, dans les déserts froids comme celui du Gobi. Les deux animaux, bien qu'assez proches génétiquement pour s'hybrider, ne se rencontrent donc pas naturellement.

Le squelette du crâne, comparable à celui du cheval par sa taille, présente une crête occipitale fort proéminente, à laquelle se rattache un puissant ligament cervical de nature à soutenir une tête lourde sur un cou long.

Les sinus sont amples et profonds et procèdent de l'adaptabilité du dromadaire à la vie désertique. En effet, le dromadaire présente un sac sinusal aveugle latéral qui n'est observé chez aucune autre espèce. Cette anatomie permet au dromadaire de récupérer une part importante de l'eau lors de l'expiration par les voies nasales. Celles-ci sont aussi reliées à l'extérieur par des naseaux pouvant se fermer complètement, évitant ainsi l'assèchement de la muqueuse nasale et des voies respiratoires supérieures.

La partie osseuse du voile du palais est étroite, ce qui facilite l'extériorisation de sa partie molle chez le mâle en période de rut, appelée doula par les Arabes. Le maxillaire inférieur, long, présente une constriction centrale marquée, ce qui le fragilise et conduit à des fractures fréquentes lors des combats occasionnels entre mâles.

Comme presque tous les mammifères (à l'exception des paresseux et lamantins), et en dépit de la longueur de son cou, le dromadaire possède sept vertèbres cervicales et son anatomie squelettique ne le distingue que peu des autres herbivores domestiques. Les apophyses épineuses des vertèbres thoraciques et lombaires, bien que supportant la bosse, n'en sont pas plus longues pour autant. Les os des membres sont longs, se manifestant par l'éloignement du corps (thorax et abdomen) au sol lorsque l'animal se tient debout.

Le dromadaire a une denture temporaire (dents de lait) et une denture permanente. Le jeune possède . Chez l'animal adulte, la formule dentaire permanente comprend avec l'ajout de molaires. L'usure des dents varie selon l'âge et les conditions environnementales et alimentaires (rôle abrasif du sable). L'examen des dents permet aux nomades d'apprécier l'espérance de vie d'un animal. Bien qu'il puisse atteindre l'âge vénérable (pour un herbivore) de , il est peu fréquent d'observer des animaux de plus de du fait de la défaillance de la denture.

Le système lymphatique se caractérise par un faible nombre de ganglions et des emplacements inhabituels tels que le ganglion thoracique externe ou le ganglion cervical inférieur. Les glandes sudoripares, peu nombreuses, sont éparpillées sur l'ensemble du corps et participent, de par leur relative rareté, à la limitation des pertes hydriques par transpiration. Les glandes occipitales sont probablement des glandes sudoripares modifiées, situées sur la partie occipitale, à l'arrière de la tête. Elles émettent un liquide riche en stéroïdes et reconnaissable à son odeur. Elles sont particulièrement actives chez le mâle lors de la période du rut et jouent un rôle encore assez mal connu dans le comportement sexuel.vignette|gauche|upright|Le cœur, à l'échelle d'une main, chez un dromadaire de Libye. La veine jugulaire est large et facilement visible près de la tête, dans la partie distale du cou, lieu privilégié pour le prélèvement de sang. Les nomades en prélèvent ainsi jusqu'à qu'ils boivent frais ou avec du lait, mais cette pratique est interdite par l'islam. Le volume sanguin (volémie) chez le dromadaire est de par kg de poids corporel, soit une valeur supérieure à celle observée chez la plupart des autres espèces domestiques. D'autre part, la perte d'eau s'accompagne chez beaucoup d'animaux d'une augmentation de la viscosité du sang, qui se traduit à son tour par une augmentation de la température. Chez le dromadaire, le sang reste fluide quand il se déshydrate et, par conséquent, sa température augmente moins vite, la forme ovale et légèrement réduite des globules rouges abaissant la viscosité. thumb|Pied de dromadaire. La peau, contrairement aux autres herbivores, est peu mobile, ce qui désavantage considérablement l'espèce dans les zones à fortes densités d'insectes piqueurs ou simplement volants, d'autant que l'animal est muni d'une queue courte, inefficace pour chasser les importuns. La peau est épaisse, surtout sur le dos, et donc moins susceptible d'être lésée par des harnais ou une végétation agressive. Aux zones de contact avec le sol au moment où l'animal se met en position baraquée, elle est recouverte d'un tissu cutané corné, épais, de couleur sombre. Ces coussinets se situent préférentiellement sur les membres, mais le plus important est le coussinet sternal, qui permet à l'animal de se poser sur le sternum et d'assurer une certaine assiette de tout le corps lorsque l'animal est en décubitus sternal.

L'un des éléments anatomiques qui distingue nettement le dromadaire des autres ruminants est la nature du pied. Dépourvu de sabots, ce qui le range dans le groupe des digitigrades et non des onguligrades, le dromadaire a un pied large et élastique, bien adapté à la marche sur des sols sableux. On le compare facilement à un pneu dont la chambre à air est remplacée par un tissu adipeux qui donne à l'ensemble une souplesse remarquable. La bosse est constituée de graisse que le dromadaire stocke pour les jours sans nourriture dans le désert..

Écologie et comportement Sa physiologie générale est entièrement tournée vers l'adaptation au désert.

La plupart des animaux vivant dans les zones désertiques se protègent de la chaleur et de la sécheresse en s'enfouissant dans le sol pendant les heures chaudes. Un animal de la taille du dromadaire ne saurait satisfaire à une telle exigence,. Aussi le dromadaire possède-t-il d'autres caractéristiques physiologiques pour s'adapter à ces conditions.

Adaptation à la chaleur La bosse du dromadaire, contrairement à une légende tenace, n'est pas une réserve d'eau, mais d'énergie. La bosse est un amas de graisse blanchâtre qui peut dépasser les pour un animal en pleine forme et bien nourri. Cette accumulation localisée évite la dissémination du gras en région sous-cutanée dans les autres parties du corps. Sa présence sur le dos de l'animal lui assure également un rôle dans la thermorégulation. En effet, la concentration des réserves adipeuses limite leur répartition sous la peau et donc facilite la dissipation cutanée de la chaleur. L'animal se refroidit mieux car il est moins gras. Le dromadaire a la capacité de faire varier sa température interne en fonction de la chaleur externe, ce qui autorise à considérer que l'animal n'est pas un strict homéotherme, à l'instar des mammifères passant une partie de leur existence en hibernation. Lorsque la température ambiante décroît, notamment pendant la nuit, la température interne du dromadaire peut descendre à . Durant les heures les plus chaudes, la température rectale peut atteindre sans que l'on puisse parler de fièvre. De tels écarts de température corporelle sont mortels pour la plupart des mammifères. Il a été mesuré par exemple qu'une augmentation de de la température corporelle chez un dromadaire pesant environ lui permettait d'économiser d'eau. En saison chaude, il peut se passer de boire pendant et en saison fraîche pendant . Le dromadaire peut boire jusqu'à d'eau par minute. C'est le seul mammifère capable de boire autant d'eau en si peu de temps. En effet, chez les autres animaux, l'absorption d'une trop grande quantité d'eau entraîne l'éclatement des globules rouges, donc la mort.

La morphologie générale et le comportement du dromadaire signent aussi son adaptation à la chaleur : longs membres, coussinet sternal maintenant l'abdomen légèrement au-dessus du sol, positionnement face au soleil afin d'exposer la plus faible superficie possible au rayonnement solaire maximal, broutage préférentiel à l'ombre des fourrages ligneux pendant les heures chaudes, diminution générale du métabolisme lors de fortes chaleurs, robe variant entre le blanc et le fauve, toison tombant d'elle-même en été, peau épaisse, protectrice, glandes sudoripares peu nombreuses.

Adaptation à la sécheresse Les mécanismes d'adaptation à la chaleur mettent en œuvre un ensemble de procédures physiologiques qui contribuent à économiser l'eau. Mais c'est dans les situations extrêmes, notamment lors de déshydratations poussées que le dromadaire montre ses exceptionnelles qualités. L'animal est alors capable d'économiser l'eau corporelle par des mécanismes de réduction des pertes hydriques (diminution de la diurèse, arrêt de la sudation, diminution du métabolisme de base, variation de la température corporelle, excrétion maximale des déchets métaboliques. Celle-ci est permise par l'émission d'une urine très concentrée, y compris en chlorure de sodium, ce qui autorise la consommation d'eau saumâtre en cas de besoin. Toutefois, l'excrétion des éléments dont l'élimination nécessite des grandes quantités d'eau (glucose, urée notamment) est contrôlée de façon rigoureuse. Le dromadaire pourrait sentir la présence jusqu'à une distance de 5 km. Ces mécanismes d'adaptation qui font la réputation du dromadaire expliquent également qu'il s'agit d'une des rares espèces domestiques qui n'ait pas quitté son aire d'origine.

Comme chez les Ruminantia, la mâchoire supérieure présente un bourrelet gingival, il reste cependant encadré par les deux incisives extérieures transformées en crocs recourbés et deux canines présentant la même morphologie (dents de combat).

Cette disposition permet d'arracher ou d'écorcer des végétaux ligneux et secs et éventuellement de se défendre ; la lèvre supérieure fendue facilite aussi ce travail d'épluchage des végétaux coriaces.

En condition de déshydratation, la chamelle produit sensiblement la même quantité de lait mais celui-ci est dilué tout en restant suffisamment concentré pour assurer la survie du chamelon.

Alimentation

vignette|Dromadaire en train de brouter (Neguev, Israël)