Marie-Félicité Brosset (Paris, Archives en ligne de Paris, actes de l'état civil reconstitué, cote 5Mi1 102, vue 49/51 - Châtellerault, ) est un orientaliste français, spécialiste des études géorgiennes et arméniennesIl s'agissait bien, à l'époque comme maintenant, de deux prénoms féminins. Il utilisera les noms de « Marie Brosset » et de « Brosset Jeune ». En Russie, on l'appellera souvent Марий Иванович Броссе, Marius Ivanovitch (fils de Jean) Brosset... Il a travaillé principalement en Russie.
Biographie Origine Marie-Félicité Brosset naît à Paris dans une modeste famille de commerçants. Il est le fils d'Henriette Becker et de Jean-Philippe-François Brosset, originaire de l'Orléanais, qui meurt à 24 ans, l'année même de sa naissance. Sa mère se retire à Orléans, avec peu de ressources ; elle destine son fils à l’état ecclésiastique.
Formation Brosset fait sa classe de rhétorique au séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet, puis celle de philosophie au séminaire sulpicien d'Issy. Il apprend l'hébreu et un peu d'arabe. En 1818, il entre au noviciat des jésuites à Montrouge. Il en sort après deux ans, .
Redevenu laïc, peu fortuné, il doit donner des leçons particulières à Paris. En , il obtient son baccalauréat ès lettres. À ce moment, il maîtrise le grec ancien, appris presque sans maître, et a de plus abordé le chinois, le mandchou, le tibétain, et quelques langues nécessaires à leur étude. Vers la fin de 1822, sans doute sous l'influence de sa mère, il se tourne à nouveau vers les institutions catholiques et enseigne au séminaire de Saint-Acheul en 1822-23. Après, il sera définitivement convaincu qu'il n'a pas la vocation.
De retour à Paris, il suit au Collège de France les cours, pour le grec, de Charles Benoît Hase, pour l'arabe d'Antoine-Isaac Silvestre de Sacy et pour le chinois de Jean-Pierre Abel-Rémusat. Le , il est élu membre de la Société asiatique. Finalement, racontera Laurent Brosset (pour qui les motifs de son père restaient encore obscurs), .
À partir de 1826 il se consacre à l’étude de l’arménien et du géorgien et trouve finalement sa voie.
Il doit composer avec la rareté des documents et reçoit l'aide de Jean Saint-Martin — « Brosset jeune », , Paris, F. Didot frères, 1833, Quand Saint-Martin mourra, en 1832, emporté par la deuxième pandémie de choléra, Brosset acceptera de devenir le troisième continuateur de l'Histoire du Bas-Empire de Charles Le Beau., un des fondateurs de la Société asiatique (qui connaît l'arménien). Pour apprendre le géorgien, Brosset crée un dictionnaire à son propre usage à partir de la traduction géorgienne de la Bible (elle suit fidèlement le texte grec)Voir entre autres : du Journal des savans, 1831, .. En 1828 il fait paraître dans le Nouveau journal asiatique une traduction du début de L'Homme à la peau de tigre, le grand classique géorgien de Chota RoustavéliBrosset donne une idée des difficultés qu'il éprouvait alors. On voit non seulement l'imperfection des deux manuscrits de la bibliothèque royale sur lesquels il se fonde mais également ceux des dictionnaires auxquels il a recours et auxquels il consacre une notice de huit pages. La traduction de Brosset est reproduite dans : Claude Pichois, , , partie 1, . Voir la de la : .. En 1829, paraît, sous le nom de « Brosset Jeune », une Chronique géorgienne. Au bout de quatre années d'étude de la langue, il est en état de converser avec deux princes géorgiens venus à ParisIl traduit pour eux, en échange, la petite grammaire française de Lhomond. ..
Lorsque la Révolution de 1830 éclate, Brosset est sur le point d'être chargé de mission en Géorgie ; le changement de régime brise ce projet. Suivent plusieurs années décourageantes de précarité ; il a déjà trois enfants et doit un moment travailler comme typographe.
En Russie Le comte Sergueï Ouvarov l'ayant invité en Russie, il sollicite une chaire d’adjoint pour les littératures arménienne et géorgienne à l’Académie impériale de Saint-Pétersbourg, et quitte la France. À ce moment, il a déjà abordé l'étude du russe et est déjà en rapport avec le , fils du dernier roi de Géorgie.
Quatre décennies de travail fructueux s'étendent devant lui. Le , il est élu membre de l'Académie impériale et, en , il arrive à Saint-Pétersbourg avec sa famille.
En 1837-38, il intervient dans l'ordre de mission du baron de Hahn, qui partait pour le Caucase, ce qui résulte à son retour en une belle moisson de documents.. Il fait connaître les derniers travaux qu'il a faits en France et donne un avis favorable sur le Dictionnaire géorgien-russe-français de David TchoubinachviliDavid Tchoubinof (Tchoubinachvili), , 1840. Brosset a collaboré à l'ouvrage et signé la préface. On compte articles, ce qui donne environ mots. Il y a un abrégé de grammaire. On peut comparer avec le travail de Julius von Klaproth, , à peine plus ancien (1827), que Brosset avait complété (1837), mais dont il ne cachait pas les défauts.. Il traduit le catalogue de la bibliothèque du tsarévitch Théimouraz, devient inspecteur des écoles primaires de Saint-Pétersbourg (1841), puis bibliothécaire à la Grande Bibliothèque impériale (1842) et conseiller d’État (1846).
L'imprimerie de l'Académie ayant désormais la possibilité, grâce à ses effortsIl fallait avoir des fontes pouvant imprimer la langue., de faire paraître des ouvrages en géorgien, il peut mener à bien un projet qui lui tenait à cœur, une édition du poème de Chota Roustavéli, L'homme à la peau de tigre, . Il obtient de l'Académie la permission de la publier, « pour son compte. », avec le concours de Tchoubinachvili et du prince Z. Palavandachvili. Son éditionМ. Броссе, З. Палавандашвили et Д. Чубинов, Барсова кожа, Saint-Pétersbourg, 1841., qui comporte davantage de quatrains que celle de 1712 à Tiflis, paraît à Saint-Pétersbourg en 1841.
Il est secrétaire, puis vice-président de l'Académie des sciences ; il devient conservateur des monnaies orientales du palais de l’Ermitage (1851). Après avoir effectué des voyages d'études dans les archives de Moscou en 1838 et 1844, en 1847-48, il fait un voyage dans le Caucase au cours duquel il recueille de nombreux documents relatifs à la Géorgie, notamment les Chroniques géorgiennes. En 1867 il est à Venise pour consulter les manuscrits arméniens de la riche bibliothèque des pères mékhitaristes.
Il s’emploie ensuite à traduire et à commenter les matériaux rassemblés et publie, principalement en français, à Saint-Pétersbourg, ses ouvrages les plus importants, dont sa monumentale Histoire de la Géorgie Stephen H. Rapp, , Peeters Publishers, 2003, On peut dire aussi que les travaux de Cyrille Toumanoff ont apporté un éclairage nouveau sur l’origine de la dynastie des Bagratides.. N'oubliant pas qu'il est en Russie, il fait paraître la correspondance entre les tsars et les rois de GéorgieLa plupart des lettres sont en géorgien, mais 11 sont en grec (elles auront deux traductions), , (trois ne seront pas traduites), une en persan et une en turc. ()..
Les années 1861–1868 sont principalement occupées par ses séries sur les historiens arméniens, mais il y consacrera des efforts jusqu'en 1876.
Comme membre associé de la Société asiatique de Paris, il a publié plus de .
Il livre ses dernières publications en 1876–1879, époque où sa santé chancelle. Il décide de rentrer en FranceOù il n'était revenu que deux fois, pendant deux mois, en 1863 et 1869., quitte la Russie en et se retire chez sa fille aînée Henriette Boutin à Châtellerault ; il y meurt quelques mois plus tard, le Acte de décès dans le registre des décès de Châtellerault de 1880, vue 84 sur 119, acte ..
La Bibliographie analytique de son fils Laurent a contribué à la connaissance de sa vie et de ses œuvres.
Publications Publications choisies (1827) Notice sur la langue géorgienne, par M. Brosset jeune (1828) Essai sur le Chi-King, et sur l'ancienne poésie chinoise (1837) , Paris, Imprimerie royale (1848-1858) Histoire de la Géorgie depuis l’Antiquité jusqu’au , 7 volumes, Saint-Pétersbourg, , 1858 Histoire de la Géorgie depuis l'Antiquité jusqu'au , Introduction, , et Tables des matières, , Saint-Pétersbourg, Académie impériale des sciences, 1858 , 1849 , Partie 2 : Histoire moderne. Livraison 2, 1857 , Saint-Pétersbourg, Académie impériale des sciences, 1851, (1851) , Saint-Pétersbourg, Académie impériale des sciences, (1860-1861) Les ruines d’Ani, capitale de l'Arménie sous les rois bagratides aux , , Saint-Pétersbourg (1862) « Analyse critique de la Всеобщая история de Vardan », dans Mémoires de l'Académie Impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg, , , Collection d'historiens arméniens : dix ouvrages sur l'histoire de l'Arménie et des pays adjacents du , réédition par APA-Philo Press, 1978 .
Traductions Du géorgien (1830) , Société royale asiatique de France, Paris, (1842) Tsarévitch Wakhoucht, Description géographique de la Géorgie, d'après l'original autographe, Saint-Pétersbourg
De l'arménien (1864) Stépanos Orbélian, Histoire de la Siounie, Saint-Pétersbourg (1869) Mkhithar d'Aïrivank, Histoire chronologique, , , , , Saint-Pétersbourg (1870) : Kiracos de Gantzac : s., Histoire d'Arménie; Oukhtanes d'Ourha, s., Histoire en trois parties, Volumes 1 à 2, , Saint-Pétersbourg, 1870
Listes de publications Laurent Brosset, « Liste des travaux de M. Brosset », dans Bulletin de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, , 1880,
Liste de publications en ligne Google livres a une centaine de titres (certains en double) en ligne.
Bibliographie Gaston Bouatchidzé, La vie de Marie Brosset, Nantes, Éd. du Petit Véhicule, 1996,
Stephen H. Rapp, Studies in medieval Georgian historiography : Early texts and Eurasian contexts, Peeters Publishers, 2003, Л. А. Шилов, « Броссе Марий Иванович », Bibliothèque nationale russe
Notes et références
Voir aussi Articles connexes École Marie-Félicité Brosset à Tbilissi
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