thumb|right|270px|Statue du Christ Rédempteur à Rio de Janeiro au Brésil.

Le Brésil est un pays très divers du point de vue des religions, avec une forte tendance à la mobilité de la part des croyants. La population est majoritairement chrétienne (88 %). Selon le recensement de 2022, les catholiques représentent 56,75 % de la population et les protestants 26,85 %. Héritage de la colonisation portugaise, le catholicisme était la religion officielle de l'État brésilien jusqu'à la promulgation de la Constitution républicaine de 1891 qui institue l'État laïque.

La main-d'œuvre esclave, venue principalement d'Afrique, a amené ses propres pratiques religieuses, qui résistèrent à la répression des colonisateurs, donnant naissance à nombre de religions afro-brésiliennes.

Dans la seconde moitié du , le spiritisme se répand dans le pays, qui compte aujourd'hui le plus grand nombre d'adeptes de cette doctrine dans le monde.

Depuis les dernières décennies du , les religions issues de la réforme protestante se développent rapidement en nombre de pratiquants, jusqu'à représenter une part significative de la population.

De la même manière, le nombre de personnes se déclarant « sans religion » augmente fortement, dépassé seulement par le nombre de catholiques et d'évangéliques.

De nombreux pratiquants parmi les religions afro-brésiliennes, de même que beaucoup de spirites, se déclarent également « catholiques » et suivent certains rites de l'Église catholique. Ce type de tolérance religieuse associé au syncrétisme est un trait historique particulier de la religion au Brésil.

Ces dernières années cependant, l'intolérance religieuse se développe, ce qui a nécessité la création, par le président Luiz Inácio Lula da Silva, d'une « journée contre l'intolérance religieuse » le Loi nº 11.635 du 27 décembre 2007., ce qui dénote la reconnaissance du problème par l'État.

Religions au Brésil right|thumb|Le ministre des Affaires étrangères, Celso Amorim, lors de l'inauguration de l'exposition « diversité religieuse au Brésil » - Marcello Casal Jr/ABr.

Les confessions principales au Brésil sont les religions catholique et protestante (notamment évangélique) , selon les derniers recensements de l'IBGE datant de 2022. Les « sans religion » représentent 9,28 % de la population. Les religions afro-brésiliennes (1,05%), orientales, juives ou encore le bahaïsme ne rassemblent, toutes réunies, que moins de 5 % de la population du pays.

Christianisme Catholicisme

thumb|left|Le pape Benoît XVI lors de sa visite au Brésil en mai 2007.

Depuis le , la principale religion au Brésil est le catholicisme romain. Il fut introduit par les missionnaires qui accompagnaient les explorateurs et les colons portugais qui arrivèrent dans le pays. Le Brésil est considéré comme le plus grand pays catholique du monde, en nombre de pratiquants, avec 61 % de la population brésilienne qui se déclare catholique, selon de recensement de PewResearchCenter.

Parmi les traditions populaires liées au catholicisme au Brésil, on trouve le pèlerinage à Notre-Dame d'Aparecida, la sainte patronne du pays. D'autres célébrations populaires traditionnelles, caractéristiques du pays, sont le Círio de Nazaré (à Belém) et la Festa do Divino Espírito Santo.

Depuis la fin du , un certain désintérêt se fait sentir pour les formes traditionnelles de religiosité, perceptible notamment dans le fait qu'un grand nombre de personnes se déclare « catholique non-pratiquant ». Seulement 20 % des brésiliens se déclarent « catholiques pratiquants ».

Le mouvement du renouveau charismatique catholique (RCC) arrive au Brésil au milieu des années 1970 et commence à s'affirmer dans les années 1990. Le mouvement prétend rénover la manière d'aborder l'évangélisation et renouveler les pratiques traditionnelles des rites et de la mystique catholique, en se basant notamment sur l'expérience personnelle. Il se rapproche par certains aspects des mouvements pentecôtistes, comme par l'adoption de positions fondamentalistes et un rejet du syncrétisme religieux.

Comptant un grand nombre de laïcs, le RCC représente aujourd'hui une proportion importante des catholiques pratiquants du pays. Une des communautés les plus célèbres de ce mouvement est la Canção Nova, présidée par le père Jonas Abib et qui possède une chaîne de télévision. Une autre icône du RCC au Brésil est le père Marcelo Rossi, phénomène des médias et de la culture de masse.

Sous une unité de dénomination, le catholicisme brésilien recouvre de nombreuses réalités différentes, comptant même quelques dissidences parmi lesquelles l'Église catholique apostolique du Brésil.

L'anneau de tucum est un signe de l'engagement de l'église pour les pauvres.

Le catholicisme revendique en , soit 64 % de la population du pays.

, Escrava Anastacia

Renouveau charismatique catholique (1967-) Théologie de la libération (1968-) Hélder Câmara (1909-1999) Théologiens brésiliens

Le , le Brésil est consacré au Cœur immaculé de Marie, à l’initiative du député et du Front parlementaire catholique. La proclamation est faite au palais présidentiel par Fernando Rifan, supérieur de l'Administration apostolique Saint-Jean-Marie-Vianney, en présence du président Jair Bolsonaro et du général Floriano Peixoto, ministre-chef du secrétariat général de la présidence..

Protestantisme

Le protestantisme est la seconde religion du Brésil, représentée principalement par les Églises Évangéliques, avec environ de fidèles en 2014 selon Pew Research Center.Le protestantisme désigne une grande variété de congrégations distinctes, caractérisées par une libre interprétation de la Bible. Aucune institution ne regroupe ni représente les protestants en tant que communauté unique. Chaque groupe possède une autonomie religieuse et administrative pleine et entière, à la différence d'autres mouvement religieux chrétiens.

Les premiers protestants arrivent au Brésil en 1811, avec l'arrivée de la famille royale portugaise et l'ouverture des ports aux nations alliées garantie par le traité de commerce et de navigation. Des commerçants anglais établissent alors l'Église anglicane dans le pays dès 1811. D'autres Églises s'implantent avec les différentes vagues d'immigrations : les allemands apportent avec eux les Églises luthérienne en 1824 et adventiste en 1890 ; les américains, les Églises baptiste et méthodiste. Les missionnaires Robert Kalley et Ashbel Green Simonton implantent les Églises congrégationaliste (en 1855) et presbytérienne (en 1859), à destination du peuple brésilien.

Église presbytérienne du Brésil, revendiquant Témoins de Jéhovah, en 2014, en , mais (20 à 30 % de la population en 2014)

Évangélisme 280px|thumb|right| Spectacle sur la vie de Jésus à l’Église de la cité affiliée à la Convention baptiste brésilienne, à São José dos Campos, Brésil, 2017. La Convention baptiste brésilienne, officiellement créée en 1907 Robert E. Johnson, A Global Introduction to Baptist Churches, Cambridge University Press, UK, 2010, p. 289, comptait (en 2015) églises et membres Baptist World Alliance, Statistics, bwanet.org, États-Unis, consulté le 23 juillet 2018 .

En 1910, le pentecôtisme, notamment représenté par la congrégation chrétienne (au Brésil) et les Assemblées de Dieu, arrive dans le pays.

La Convention générale des Assemblées de Dieu au Brésil a été officiellement fondée en 1930 R. Andrew Chesnut, Born Again in Brazil, Rutgers University Press, USA, 1997, p. 30 . En 2013, elle comptait 280 000 églises et 3,5 millions de membres GP, Statistics, gospelprime.com.br, Brésil, 25 novembre 2013 .

À partir des années 1950, le courant se diversifie par la création de nombreux autres mouvements, tandis que d'autres courants protestants traditionnels se tournent également vers le pentecôtisme. Dans les années 1970, le mouvement néo-charismatique apparaît, avec des églises comme l’Église universelle du Royaume de Dieu fondée en 1977 Patrice de Plunkett, Les évangéliques à la conquête du monde, Éditions Perrin, France, 2009, p. 110 .

Ces Églises ont commencé par attirer une large partie des millions de paysans qui avaient migré des campagnes vers la périphérie des villes, lors de l'exode rural, de 1950 à 1980. Souvent très pauvres, beaucoup se sont tournés vers les Églises évangéliques, qui proposaient quantité de services : aides financières, paniers repas, vêtements, alphabétisation par la Bible, groupes de soutien pour sortir de la drogue ou de l'alcoolisme. « L’Église fonctionne comme un État social informel, pour ceux que l’État tout court a abandonnés. Les plus pauvres y retrouvent une forme de dignité, entrevoient la possibilité d'une aisance matérielle. La progression évangélique est le fruit des inégalités brésiliennes », souligne l'anthropologue Juliano Spyer, fondateur de l'Observatoire évangélique brésilien. 280px|thumb|right| Service à la Catedral Mundial da Fé, à Rio de Janeiro.

Dans les dernières décennies, les Églises protestantes, notamment pentecôtistes, progressent rapidement. Il s'agit du courant religieux avec le plus fort taux de croissance. Le protestantisme est notamment très implanté au Rio Grande do Sul (par la présence de descendants de colons allemands de confession luthérienne) et dans les grandes capitales du sud-est du pays comme São Paulo, Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Goiânia et Brasília.

Valdemar Figuerdo, professeur de science politique et théologien brésilien, se montre très critique concernant l'influence politique exercée par ce courant. D'après lui, le but de nombreux leaders évangéliques est « de revenir en arrière, contre l’État laïque, la science autonome, l’importance des universités, la pensée libre, la condition des femmes, les questions de genre, les droits des minorités. Ce sont des groupes médiévaux. Politiquement cela change tout, on n’est plus dans une discussion entre conservateurs et progressistes, dans un contexte démocratique. À partir du moment où le slogan du gouvernement est “Dieu au-dessus de tout”, cela veut dire que tout est remis en question ».

L’Église évangélique soutient l’expansion de l’État d’Israël dans les territoires palestiniens occupés, croyant que le renforcement du pays permettra le retour du Messie. Une grande partie des évangéliques ont soutenu l'élection de Jair Bolsonaro en 2018.

(2006) Église universelle du Royaume de Dieu (1977) Les progrès des évangélistes au Brésil ont eu un impact majeur sur la vie politique, en renforçant les valeurs conservatrices. La montée en puissance du vote évangélique a favorisé l'élection de dirigeants politiques partageant ces valeurs, comme Jair Bolsonaro. Ces derniers ont influencé la législation sur des sujets tels que l'avortement, les droits LGBT+ et la famille traditionnelle. L'influence évangélique a également renforcé l’anticommunisme et soutenu des politiques économiques libérales. Cette dynamique a provoqué une polarisation croissante, avec une opposition marquée entre conservateurs et progressistes.

Mormonisme thumb|Temple mormon à Campinas. Le mormonisme arrive au Brésil en 1923 par le biais d'immigrants allemands. Le prosélytisme commence en 1927 avec l'arrivée de missionnaires. Il existe aujourd'hui 27 missions et plus de 900 chapelles mormones à travers le pays.

Les membres de l', communément appelés mormons, constituent la deuxième communauté la plus importante de cette Église dans le monde, après les États-Unis avec près de selon leurs statistiques internes, qui incluent de nombreux membres ne fréquentant plus l'église. En 2000, le recensement de l'IBGE ne recense que se réclament de cette confession.

Le Brésil compte cinq temples mormons en fonctionnement (à São Paulo, Recife, Porto Alegre, Campinas et Curitiba).

Témoins de Jéhovah Au Brésil, la communauté des Témoins de Jéhovah est en forte croissance. On compte quasiment 830 000 proclamateurs qui pratiquent la prédication pour les Témoins de Jéhovah dans le pays. Le courant est arrivé au Brésil vers la fin du et le début du .