En France, le secteur de la grande distribution est constitué .
En 2014, la grande distribution alimentaire employait ..
En France les enseignes d'hypermarchés sont : E.Leclerc, Carrefour, Intermarché Hyper, Hyper U et Auchan. On compte en France en 2016 plus de et , qui réalisent environ d'euros de chiffre d'affaires.
Les canaux de distribution du secteur sont très variés : en parallèle des opérateurs de supermarchés tels Intermarché Super, Carrefour Market, E.Leclerc Express, Super U, SPAR Supermarché, Match ou Auchan Supermarché, on trouve d'autres acteurs qui pratiquent le hard-discount tels Aldi, Netto et Norma mais également des centres commerciaux, des enseignes généralistes ou spécialisées.
Histoire de la grande distribution contemporaine
L'histoire de la grande distribution en France reste encore peu connue, peu étudiée par les historiens, et .
Les grands magasins du , ainsi que les enseignes d'épicerie pionnières telles Félix Potin ou Casino ont établi très tôt un certain nombre de principes qui sont ensuite repris par la grande distribution : la taille du point de vente pour le grand magasin, et l'affichage d'un prix fixe, le catalogue de vente, le prix d'appel ou la franchise commerciale pour Félix Potin. Le libre-service est introduit en 1948 avec l'ouverture du premier magasin Goulet-Turpin de seulement dans le 18ᵉ arrondissement de Paris. Cependant la grande distribution contemporaine. apparaît, en France, dans les années 1950 et 1960. Le premier supermarché est Goulet-Turpin en 1958, Carrefour en 1959, Auchan et Promodès en 1961, puis Intermarché en 1970.. Le premier hypermarché européen est ouvert en France par l'enseigne Carrefour à Sainte-Geneviève-des-Bois en 1963. La formule de l'hypermarché. est d'ailleurs une innovation française, qui permet de vendre en un même lieu et sur une surface importante produits alimentaires et non alimentaires, et reste longtemps une spécificité nationale.
1950-1960 : la grande distribution devient le volet commercial du fordisme alt=Photographie en noir et blanc d'une femme et son enfant poussant un caddie.|vignette|Publicité pour le chariot Caddie fabriqué à Drusenheim, années 1960 Selon Philippe Moati, la grande distribution peut être considérée comme du fordisme, car elle permet dans les années 1960, à l'issue de la période de reconstruction du pays, d'écouler une production de masse qui résulte de l'abaissement du coût du transport, de la modernisation industrielle et de l'ouverture internationale de l'économie française. La consommation de masse et la société de consommation naissent alors en France d'un . La création en 1950 du salaire minimum interprofessionnel garanti, ainsi que les prestations sociales de l'État-providence permettent au budget moyen annuel du consommateur de doubler entre 1950 et 1968.
Si la grande distribution française semble en 1960 en retard par rapport à ses voisins allemand et anglais, et ne représente que 6 % du marché, elle progresse très rapidement, notamment en imposant la pratique du « discompte », un modèle de vente à prix très réduit, dans lequel . La marge nette des supermarchés avoisine alors 3 %, à comparer aux 7 % des épiceries traditionnelles. En , Edouard Leclerc propose ainsi de , et en supprimant les marges des intermédiaires.. La rotation des stocks et celle des créances des clients sont très rapides. La grande distribution commande donc massivement auprès des fournisseurs, réalise des économies d'échelle en raison de la grande taille des points de vente, compresse les frais de personnel en généralisant la pratique du libre-service, et met en place une gestion standardisée du travail dans lequel la main-d'œuvre est peu qualifiée et peu rémunérée.
1960-1980 : la ruée vers l'or de la grande distribution Entre 1960 et 1972, la croissance de la production industrielle française atteint 6,1 % par an, et les dépenses de publicité sont multipliées par 5 entre 1952 et 1972. En complément de la hausse du niveau de vie, l'exode rural, une natalité qui reste forte et l'équipement des ménages en automobile favorisent de nouveaux comportements d'achat et une ascension inédite de la grande distribution.
Dans un premier temps, les ouvertures de supermarchés sont le fait d'acteurs très divers, qui peuvent être des succursales alimentaires telles l'enseigne Félix Potin ou Docks de France, des coopératives de consommation comme Maxicoop ou Rond Point, des grossistes comme Promodès ou Major. Les grands magasins et les grands groupes industriels se montrent plus réticents, à l'exception notable d'Auchan.
Au début des années 1970, le concurrent de la grande distribution n'est plus le grand magasin ou le commerce traditionnel. Avec la multiplication des points de vente, la concurrence s'exacerbe entre les enseignes, et il ne suffit plus de proposer un prix bas : il faut . La taille du réseau devenant un élément essentiel de la compétitivité, il s'avère nécessaire d'ouvrir rapidement de nouveaux magasins. Les enseignes de la grande distribution établissent alors des relations particulières avec leurs fournisseurs : elles achètent leur marchandise à bas prix, en exigeant un délai de paiement plus long et en bénéficiant donc d'un crédit inter-entreprises, tout en se ménageant la possibilité de marges arrière importantes. Les consommateurs de la grande distribution payant majoritairement au comptant, la seule ressource en fonds de roulement de l'entreprise permet ainsi de financer l'ouverture de nouveaux magasins, sans risquer de recourir au crédit ni de perdre le contrôle de l'entreprise, souvent familiale. Dans cette course aux nouvelles implantations, les groupements d'indépendants tels Les Mousquetaires (Intermarché) ou E.Leclerc apparaissent favorisés, et s'ils exploitent en 1979 15 % des hypermarchés nationaux, cette proportion atteint 50 % en 1997 .
L'introduction par Carrefour des produits à marque de distributeur (MDD) en 1976 témoigne du nouveau rapport de force établi entre distributeurs et fournisseurs. Il ne s'agit plus, comme auparavant, d'intégrer au distributeur un outil industriel, comme le faisait Casino dès 1901, mais d'acheter en grande quantité des produits à des PME, puis de les vendre à un prix nettement inférieur aux produits de marques, tout en dégageant une marge plus importante. Dans un contexte national inflationniste depuis le premier choc pétrolier, la grande distribution se différencie par la recherche de prix toujours plus bas.
Une enquête menée en 2018 dans les poissonneries de plus de 1 300 supermarchés révèlent que 86 % des poissons mis en vente sont issus d’une production non durable..
Après 1980 : un modèle de croissance à réinventer Il est difficile de parler de crise de la grande distribution, alors que supermarchés et hypermarchés connaissent entre 1978 et 1996 une croissance annuelle de leur chiffre d'affaires qui atteint respectivement 5 % et 6,5 %, et même si un déclin net des ventes apparaît après 2008Grande distribution et croissance économique en France - Olympe Tarteret, Hugo Hanne, Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, DGCCRF-éco , décembre 2012, p.1.
Cependant, le modèle de croissance extensive de la grande distribution propre aux Trente Glorieuses, qui reposait sur la recherche du prix bas, la suppression des intermédiaires et l'augmentation continue des surfaces de vente entre progressivement en crise après 1980, et de façon plus nette pour les hypermarchés. Le potentiel de croissance montre alors des signes de saturation, l'équipement des ménages en biens manufacturés atteint un niveau élevé, les contraintes réglementaires se durcissent après 1990, et le commerce électronique comme le hard-discount prennent leur essor après 1995.
Parallèlement, on observe un , ces derniers recherchant des produits plus variés, de meilleure qualité, d'une valeur symbolique plus élevée. Le comportement du consommateur s'individualise et .
Alors que la densité commerciale atteint dès 1999 les pour 1000 habitants, et que 98 % des Français sont clients de la grande distribution en 2012., celle-ci doit développer de nouvelles stratégies et affirmer un nouveau modèle de croissance intensive.
Chronologie de la grande distribution en France L'évolution du secteur de la grande distribution est étroitement liée à l'évolution de la société française depuis 1945.
Environnement réglementaire Les relations entre les pouvoirs publics et la grande distribution sont complexes. Philippe Moati indique que , visant parfois à limiter le développement des grandes surfaces, parfois à l'encourager au nom de la lutte contre l'inflation. D'autres auteurs estiment que la réglementation a fréquemment été détournée, et qu'elle a donné naissance à un important système de corruption : . D'une façon générale, les parlementaires et responsables politiques ont souvent été préoccupés par les enjeux électoraux engendrés par l'évolution des structures commerciales.
Les acteurs français du secteur de la grande distribution sont également prompts à critiquer la réglementation, tel E.Leclerc qui, sur son site , détaille ..
Contrôle et encadrement des prix de vente du commerce de détail
Contrôle ou libéralisation des prix Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les ordonnances du instaurent un contrôle des prix dont le but est de lutter contre l'inflation croissante en période de pénurie. Ce mécanisme est vite impopulaire parmi les commerçants et les petites entreprises représentées par la CGPME .
Fin 1978, René Monory, ministre du Commerce et de l'Industrie sous le Gouvernement Barre II libère les prix des biens dans un contexte inflationniste. Le régime d'administration est abandonné, mais le ministère des Finances entend conserver un pouvoir de régulation. La libéralisation s'amplifie avec l'ordonnance Balladur du .. Les prix de certains secteurs comme ceux de l'eau, du gaz et des livres (loi Lang), restent en revanche « encadrés ».
Loi Galland En 1997, la loi sur la loyauté et l'équilibre des relations commerciales, dite « loi Galland » retire les marges arrière dans les critères d’interdiction de vente à perte. Elle est aménagée et partiellement remplacée en par la loi Jacob-Dutreil qui ne fixe plus un seuil maximal, mais un seuil plancher des prix. La loi Galland impose aux fournisseurs de publier officiellement un tarif unique pour leurs produits pour tous les distributeurs. Ce tarif moins les différentes remises, ristournes ou autres éléments non conditionnels portés sur la facture de vente peuvent être intégrés dans les prix de vente et constituent la marge avant. La loi considère ce prix comme le seuil de vente à perte. Les autres éléments constitués de budgets reversés par les fournisseurs aux distributeurs généralement en fin d’année pour ses efforts de promotion, mise en valeur ou objectifs d'achat quantitatif atteint par exemple sont considérés comme de la marge arrière et ne peuvent par définition rentrer dans le calcul du prix de vente sous peine de tomber sous le coup de la vente à perte, réprimée en France. Cette loi fixe un prix minimum légal aux articles et conduit à une uniformisation, en France, des prix de vente des biens de grande consommation, ne laissant aux distributeurs que les importations (tarif négocié à l'étranger avec un fournisseur exclusif) et les marques distributeurs pour se différencier par le prix.
Michel-Édouard Leclerc écrit en 2007 : « La France est le seul pays d'Europe à n'avoir connu que dix ans de liberté des prix depuis la Deuxième Guerre mondiale, entre l'ordonnance Balladur de 1986 et la loi Galland en 1997 »Béatrice d'Erceville, Juliette Garnier, Michel-Édouard Leclerc, « La TVA sociale reste une bonne idée », La Tribune, 26/06/2007, .
Afin de réduire les marges des distributeurs et donc les prix de vente — ce qui permet d'accroître le pouvoir d'achat des ménages —, deux lois sont votées en 2008 sous le gouvernement Fillon.