thumb|Valéry Giscard d'Estaing en 1978.
est une phrase choc prononcée par Valéry Giscard d'Estaing le AFP, « Les grands débats TV du passé : "monopole du cœur" et "dans les yeux" », sur lexpress.fr, 2 mai 2012., au cours du débat télévisé de l'entre deux-tours de l'élection présidentielle française de 1974.
Contexte Lors du débat de l'entre deux-tours de l'élection présidentielle de 1974, François Mitterrand défend l'idée d'une juste répartition des richesses, en affirmant que si ..
Valéry Giscard d'Estaing lui répond alors :
Analyse
Improvisation et inspiration Dans ses mémoires Le Pouvoir et la Vie, Valéry Giscard d'Estaing écrit que la phrase a été improvisée.. Michel Le Séac'h remarque néanmoins qu'il pourrait s'agir d'une réminiscence du film Le Président (1961) d'Henri Verneuil, où le ministre Philippe Chalamont (Bernard Blier) lance au président (Jean Gabin) .. Valéry Giscard d'Estaing l'a peut-être préparée à partir des notes de Michel Duval. Selon le politologue Clément Viktorovitch, le fait que cette phrase utilise plusieurs figures de style de rhétorique politique (métaphore du cœur pour retourner l'attaque de Mitterrand, antanaclase dans la mesure où le mot cœur est répété dans deux sens différents, l'organe et le symbole de la compassion) et qu'à la fin de la tirade, il pose à plat sa main gauche sur la joue gauche, suggère au contraire qu'elle a été préparée avant le débat téléviséClément Viktorovitch, chronique « les points sur les i » dans l'émission télévisée Clique, 7 décembre 2020.
Gain de popularité Plusieurs observateurs politiques ont estimé que Valéry Giscard d'Estaing a marqué des points en prononçant cette phrase qui, en désarçonnant François Mitterrand, aurait rallié les voix de personnes encore indécises mais cela n'a jamais été confirmé« Les répliques marquantes des débats présidentiels », sur lefigaro.fr, 2 mai 2012.. Après le débat, les intentions de vote pour Valéry Giscard d'Estaing passent de 50 % à 50,5 %. Il remporte l'élection présidentielle à 500 000 voix près.
Dans ses mémoires, Louis Mermaz admet que Mitterrand a été désarçonné par cette phraseDominique de Montvalon, Petite phrase, gros effet « Vous n’avez pas le monopole du cœur », L'Opinion, 18 août 2014.. Dans son ouvrage autobiographique Le Pouvoir et la Vie, Giscard d'Estaing écrit en 1998 : .
Jeu sémantique La phrase fait l'objet d'analyses académiques dans le domaine de la science politique et de la linguistique politique.
La linguiste Catherine Kerbrat-Orecchioni analyse cette petite phrase en ces termes :
Dans le volume 2 de La politique et ses langages, les auteurs analysent la réponse de Giscard comme un sophisme, qui se base sur la polysémie du mot cœur ; Giscard dit qu'il a du cœur parce qu'il a un cœur. Les auteurs considèrent que la phrase a permis à Giscard de modifier la perception que des citoyens avaient d'emblée de lui (), celle d'un homme froid et loin du peuple. Le candidat a ainsi construit un ethos compassionnel (et corrélativement, de son adversaire un ethos sectaire) dans un débat jusqu'alors plutôt désincarné.
Postérité Réutilisations politiques François Mitterrand a fait allusion à cette phrase restée célèbre lors du débat télévisé de l'élection présidentielle française de 1988 l'opposant à Jacques Chirac. Alors que ce dernier venait d'incriminer son adversaire sur la hausse du taux de TVA applicable aux aliments pour animaux, François Mitterrand lui rétorqua, ironique : .
Nicolas Sarkozy fait également allusion à cette petite phrase lors du débat télévisé de l'élection présidentielle de 2007 l'opposant à Ségolène Royal. Alors que la candidate socialiste dénonce le du candidat UMP quant à l'accueil des enfants handicapés dans le système éducatif, Nicolas Sarkozy lui rétorque : ..
Phrase marquante de la vie politique de Giscard d'Estaing La phrase, inscrite dans la culture populaire française, est directement associée à Valéry Giscard d'Estaing. Elle est l'une des phrases marquantes de son septennat, et plus largement, de sa vie politique, avec . La phrase est à nouveau abondamment commentée lors du décès de l'ancien président, en .
Cinéma Cette phrase est prononcée en 1985 par Brigitte Nielsen (dans le rôle de Ludmilla Vobet Drago) dans le film Rocky 4, en s'adressant aux journalistes.
Notes et références Notes
Références
Annexes Articles connexes « Au revoir », allocution de fin de mandat en . Élection présidentielle française de 1974 Débat télévisé du second tour de l'élection présidentielle française
Lien externe Extrait du débat sur le site de l'INA
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