Le diocèse d’Amiens (en latin : ) est un diocèse de l'Église catholique en France. Gérard Le Stang est l'actuel évêque. Le diocèse d'Amiens est un des diocèses historiques de Picardie.
Histoire Fondation et développement thumb|Diocèse d'Amiens en 1703. Selon la tradition catholique, le diocèse d'Amiens a été fondé par saint Firmin, chrétien d'Hispanie venu en Gaule au , et qui aurait été exécuté par les Romains.. Il est le patron du diocèse.. Pour Jean Lestocquoy, nous ne savons rien de la vie des saints patrons des diocèses de la Belgique seconde, dont saint Firmin, en dehors des récits hagiographiques. Toutefois, il affirme qu'il serait de remettre en cause leur existence.
Érigé probablement au cours du comme évêché dont le siège est situé à Amiens, chef-lieu de cité, le diocèse couvre le territoire de la civitas des Ambiens. Si pour les historiens du et du début du siècle, les frontières des diocèses du Haut Moyen Âge correspondent exactement aux limites territoriales des cités romaines du Bas-Empire, les historiens modernes remettent en doute cette continuité : les preuves manquent pour confirmer cette permanence, et la conception de frontière strictement délimitée était probablement étrangère à la société du Haut Moyen Âge. Pour Charles Mériaux, le territoire du diocèse s'est progressivement construit autour d'un centre, la cité épiscopale, et s'est étendu dans les campagnes à partir d'institutions ecclésiastiques.
Le premier évêque d'Amiens dont le nom est assuré est Eulogius, mentionné sur la liste du pseudo-concile de Cologne en 346. Par la suite, aucun évêque amiénois n'est sûrement attesté jusqu'en 511, date de la participation d'Edibius, évêque des Ambiens au , au concile d'Orléans. Pour Jean Lestocquoy, les lacunes dans les listes épiscopales des diocèses de la Belgique seconde entre les s'expliquent vraisemblablement par l'absence de diocèse dans les régions concernées, les missionnaires s'attachant à l'une ou l'autre des civitates selon les besoins de leur mission d'évangélisation. L'installation de chrétiens dans la région d'Amiens est précoce : des inscriptions paléochrétiennes ont été découvertes dans le cimetière Saint-Acheul. La mémoire de cette implantation a été conservée et le cimetière est considéré, dès le , comme le berceau mythique de la communauté chrétienne dans la région. Pour Sabine Racinet, l'expansion du christianisme en Gaule du Nord a été freinée par la persistance du paganisme dans les campagnes, tandis que les grandes invasions ont entraîné un reflux de la population des cités importantes de la Picardie, un phénomène défavorable à l'implantation durable de la religion chrétienne. L'évangélisation de la région n'est donc pas linéaire : .
Les archives épiscopales ayant été détruites par les Normands lors des nombreux raids qu'ils mènent à Amiens au cours de la deuxième moitié du , il est difficile de retracer l'histoire des débuts du diocèse à partir des seules sources écrites. Au , Grégoire de ToursGrégoire de Tours, De Virtutibus sancti Martini, I, 17. mentionne l'existence d'un oratoire desservi par des religieuses, construit près de la porte aux Jumeaux, sur le lieu où saint Martin avait partagé son manteau. Une charte de révèle l'existence à Amiens d'un ensemble épiscopal composé d'au moins deux églises à l'angle nord-est de la ville fortifiée, retranchée, depuis la fin du , ou le début du , derrière une enceinte fortifiée d'environ . Placées sous le vocable de la Vierge et de saint Firmin, ces édifices religieux sont, selon Didier Bayard, construits sur l'emplacement de la cathédrale actuelle. En effet, des fouilles archéologiques ont mis au jour des inscriptions funéraires des au sud de la cathédrale, rue Cormont, et à l'ouest, sous le parvis. En outre, Didier Bayard rejette la tradition, formée au , selon laquelle la première église amiénoise se trouve dans le cimetière Saint-Acheul où serait enterré saint Firmin. D'autres bâtiments, situés au nord-est du castrum, complètent l'ensemble épiscopal : un Hôtel-Dieu, fondé au , et un palais épiscopal. D'après Didier Bayard, le groupe épiscopal fait l'objet de travaux importants au cours du .
Époque moderne
En 1790, le diocèse d'Amiens compte 1201 prêtres. Parmi ceux-ci, 51,20 % acceptent la Constitution civile du clergé, votée le , et prêtent serment. Ils représentent les prêtres constitutionnels. Dès 1791, des membres du clergé sont victimes de violence. Selon l'historien Robert Legrand, ces violences s'expliquent par la hausse des prix et la disette. À partir de , les couvents sont fermés et les ordres religieux supprimés. Par le décret du , Pierre-Joseph Cambon fait supprimer le budget des cultes, ce qui provoque la fin de l’Église assermentée.
De 1790 à 1801, Amiens fut le siège épiscopal du diocèse de la Somme, un des quatre-vingt-trois diocèses de l'Église constitutionnelle créés par la constitution civile du clergé.
Ère contemporaine Séparation des Églises et de l’État et querelle des inventaires
La Loi de séparation des Églises et de l'État, qui met fin au régime concordataire, est promulguée le . Dans son article 3, elle prévoit un inventaire des biens mobiliers et immobiliers des établissements publics du culte avant que ne soit rendue aux associations cultuelles la partie de ces biens estimée nécessaire au culte et que le reste soit saisi. À l'inverse d'autres régions de France, les opérations d'inventaire, qui se déroulent dans la Somme entre janvier et , ne provoquent pas de trouble important au sein du diocèse. Les paroisses situés à l’ouest au centre du département ne manifestent aucune opposition, à l'inverse des paroisses des arrondissements de Péronne et de Montdidier. À Templeux-le-Guérard le , la population s'en prend au fonctionnaire de l'Administration des Domaines et aux témoins venus de Roisel, après avoir repoussé une première fois l'inventaire le .
Selon Xavier Boniface, la faible résistance des Samariens à l'égard des opérations d'inventaires s'explique par leur indifférence religieuse, . Il suppose également que la population n'a pas réagi .
Création de l'association diocésaine
À la suite de la promulgation en 1905 de la loi de séparation des Églises et de l'État, les établissements publics du culte, structures de droit public chargés de la gestion des lieux de culte, sont supprimés au profit des associations cultuelles, qui relèvent de la loi de 1901 sur les associations. Comme l'ensemble des diocèses de France, Amiens refuse de se constituer en association cultuelle, ouvrant une période d'insécurité juridique pour l'Église catholique en France.. Selon Philippe Portier, ce refus s'explique par deux raisons : il est . En outre, elle juge que les dispositions de la loi ne garantissent pas l'organisation hiérarchique de l'institution, craignant notamment que les laïcs ne profitent du flou de l'article 4 sur l'organisation des associations cultuelles pour constituer des structures parallèles, et prendre le pouvoir..
La reprise du dialogue entre la République française et le Saint-Siège à partir de 1920, initie un échange de lettres entre Raymond Poincaré, président du Conseil, et Bonaventura Cerretti, nonce apostolique à Paris, au sujet des associations cultuelles. Ces discussions aboutissent en 1924 à la conclusion des accords Poincaré-Cerretti, qui permettent la création des associations diocésaines, reconnaissant que les évêques sont à la tête de ces structures. Dans le sillage de ces accords, le diocèse d'Amiens met en place en une association diocésaine chargée de ..
Crise des vocations
Comme dans d'autres diocèses de France, les recrutements sacerdotaux se tarissent à partir des années 1960.. En , l'évêque d'Amiens, René-Louis Stourm supprime la messe dominicale dans 108 églises rurales, afin de réaffecter les prêtres du diocèse dans les paroisses urbaines et dans les aumôneries de collèges et de lycées.. L'année suivante, René-Louis Stourm annonce la fermeture du grand séminaire d'Amiens pour : les 15 séminaristes terminent leurs études au grand séminaire de Soissons. Dix ans auparavant, le séminaire accueillait 60 séminaristes..
Pour faire face au manque de prêtres, le diocèse favorise depuis les années 2000 la participation des laïcs à l'exercice de la charge pastorale. En 2008, il met en place des équipes de conduite pastorale (ECP), constituées de cinq laïcs élus pour trois ans par l'assemblée paroissiale lors d'un vote à bulletins secrets, dans les 49 paroisses nouvelles. Ils partagent avec le curé la charge pastorale de la paroisse., autour de cinq missions : .. En 2014, le diocèse compte 35 prêtres en activité, dont cinq prêtres coréens et trois prêtres africains, pour habitants. Sept ans plus tard, le diocèse dénombre 43 prêtres en activité, dont ., 18 diacres et quatre séminaristes..
Synode de 2018
En 2017, Olivier Leborgne convoque un synode diocésain. Porté par de réflexion, il réunit les fidèles baptisés de la Somme. En , ils soumettent 630 propositions à l'assemblée synodale.. Les décrets synodaux sont publiés en dans la lettre pastorale intitulée .. Parmi les 12 propositions retenues, une école diocésaine pour servir l'évangélisation, animée par une équipe de laïcs itinérants, propose aux communautés chrétiennes qui le demandent de les accompagner à élaborer leur projet à vocation missionnaire.
Pandémie de Covid-19
Dès le début du premier confinement, le diocèse d'Amiens met en place une cellule d'écoute à destination des personnes isolées, chrétiennes ou non, animée par une équipe d'une quarantaine de bénévoles. Toutefois, mal connue, elle ne reçoit qu'une dizaine d'appels par semaine entre mars et ..
En conséquence du confinement, le diocèse d'Amiens voit en 2020 ses recettes diminuer de près de 40 % par rapport à l'année précédente, ce qui représente une perte de près de euros. En effet, avec la fermeture des églises, le diocèse est privé des revenus de la quête, du casuel et des offrandes de messe., ceux-ci représentant respectivement 23 %, 11 % et 7 % des ressources d'un diocèse en France..
Nouvelle trame paroissiale
Au terme de l'assemblée diocésaine d', l'évêque d'Amiens annonce la réorganisation des paroisses du diocèse autour de six champs missionnaires, remplaçant les 14 secteurs paroissiaux qui faisaient office de doyennés. Les 49 paroisses du diocèse restent en place, conservant leur organisation spécifique. Selon l'abbé Nicolas Jouy, vicaire général, la réforme est nécessaire pour faire face au manque de prêtre, tout en assurant .. La réforme entre en vigueur en ..
Hausse des catéchumènes
Depuis le début des années 2020, le nombre d'adultes qui souhaitent recevoir le baptême est en hausse constante dans le diocèse d'Amiens : en 2022, 38 adultes sont baptisés, en 2023, 52 et en 2024, 75.. Cette augmentation, de l'ordre de 30 % entre 2023 et 2024, est dans la moyenne des autres diocèses français.. En 2025, 111 adultes reçoivent le baptême, dont 68 femmes et 43 hommes. Parmi eux, 83 % ont moins de 40 ans, et 45 % entre 17 et 25 ans. D'après Blandine Brandicourt, responsable du service du catéchuménat du diocèse d'Amiens, cette hausse des catéchumènes s'explique par plusieurs facteurs, et notamment une recherche de sens, l'impact de l'isolement provoqué par la pandémie de Covid-19 et l'influence des réseaux sociaux. Pour l'évêque d'Amiens, Gérard Le Stang, ce phénomène relève du mystère de la foi, mais il note également une influence de l'islam chez les jeunes en recherche religieuse. Selon Sarah Belouezzane et Benoît Vitkine, journalistes pour Le Monde, les jeunes qui demandent le baptême le font tout autant par mimétisme avec l'islam que par affirmation identitaire..
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