vignette|300px|Une infirmière (Anne Bell) s'occupant de deux soldats blessés lors de la guerre civile américaine. Les soins infirmiers sont définis au sens large comme « une attention, une application envers quelqu’un ou quelque chose ». Le mot soin prend alors le sens de « moyens par lesquels on s’efforce de rendre la santé à un malade »Dictionnaire Larousse, édition 2006..
Tels que définis par le Conseil international des infirmières Définition par le Conseil international des infirmières - consultation novembre 2007, les soins infirmiers représentent les soins prodigués, de manière autonome ou en collaboration, aux individus de tous âges, aux familles, aux groupes et aux communautés – malades ou bien-portants – quel que soit le cadre.
Ils se focalisent sur la promotion de la santé, la prévention de la maladie, ainsi que les soins dispensés aux personnes malades, handicapées et mourantes. Ils englobent également la défense, la promotion d'un environnement sain, la recherche, la participation à l'élaboration de la politique de santé et à la gestion des systèmes de santé et des patients, ainsi que l'éducation à la santé.
Les soins infirmiers sont traditionnellement dispensés par les infirmiers et infirmières.
Définitions institutionnelles Par l'Organisation mondiale de la santé vignette|200px|La lampe à huile, symbole des soins infirmiers dans plusieurs pays, en référence au surnom donné à Florence Nightingale : The Lady with the Lamp.
« La mission des soins infirmiers dans la société est d'aider les individus, les familles et les groupes à déterminer et réaliser leur plein potentiel physique, mental et social et à y parvenir dans le contexte de l'environnement dans lequel ils vivent et travaillent, tout cela en respectant un code de déontologie très strict. Ceci exige que les infirmières apprennent et assurent des fonctions ayant trait au maintien et à la promotion de la santé aussi bien qu'à la prévention de la maladie.
Les soins infirmiers englobent également la planification et la mise en œuvre des soins curatifs et de réadaptation, et concernent les aspects physiques, mentaux et sociaux de la vie en ce qu'ils affectent la santé, la maladie, le handicap et la mort. Les infirmières permettent la participation active de l'individu, de sa famille et de ses amis, du groupe social et de la communauté, de façon appropriée dans tous les aspects des soins de santé, et encouragent ainsi l'indépendance et l'autodétermination. Les infirmières travaillent aussi comme partenaire des membres des autres professions impliquées dans la prestation des services de santéDéfinition donnée en 1973, formulée dans les Résolutions de la « World Health Assembly » (WHA42.27, 45.5, 47.9, 48.8, 49.1 and 54.12) de 1993, réactualisées en 2002, à propos des missions des Soins infirmiers The Nursing and Midwifery programme at WHO. »
Par les pionniers des soins infirmiers Des premiers fondements théoriques établis par Florence Nightingale en 1859, aux définitions élaborées par les leaders en soins infirmiers contemporains, les soins infirmiers se sont définis comme une pratique à part entière, une science mais également un art moral.
Florence Nightingale précise dans son ouvrage de référence que les Soins infirmiers doivent faire en sorte de « mettre le malade dans les meilleures conditions possibles, pour favoriser l'action de la nature ».
En 1933, Effie J. Taylor propose la définition suivante de la nature des soins infirmiers Effie J. Taylor « Of What is the Nature of Nursing » American Journal of Nursing 34:476, mai 1934 Op. cit. A Concept of Nursing, 33:565, juin 1933 : « l'adaptation de la thérapeutique prescrite et du traitement préventif aux besoins physiques et psychiques spécifiques de la personne » et complète cette définition en apportant la nuance que « le sens profond des soins infirmiers ne peut être connu qu'à travers les idéaux, l'amour, la compassion, le savoir et la culture exprimés par la pratique de méthodes et de relations propres à l'art de soigner. »
En 1960, Virginia Henderson décrit in La nature des soins infirmiers, HENDERSON, , cf. bibliographie les soins infirmiers comme une réponse aux besoins primaires de chaque individu. Est entendu par besoin fondamental, la nécessité vitale propre à tout être humain sain ou malade.
Dans les années 1990, Jean Watson et Martha Rogers conceptualisent les soins infirmiers comme une science faisant appel au savoir disciplinaire (connaissances) propre aux infirmières, mais également un art puisque le soin touche également aux savoirs esthétiques aussi bien qu'éthiquesin Postmodern Nursing and Beyond, WATSON, Jean, Ed. Churchill Livingstone, 1999 : « l'art infirmier est en fait l'utilisation créatrice de la science infirmière qui est en pleine croissancein Vision of Roger's Science-Based Nursing, ROGERS, Martha, New-York, Ed. F.A. Davis Company, 1990, traduction libre.
Par les collectifs d'infirmiers et d'infirmières chercheurs Les soins infirmiers représententAmiec recherche. Dictionnaire des soins infirmiers éd. Masson, Paris, 2005 un ensemble de connaissances, de compétences et de techniques relatives à la conception et à la mise en œuvre d'actes de soins infirmiers. Ils contribuent à répondre aux besoins de santé d'une personne et/ou d'une collectivité et font l'objet de la discipline enseignée au personnel infirmier. On distingue généralement les soins infirmiers liés aux fonctions de continuité et d'entretien de la vie (Marie-Françoise Collière) dans le cadre du rôle propre de l'infirmier, le « », et les soins curatifs ou de réparation, le « cure ».
Histoire : des pratiques soignantes aux sciences infirmières
L'art infirmier ou l'art de soigner a été décrit de différentes façons dans les cultures populaires. les définitions et les pratiques ont beaucoup évolué au fil du temps.
Le « prendre-soin » de l'autre Au Moyen Âge, la vocation de « prendre soin de son prochain » se trouve étroitement liée à l'idéologie de la religion et de l'Église. Les soignants adoptent des consignes similaires à celles de la religion du Christ : accueil des humbles, miséricorde envers les affligés, puis par la suite, l'idéal de pauvreté s'ajoute à celui de la charité. Au , le soin apporté n'est pas encore un soin médical mais davantage une assistance aux indigents, aux passants et mendiants.
Les grandes épidémies et les temps de guerre du Moyen Âge ont influencé l'organisation du soin aux personnes malades au sein de congrégations religieuses (notamment l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem) qui fonderont les premières infirmeries dans lesquelles le soin a vocation de « secourir et soigner ». 150px|vignette|Sœur Hospitalière « bleue » des Hospices de Beaune affairée à préparer un lit.
Parallèlement, les hôpitaux ont évolué à la suite du développement des villes : de nouvelles formes d’assistance se développent, notamment dès le au sein des Hôtel-Dieu. Ces structures commencent à restreindre leurs entrées au profit des malades curables se spécialisant en hospices où les soins aux infirmes s'organisent au travers de la hiérarchie religieuse et sont dispensés par les Sœurs hospitalières. Le soin aux infirmes prend alors racine dans l'application de techniques et de connaissances médicales et chirurgicales qui vont se développer.
Dans la culture anglophone, un des plus vieux sens du mot Anglais « nursing » retrouvé au évoque également une femme employée à allaiter et à prendre soin des jeunes enfants , « nurse » signifiant d'ailleurs « nourrice ». À partir du milieu du sous l'influence de Florence Nightingale, le terme nurse désigne, dans les Pays anglo-saxons, une infirmière. Le terme nursing désignant les soins exercés par une nurse, c'est-à-dire : les soins infirmiers.
Au , se développe l'idée de s'occuper ou d'informer quelqu'un d'autre, mais pas seulement des enfants. La philosophie des soins infirmiers modernes s'est développée dans ce dernier sens, l'idée de nourrir faisant référence à la plus large notion d'assistance aux personnes et à la promotion d'une qualité de vie.
Au apparait la notion de « gouverner les malades » avec le premier ouvrage destiné à donner des instructions à toutes les personnes charitables qui donnent des soins à leurs semblables : les mères, les filles, les sœurs, les curés de campagne, les châtelainesSERAIN, Pierre Eutrope, Amsterdam, 1775. Avant lui, au cours du siècle précédent, Saint Vincent de Paul, Louise de Marillac instruisirent des femmes pour donner des soins à domicile et porter assistance spirituelle aux malades dans les Confréries de la Charité. En 1785, Colombier et Doublet publient un rapport intitulé : Instruction sur la manière de gouverner les insensés et travailler à leur guérison dans les asyles qui leur sont destinés. En 1786, Joseph Carrère, médecin ordinaire du roi publie à son tour un manifeste en faveur de l'instruction des gardes-malades, non plus pour gouverner mais pour servir les malades. Jean Baptiste Pussin, gouverneur des fous et folles de Bicêtre, va concevoir l'idée d'une relation plus humaine pour tous ces malheureux. Quelques années plus tard, en 1795, avec le célèbre aliéniste Philippe Pinel, ils vont libérer les aliénés de leurs chaînes. Après la Révolution, des hommes de bien notamment Condorcet et l'Abbé Grégoire vont également militer en faveur de l'instruction des personnes qui soignent et des soins qu'elles prodiguent Sous la direction de René Magnon « Les figures marquantes des soins infirmiers » La Revue de l'Infirmière 134,135, 2007 - 137,138, 2008..
Au
La vision sacerdotale du soin
Avant l'établissement des soins infirmiers modernes tels qu'ils sont pratiqués aujourd'hui, les nonnes et les militaires prodiguaient une forme de soin infirmier Histoire de la guerre de Crimée. Les origines religieuses et militaires des soins infirmiers modernes restent flagrantes dans beaucoup de pays. Par exemple, en Grande-Bretagne, les infirmières confirmées sont appelées « Sœurs » (« »). 150px|vignette|Florence Nightingale (1820-1910), considérée comme pionnière des soins infirmiers.
Les infirmières ont connu des difficultés face à la hiérarchie médicale laissant en héritage la vision que l'action principale d'une infirmière est d'exécuter les directives du médecin . Cette tendance a été contrecarrée par Florence Nightingale dans son ouvrage de référence in Notes on nursing, NIGHTINGALE, Florence, cf. bibliographie dans lequel les médecins sont relativement peu mentionnés ou souvent sur un ton de critique : « Pas un homme, y compris un docteur, ne donne jamais une autre définition de ce que devrait être une infirmière — dévouée et obéissante » Traduction libre de « No man, not even a doctor, ever gives any other definition of what a nurse should be than this — 'devoted and obedient'. This definition would do just as well for a porter. It might even do for a horse. It would not do for a policeman. », NIGHTINGALE, 1860, et en particulier le pouvoir et l'influence de la « blouse blanche » Republication de Notes on Nursing sur WikiSource.
L'histoire des soins infirmiers s'est souvent établie durant les temps de guerre. Durant ces périodes, ils ont connu un développement significatif grâce à Florence Nightingale, travaillant alors à améliorer la condition des soldats impliqués dans la guerre de Crimée, posa la première pierre des soins infirmiers professionnels avec certains principes qu'elle évoque dans son ouvrage . D'autres figures phares ont contribué au développement des soins infirmiers modernes comme Linda Richards ou encore Jeanne Mance. En Amérique du Nord et plus particulièrement au Québec, Jeanne Mance est considérée comme une infirmière pionnière puisqu'elle s'est installée à Montréal afin d'ouvrir un hôpital (Hôtel-Dieu) pour y soigner les indigents. Elle est cofondatrice de la ville de Montréal (Ville-Marie en Nouvelle-France).
Les soins infirmiers modernes vignette|Infirmières en 1915 - (Peinture de Henri Gervex : L'Ambulance de la Gare de Poitiers).