La psychothérapie () comprend les soins ou l'accompagnement, prodigués par une personne formée à cela, à une ou plusieurs autres personnes souffrant de problèmes psychologiques, parfois en complément d'autres types d'interventions à visée thérapeutique (médicaments notamment).

Suivant les patients (enfant ou adulte), le type et la sévérité du trouble, et le contexte de l'intervention, de nombreuses formes de psychothérapies coexistent, qui s'appuient sur autant de pratiques différentes reposant elles-mêmes sur des approches théoriques diverses et parfois contradictoires.

La plupart reposent néanmoins sur l'établissement d'une relation interpersonnelle entre le patient et le thérapeute dans le cadre d'un contrat explicite de soins. Elles se distinguent en cela des pratiques d'accompagnement de l'individu sain (coaching, développement personnel) parfois menées dans un cadre spirituel, religieux voire sectaire.

En France, plus particulièrement depuis les années 1990, la règlementation de l'exercice des psychothérapeutes a fait l'objet d'intenses débats mettant aux prises les praticiens se réclamant des principales approches que sont les psychothérapies d'inspiration psychanalytique, psychodynamique, humaniste, systémique et cognitivo-comportementale. Le titre de psychothérapeute est désormais réglementé. Origine du concept Les « psychothérapies » trouvent leur origine dans différentes pratiques, dont l'analyse psychologique de Pierre Janet, la cure par la parole de Josef Breuer, l'hypnose et la psychanalyse. Certaines sources désignent parfois les méthodes des thérapeutes d'Alexandrie dont rend compte Philon d'Alexandrie ou les travaux de Paracelse comme les premières psychothérapies.

Le sens moderne a été proposé par le psychiatre anglais , qui introduit le terme de psychotherapeia en 1853.. Le terme définitif de psychothérapie aurait été inventé par Hippolyte Bernheim, chef de file de l'École de Nancy M-R Moro et C. Lachal, Introduction aux psychothérapies, Nathan, Paris, 1996, 8.. Toutefois, le mot psychothérapie apparaît à la fin du ATILF, Psychothérapie, éd. en AllemagneLucien Israël, Initiation à la psychiatrie, Paris et New York, Masson, 1984, .. Celui-ci est construit sur les racines grecques , therapeía, « cure », et , psykhê, « âme », « esprit », signifiant littéralement « thérapies par la psyché ».

Les psychothérapies ont pour vocation de « soigner par l'esprit » des souffrances tant psychiques que somatiques dans le cadre d'une relation à un psychothérapeute. Résumant les indications de la psychothérapie, Bernheim écrit dans De la suggestion que le

Les approches sont nombreuses et correspondent à de nombreux modèles théoriques différents voire contradictoires. La psychothérapie est distincte du ou du en vogue dans les pays anglo-saxons et qui ne présupposent ni formation universitaire ni formation à la psychopathologie, bien que ces activités soient parfois exercées par des psychologues ou des psychiatres de formation.

Histoire

vignette|Portrait de Franz-Anton Mesmer.

Le désir de guérir ou de « prendre soin des hommes » semble inscrit dans la nature humaine.Sur CAIRN. C'est une aptitude que beaucoup de gens possèdent mais qui, pour devenir une compétence, demande à être développée par l'apprentissage de théories et de techniques.

Les soins par la psyché étaient déjà connus des Grecs : le temple d'Epidaure en Grèce est longtemps un lieu de pèlerinage pour les maladesJean-Pierre Vernant, Mythe et pensée chez les Grecs. Études de psychologie historique, 1971. .. À la fin du , les progrès de la médecine et de la psychologie vont permettre le développement scientifique de techniques à proprement parler psychothérapeutiques. Le terme est inventé en 1872 par Daniel Hack Tuke pour décrire ses propres travauxElisabeth Roudinesco, Le patient, le thérapeute et l'État, 2004, Alain Deneux, François-Xavier Poudat, Thierry Servillat, Les psychothérapies : approche plurielle, 2011, . Ces progrès sont sans cesse remis en cause, probablement du fait que la souffrance psychique est peu ou pas objectivable, à l'opposé de la souffrance physique qui est plus facilement identifiable.

Psychothérapie, psychiatrie et psychologie vignette|gauche|Séance d'hypnose en 1887.

Il existe plusieurs périodes dans l'histoire de la psychothérapieYann Leroux, Psychothérapie psychanalytique, 2005, .. L'origine se trouve dans les pratiques animistes, encore répandues, y compris dans les pays développés. Elles ont survécu jusqu'ici sous différentes formes qui coexistent avec d'autres plus récentes. À partir du et jusqu'en 1893, c'est le développement des traitements par la suggestion. L'intérêt pour les traitements psychiques des enfants apparaît à la fin de cette période. De 1886 à 1925, Pierre Janet met en place sa méthode psychothérapeutique, l'analyse psychologique, basée sur la notion d'automatisme psychique existant à des niveaux plus ou moins profonds du psychisme. Ces découvertes sont d'importanceHenri F. Ellenberger, La vie et l'ouvre de Pierre Janet, conférence prononcée à l'inauguration de l'hôpital Pierre-Janet à Hull, le . La substance de cette conférence est extraite du chapitre sur Pierre Janet dans le livre du Henri F. Ellenberger, The Discovery of the Unconscious: The History and Evolution of Dynamic Psychiatry, New York, Basic Books Inc., 1969, .. En 1925, Sigmund Freud a conceptualisé et systématisé l'inconscient et la sexualité infantile, notions fondamentales de la psychanalyse. Les conflits inconscients — résultant d'une dualité pulsionnelle — ne sont pas accessibles à la cure et doivent être mis au jour et élaborés durant le traitement psychanalytique. C'est une des premières fois dans l'histoire qu'on utilise scientifiquement la parole comme vecteur thérapeutique de manière aussi codifiée. Cet axe Paris - Vienne alors créé est très fécond à l'époque. En France, c'est entre autres sous l'impulsion de René Diatkine, de Serge Lebovici et de Françoise Dolto que la psychanalyse des enfants est devenue réalitéDominique J. Arnoux, La psychanalyse des enfants, site de la Société psychanalytique de Paris, ..

Profession Éthique

Le statut des psychothérapeutes est réglementé en France depuis 2010, au niveau de la formation et des conditions d'inscriptions sur la liste ADELI. Le respect des différents codes de déontologie dépend de l'affiliation des psychothérapeutes à des organisations professionnelles comme l'Ordre des médecins. Les pratiques des psychothérapeutes qui ne sont pas inscrits dans une organisation professionnelle demandant le respect de règles déontologiques spécifiques relèvent du droit commun.

Les patients, des personnes en difficulté, sont vulnérables. Conformément à la déontologie, il est notamment nécessaire de veiller à respecter l'identité des patients, la confidentialité des échanges, l'attitude neutre du thérapeute, l'absence de jugement, la non-directivité et la bienveillance. Même si la plupart des praticiens sont de bonne foi, le risque de manipulation par de « faux praticiens » reste entier, du fait de la position du psychothérapeute.

Toutefois, quelques principes ont été énoncés pour définir le cadre d'une psychothérapie éthique. La psychothérapie doit résulter d'un contrat oral et/ou écrit : . qui repose en principe sur le volontariat du patient et du psychothérapeute (sauf expertises judiciaires ou obligation de soin). Le psychothérapeute doit être formé dans un courant psychothérapeutique et doit pouvoir l'expliquer au patient.. Il doit préciser la technique qu'il va employer, ses modalités de mise en œuvre, ses limites, la théorie qu'il utilise, le coût du traitement, les modalités de paiement.. Le but du traitement est le soulagement des souffrances psychiques, l'accès à une plus grande liberté individuelle et le renforcement de l'autonomie.. Un(e) psychothérapeute ne cherchera pas à opposer un patient à sa famille et à son milieu culturel..

Corps médical et paramédical Dans de nombreux cas, la psychothérapie peut être menée en complément ou en association avec un traitement médicamenteux utilisant des médicaments psychotropes sur prescription d'un médecin, souvent psychiatre. Mais en France, n'étant pas considéré comme une profession médicale, le psychothérapeute ne peut pas intervenir dans le choix du traitement médicamenteux ou de sa prescription, ni même dans le diagnostic.

Intervenants Selon les législations spécifiques de chaque pays le titre de psychothérapeute peut ou non être réglementé. Là où il est réglementé (voir réglementation), par exemple en France, l'exercice des psychothérapies par des non-psychothérapeutes peut être néanmoins parfaitement légal. Aussi est-il important de bien connaître les différents types de professionnels qui peuvent proposer des psychothérapies, et de se renseigner précisément lorsqu'on souhaite consulter un professionnel.

En France, depuis 2010, les psychothérapeutes sont des professionnels enregistrés au registre national des psychothérapeutes. Ils sont enregistrés en préfecture et leur exercice dépend de l'Agence régionale de santé du lieu où ils exercent. Ils sont titulaires d'un diplôme de psychopathologie spécifique délivré par un institut de formation public ou privé agréé après des études universitaires de médecine spécialité psychiatrie, psychologie (M2) ou psychanalyse (M2). En France, les psychologues sont titulaires d'un master 2 de psychologie. Le titre de psychologue est protégé. Les psychologues réfèrent leur pratique au code de déontologie des psychologues du , garant de l'éthique de la psychologie. Au Canada les psychologues sont des professionnels de santé titulaires d'un doctorat d'exercice en psychologie (D.Psy.) dont la formation à la pratique de la psychothérapie est centrale. Les psychologues canadiens sont également habilités à poser un diagnostic.

La psychologie est une science humaine en France, une science de la santé au Canada. En France elle dépend donc de méthodologies différentes de la psychiatrie qui est issue de la médecine (sciences biologiques). Psychologues et psychiatres ont donc une approche différente (parfois complémentaires, parfois antinomique) de la souffrance humaine. En effet, les psychologues ont une formation de haut niveau concernant la psychologie de l'individu (dans ses dimensions cognitives, émotionnelles, relationnelles) et de la dynamique des groupes humains. Le titre de psychologue, selon la spécialisation et le domaine d'intervention du praticien, peut donc recouvrir un large spectre de pratiques.

Entre le neuropsychologue qui va au moyen d'un bilan neuropsychologique, pouvoir formuler un diagnostic très précoce de démence, le psychosociologue intervenant en entreprise, le psychologue expérimentaliste en laboratoire qui étudie les mécanismes de la représentation mentale, le psychologue clinicien faisant des bilans, des groupes d'analyse ou des psychothérapies, les écarts peuvent être très larges. Au Canada les écarts le sont beaucoup moins puisque les psychologues sont avant tout des professionnels de la santé et que les doctorats menant à l'obtention du titre de psychologue possèdent un tronc commun immuable. Il n'existe que très rarement des spécialités au niveau doctoral en psychologie. Leurs consultations sont le plus souvent remboursées de manière directe ou indirecte.