Les élections municipales en France ont eu lieu les 9 et .

À Lyon, elles ont opposé notamment une liste d'union de la gauche menée par le maire sortant Gérard Collomb, une liste de l'UMP menée par Dominique Perben, une liste du Mouvement démocrate menée par Éric Lafond, une liste du Front national menée par André Morin« Nouvelle tête pour le Front national à Lyon », 20 minutes, . Les Verts ont choisi le de négocier avec le PS pour aller vers une liste d'union dès le premier tourDécision des Verts de favoriser l'accord dès le premier tour avec le PS sur le site de la section Verte de Lyon.

État des lieux Depuis mars 2001, la gauche (PS, Verts, PCF et PRG) dirige 6 arrondissements contre 3 à la droite (1 UMP et 2 pour la DLC de Charles Millon). Au conseil municipal, les 4 groupes de la majorité de gauche plurielle regroupent 42 élus sur 73 (25 socialistes, 6 communistes, 5 Verts, 3 radicaux et 3 du groupe altermondialiste écologiste Gauche alternative, écologique et citoyenne GAEC) contre 31 à la droite divisée en deux groupes (18 millonistes et 13 UMP).

Enjeux L'élection du maire est faite par les 73 conseillers municipaux issus des 9 arrondissements de Lyon.

Ces conseillers sont élus par arrondissement, à la proportionnelle avec une prime à la majorité, comme à Paris et Marseille (Loi PLM).

La victoire de la gauche en 2001 a été obtenue avec le basculement vers elle des , et grâce à la division de la droite entre millonistes et l'union RPR-UDF, et elle se maintient dans les trois arrondissements remportés en 1995 (, et ). La droite conserve les , et dont le pour la future UMP et les millonistes contrôlent le et le .

L'enjeu pour la droite est de regagner un arrondissement important, surtout le qui est à gauche depuis 1995 mais qui reste toutefois assez incertain, de même que le qui n'est à gauche que depuis 2001 (la droite l'aurait emporté si elle n'avait pas été divisée lors de la précédente municipale) tout en conservant la totalité de ses arrondissements. Elle peut aussi l'emporter si elle regagne les deux arrondissements plus petits qu'elle a perdu à cause de sa division en 2001, à savoir les et (regagner un seul des deux ne serait pas suffisant).

L'enjeu pour la gauche est de garder les arrondissements qu'elle a gagné en 2001 (elle peut se permettre de perdre le ou le , mais pas les deux) et de grignoter des postes de conseillers en améliorant son score dans certains arrondissements notamment le .

L'enjeu pour le centre est de faire la démonstration de son poids électoral et de forcer les partis traditionnels à le considérer comme un acteur majeur.

Les règles légales du scrutin contenant une part de proportionnelle, chaque arrondissement gagné par un camp lui donne une nette majorité de conseillers municipaux de Lyon locaux. Cette règle favorise ainsi les camps unis et ce fut le cas en 2001, comme à Paris, au bénéfice de Gérard Collomb qui présenta des listes de gauche plurielle dès le , pendant que la droite se présentait divisée entre les représentants des grands partis nationaux (RPR-UDF et des millonistes qui ont montré leur bonne implantation et la spécificité de la droite lyonnaise).

Candidats de droite Union pour un mouvement populaire Dominique Perben, natif de Lyon, conseiller général du de Lyon, à savoir une partie du , depuis 2004 et député de la du Rhône (est de Lyon à cheval sur les , et , les trois secteurs clés des municipales) depuis juin 2007. Il est également président de la fédération UMP du Rhône.

Poids lourd de la droite nationale, il a fait partie de tous les gouvernements de droite formés depuis 1993 (à l'exception de l'éphémère Juppé), ancien ministre des Départements et Territoires d'Outre-mer du gouvernement Balladur de 1993 à 1995, puis ministre de la Fonction publique, de la Réforme de l'État et de la Décentralisation dans le Juppé de 1995 à 1997, ensuite Garde des Sceaux, ministre de la Justice des trois de 2002 à 2005 et enfin ministre des Transports, de l'Équipement, du Tourisme et de la Mer dans le gouvernement Villepin.

La nécessaire union de la droite Il a annoncé sa volonté de se présenter à Lyon assez tôt, dès 2003Article de 2003 dans L'Express sur la situation politique à Lyon. Certains parlent alors de parachutage, car si Dominique Perben est natif de Lyon, il a réalisé toute sa carrière à Chalon-sur-Saône (dont il fut maire de 1983 à 2002 puis de 2002 à 2003) en Saône-et-Loire (où il fut vice-président du conseil général de 1985 à 1988 et dont il fut député pour la de 1986 à 1993 et de 1997 à 2002) en Bourgogne (dont il fut conseiller régional de 1992 à 1993). Ses adversaires l'ont aussi accusé d'écarter ces adversaires potentiels à droite : Charles Millon, chef de la DLC et du groupe Unir pour Lyon, est ainsi nommé en septembre 2003 ambassadeur représentant la France auprès de la FAO à Rome. Il en démissionnera toutefois le (démission prenant effet en août) en critiquant le score réalisé par Perben aux législativesArticle de Libélyon sur le retour à Lyon de Charles Millon, mais finalement écartera l'idée de toute candidature de sa partExtrait du Point du 15 novembre 2007 sur l'accord trouvé entre millonistes et UMP à Lyon. Plus tard, la nécessité pour Dominique Perben de s'implanter localement, et donc d'être élu député, impliquera la mise à l'écart du député sortant UMP de la du Rhône Christian PhilipArticle de la Tribune de Lyon sur le retrait de Christian Philip lors des législatives et est nommé en échange par Nicolas Sarkozy représentant personnel du président de la République pour la FrancophonieNomination de Christian Philip comme représentant pour la Francophonie sur le site de l'Elysée.

Dominique Perben, après de longues négociations, a aujourd'hui réussi à réunir autour de sa candidature l'ensemble de la droite lyonnaise divisée : le MPF local (jusqu'ici allié aux millonistes) le Article de Libélyon sur l'alliance entre l'UMP et le MPF à Lyon puis les millonistes finalement le 15 novembreArticle du Point sur l'alliance entre l'UMP et les millonistes.

Les négociations continuent. Toutefois, il semble évident qu'au au moins la liste UMP de Dominique Perben aura une liste MoDem face à elle.

Candidats de la droite

Dominique Perben a présenté le ses 9 têtes de liste dans chaque arrondissement : : Fabienne Lévy, 48 ans, conseillère régionale de Rhône-Alpes et secrétaire régionale du parti radical. : Denis Broliquier, 46 ans, maire sortant milloniste de l'arrondissement. : Dominique Perben. : Emmanuel Hamelin, 49 ans, ancien député UMP de la du Rhône battu le par le socialiste Pierre-Alain Muet. : Michel Havard, 40 ans, député de la du Rhône depuis le , conseiller général pour le canton de Lyon-V et secrétaire fédéral de l'UMP dans le Rhône. : Laurence Balas, 42 ans, issue de la société civile. : Pierre Delacroix, 59 ans, issu de la société civile mais milloniste. : Nora Berra, 44 ans, issue de la société civile. : Blandine Raynaud, conseillère d'arrondissement sortante milloniste.

Candidats du Front national

La liste du Front national devait initialement être menée par le du mouvement, à savoir Bruno Gollnisch, mais celui-ci a finalement renoncé le à se présenter. Dans un premier temps c'est Christophe Boudot, nouveau secrétaire départemental de la fédération FN du Rhône qui devait assurer le remplacement« Municipales : Bruno Gollnisch renonce à se présenter à Lyon », Le Monde, , mais c'est finalement André Morin, ancien chirurgien des hôpitaux de Lyon et ancien candidat aux législatives dans la du Rhône, qui conduira la liste « Lyon fait front ». : Anne Sigriste : Pascal Marion : Liliane Boury, ancienne conseillère municipale du . : Albert Rosset, conseiller régional. : Gilles Pourchet : Claudine Gracien, ancienne conseillère municipale du . : Jean-Stéphane Laurent : André Morin : Geoffroy Daquin

Candidats du centre Candidat du Mouvement démocrate Anne-Marie Comparini Anne-Marie Comparini, ancienne députée de la du Rhône de 2002 à 2007 était pressentie pour mener la liste Modem à Lyon. Son retrait le Article de Libération sur le retrait d'Anne-Marie Comparini., en raison d'un désaccord avec Michel Mercier (qui souhaitait un accord avec l'UMP) et du manque de soutien de François Bayrou, conduit à l'organisation d'une primaire. S'opposent alors deux groupes, l'un menée par Christophe Geourjon, délégué départemental de l'UDF depuis 2002 et l'autre par Azouz Begag qui a finalement annoncé le 4 décembre sur Canal+ son retrait de la campagne aux primaires du MoDem.

Après la décision de Christophe Geourjon de rejoindre la liste UMP du candidat Dominique Perben, une nouvelle liste MoDem a été créée, la liste Lyon est une chance, avec à sa tête Éric Lafond, 35 ans, docteur en droit, nouvel adhérent Modem et Cap21.

Le Mouvement démocrate présente ainsi des listes indépendantes dans tous les arrondissements de Lyon si l'on excepte le où la liste a été invalidée par la préfecture du Rhône. En effet Albert Roman, ancien adhérent de l'UDF et adhérent du Mouvement démocrate à jour de cotisation, s'était fait inscrire tant comme candidat sur la liste "Lyon est une chance" du de Lyon que sur la liste du Front National dans ce même arrondissement. Le Préfet du Rhône a pris la décision de refuser la liste "Lyon est une chance" pour le et de laisser concourir celle du front nationale, première des deux à avoir été déposée à la préfecture.

La liste, investie très tard, le 2 février, se distingue toutefois par de nombreuses propositions innovantes. : Christophe Cédat : Anne Pellet : Éric Lafond : Danièle Attias : Bernard Houot : Olivier de Pesquidoux : Rémi Guillaume : liste invalidée : Ariane Maisonneuve

Candidats de gauche Listes unitaires AUDACES ! AUDACESSite Web : http://www.lyon2008.info/! (Alternatives Unitaires, Démocratiques, Anti-Capitalistes, Citoyennes, Écologiques et Solidaires) est un regroupement d'organisations (LCR, Gauche Alter et Objecteurs de Croissances) et de militants syndicaux et associatifs qui s'opposent à la droite tout en critiquant le bilan de la municipalité sortante. Ils se présentent en tout indépendance vis-à-vis du PS et de ses alliés, s'engageant à ne pas participer aux exécutifs et à ne pas voter le budget s'ils ont des élus. Ils défendent un programme de gauche radicale, notamment sur les questions des services publics, des transports et des logements sociaux. Ces listes sont présentes sur 6 arrondissements (1,3,4,7,8,9) et soutiennent la liste "IdéaLyon" sur le . Elles ont reçu le soutien national de José Bové, Olivier Besancenot et Paul Ariès.

Têtes de liste : : Sophie Divry : Soutien à Idéalyon : Gilbert Dumas : Benoît Teste : Florence Lavialle : Nathalie Koller : Hicham Jabar

Union de la gauche Gérard Collomb, maire PS de Lyon et président de la Communauté urbaine de Lyon depuis mars 2001 ainsi que sénateur du Rhône depuis 1999.

Le , Gérard Collomb a présenté officielle ses 9 têtes de liste après un processus de désignation interne sous forme de « primaires » dans chaque section d'arrondissement. Malgré les négociations avec les partenaires de la majorité municipale, et notamment avec les Verts, ces candidatures sont présentées comme définitives par le maire sortantArticle de Métrofrance sur la présentation des têtes de listes socialistes à Lyon. : Nathalie Perrin-Gilbert, 36 ans, maire PS sortante de l'arrondissement depuis 2001. : Nadine Gelas, 61 ans, PS de la Communauté urbaine de Lyon et président de l'Université de la Mode. : Thierry Philip, 58 ans, vice-président PS de la Région Rhône-Alpes. : Dominique Bolliet, 49 ans, maire PS sortant de l'arrondissement depuis 2001, conseiller général du Rhône pour le canton de Lyon-III. : Alexandrine Pesson, 67 ans, maire PS sortante depuis 2001. : Heidi Giovacchini, 40 ans, issue de la société civile. : Jean-Pierre Flaconnèche, 63 ans, maire PS sortant depuis 2001, conseiller général du Rhône pour le canton de Lyon-X.