vignette|droite|La tribune du Zeppelinfeld à Nuremberg, où se tenait le congrès annuel du NSDAP. vignette|Vestiges de la tribune principale du Zeppelinfeld à Nuremberg. vignette|Zeppelinwiese en 1937. vignette|L'architecture militaire du Mur de l'Atlantique, en 1944. vignette|Le . vignette|Salle de sport de l'ancien institut de formation des enseignants de Trèves. vignette|Modèle pour la « transformation de la capitale impériale Berlin en Germania », en 1939. vignette|Théâtre national de Sarrebruck, construit de 1935 à 1938 sous le nom de « Gautheater Saar-Pfalz ». vignette|Bâtiment du parti du Reich à Nuremberg - salle des congrès. vignette|Akademie für Jugendführung à Brunswick. vignette|KdF « Colossus » de Prora. vignette|Olympiastadion Berlin. vignette|Bâtiment administratif de la Reichspostdirektion, Karlsruhe. vignette|Ancienne villa du directeur de l'institut de formation des enseignants de Trèves. vignette|Salle d'or (Goldener Saal) de la Tribune du Zeppelinfeld à Nuremberg. vignette|Maquette du projet de gare de Munich. vignette|La nouvelle chancellerie du Reich d'Albert Speer, construite en 1939.
L’architecture nazie désigne l'architecture officielle allemande sous le régime national-socialiste. Ce concept tente de mettre en valeur un certain nombre de caractéristiques communes dans les commandes architecturales de l'État et du parti national-socialiste entre 1933 et 1945 et dans la réalisation des projets qui ont découlé de ces commandes.
De façon générale, l'architecture revêt une importance particulière pour les dirigeants politiques, en particulier pour les dirigeants des États totalitaires. En effet, ces derniers y voient un moyen d'influencer d'autres aspects de la vie des citoyens de leur État que ceux qu'ils contrôlent déjà par le biais des institutions totalitaires. La plupart de ces régimes politiques, en particulier les nouveaux, souhaitent marquer de leur empreinte tant de façon physique qu'émotionnelle les territoires des États dont ils ont pris le contrôle. Ainsi, à leurs yeux, la construction de bâtiments et de monuments constitue une des façons les plus efficaces d'y parvenir.
Les nationaux-socialistes croient que l'architecture jouerait un rôle majeur dans la création de leur ordre nouveau. Leurs projets visent à des biens culturels et une renaissance spirituelle en Allemagne dans le cadre du Troisième Reich.
L'architecture selon Adolf Hitler vignette|droite|Tour de Flak, à Vienne. Comme pour tous les aspects de la dictature nationale-socialiste, la politique architecturale du régime était déterminée par les choix et préférences personnels d'Adolf Hitler. En effet, ayant souhaité intégrer une école d'architecture avant la Première Guerre mondiale, ce dernier confie à Speer le soin de dessiner les plans des édifices destinés à magnifier le Reich renouvelé de 1933, cet essor architectural public devant se placer dans la filiation de la magnificence de l'architecture publique grecque et romaine. L'idée que Paris était la plus belle ville du monde était partagée par Hitler et il souhaitait la surpasser.
De plus, pour Hitler, la grandeur d'une nation se manifeste aussi par la taille et l'importance des édifices publics, les cathédrales gothiques succédant aux temples et aux édifices publics romains. Ces édifices publics sont ainsi mis en concurrence avec les édifices privés, qui ont colonisé l'espace public, ce qui témoigne, selon Hitler, de la décadence de la civilisation qui les a produits. Cette importance, ce gigantisme, cette mégalomanie traduit, selon l'historien Johann Chapoutot, non seulement la volonté de manifester les aspirations du nazisme à l'hégémonie mondiale, mais aussi la volonté de surpasser les édifices romains, ces derniers représentant, aux yeux de Hitler, l'étalon de la grandeur.
C'est ainsi que l'architecture appelée par Hitler de ses vœux est destinée à magnifier le peuple allemand comme tout organique, à l'image de l'architecture augustéenne, dont il se sent proche.
Sources d'inspiration architecturale d'Adolf Hitler La grande avenue qu'il souhaitait bâtir à Berlin devait rappeler les Champs-Élysées ; cette évocation était confirmée par le fait que Hitler demanda à Albert Speer que l'avenue fût plus large que l'avenue parisienne. De même l'Arc de Triomphe prévu pour Berlin rappelle celui de l'Étoile. Grand admirateur de Paris, il apprécia particulièrement l'Opéra Garnier de Paris qu'il visita en 1940. Hitler qualifiait d'ailleurs Haussmann de plus grand urbaniste de tous les temps et il espérait qu'Albert Speer le dépasserait. Hitler était aussi sensible à l'architecture viennoise. Ainsi, dans sa version définitive, la configuration de la grande avenue ressemble davantage au Ring de Vienne qu'aux Champs-Élysées. Sensible à la puissance architecturale des églises, Hitler trouvait également son inspiration dans des monuments religieux comme Saint Pierre de Rome, tout en les surpassant. Par ailleurs, Albert Speer rapporte qu'Hitler souhaitait que les conceptions du Moyen Âge qui devaient guider la définition des dimensions de la Halle du Peuple ; il proposait à son architecte de reprendre le rapport entre la dimension de la cathédrale d'Ulm et la population de cette ville au Moyen Âge pour déterminer le nombre de personnes que devait accueillir le Grand Dôme. Hitler était plutôt admiratif des œuvres de plusieurs architectes allemands. Il admirait les nombreux théâtres baroques bâtis par Ferdinand Fellner. Il appréciait également les architectes classiques du comme Gottfried Semper, qui construisit l'opéra de Dresde ou Theophil Hansen qui conçut de nombreux bâtiments à Athènes en 1840. Albert Speer affirme dans son ouvrage Au cœur du Troisième Reich que Hitler admirait beaucoup le Palais de justice de Bruxelles de Joseph Poelaert. Albert Speer dut aller à Bruxelles et faire un compte-rendu détaillé à Hitler de sa visite du palais de justice. Le palais de Justice de Bruxelles n'en fut pas moins miné et incendié par les Allemands en 1944. Que ce soit en architecture, en peinture ou en sculpture, Hitler resta toujours attaché au monde de sa jeunesse : le monde de 1880 à 1910 qui marqua son goût artistique, sa pensée politique et ses convictions idéologiques. Adolf Hitler était un admirateur de la Rome impériale même si les tribus germaniques ont été traditionnellement considérées par les Romains comme des ennemis de la Pax Romana. Néanmoins, il considérait les Romains comme l’un des grands empires aryens. Il copia leur architecture en un style bien distinct, empruntant des éléments à l'art déco et au néoclassicisme. Ce style est parfois appelé style « sévère ». Hitler néanmoins pensait que la technique moderne devait être mise en œuvre, par exemple non seulement dans le processus de réalisation d'une gare, mais qu'elle pouvait et devait dicter la forme de celle-ci. Dans la conception architecturale dominant à l'époque nationale-socialiste, le style d'une construction est indissociable de sa fonction. Selon Speer, Adolf Hitler pouvait s'enthousiasmer pour une construction de type moderne en verre et acier, à condition qu'il ne s'agisse pas d'un édifice public. Hitler voulait que se développe sous le national-socialisme une architecture moderne ; le régime devait se doter de ses propres bâtiments ; il trouvait absurde et indigne que les gouvernements républicains s'installent dans d'anciennes résidences princières, royales ou impériales ; ainsi, à Berlin, la présidence de la République avait été installée dans l'ancienne résidence du maréchal de courHitler déclara le 2 août 1938 : ..
Selon Speer, Hitler aurait aimé être architecteHitler affirma à Speer n'être en politique qu'à son corps défendant et dans l'espoir de devenir maître d'ouvrage pour pouvoir réaliser les bâtiments qui lui convenaient à lui. et s'impliquait lui-même dans les projets architecturaux du régime, réalisant de nombreuses esquissesSpeer conserva les 125 esquisses qu'Hitler fit en sa présence, dont un quart concernait la reconstruction de Linz., considérant d'ailleurs certains projets, comme celui de la création d'une colonne du Mouvement à Munich ou de l'Arc de triomphe, comme relevant de son domaine réservé et n'hésitant pas à modifier lui-même les plans des architectesSpeer affirme dans son ouvrage Au cœur du Troisième Reich que les modifications apportées par Hitler au projet de la colonne du Mouvement comme de véritables améliorations apportant au problème des forces statiques s'exerçant dans un socle une solution meilleure que celle proposée par l'architecte.. Speer déclare que les goûts et conceptions personnels d'Adolf Hitler furent contrebalancés par sa propre influence et celle de certains architectes comme Paul Troost dans les toutes premières années du régime et qu'Hitler respectait le travail des architectes à qui il confiait des projets, les laissait libres et ne les forçait pas à adopter ses vues.
Caractéristiques de l'architecture à l'époque nationale-socialiste
Styles prédominants sous le régime national-socialiste Le mouvement national-socialiste ne s’est pas à proprement parler projeté à travers le concept d’un « style architectural national-socialiste ». De nombreux membres du NSDAP avaient des goûts et des vues différentes.
On peut toutefois caractériser l'architecture de l'époque nationale-socialiste par l'existence de deux styles architecturaux : soit une architecture néo-classique, essentiellement dorique ; cette inspiration dorique était déjà présente dans le style prussien de Behrens, Gilly et SchinkelLes colonnes doriques, cannelées ou même lisses, dotées d'une base carrée et de chapiteaux constituaient un élément favori de décoration. ; les projets pour Germania ou ceux pour le Reichsparteitagsgelände de Nuremberg témoignent de ce style ; soit une imitation du Völkisch et du nationalisme romantique dans l'architecture ; les illustrations en sont plus rares, en partie car ce style s'adapte plus facilement aux commandes privées qu'aux commandes publiques ; l'exemple le plus notable de cette deuxième tendance en est le complexe du château de Wewelsburg redessiné d'une manière mythologique comme un lieu de culte pour la SS. Les styles roman et gothique y furent utilisés pour l’esquisse de la tour nord.
Ces deux tendances ont pu entrer en opposition. Ainsi, à la fin des années 1930, les architectes traditionalistes et fervents du régionalisme, qui par exemple prônaient les toits en croupe élevés et étaient très influents des années 1920 et au début des années 1930 ont été marginalisés par une génération d'architectes rationalistes et technocrates : ceci est particulièrement vrai à Berlin où Speer lutta contre les tendances très influentes avant 1933.
Par ailleurs, le régime imposait d'autant moins un style unique que dans la conception architecturale dominant à l'époque nationale-socialiste, le style d'une construction est indissociable de sa fonction.
Non spécificité du style néo-classique Il faut néanmoins remarquer que le recours au style néo-classique au sens large n'était pas caractéristique du national-socialisme : dans l'entre-deux-guerres, il fut utilisé dans de nombreuses démocraties.
Dans la plupart des pays, les façades en pierre, les éléments classiques et la monumentalité semblaient constitutifs de toute architecture d'État.
En particulier, il eut beaucoup de succès aux États-Unis. Dans son livre The Architecture of America publié en 1961 en collaboration avec Bush-Brown, à l'occasion du centenaire de l'Institut Américain d'architecture, John Burchardt affirme qu'il n'y avait à l'époque que « peu de différence entre le goût fasciste, le goût communiste et le goût démocratique », citant le bâtiment de la Réserve fédérale des États-Unis construit par l'architecte Cret en 1937, la rotonde romaine du mémorial Jefferson et la National Gallery conçues par l'architecte Pope respectivement en 1937 et 1939, et en 1939 le bâtiment de la Cour suprême des États-Unis.