Les Pardaillan sont une série de dix romans populaires de Michel Zévaco, parus de 1902 à 1918 sous la forme d'un feuilleton, d'abord dans La Petite République socialiste de Jean Jaurès, puis dans Le Matin, et édités sous forme de livres à partir de 1907.
Cette grande épopée est construite autour des aventures du chevalier de Pardaillan, de la princesse Fausta et de leur fils, dans le royaume de France de 1553, sous le règne d'Henri II, à 1614, au début du règne de Louis XIII, pendant la régence de Marie de Médicis. Elle inclut donc toute la période des guerres de Religion (1562-1598) et du règne d'Henri IV (1589-1610).
La formule Les Pardaillan désigne parfois, de façon plus spécifique, les volumes 1 et 2 de la série, qui en constituent le premier cycle romanesque.
L'œuvre Les histoires de la série sont toujours réparties sur deux volumes. Entre chaque histoire peut s'écouler un certain laps de temps. Seuls les personnages principaux se retrouvent d'une histoire à l'autre.
Inspiration du personnage principal Pour créer le personnage principal, Zévaco s'inspire sans doute de Jules Michelet, relatant l'exécution des compagnons de Henri de Navarre au Louvre : Agrippa d'Aubigné a lui aussi évoqué la présence d'un baron de Pardaillan dans l'entourage d'Henri. En fiction, il a existé, créé en 1863 dans deux romans de cape et d'épée d'Amédée Achard, Les Coups d'épée de M. de La Guerche et Envers et contre tous. C'est un personnage secondaire appelé « Monsieur de Pardaillan ».
Résumé de l'œuvre vignette|gauche|Jean, chevalier de Pardaillan, et son père Honoré. Illustration de Gino Starace pour la couverture des Pardaillan, Paris, Librairie Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire », , .
Le récit est structuré en cinq cycles de deux livres chacun.
Dans le premier cycle, Pardaillan, héros généreux et séduisant, et son père sont opposés à Henri de Montmorency, maréchal de Damville, lequel se déchire de jalousie avec son frère, François de Montmorency, père de la future Loïse de Pardaillan.
Le deuxième cycle voit apparaître la belle et dangereuse princesse Fausta, descendante des Borgia, contre laquelle Pardaillan engage une lutte sans merci qui parcourra tout le cycle, mais également le troisième cycle et (avec une variante, voir ci-après) le cinquième. Personnages principaux de l'œuvre, ils s'aimeront puis se déchireront, influant sur toute l'histoire de l'Europe de cette époque.
Le quatrième cycle voit apparaître Jehan de Pardaillan, fils de Pardaillan et de Fausta, en lutte contre Concini et sa puissance naissante. Fausta n'est pas directement présente.
Elle réapparait dans le cinquième cycle sous le nom de duchesse de Sorientès, ambassadrice extraordinaire du roi d'Espagne. Dans ce cycle, Pardaillan est secondé par son neveu, le vicomte Odet de Valvert. En effet, animé d'un scrupule compréhensible, Pardaillan ne souhaite pas que son fils, bien que présent au début de l'histoire, se range à ses côtés et se dresse contre sa mère, ce qu'il est convaincu que Jehan n'aurait pas manqué de faire.
Le Capitan constitue une suite directe de cette épopée, reprenant plusieurs de ses personnages.
Analyse : Zévaco et l'Histoire Comme chez Dumas,
Les grandes figures de l'époque se transforment en personnages de feuilleton, figures stéréotypées fondées sur les a priori en vigueur à l'époque de l'auteur. Les grands hommes semblent en effet toujours mus par leurs passions et les complots obéissent essentiellement à des haines privées. L’action « historique » du héros se déplace la plupart du temps sur le terrain de l’affrontement privé : contrairement à ce qu'a fait croire l'Histoire, les grands hommes sont tout petits, et c'est dans les coulisses qu'on retrouve ceux qui font et défont les intrigues de cette période. Ici se retrouve le trait caractéristique du roman-feuilleton qui veut que les grands événements n’obéissent qu’aux machinations de quelques-uns, et Fausta s’inscrit dans la tradition des méchants très méchants (les jésuites d’Eugène Sue, Le Mystérieux Docteur Cornélius de Gustave Le Rouge ou Fantômas de Pierre Souvestre et Marcel Allain). Mais si généralement les méchants de l'époque sont pour la plupart contre le pouvoir et la loi, Fausta veut imposer la sienne, et Pardaillan lutte contre elle afin de permettre aux autres de choisir. Dans cette période où le pouvoir change rapidement de mains au gré des évènements, Fausta représente le futur stable et dictatorial, Pardaillan la liberté et le choix, mais aussi une certaine forme de chaos, alors que Zévaco se réclame de l'anarchisme.
rétorque Pardaillan à Saint-Mégrin.
Liste des cycles et des romans de la série vignette|La Fausta. Couverture illustrée par Gino Starace pour l'édition de la Librairie Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire », , . vignette|Fausta vaincue. Couverture illustrée par Gino Starace pour l'édition de la Librairie Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire », , . Les Pardaillan (premier cycle, axé sur les guerres de religion en France et le massacre de la Saint-Barthélemy) Les Pardaillan L'Épopée d'amour La Fausta (deuxième cycle, suite des guerres de religion en France et la lutte de pouvoir entre Henri III et le duc de Guise) La Fausta Fausta vaincue Pardaillan et Fausta (troisième cycle, en Espagne sous Philippe II ) Pardaillan et Fausta Les Amours du Chico Le Fils de Pardaillan (quatrième cycle, retour à Paris sous le règne d'Henri IV et axé sur les complots de Concino Concini) Le Fils de Pardaillan Le Trésor de Fausta La Fin de Pardaillan (cinquième et dernier cycle, régence de Marie de Médicis) La Fin de Pardaillan La Fin de Fausta.
Les personnages Seuls quelques personnages non historiques passent d'un cycle à l'autre ; parmi eux, il y a peu de personnages principaux, hormis Jean de Pardaillan et Fausta.
Personnages principaux Jean, chevalier de Pardaillan, fait par la suite comte de Margency Né en , généreux, fier mais modeste, c'est le meilleur escrimeur de l'œuvre, avec son père, quoique son fils et son neveu font bien plus que de marcher simplement dans ses traces à cet égard. Il protège les faibles, les amoureux et les pauvres contre les forts, les jaloux et les puissants. À partir de sa première aventure, il a décidé de mettre son épée aux services de ceux qui n'en avaient pas, et d'influer sur le cours des évènements afin qu'il arrive le moins de mal possible à ceux qu'il considère sous sa responsabilité. Très intelligent et très fin, il se met sur un pied d'égalité avec les plus puissants personnages de son époque. Complètement désintéressé et chevaleresque, il pardonne à ses ennemis facilement. Mais il aime se moquer d'eux ou blesser leur amour-propre, et s'attire facilement autant les rancunes et les haines tenaces que les dévouements définitifs. Très beau et coureur de jupons au début de sa carrière, aucune femme ne peut apparemment lui résister, et seul l'amour d'une morte lui a ôté l'envie de séduire.
Fausta, princesse Borgia (duchesse de Sorientès dans le cinquième cycle) Également redoutable bretteuse, elle est très intelligente, calculatrice, et puissante. Habile à corrompre les hommes par l'argent ou l'amour, elle a toujours le même but en tête : devenir la souveraine incontestée d'Europe. Sa seule faiblesse est l'amour qu'elle a porté à Pardaillan, qu'elle a reconnu comme son maître. Toujours dotée d'une fortune et d'alliés considérables, elle tente plusieurs fois de tuer Pardaillan, n'abandonnant jamais malgré ses échecs répétés. Parfois presque sadique, elle n'hésite pas à demander au père de condamner sa fille, au frère de tuer le frère. Elle préfère rester dans l'ombre en attendant son heure, et ne paraît jamais au grand jour que lorsqu'elle est sûre de la victoire.
Honoré de Pardaillan, père du chevalier Le père de Jean, co-héros du premier cycle. Il est d'abord un homme de main de Henri de Montmorency. Sur son ordre, il enlève la petite Loïse, fille de Jeanne de Pienne, avec ordre de la tuer s'il en reçoit le signal. Soulagé de ne pas recevoir l'ordre auquel il aurait désobéi, il garde d'abord un moment Loïse puis saisi de pitié devant la douleur de Jeanne la lui rend en prétendant l'avoir arraché à un homme de Henri de Montmorency. Mal à l'aise, il refuse de donner son nom mais quand elle lui demande le nom de celui qui avait enlevé Loïse, il lui donne puis s'enfuit en entendant les malédictions de la jeune mère. Peu après, alors qu'il s'enfuit avec son fils, il la rencontre de nouveau et lui donne le bijou qui était son paiement pour l'enlèvement de Loïse. Vivant sur les routes, il forme son fils au métier des armes, spécialement à la rapière. Il le quitte au début du roman pour repartir seul à l'aventure et retrouve Damville. Après une discussion houleuse, il s'engage dans son complot en demandant comme récompense une bonne position pour son fils. Il retrouve le chevalier de Pardaillan en protégeant Damville et essaie de le convaincre de le rejoindre mais c'est lui qui change de camp. Il joue un moment double jeu avant de finir emprisonné. Il manque de mourir atrocement à cause de Ruggieri, l'astrologue de la reine, prit dans un délire mais parvient à s'évader. Fuyant Paris la nuit du massacre de la Saint-Barthélemy, il est blessé à mort et succombe juste en sortant de la ville après avoir fait jurer au duc de Montmorency que leurs enfants seraient mariés. Plus tard, on apprend qu'un calvaire a été dressé là où son corps repose.
Jehan de Pardaillan, fils du chevalier Le fils de Pardaillan et de Fausta, co-héros du quatrième cycle. Enlevé peu après sa naissance, il a été élevé pour être un truand connu sous le nom de Jehan le brave par un homme voulant se venger de sa mère. Épris de Bertille de Saugis, une fille illégitime de Henri IV, il protège la jeune femme contre ses prétendants qui ne sont autre que le roi lui-même ignorant son lien de parenté et Concino Concini et devra également échapper à ceux qui veulent s'emparer du trésor de Fausta.
Bertille de Saugis, fille naturelle (cachée) d'Henri IV Fille naturelle d'Henri IV, filiation qu'elle est la seule à connaître, elle tombe sous le charme d'un beau truand appelé Jehan le Brave. Concini lui portant également de l'attention, elle est sous la menace constante de tomber entre les mains de Concini ou entre celles de l'épouse de celui-ci Léonora Galigaï. Le roi ayant consenti à leur mariage, elle épouse Jehan et a une fille qui est enlevée.
Odet, vicomte de Valvert, cousin de Jehan de Pardaillan Cousin de Bertille, donc cousin par alliance de Jehan, héros du cinquième cycle au côté de Pardaillan. Il tombe sous le charme d'une jeune vendeuse de fleurs et s'attribue la responsabilité de la protéger. Ayant attiré l'attention de Louis XIII et de Fausta, ambassadrice du roi d'Espagne, il s'engage dans une lutte sans merci contre Concini.
Florence dite Brin de Muguet, fille naturelle de Concini Fille naturelle de Concini et de Marie de Médicis et vouée à la mort dès sa naissance, elle est sauvée par l'homme de main de Concini qui la fait baptiser et la confie à une française qui doit quitter l'Italie. Utilisée pour mendier, elle vit tristement jusqu'au jour où la femme qui l'élève enlève Loïse de Pardaillan dans l'espoir d'en tirer une forte rançon. Refusant que la fillette subisse le même sort qu'elle, Florence la tire des griffes de sa ravisseuse. Elle finit à Paris où elle vend du muguet dans la rue. Ayant attiré l'attention de Odet de Valvert qui lui inspire une certaine méfiance, elle finit par être charmée en se rendant compte que le jeune homme ne veut pas d'elle pour maîtresse mais pour épouse. Elle a le malheur d'avoir retenu l'attention de Concini, ignorant son lien de filiation, et de Fausta.
Henri de Montmorency, maréchal de Damville