upright=1.5|vignette|Localisation des camps d'extermination nazis. vignette|upright|Déportation vers le camp de Treblinka depuis le ghetto de Siedlce, en 1942. thumb|upright=1.3|Photographie aérienne en 1944. vignette|upright|Ancien arrêt de Treblinka, situé à du camp.
Le centre d'extermination de Treblinka est l'un des centres d'extermination nazis de l’Aktion Reinhard, situé à proximité du village du même nom, à au nord-est de Varsovie, non loin de la ville de Malkinia.
Un des symboles de la Shoah à partir de l'occupation allemande, le site de Treblinka voit d'abord en 1941 l'ouverture d'un camp de travail pour les prisonniers polonais ayant porté atteinte aux troupes d'occupation (Treblinka I)Mieczyslaw Chodzko, Évadé de Treblinka, Paris, Éditions Le Manuscrit-FMS, 2010.. Un peu moins d'un an plus tard, le centre d'extermination (Treblinka II) est créé à deux kilomètres du camp I.
Construit sur le modèle des centres de Sobibór et Bełżec, ce centre d'extermination a l'apparence d'une gare de transit où les juifs devaient se présenter à la désinfection avant de repartir pour un hypothétique camp de travail. Cependant, sous la direction du premier commandant, Irmfried Eberl, la capacité des chambres à gaz est rapidement dépassée et la véritable nature du camp devient apparente dès son approche. La réorganisation du camp est confiée à Franz Stangl, ancien commandant de Sobibor, et les déportés, issus pour la plupart du ghetto de Varsovie, sont menés aux chambres à gaz avec une grande brutalité administrée par les SS et leurs auxiliaires, les Trawnikis. Après une révolte des détenus en 1943, suivie de leur évasion, le camp de Treblinka est démantelé sous la direction de Kurt Franz, puis « camouflé » en ferme. Au cours de sa période d'activité, entre , pour la plupart juifs, y ont été exterminés. : ceci fait de Treblinka le plus important centre d'extermination après celui d'Auschwitz.
Centre d'extermination Premiers mois de fonctionnement
Les travaux de construction du camp commencent à la fin du mois de .. Après les camps de Sobibór et Bełżec, il s'agit du troisième centre d'extermination construit dans le cadre de l’Aktion Reinhard..
Le , débute la Grande Action : Les Allemands commencent à déporter les juifs du ghetto de Varsovie.. Ces déportations se produisent à partir de l'Umschlagplatz, place du ghetto située à proximité de la gare de triage de Varsovie, où sont entassées jusqu'à et d'où partent les convois en direction de Treblinka, situé à . Dès le lendemain (), le centre d'extermination entre en activité, alors qu'arrivent les premiers déportés.
Irmfried Eberl, premier commandant du centre, souhaite faire de Treblinka un rival des grands centres déjà en activité. Toutefois, les capacités du centre sont rapidement dépassées par l'ampleur des arrivées de convois de juifs, en provenance de Varsovie et du reste de l'Europe. À la tête d'équipes constituées de supplétifs ukrainiens corrompus, Eberl est rapidement démis de ses fonctions par Odilo Globocnik. Lors de sa première visite, son successeur, Franz Stangl, est étonné par le désordre, la désorganisation et le manque de discipline qui règnent dans le centre .. Christian Wirth séjourne quelques semaines à Treblinka. Dès le , il obtient l'arrêt des convois en provenance de Varsovie, afin de prendre le temps nécessaire à la remise en ordre du centre.. Les nazis font exécuter les juifs qui ont participé à l'enterrement des corps. Ils mettent en place une nouvelle équipe et reprennent les déportations le .
Le , soit après deux mois d'activité, plus de du ghetto ainsi que en provenance d'autres localités du district de Varsovie y ont été assassinés.
Organisation du camp vignette|Maquette du camp. À gauche, les rails d'arrivée des convois et la fausse gare ; au centre, les chambres à gaz ; au premier plan, les fosses où les corps étaient enterrés pendant la première période de fonctionnement du camp, avant que Himmler ne donne l'ordre de les brûler. Le camp a la forme d'un trapèze de .. Il est entouré de barbelés.
Il est divisé en trois parties. La première d'entre elles accueille les logements des gardes et les locaux administratifs United States Holocaust Memorial Museum qui précise : « The authorities at the Treblinka II killing center consisted of a small staff of German SS and police officials (between 25 and 35) and a police auxiliary guard unit of between 90 and 150 men, all of whom were either former Soviet prisoners of war of various nationalities or Ukrainian and Polish civilians selected or recruited for this purpose. ». Cette section est aussi appelée « camp inférieur ». La deuxième partie, au sud et à l'ouest, englobe la gare, les baraquements destinés au déshabillage et à la coupe des cheveuxAbraham Bomba témoigne : « Nous avions des ciseaux, nous saisissions des touffes de cheveux, coupées, on jetait tout par terre juste à côté, et en deux minutes c'était fini, même pas deux minutes car il y avait une file d'attente à côté, on travaillait comme ça, c'était très pénible, très pénible car certains des coiffeurs reconnaissaient leurs proches, épouses, mères, grand-mères et qu'ils ne pouvaient rien dire. Si on avait dit qu'elles allaient être gazées dans les 5 à , c'était la panique générale, et on aurait été tués » sur le site de l'USHMM., où hommes et femmes sont séparés, les hangars de stockage des dépouilles, un chemin de de long sur de large conduisant aux chambres à gaz et appelé « chemin du ciel » (Himmelstrasse) par les nazis, les baraquements pour loger les prisonniers chargés d'assurer le fonctionnement de cette partie ainsi qu'une grande place d'appel. Le troisième et dernier secteur est celui comprenant les chambres à gaz, les fosses communes pour les cadavres et les baraquements où loge le second groupe de prisonniers. Il était aussi appelé « camp supérieur ».. Le périmètre consacré à l'extermination mesure environ par . Il était entouré de barbelés recouverts de branchages.. Les chambres à gaz mesurent environ par 5. Elles sont alimentées par un moteur Diesel qui asphyxie les victimes à l'aide de monoxyde de carbone. Aux alentours de la , dix nouvelles chambres à gaz sont opérationnelles. La capacité des chambres augmente alors de 600 %, ce qui permet aux nazis d'assassiner par heure.
L'entrée principale est située au nord-ouest du camp, près de la voie de chemin de fer. Au début de l'année 1943, une fausse gare y est installée, comportant une billetterie factice, des panneaux indiquant les correspondances et une horloge peinte indiquant toujours la même heure. Non loin de là est construite « l'infirmerie », appelée aussi « Lazarett », où un drapeau de la Croix-Rouge est installé devant la porte d'entrée. En fait, il s'agit du lieu où les prisonniers trop faibles pour marcher jusqu'aux chambres à gaz sont exécutés d'une balle dans la nuque.
Les déportés sont massés dans des convois de , ce qui représente entre . Mais les chambres à gaz n'étant pas assez grandes, les convois sont détachés par rames de pour être acheminés au camp. Les déportés des autres rames attendent alors plusieurs heures, dans les wagons à l'arrêt. Une fois descendus du train, ils sont regroupés sur la place de la gare. Il leur est alors stipulé que les bagages doivent être abandonnés, qu'ils doivent prendre une douche et que leurs vêtements vont être désinfectés avant d'aller dans des camps de travail. Par la suite, les victimes sont entraînées vers une large place du camp. Les hommes y sont séparés des femmes et des enfants. Les hommes doivent se déshabiller dehors, alors que les femmes le font dans un baraquement. Cependant, ils sont tous ensuite poussés dans les chambres à gaz.
Les sont chargés de trier les vêtements et bagages, nettoyer les wagons et détruire les cartes d'identité des victimes. Un total de déportés et temporairement épargnés ont fait fonctionner le camp sous la férule de quelques SS et de gardiens ukrainiens.
Hiver 1943 Contrairement aux camps d'Auschwitz, celui de Treblinka ne dispose pas de fours crématoires. Lorsque la fermeture du camp est envisagée, ordre est donné de faire disparaître les corps se trouvant dans les fosses communes. Déterrés, les restes des victimes ont été brûlés dans de vastes bûchers. Selon l'historien, écrivain et correspondant de guerre Vassili Grossman (2005) cf. )., après une visite d'Heinrich Himmler, il est ordonné de . Le travail commence alors afin d'exhumer des centaines de milliers de cadavres.
Nul n'est censé savoir ce qui se passe dans le camp. À l'origine, certaines déportations se faisant depuis Varsovie dans des trains ordinaires, les nazis faisaient croire qu'il s'agissait d'un transfert vers des terres libres à l'Est. Selon Vassili Grossman (2005) cf. )., l'un des premiers sur les lieux en 1944, . C'est là que commence le creusement de fosses à crémation. Il y en eut trois de construites, chacune pouvait accueillir en une fois à .
Le travail de crémation s'est étalé sur une période de quatre mois, d'avril à ..
Nombre de victimes vignette|Une fosse commune photographiée à Treblinka en 1943. Le nombre de victimes du camp varie selon les sources.
Au premier procès « Treblinka » à Düsseldorf, le tribunal avance le chiffre de , tandis qu'au second procès, celui du commandant de Treblinka, Franz Stangl, il retient .. L'historien Raul Hilberg (pages numérotées de 1595 à 2400). dresse un bilan de . Yitzchak AradLa Déportation. Le système concentrationnaire nazi, sous la direction de François Bédarida et Laurent Gervereau, collection des publications du Musée d'histoire contemporaine - Bibliothèque de documentation internationale contemporaine BDIC, 1995, . estime que ont été exterminées à Treblinka. L'historienne Rachel Auerbach arrive à un nombre de , qui correspond à celui avancé par Samuel Rajzman et par Franciszek Zabecki, contrôleur du trafic ferroviaire de la gare de Treblinka (ville) qui tenu secrètement les comptes des personnes arrivées avec les trains, tous deux témoins survivants du camp. Le dictionnaire de la Shoah propose quant à lui une estimation de au cours des onze mois et demi d'activité de Treblinka. L'Institut "Yad Vashem" avance le nombre de morts (plus une centaine de survivants).. Selon le United States Holocaust Memorial Museum entre et sont à dénombrer à Treblinka USHMM Treblinka : Chronologie.
La plupart des victimes sont des juifs polonais issus de Varsovie ou d'autres ghettos polonais. Durant l'été 1942, , principalement du ghetto de Varsovie, sont assassinés. Plus de du district de Radom, du district de Lublin et du district de Bialystok y ont été exterminés dans les mois qui suivirent. Des milliers de Juifs en provenance d'autres pays y ont également été exterminés : de Slovaquie, venant du camp de concentration de Theresienstadt (Tchèques, Allemands, Autrichiens), de Grèce, de Macédoine du Nord ainsi que plus de ..
Insurrection et conséquences vignette|Photographie clandestine de l'incendie provoqué par l'insurrection du .
En 1943, un groupe de détenus, pressentant la liquidation du camp, synonyme de l'exécution de tous les prisonniers, décide d'organiser une insurrection. Ces résistants sont dirigés par des Juifs de différentes nationalités, comme le Polonais Marcel Galewski ou le Tchèque Zelo Bloch. Cette révolte éclate le . Des déportés parviennent à s'emparer d'armes et participent également à l'insurrection. Cette dernière est comparable à celle qui s'est produite à Sobibor en .
Sur le millier de prisonniers qui se trouvent dans le camp, une centaine s'évadent mais, un an plus tard, il ne reste de ces évadés qu'une cinquantaine de survivants. Les autres ont été tués le jour de la révolte, livrés par des Polonais ou repris et exécutés dans les mois qui ont suivi par les unités spéciales de l'armée allemande.