d'Ibérie, aussi nommé Christian Settipani parle de ce roi sous le nom d'. D'après lui, il aurait régné vers le milieu du . (en géorgien : ; mort en 186/189), est le dix-huitième souverain du royaume d'Ibérie, régnant d'après les sources de 182/185 à 186/189. Roi dont les origines sont discutées, il doit durant son règne affronter les envahisseurs alains tout en s'alignant sur la Parthie, abandonnant ainsi la politique pro-romaine de ses prédécesseurs. Ce changement de politique cause son renversement par les forces réactionnaires et pro-romaines d'Ibérie après quatre années de règne. est le dernier roi d'Ibérie de la dynastie artaxiade.
Biographie Origines et avènement La version de Léonti Mroveli sur les origines d' est la plus communément admise par la communauté historiographique. D'après cet évêque du , le futur roi est le fils de , qui régnait sur le royaume d'Ibérie depuis 135 Simon Kaoukhtchichvili, Critiques des chroniques géorgiennes, . Plusieurs kartvelologues, tels que Cyrille Toumanoff Cyrille Toumanoff, Chronology of the Early Kings of Iberia, 1969, et Marie-Félicité BrossetMarie-Félicité Brosset, Histoire de la Géorgie depuis l'Antiquité jusqu'au , 1849, , suivent cette théorie, mais d'autres ne s'accordent guère avec celle-ci. Ainsi, Guiorgui Melikichvili mentionne un roi (dont le nom est inconnu Stephen H. Rapp, Studies in medieval Georgian Historiography: Early Texts and Eurasian Contexts, 2003, ) entre et , qui pourrait être le père de ce dernier Guiorgui Melikichvili, Sur l'histoire de l'antique Géorgie, 1959, . De plus, la stèle funéraire découverte dans les années 1940 Bruce M. Metzger, « A Greek and Aramaic Inscription Discovered at Armazi in Georgia », in Journal of Near Eastern Studies, aux environs de Mtskheta, le bilinge d'Armaz ( Giorgi Leon Kavtaradze, - The Georgian Chronicles and the Raison d'Être of the Iberian Kingdom, Tbilissi), énonce : Je suis Serapita, fils de Zevakh le jeune, pitiakhch du roi Pharasman, et épouse du victorieux Iodmanagan, vainqueur de maintes conquêtes, “Maître de la cour” de Khseparnoug, le grand roi des Ibères et fils d'Agrippa, maître de la cour du roi Pharasman [...]
thumb|Ruines du palais royal d'Armaz Nodar Assatiani identifie ce Pharasman au roi Nodar Assatiani et Otar Djanelidze, History of Georgia, Tbilissi, 2009, (). Mais ses successeurs, d'après le bilingue, ne seraient pas les mêmes que ceux cités par Mroveli : Khseparnoug ou Xēpharnugos (peut-être identifiable à selon Stephen H. Rapp Stephen H. Rapp, , ) est l'équivalent du Rhadamiste des Chroniques géorgiennes et Iodmanagan serait Seul Nodar Assatiani considère Iodmanagan comme un roi d'Ibérie. Les autres spécialistes identifient en ce personnage du bilingue d'Armaz un simple « Maître de cour ». Le texte original de la stèle est difficilement compréhensible, notamment en raison des langues originales (l'araméen et le grec ancien) dont les textes diffèrent légèrement., le fils et successeur de Rhadamiste.
Cyrille Toumanoff identifie Amazap comme un descendant, par son père , d'une longue lignée de rois appartenant à une branche de la dynastie artaxiade d'ArménieD'après la théorie de Cyrille Toumanoff, descendait du roi (nommé Archac par les Chroniques géorgiennes). Celui-ci aurait été le fils du roi d'Arménie .. De son côté, Mroveli, suivi par Brosset, le considère comme arsacide et descendant des anciens grand-rois de ParthieContrairement à Toumanoff, Mroveli affirme que le roi Archac (l' de Toumanoff) était le fils d'un grand-roi parthe de la dynastie des Arsacides.. Enfin, la stèle d'Armaz donne pour père à Iodmanagan un certain Publius Agrippa, qui pourrait être, d'après son nom, un Romain ou plus vraisemblablement un Ibère romanisé.
La date même de l'avènement d' au trône d'Ibérie est sujette à question. L'ancienne tradition de Marie-Félicité Brosset, reprise par Guiorgui Melikichvili, donne l'an 182. Toumanoff avance cette date de trois ans (185 Cyrille Toumanoff, , ), tandis que William E. D. Allen mentionne l'année 164 William E.D. Allen, A History of the Georgian People, Routledge & Kegan Paul Ltd., Londres, 1932, , mais les trois s'accordent sur le fait qu'il a succédé à son père, .
Guerre contre les Alains Peu après le début de son règne, les Alains (nommés Ossètes par la Chronique) s'emparent de la région de DvaletiLa Dvaleti correspond au sud du district d'Alaguirski, dans la république russe d'Ossétie-du-Nord-Alanie. Cette région, peuplée de Dvals et de Khevs (tribus issues du mélange entre les Ossètes et les Géorgiens), fut détachée de la Géorgie et incorporée à la Russie en 1931., avant de franchir les montagnes du Grand Caucase pour s'établir dans la vallée du Liakhvi. n'apprend la présence des Nord-Caucasiens dans son royaume que tardivement et profite du court arrêt des Alains dans la vallée pour réunir une armée. Toutefois, seuls ses gouverneurs de Kakhétie, du Khounan et de SamchvildeCe sont les trois eristavis de Géorgie orientale. acceptent de confier leurs troupes au spaspet (gouverneur militaire du Karthli). Les Ossètes reprennent leur chemin vers Mtskheta, la capitale de l'Ibérie, après une semaine de repos, et rencontrent les forces armées ibères, composées de et , à Sapourtzle, dans le Moukhran. Amazap va combattre au milieu de ses troupes avec un courage rapporté par Léonti Mroveli : Cependant, les combats de braves ayant commencé, Amazasp, l'arc à la main, se mit à décocher des flèches, avec une ardeur égale à la force de son bras. Il dirigeait ses coups à une distance prodigieuse, au milieu des Osses, l'éloignement empêchant de penser ni de voir qu'il eut un arc. Nulle armure, si forte qu'elle fût, ne résistait à ses flèches.
La bataille de Sapourtzle se solde par une victoire des Ibères et d'importantes pertes alanes (dont « quinze géants », tués par Amazap en personne). Le roi et ses troupes retournent alors à Mtskheta où, durant la nuit, ils reçoivent des renforts venant de ses eristavi. Plus tard (le jour suivant d'après Mroveli), les Géorgiens et les Ossètes s'affrontent une nouvelle fois dans un combat non loin de la capitale, durant lequel le général ossète Khouankhoua est tué par le roi dans un combat singulierMarie-Félicité Brosset, , .
Le lendemain, grâce à de nouveaux renforts de cavalerie, parvient à vaincre définitivement l'armée des Alains en tuant leur roi. Les envahisseurs se réfugient au-delà du Grand Caucase mais Amazap les poursuit pendant un an avant de les vaincre et d'annexer l'Alanie.
Renversement
À la suite de ces victoires, devient odieux et se comporte en tyran, en faisant tuer plusieurs nobles hostiles à son pouvoir. Brisant l'alliance que ses prédécesseurs avaient conclue avec l'Arménie et l'Empire romainUne telle alliance avait été négociée entre le roi et l'empereur Antonin le Pieux., il se tourne vers la Parthie, ce qui fâche la haute noblesse du pays. Ainsi, les eristavis (gouverneurs) des provinces occidentales de l'Ibérie (les deux gouverneurs de Colchide et ceux d'Odzrkhe, de Klardjeti et de Tsounda) se révoltent contre leur roi et s'allient à Ce roi d'Arménie pose un problème par rapport au récit de Léonti Mroveli. En effet, ce dernier prétend que l'Arménie et la Parthie étaient en conflit dans les années 180. Toutefois, Cyrille Toumanoff émet l'hypothèse que était en fait le fils du grand-roi et le futur ., à l'Empire romainLa Chronique parle d'auxiliaires grecs qui auraient aidé les Arméniens dans leur invasion de l'Ibérie. Il serait plus logique de considérer ces auxiliaires « grecs » comme des soldats romains. et aux Alains désireux de vengeance.
Une importante invasion de l'Ibérie se déroule alors. D'un côté, les troupes arméniennes, renforcées par des auxiliaires romains, interviennent par le sud. Au nord, les Alains s'unissent avec les Mingréliens et se mettent en route vers Mtskheta à partir de TavcveriMarie-Félicité Brosset, , . Amazap fait appel au grand-roi des ParthesLes Parthes sont anachroniquement nommés Perses par Léonti Mroveli. qui lui envoie des troupes en renfort. Les Arméniens, les Alains-Mingréliens et les Géorgiens révoltés se rencontrent dans la vallée du Pinezaouri, à Goutis-Khevi. y rencontre ces troupes et une bataille est engagée. La tradition dit que le roi d'Ibérie combat alors avec beaucoup de courage mais son armée est finalement vaincue et est tuéStephen H. Rapp, , .
Marie-Félicité Brosset place cet évènement en 186. Cyrille Toumanoff, quant à lui, cite l'année 189 pour le renversement d' et William E. D. Allen parle de la fin de son règne en 182. Après cette défaite, la dynastie des Artaxiades d'Ibérie est déposée et le roi d'Arménie place, « à la demande des nobles ibères », son propre fils (qui était aussi le fils de la sœur du défunt roi d'Ibérie), Rev, sur le trône.
Famille Léonti Mroveli n'accorde pas à d'Ibérie de descendance. Toutefois, Cyrille Toumanoff et plus récemment, le généalogiste Christian Settipani ont émis l'hypothèse que le roi était l'ancêtre réel ou supposé de son homonyme . Ce dernier est, vers 265, un prétendant au trône face à , et un vassal de . Il est inclus dans la liste des rois vassaux en tant que « créature de Shapur », dans la grande inscription de Naqsh-e Rostam.
De plus, une découverte épigraphique datant du évoque une certaine reine Drakontis, fille du roi Vologaises d'Arménie, qui aurait épousé le roi d'Ibérie AmazasposD.Braund (2002) cité par ..
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie Marie-Félicité Brosset, Histoire de la Géorgie depuis l’Antiquité jusqu’au , , 75-77. . Robert W. Thomson, Rewriting Caucasian History: The Medieval Armenian Adaptation of the Georgian Chronicles: The Original Georgian Texts and the Armenian Adaptation, Oxford University Press, 1996 . Cyrille Toumanoff Chronology of the early Kings of Iberia Traditio, (1969), 1-33
Articles connexes Royaume d'Ibérie Artaxiades (Ibérie)
Catégorie:Artaxiade ibère Catégorie:Roi d'Ibérie du IIe siècle Catégorie:Date de naissance non renseignée (IIe siècle) Catégorie:Date de décès non renseignée (IIe siècle)