vignette|redresse=0.8|Marquage routier au bois de la Cambre, en Belgique.
Un marquage routier désigne indifféremment une des techniques pour réaliser sur chaussées les marques nécessaires à l’information des usagers de la route ou un signal au sol dont la géométrie, la définition et l’usage en déterminent la lisibilité par l’usager de la route. Il a pour objet de transmettre des informations officielles dans le but de guider l’usager, d'ordonner les espaces de déplacement, de donner les règles de circulation, d'indiquer la présence de dangers, de participer à l’information et de concrétiser le stationnement.
Cet article traite exclusivement des produits et techniques de marquage. Les signaux représentés par ces marquages, tels qu'ils sont définis dans les conventions internationales et les différentes réglementations des pays, sont présentés dans l'article consacré à la signalisation routière horizontale. Cinq familles de produits de marquages routiers peuvent être différenciées : les peintures, les enduits à chaud, les enduits à froid, les marquages routiers préformés et les produits en relief. Chacun a des caractéristiques spécifiques et des usages qui lui sont propres.
Historiquement la première bande de peinture routière est apparue en 1917 aux États-Unis, dans le Michigan, suivie en 1918 par des réalisations au Royaume-Uni. Les premiers brevets pour les époxydes commerciaux sont délivrés en 1945 à Louisville, dans le Kentucky. Peu de temps après sont inventées des bandes de marquage préformées à usage intensif et, à la fin des années 1950, les thermoplastiques commencent à être utilisés sur les routes américaines. Dans les années 1960 sont inventées des solutions d'enduits à frois (cold plastic) avec des premiers essais en Allemagne. Leurs performances sont ensuite améliorées. Les années 1990 sont marquées par une plus grande prise en compte de l'environnement dans les produits et leur mise en oeuvre et l'apparition de LED. Des systèmes de marquage dynamiques « intelligents » apparaissent dans les années 2000, puis de nombreuses recherches sont faites dans une meilleure détection des marquage par les véhicules autonomes.
Plusieurs critères de performance caractérisent chaque type de produit : la visibilité de jour (Qd), la visibilité de nuit par temps sec (RL), par temps de pluie (RR) ou par temps humide (RW), l’anti-glissement (SRT) et la durabilité. Les produits doivent être certifiés par des laboratoires agréés à la suite d'essais spécifiques et les marques réalisées sur les routes peuvent faire l'objet de contrôles in situ à l'aide d'appareils de mesure dédiés.
La mise en oeuvre de ces marquages est faite à l'aide de matériels spécifiques dépendant de la nature des travaux réalisés : routes, autoroutes, aéroports, grands linéaires, petits linéaires, marquages urbains ou travaux spéciaux. Elle peut ainsi être faite à l'aide de machines poussées, de machines autoportées, de camions applicateurs, de machines spéciale sou simplment manuellement.
L'ensemble des signaux et marques routières constituent la signalisation routière horizontale, qui doit être appliquée dans le respect du cadre réglementaire et juridique de chaque pays. Chaque propriétaire d’une infrastructure routière, ou la personne morale désignée à cet effet, est chargé de décider quelle politique d’entretien ou quelle politique d’installation neuve il entend mettre en œuvre sur son propre réseau. A ce titre, il peut engager sa responsabilité dans la réalisation et l'entretien des équipements et notamment des marques routières et peut être pousuivi sur la plan administratif soit pour faute présumée du gestionnaire soit pour défaut d'entretien normal. vignette|Marquage routier à Guernesey. Histoire L'histoire du marquage routier est celle d'une adaptation constante aux matériaux de la chaussée et à l'explosion du trafic automobile. Si la peinture est la pionnière, les enduits sont nés du besoin de durabilité face à l'usure mécanique des pneus. Marquages précurseurs Une méthode archaique de marquage routier a été découverte dans la Rome antique. Il semble que les civilisations européennes anciennes utilisaient des briques blanches pour marquer l'axe de leurs rues. Le développement de la construction routière, ainsi que l'augmentation du nombre de véhicules motorisés, ont imposé la nécessité d'utiliser de nouvelles formes de signalisation horizontale, ..
L'une des premières utilisations connues des marquages routiers sur le continent américain remonte à l'ancien Mexique, sur une route près de Mexico, vers 1600 après J.-C. La ligne médiane était destinée à séparer les voies de circulation opposées et était réalisée à l'aide de pierres de couleur plus claire dans le revêtement. À une époque plus moderne, d'autres marquages routiers ont pu être utilisés dans des cas isolés à la fin du XIXe siècle sur des ponts.
Premiers marquages modernes (fin XIXe - 1920) Le marquage routier moderne s’est fortement développé avec la généralisation de l’automobile et la nécessité de guidage et de sécurité (bandes, axes, zébras, symboles). Mais avant qu'une homogénéisation puisse être établie au niveau international et transposé dans les différents pays, différentes expérimentations ont été réalisés. L'idée d'éviter les collisions frontales par un marquage central serait due à un universitaire américain en 1883.
Première ligne axiale peinte (États-Unis, 1911)
Au début du , des marquages routiers peints sont apparus dans différentes villes à différentes époques et il n'y a pas de consensus sur l'endroit où les premiers marquages sur la chaussée sont apparus aux États-Unis. Une publication indique que les premières lignes peintes étaient des lignes d'arrêt peintes sur les routes de Portsmouth, en Virginie, en 1907. La ville de New York semble avoir aussi été la première à utiliser des marquages pour les passages piétons en 1911. Des lignes similaires ont été utilisées à Providence, dans le Rhode Island, et à Minneapolis, dans le Minnesota, respectivement en 1913 et 1914.
Il n'est pas possible de déterminer où le premier marquage longitudinal a été utilisé pour la première fois aux États-Unis. Une publication indique qu'en 1911, le premier marquage de voie a été réalisé juste à l'entrée d'un parc à Cincinnati, où la chaussée la plus fréquentée était étroite et où de nombreuses collisions s'étaient produites. Cependant, il semble que le comté de Wayne, dans le Michigan (région de Detroit), ait été l'une des premières régions à utiliser largement les lignes médianes. Le Michigan Department of Transportation (MDOT) revendique ainsi comme « première » (au moins à l’échelle nationale, et souvent reprise comme « première moderne ») la ligne médiane peinte en 1911 par la Wayne County Road Commission sur River Road près de Trenton (Michigan). L’initiative est attribuée à Edward N. Hines, responsable d’un club cycliste, qui en aurait eu l’idée après avoir vu une traînée blanche laissée par une citerne de lait sur la chaussée. La première route nationale des États-Unis à avoir une ligne médiane fut la route reliant Marquette à Negaunee (aujourd'hui US-41/M 28) en 1917. C'est d'ailleurs cette année 1917 qui est retenue comme référence de première route peinte aux États-Unis et dans le monde dans un article de 1999 analysant l'évolution des différents produits de mrquages routiers, ..
En 1921, des peintures noires sont utilisées pour séparer les voies de circulation sur un tronçon d'un pâté de maisons au milieu de l'avenue University à Madison, dans le Wisconsin. Cependant, ces peintures noires ont une durée de vie courte et sont remplacées par des lignes blanches dès 1924.
Premières lignes blanches en Europe (Royaume-Uni, 1918) Au Royaume-Uni, un document officiel du Department for Transport (DfT) explique qu’après 1918 les lignes blanches commencent à apparaître sur les routes britanniques, que l’usage se diffuse dans les années 1920, et qu’en 1926 une circulaire du Ministry of Transport fixe des principes généraux, .
Ce n'est qu'après 1918 que les lignes blanches ont commencé à apparaître au Royaume-Uni, et leur utilisation s'est rapidement répandue au cours des années 1920. En 1926, la première circulaire du ministère des Transports sur le sujet a établi les principes généraux d'utilisation des lignes blanches. Dans les années 1930, les lignes blanches étaient utilisées comme lignes d'arrêt aux intersections contrôlées par la police ou par des feux de signalisation. Les plots réfléchissants (souvent appelés « yeux de chat ») ont été utilisés pour la première fois en 1934. En 1944, les lignes blanches étaient également utilisées pour indiquer les voies de circulation et délimiter la chaussée principale aux entrées des routes secondaires et des aires de stationnement, en conjonction avec les panneaux « Halte ». En 1959, une réglementation est entrée en vigueur pour contrôler les dépassements à l'aide de doubles lignes blanches.
Premiers clous (France, 1925)
La fixation sur la chaussée de dispositifs mécaniques permettant de délimiter ou d'informer de la présence d'un obstacle apparaît en France en 1925, avec l'apparition des premiers clous à Paris pour délimiter les passages piétons. Il s'agit d'éléments métalliques circulaires en acier de 10 à 15 centimètres de diamètre., inventés par François Forissier, des Établissements Paulet, au Chambon-Feugerolles (Loire)... Cette mesure prise à Paris se généralise progressivement à la province. Par exemple, dans les archives de L'Ouest-Éclair, la première mention d’un passage clouté dans l'ouest de la France date du , à Caen.. À Paris, les passages cloutés passent de 78 en 1928 à en 1932..
Premiers tests de peinture (États-Unis, 1926) En 1926, H. S. Mattimore, travaillant au département des autoroutes de l'État de Pennsylvanie, à Harrisburg, suggère la nécessité de faire des tests en laboratoire sur les peintures routières pour choisir les produits les plus adaptés aux conditions de leur utilisation. Il préconise de tester les indicateurs suivants : la consistance (c'est-à-dire absence de tendance à s'agglutiner lorsque la peinture est appliquée par des moyens mécaniques), le rendement (vitesse d'étalement du produit), le pouvoir couvrant (opacité), le temps de séchage, la résistance à la lumière, la visibilité (de jour et de nuit) et la durabilité (résistance aux intempéries et à l'abrasion, des tests de vieillissement accéléré ayant déjà été abordés dans les Actes de l'ASTM en 1922 et 1924..
Premières machines de marquage (1930) Premiers enduits (1940-1950) Enduit à chaud (années 1940)
Mécanisation (années 1950) Modernisation (1960s-1980s) : rétroréflexion et durabilité Enduit à froid (années 1960) Ère contemporaine (1990s-aujourd’hui) : intelligence et résilience
Marquages à froid haute performance (résines méthacrylate/PMMA)
Traçage robotisé/GPS et matériaux éco-responsables
LED et systèmes intelligents
Produits de marquage Classification Les produits de marquage peuvent être classés selon différents critères : par nature chimique (acrylique, alkyde, colophane, résine de pétrole …) ; par le mode de formation du film (polymérisation, séchage physique, coalescence …) ; par le mode d’application (pneumatique, airless, extrudé …) ; par les performances (anti-glissance, rétro-réflexion, durabilité, visibilité, chromaticité) ; par segment de marché (travaux neufs, maintenance, embellissement, urbain, autoroutier …).
En synthèse, les produits utilisés pour le marquage peuvent être classés en cinq grandes familles : les peintures, les enduits à chaud, les enduits à froid, les marquages routiers préformés et les produits en relief.
Constituants d’un produit de marquage Les marquages routiers sont composés de pigments, d'agents de dilution, de produits chimiques spéciaux et d'un milieu de dispersion.
Pigment