La , également connue sous le nom Sega Game 1000, est une console de jeux vidéo de troisième génération conçue et commercialisée par le constructeur japonais Sega Enterprises, Ltd. La console marque l'entrée de Sega dans le jeu vidéo à domicile et constitue une base pour la plus fructueuse . Dévoilée en 1983, la SG-1000 sort le même jour que la Famicom de Nintendo au Japon. Elle est mise sur le marché sous plusieurs formes, comprenant l'ordinateur SC-3000 et la version redessinée SG-1000 lancée en 1984.
Développée en réponse à un ralentissement du marché des salles d'arcade en 1982, la SG-1000 est créée sur les conseils de Hayao Nakayama, président de Sega of Japan. En compétition directe avec la Famicom, la SG-1000, pourtant plus faible technologiquement, réalise une première année d'exploitation meilleure que prévu, en raison des problèmes techniques que rencontre la console de Nintendo. Peu de temps après sa sortie, Sega est vendu à et il s'ensuit le lancement du modèle SG-1000 .
En octobre 1985, Sega sort la Mark , dont les caractéristiques techniques rivalisent désormais avec la Famicom, même si elle est rétrocompatible avec les autres jeux édités sur les deux précédentes versions de la console. Celle-ci laisse place à la dès l'année suivante en raison de sa sortie aux États-Unis.
Malgré des débuts prometteurs, la SG-1000 connait une performance commerciale décevante au Japon puisque seuls deux millions d'exemplaires sont vendus, le marché étant dominé par la Famicom, et fragmenté par la présence de nombreuses consoles. Si les observateurs jugent qu'elle n'a pas fondamentalement marqué l'histoire de l'industrie vidéoludique, la SG-1000 contribue à forger une communauté de passionnés autour d'elle et de Sega.
Historique SG-1000 : la première console de salon de Sega vignette|gauche|La SG-1000 et son joystick SJ-200.|alt=Photo d'une console blanche, rouge et bleu, à laquelle est branché un joystick gris. Au début des années 1980, , une filiale de , est l'un des cinq plus grands fabricants de jeux d'arcade en activité aux États-Unis, les revenus de l'entreprise s’élèvent à de dollars à cette époque.. Un ralentissement de l'arcade à partir de 1982 mais aussi, le décès de son dirigeant Charles Bluhdorn affaiblit sérieusement la société, et conduit Gulf+Western à vendre sa structure nord-américaine de fabrication d'arcades et les droits des licences pour ses jeux d'arcade à ... La compagnie conserve la gestion du département nord-américain de recherche et développement de Sega, ainsi que sa filiale japonaise, . Avec son activité d'arcade en déclin, les dirigeants de se tournent vers le président de , Hayao Nakayama, pour obtenir des conseils sur la façon de procéder.. Nakayama préconise que la société tire profit de son expérience matérielle acquise grâce des années de travail dans l'industrie de l'arcade, afin d'entrer dans le marché des consoles de salon au Japon, un secteur qui en est alors à ses balbutiements.. Nakayama reçoit l'autorisation d’œuvrer à ce projet, conduisant à la sortie, en , de la première console de jeux vidéo de Sega, la SG-1000..
Elle sort le au Japon, où elle est vendue à yens, soit moitié moins cher que l'ordinateur SC-3000.. Le lancement se déroule le même mois que la sortie de la Famicom de Nintendo au Japon. Les premiers jeux publiés sont , et , des adaptations issues des jeux fonctionnant sur les bornes d'arcade , qui disposent du même processeur que la SG-1000 : ces jeux sont alors vieux de trois ans. La SG-1000 est lancée plus tard en Australie par , ainsi qu'en Italie, en Espagne, en Afrique du Sud et dans d'autres pays, moyennant des prix d'importation très élevés..
Si la SG-1000 est dans l'ensemble considérée comme un échec commercial, ses débuts sont un succès. En effet, malgré une Famicom technologiquement plus avancée et des jeux de qualité, comme , et Popeye, la console de Nintendo souffre d'un circuit imprimé défectueux, contraignant la firme japonaise à rappeler les consoles vendues et à interrompre la production. Ambitionnant d'écouler de sa SG-1000 pour sa première année d'exploitation, Sega en vend finalement , grâce aux déboires de son rival.
Peu après le lancement de la SG-1000, commence à céder ses activités non stratégiques à la suite de la mort de son fondateur Charles Bluhdorn.. Ainsi, Nakayama et l'ancien PDG de Sega David Rosen organisent un rachat de la direction de la filiale japonaise en pour de dollars avec le soutien financier de CSK Corporation, une société japonaise de logiciels de premier plan. Nakayama s’installe ensuite comme chef de la direction de Sega Enterprises, Ltd.
SC-3000
vignette|La SC-3000.|alt=Photographie d'un clavier noir. Initialement, Sega prévoit de sortir d'abord le SC-3000, un ordinateur destiné aux débutants, mais l'entreprise japonaise prend connaissance des ambitions de Nintendo de développer une console dédiée exclusivement aux jeux vidéo. Reportant ce premier projet, Sega adapte sa SC-3000 en remplaçant le clavier par un , le clavier devenant un simple périphérique (appelé SK-1100).
Le SC-3000, un ordinateur doté d'un clavier intégré comprenant la SG-1000, est mis sur le marché par Sega. Il est également connu sous le nom Sega Computer 3000., et connait une version améliorée dénommée SC-3000H.
SG-1000 gauche|vignette|La SG-1000 .|alt=Photographie d'une console rectangulaire blanche, avec une partie noire sur le côté supérieur droit, et où est inscrit Sega en bleu à gauche. Après le rachat en , Sega sort en juillet de la même année une autre console, la SG-1000 (ou Mark ), vendue yens.. Elle présente quelques modifications matérielles du modèle d'origine, et propose notamment des manettes de jeu et un clavier SK-1000 détachables, ainsi que la possibilité de lire des jeux sur . Le port de branchement du clavier est déplacé à l'avant de la console et les ports pour les manettes, à l'origine placés sur le côté, sont désormais à l'arrière. Plusieurs composants, dont le processeur vidéo, sont remplacés par une puce tout-en-un. La rivalité avec la Famicom n'est alors pas favorable à la SG-1000 : celle-ci affiche des monochromatiques, alors que la Famicom affiche des plus colorés et des graphismes plus lisses. Un point de comparaison peut être trouvé avec le portage de Congo Bongo : la version pour la console de Sega abandonne notamment la vue isométrique très répandue dans les jeux d'arcade de l'époque, donnant alors un avantage à . De plus, Nintendo n'hésite pas à collaborer avec des développeurs tiers comme Namco et à obtenir des licences, comme , et Xevious, quand Sega préfère reprogrammer elle-même les jeux issus de licences.
En 1985, Hideki Sato, souhaitant remplacer les cartouches qui lui font penser à des pierres tombales, développe la Sega Card, moins chère à produire et qui stocke les jeux sur des mini-puces de deux millimètres d'épaisseur. Les jeux sont alors lisibles par l'intermédiaire d'un nouveau périphérique, le . L'utilisation de cette technologie entraîne le report de la plupart des jeux prévus pour cette année, mais Sega décide de reprendre les cartouches pour ses prochaines consoles.
Mark vignette|La Sega Mark et sa manette.|alt=Photo d'une console blanche rectangulaire. Une manette, constituée d'un gros bouton à gauche et de deux petits à droite, y est branchée. Même si la SG-1000 ne se vend pas bien, Sega continue à travailler sur le matériel de jeu utilisé pour ce système. Cela aboutit à la sortie de la Sega Mark (SG-1000 ) au Japon en octobre 1985, qui devient plus tard la à travers le monde. La Mark dispose du même processeur que les bornes d'arcade de Sega, lui permettant de rivaliser avec la Famicom. La console est rétrocompatible avec les jeux édités sur les anciennes versions de la SG-1000 : ceux-ci sont publiés dans des boîtes bleus, quand les jeux spécifiques à la Mark sont publiés dans des boîtes rouges.
La dernière cartouche publiée pour le système est , sortie le . Finalement, la Mark permet à Sega de prendre la deuxième place du secteur vidéoludique, avec 10 % de parts de marché, loin derrière Nintendo. La SG-1000 s'est écoulée à deux millions d'exemplaires à travers le monde.
Spécifications techniques vignette|gauche|Processeur vidéo TMS9928A utilisé dans la SG-1000.|alt=Photographie d'un processeur noir sur un circuit imprimé. Hideki Sato, le concepteur en chef de la SG-1000, est chargé de réfléchir sur les composants à utiliser pour la construction de la console. Celle-ci, destinée à être vendue à plusieurs dizaines voire centaines de milliers d'exemplaires, doit être équipée de composants peu coûteux et fiables, puisqu'elle doit pouvoir être utilisée au moins 500 heures par an. Ainsi, les composants utilisés sont des pièces déjà éprouvées et populaires sur le marché..
Le processeur central de la console est un Zilog Z80 8 bits cadencé à pour les modèles SG-1000 et SG-1000 , dotée d'une mémoire vive de 8 kbit... Le SC-3000 est doté d'un processeur cadencé à et d'une mémoire vive de .. Son processeur vidéo est un Texas Instruments TMS9928A, capable d'afficher jusqu'à 15 couleurs, et son générateur de son est un Texas Instruments SN76489. Ces trois puces sont également utilisées par la ColecoVision, qui comprend de mémoire vive et de mémoire vidéo. Le contrôleur de jeu de la console est solidaire du système dans le modèle d'origine, il est détachable pour la version SG-1000 . Les sorties vidéo et audio sont fournies par un commutateur RF. L'alimentation provient d'un connecteur à relié à un adaptateur secteur.
La série de consoles SG-1000 dispose de toute une panoplie de périphériques. Disponible au prix de lors de sa sortie, le clavier SK-1100 se connecte via le slot d'extension de la console et est compatible avec tous les modèles de la console.. Plusieurs contrôleurs sont également créés pour la console, notamment le SJ-200 relié à la SG-1000, ainsi que la manette SJ-150, conçue pour être utilisée avec le SG-1000 . Un volant de course connu sous le nom SH-400 est conçu pour des jeux tels que Monaco GP.. Le , un lecteur de carte mémoire permettant de jouer à des titres sur en le connectant à la console, est également disponible et vendu au prix de .. Des accessoires supplémentaires spécifiques au SC-3000 existent, en particulier le magnétocassette SR-1000., l'imprimante couleur traceur SP-400 4., ou encore le dispositif d'extension SF-7000, qui ajoute un lecteur de disquette et de la mémoire supplémentaire.. Cette dernière extension, la plus coûteuse de cette console (), est très peu vendue.
Ludothèque vignette|Cartouche de jeu SG-1000 de Monaco GP.|alt=Photographie d'une cartouche de jeu vidéo noire où est inscrit en haut Monaco GP.
La ludothèque de la SG-1000 comprend 68 jeux sur cartouche standard et 29 jeux sur , une partie d'entre eux étant conçus un à deux ans après l'abandon du système par Sega. Tous les jeux de la SG-1000 sont lisibles sur chacun des modèles de la console, bien que 26 jeux sur cartouches exigent la connexion du clavier ou l'ordinateur SC-3000. En outre, tous les titres de la console sont entièrement compatibles avec la et sa déclinaison japonaise, la Sega Mark . Les jeux de la SG-1000 comprennent Congo Bongo, Sega-Galaga, , le premier jeu vidéo réalisé par Yuji Naka, le créateur de Sonic le hérisson et révélera Flicky, l'oiseau dans les jeux Sonic the Hedgehog. La ludothèque de la SG-1000 comprend également des titres sous licence, tels que Golgo 13. Le conditionnement et le manuel de jeu proposent du texte en japonais et en anglais jusqu'en 1984, année où les manuels deviennent uniquement disponibles en japonais et lors de laquelle la taille du boitier de jeu est réduite.