L'origine des commandos de l'air En 1935, le capitaine Frédéric Geille crée, dans l'Armée de l'air, le parachutisme militaire français..

La première promotion de parachutistes de l'infanterie de l'Air est brevetée en 1937. à Avignon-Pujaut.

L'idée du général de Maricourt En 1955, le général Alain de Maricourt est à l'origine de l'idée et de la constitution du corps des commandos de l'air, devenus par la suite commandos parachutistes de l'air.

Face à l'insurrection algérienne, il constate la difficulté pour les troupes de l'Armée de l'air à agir sur le terrain. Il défend alors âprement sa conception d'un corps de commando aéroporté, héliporté ou parachuté. En , lors d’une visite à Constantine du général Bailly, chef d’état-major de l’Armée de l’air, et du général Jouhaud, major général, le général de Maricourt obtient l’autorisation de principe de créer ses commandos.

Le général Alain de Maricourt confie au commandant de réserve François Coulet la direction des Commandos parachutistes de l'air. Celui-ci sera secondé par le capitaine Albert-Charles Meyer, commandant du , le futur . D'autres officiers viendront compléter l'encadrement.

La réalisation sera cependant compliquée.

L'Armée de terre est hostile à la constitution d’une unité parachutiste rivale dans l’Armée de l’air ; quant à l’Armée de l’air, on est loin d’y être unanime sur la nécessité de créer ces commandos. C'est qu'à la même époque, des troupes de l'Armée de l'air sont déjà utilisées sur le terrain. Depuis , le bataillon de garde de est mis à la disposition de l’Armée de terre et utilisé en opération en Algérie. Il est suivi par les bataillons de garde de et 03/541.

Transformés en demi-brigade de l’infanterie de l’air, puis en demi-brigade de fusiliers de l’air, les effectifs s'élèvent à , en majorité des rappelés. Le , le message officiel 5437, émanant de l’État-major de l’Armée de l’air et destiné aux cinq régions aériennes (Metz, Villacoublay, Bordeaux, Aix-en-Provence et Alger) annonce la constitution d'un commando de l’air, à effectif de 200 à , en Afrique du Nord. Henry Laforest, secrétaire d’État aux forces armées « Air », officialise cette constitution par la décision 532 du .

Quant aux demi-brigades de fusiliers de l'air (DBFA), leur dissolution est prononcée en , après le constat de leur faible utilité lors du déclenchement de la bataille d'Alger. Elles sont surtout condamnés par le développement des commandos de l'air.

Voir : Maricourt et les commandos parachutistes de l'air

La note du Le , une note du général de Maricourt, commandant de l'air en Algérie depuis , définit en cinq points le but et les missions des commandos de l'air : les commandos de l’air sont créés pour défendre les départements français d’Algérie ; le personnel recruté exclusivement dans l’Armée de l’air doit former, sans apport de personnel expérimenté ou spécialiste issue des autres armées, une unité devant figurer parmi les meilleures ; les opérations, exécutées par de faibles effectifs, rapides et courtes, doivent fournir un appui terrestre aux interventions aériennes ; les missions confiées à cette unité sont basées sur la rapidité d’intervention, premier facteur de réussite, surprise, légèreté, adaptation aux conditions de combat en Algérie ; celles-ci doivent se faire par héliportage, aérotransport, exceptionnellement par parachutage ou transport routier ; les commandos ne doivent pas être employés en position défensive ; il n’est pas envisagé un parachutage dans une opération aéroportée, leur emploi dans une guerre internationale ou pour des opérations débordant du cadre du maintien de l’ordre en Algérie ; il convient de faire ses preuves afin d’être pris au sérieux par les sceptiques et les détracteurs qui sont nombreux, même au sein de l’Armée de l’air ; la compagnie commando est à effectif de articulé en deux commandos et une section d’instruction de , cette dernière étant non opérationnelle ; elle sera stationnée sur la base de Reghaïa, située sur la route , à à l’est d’Alger ; la prospection est effectuée parmi le personnel « Air » de toutes spécialités et le recrutement se base sur le volontariat ; le personnel du commando doit être lié au service pour une durée minimum de et être âgé de au maximum ; en particulier, les appelés aptes volontaires, libérables avant ce minimum de service, ne peuvent être retenus que s’ils souscrivent un engagement supplémentaire ; les volontaires répondent à diverses questions sur la fiche de volontariat : curriculum vitæ, antécédents scolaires et sportifs, antécédents militaires, raison motivant le volontariat ; tests d’aptitudes médicale, sportive et caractérologique complètent les dossiers ; ceux reconnus aptes sont admis aux centres d’instruction du camp de Mourmelon-le-Grand en métropole (Marne) et de la base de Reghaïa (proche d'Alger).

La constitution des commandos de l'air (Algérie) Les deux premiers commandos En métropole, les volontaires reconnus aptes des , , et aériennes sont réunis. Au nombre , ils sont soumis à une sélection rigoureuse. Ils ne sont plus que 120 à rejoindre Marseille. Le , ils embarquent à destination du centre d’entraînement au saut 1 de Philippeville pour être brevetés parachutistes. Le , ces volontaires rejoignent « La Reghaïa ».

Dans la aérienne d'Alger, couvrant l'Algérie, la Tunisie et le Maroc, les volontaires reconnus aptes sont rassemblés sur la base aérienne 146 Reghaïa, proche d'Alger et sur la base aérienne 141 Oran la Sénia (Oran). Ils y suivent, , leur formation et instruction avant de rejoindre le centre d’entraînement de saut 1 de Philippeville.

Le , le général Jouhaud, major général de l’Armée de l’air, signe l’instruction 618/EMAA/1 qui porte création des deux premiers commandos de l'air d'Afrique du Nord, conformément à la décision précédente 532 du . C’est le général commandant la aérienne qui est chargé de mettre en œuvre ces unités, le , sur la base aérienne 146 Reghaïa.

Ces commandos portent les (indicatif « Martel », celui-ci étant celui du capitaine Albert-Charles Meyer) et 20/541 (indicatif « Manoir », du capitaine Lucht). Ce sont les futurs commando parachutiste de l'air n° 10 et commando parachutiste de l'air n° 20.

À l'origine, ils devaient être baptisés « commando métropole » (10/541) et « commando Afrique du Nord » (20/541). Ces appellations ne seront pas utilisées, le brassage du personnel lui faisant perdre toute signification. Quant à la numérotation « 541 », elle est celle attribuée par l’Armée de l’air aux unités affectées en AFN. Ils sont administrativement rattachés à la compagnie de la base de « La Reghaïa ».

Ces commandos ont un effectif de chacun (, et ). Ils sont articulés en équipes de 5 ou . Un groupe de commando est formé par deux équipes, soit un total de 10 à , ce qui correspond au chargement moyen d'un hélicoptère H-34 (ou de deux H-19). Une section de commando, elle, réunit deux groupes, soient quatre équipes ; on trouve alors deux équipes de commandement et de feu, dont l'une avec l'officier chef de section, et deux équipes simples de commandos.

Le CGPA 00/541 et les commandos 30 et 40 En , de diverses unités de l'air au Maroc rejoignent Marrakech pour y subir formation et instruction. Début juillet, ils ne sont plus que 40 à rejoindre la B.A. 146. Ils sont alors amalgamés à des volontaires venant de bases aériennes de Tunisie et d’Algérie. De la mi-juillet à la mi-août, ce troisième commando effectue son stage au centre d’entrainement au saut 1 de Philippeville. Le , l’instruction 6969/EMAA/A crée le commando de , indicatif « Maquis », du capitaine Turk. Son effectif et son administration sont identiques aux deux premiers commandos.

Le (indicatif « Maxime », du capitaine Fuhrer) est créé le par la . Sur la base , il reçoit instruction et formation. Quant au stage, il a lieu jusqu'au au centre des troupes aéroportées de Zeralda. Son effectif est plus nombreux que les précédentes unités avec ; les autres commandos s'aligneront sur ce nombre.

Le , conformément à la décision 5576/EMAA/1 du , est créé sur la , le groupement des commandos parachutistes de l’air (CGPA) 00/541 (« Norpois », traditionnel indicatif du commandant Coulet). La note de prévoit également la création ultérieure du commando 50/541. Le GCPA, avec , est constitué en unité à administration distincte (UAD).

Les expérimentations et le commando 50 En , le colonel Duval, commandant le GATac 1 (de Constantine) décide la création d’un commando expérimental : le commando « Chouff » (capitaine Morel, ancien du ). Léger, avec une trentaine de volontaires (dont une dizaine de ralliés), sa mission est le renseignement et le guidage de la chasse aérienne sur des objectifs précis. Il s'entraîne au centre « Jeanne d'Arc » de Philippeville et est opérationnel fin . Le commando « Chouff » est à l’origine des « commandos de chasse » du général Challe qui reconnait l’intérêt de ces unités et les multiplie.

Le , le cinquième et dernier commando est créé, toujours sur la Reghaïa : il porte le (indicatif « Maillon », du capitaine Le Guen). Le personnel du commando expérimental dissous précédent en forme l’ossature. Deux jours plus tard, le , le GCPA reçoit son drapeau des mains du général Jouhaud.

En , une section opérationnelle est créée sous l’appellation de « Matou ».Composée de recrutés au sein du CGPA elle est mise à disposition du groupement des commandos de chasse de l’Akfadou. Plus tard, le montera un élément identique.

Unité Indicatif Date de création Commandants successifs GCPA 00/541 NorpoisDiplomate de carrière, le commandant Coulet choisit comme indicatif radio « Norpois ». Le marquis de Norpois est, dans l'œuvre de Proust le prototype du « diplomate idiot ». Il s'attache à cet indicatif qu'il réussit à conserver alors que toutes les unités d'Algérie sont tenues d'en changer périodiquement. Ces changements étaient destinés à rendre plus difficile l'identification sur les ondes des messages radio éventuellement captés par l'ennemi. commandant, puis lieutenant-colonel Coulet (1/07/1957-28/02/1960) ; lieutenant-colonel Emery (1/03/1960-31/05/1961) CPA 10/541 Martel capitaine Meyer (1/06/1956-14/01/1958) ; lieutenant Pallardy (15/01/1958-12/04/1960) ; lieutenant Jamin (13/04/1960-29/04/1961) CPA 20/541 Manoir capitaine Lucht (1/06/1956-24/04/1957) ; capitaine Jomain (25/04/1957-4/09/1958) ; lieutenant Bourc (5/09/1958-7/04/1959) ; lieutenant Lajoux (8/04/1959-29/04/1961) CPA 30/541 Maquis capitaine Turck (1/08/1956-20/06/1957) ; lieutenant Sandillon (21/06/1957-19/09/1957) ; capitaine Gérard (20/09/1957-27/04/1958) ; lieutenant Velay (28/04/1958-30/04/1959) ; lieutenant Rougier (1/05/1959-24/08/1960) ; lieutenant Prud'homme (25/08/1960-8/05/1961) CPA 40/541 Maxime capitaine Fuhrer (1/03/1957-13/11/1957 (blessé)) ; capitaine Souètre (13/11/1957-12/04/1960) ; lieutenant Amice (13/04/1960-24/11/1960) ; lieutenant Trouillas (25/11/1960-29/04/1961) CPA 50/541 Maillon capitaine Le Guen (1/02/1959-13/12/1960) ; capitaine Lovighi (14/12/1960-31/05/1961) Commando expérimental « Chouf » - (?) capitaine Morel (11/08/1957-14/09/1958) ; lieutenant Le Guen (15/09/1958-31/05/1959) Commandos « Matou » - - -

L'activité des premiers commandos de l'air L'action des commandos et le putsch des généraux Basés sur la base aérienne 146 Reghaïa, les commandos de l’air rayonnent sur toute l’Algérie, jusqu'au Sahara. Ils sont principalement utilisés comme unités d’intervention parachutées ou héliportées. Ils permettent de diriger du sol les « straffings » de la chasse aérienne sur des objectifs désignés par eux.

Fidèles au général Maurice Challe lors du putsch des généraux, les commandos de l'air voient leur sort scellé au printemps 1961.