L’archidiocèse de Bourges (en latin : ) est un archidiocèse de l'Église catholique en France. Depuis le , l'archevêque est Sylvain Bataille.

Histoire thumb|gauche|redresse|Le clergé du diocèse de Bourges nomme ses députés aux états généraux, Bourges, . Archives nationales de France. Il a été érigé dès le . L'autorité métropolitaine de Bourges. sur l'Aquitaine est admise à la fin du .; déjà en 630, Didier, évêque de Cahors (629-654), appelait « patriarche » Sulpice, évêque de Bourges (624-644).; en 786, Ermembert de Bourges, métropolitain, devenait le premier archevêque de son siège en recevant le pallium.. Chardon en tirait la conclusion que « la première église qui ait été honorée de la dignité primatiale proprement dite, après les deux anciennes d’Occident, je veux dire celle de Rome et celle de Carthage, est celle de Bourges », supposant que l'archevêque « prit occasion de l’érection de sa ville en capitale du royaume d’Aquitaine pour s’attribuer le droit de primauté sur les provinces de Bordeaux, d’Auch et même de Narbonne »M.C. Chardon, Histoire des Sacrements, ou de la manière dont ils ont été célébrés et administrés dans l’Église, et de l’usage qu’on en a fait depuis le temps des Apôtres jusqu’à présent, Paris 1745, in Migne, J.-P., éd., Theologiæ : cursus completus ex tractatibus omnium perfectissimis ubique habitis, XX, Paris 1840, ..

Dans une lettre (vers 864/867) du pape Nicolas à l'archevêque Raoul, Radulf ou Rodolphe (840-866), le siège de Bourges est qualifié de patriarcat, mais sa juridiction sur Narbonne est réduite à néant.. Il s’agit, selon toute apparence, d’un faux.., sans grandes conséquences immédiates : on sait que Vulfade (866-876) reçut le pallium ()., mais guère plus. On constate dans la première moitié du une utilisation diffuse du titre de primat pour désigner l'archevêque de Bourges, par exemple dans une lettre d'Oliba, évêque de Vich (1017-1046), à Gauzlin (1013-1030)..

Les premières attestations officielles du titre de primat, de la part d'archevêques de Bourges, sont : un sceau déjà en usage sous Richard II (1071-1093). le titre de primas Bituricensis arboré par Audebert de Montmorillon (1093-1097) en 1095, dans une transaction entre le chapitre de Limoges et l'abbaye de Déols., l'épitaphe et le sceau de l'archevêque Léger (1099-1120)., les souscriptions dans les actes officiels, où le titre de primat d'Aquitaine apparut à partir du .. Rome reconnut cette primatie, d'abord de façon très vague (bulles de 1112. et de 1126.), puis en confirmant explicitement la primatie de Bourges sur Bordeaux : bulles d'Eugène III ()., d’Alexandre III ()., de Lucius III ()., d’Urbain III (). et de Célestin III ()..

Dans les Assemblées générales du Clergé de France, le titulaire de Bourges se nommait « Archevêque, Patriarche de Bourges, Primat d’Aquitaine » (1582, 1585, 1588)Collection des procès-verbaux des Assemblées-générales du Clergé de France, depuis l’année 1560, jusqu’à présent, rédigés par ordre de matières, et réduits à ce qu’ils ont d’essentiel, I, Paris 1767, ; VIII/1, Paris 1778, ( supplément), . ; « Patriarche, Archevêque de Bourges, Primat d’Aquitaine » (1584, 1595, 1598, 1600, 1602, 1608, 1610, 1625, 1645)Collection des procès-verbaux des Assemblées-générales du Clergé de France, depuis l’année 1560, jusqu’à présent, rédigés par ordre de matières, et réduits à ce qu’ils ont d’essentiel, I, Paris 1767, ; II, Paris 1768, ; III, Paris 1769, .; « Patriarche, Archevêque de Bourges, Primat des Aquitaines » (1655, 1681, 1685, 1693, 1695, 1700, 1705, 1710, 1713, 1715, 1730, 1735, 1742, 1750)Collection des procès-verbaux des Assemblées-générales du Clergé de France, depuis l’année 1560, jusqu’à présent, rédigés par ordre de matières, et réduits à ce qu’ils ont d’essentiel, IV, Paris 1770, ; V, Paris 1772, ; VI, Paris 1774, ; VII, Paris 1775, .1321.1792 ; VIII/1, Paris 1778, . ; « Patriarche-Archevêque de Bourges, Primat des Aquitaines » (1755, 1765, 1775)Collection des procès-verbaux des Assemblées-générales du Clergé de France, depuis l’année 1560, jusqu’à présent, rédigés par ordre de matières, et réduits à ce qu’ils ont d’essentiel, VIII/1, Paris 1778, ; VIII/2, Paris 1778, ..

On trouve les titres de « patriarcha archiepiscopus Bituricensis Aquitanorum primas » dans l'épitaphe d'Anne de Lévis de Ventadour (1649-1662). et de « patriarcha archiepiscopus Bituricensis Aquitaniarum primas » dans l'épitaphe de Michel II Poncet de La Rivière (1675-1677).. Mais ces prétentions rencontrèrent l'hostilité des archevêques de Bordeaux, contraignant Rome à multiplier les rappels à l'ordre: le encore, Grégoire IX tenta de fixer « les relations juridiques entre le primat d’Aquitaine et son subordonné l’archevêque de Bordeaux ».. Mais Bordeaux ne se soumit pas et obtgint son indépendance en 1305. Avec le Concordat de 1801, le diocèse de Bourges fut, comme tous les autres, « annul[é], supprim[é] et étein[t] à perpétuité » puis « érig[é] sous une nouvelle forme »., ce qui mettait un terme à sa primatie et son très incertain patriarcat.

Après la Restauration, les archevêques Jean-Marie Cliquet de Fontenay (1820-1824)Cf. ., Guillaume-Aubin de Villèle (1824-1841)Cf. ., Charles-Amable de La Tour d'Auvergne-Lauragais (1861-1879)., Martin-Jérôme Izart (1916-1934)Statuts synodaux du diocèse de Bourges, promulgués par S. G. Martin Jérôme Izart, archevêque de Bourges, patriarche et primat des Aquitaines (1924)., Joseph-Charles Lefèbvre (1943-1969)., portèrent le double titre de patriarche et de primat, qui n'est plus en usage aujourd'hui.

Diocèses suffragants médiévaux L'archevêché de Bourges comptait depuis l'époque de sa création sept diocèses suffragants : Albi, Cahors, Clermont, Limoges, Mende, Le Puy et Rodez.

Le nombre de suffragants de l'archidiocèse de Bourges fut porté à onze en 1317 lors de la création des diocèses de Castres, Saint-Flour, Tulle et Vabres par démembrement d'Albi, Clermont, Limoges et Rodez respectivement.

Par la bulle du , le pape Innocent XI érigea l'évêché d'Albi en archevêché métropolitain avec pour diocèses suffragants ceux de Cahors, Castres, Mende, Rodez et Vabres. Dès lors, l'archidiocèse de Bourges eut pour seuls diocèses suffragants ceux de Clermont, Limoges, Le Puy, Saint-Flour et Tulle. Ce découpage demeura inchangé jusqu'à la Révolution française.

Les archevêques de Bourges

Évêques originaires de l’archidiocèse de Bourges François Jacolin, évêque de Mende, puis de Luçon François Kalist, évêque de Limoges, puis archevêque de Clermont Jean-Christophe Lagleize, évêque de Valence puis de Metz

Notes et références

Annexes Bibliographie

Alfred Leroux, « La primatie de Bourges », dans Annales du Midi, 1895, année, , (lire en ligne)

Articles connexes Liste des archevêques de Bourges Liste des églises du Cher Liste des chapelles du Cher Liste des églises de l'Indre Liste des chapelles de l'Indre Circonscriptions catholiques françaises depuis 2002 Église catholique en France

Liens externes

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