Antoine Poinsinet, dit « le jeune », né le à Fontainebleau et mort noyé le dans le Guadalquivir, à Cordoue, est un dramaturge et librettiste français.
De l’âge de dix-sept ans jusqu’à sa mort, à seulement 33 ans, Poinsinet dit « le Jeune »Pour le distinguer de son cousin Louis Poinsinet de Sivry dit « l'Ainé », également dramaturge. , a écrit sans discontinuer pour le théâtre et été représenté sur toutes les scènes parisiennes, certaines de ses pièces ayant rencontré un succès notable.
Biographie Fils d’un notaire au service de la maison d'Orléans, Antoine-Alexandre-Henri Poinsinet naît le à Fontainebleau. Il abandonne très tôt l’étude du droit, pour se consacrer aux lettres, notamment le théâtre et la poésie, sans expérience ou études préparatoires.. Dès , il fait représenter une parodie de l’opéra de Titon et l'Aurore de Mondonville, intitulée Totinet. Le naturel du dialogue de la plupart de ses pièces a contribué à leur succès. La coupe favorable au chant de ses vers lui a également procuré de bons compositeurs comme Berton ou Philidor, qui ont contribué à sa réputation. Le nombre de ses production est assez long malgré une carrière longue d’une douzaine d’années. Celle de ses pièces qui a eu le plus de succès, particulièrement le Cercle ou la Soirée à la mode (), qui est restée longtemps au répertoire du Théâtre-Français.
Élie Fréron, qui comptait Poinsinet parmi ses protégés, a dit qu’ Au retour de Ferney, en 1759, où il avait rencontré Voltaire, à Poinsinet, lorsqu’il a dit que Voltaire lui avait appris le secret des vers, on lui aurait répondu : La postérité de Poinsinet parait, avec le passage du temps, devoir plus à sa personnalité qu’à son œuvre littéraire. Quoique non dépourvu d’esprit, celui-ci se caractérisait par une grande vanité, conjuguée à une extrême crédulité et une naïveté tels que son nom était devenu proverbial : on disait : « Bête comme Poinsinet.. » Même Thackeray a consacré un chapitre de son Paris Sketchbook à Little Poinsinet..
L'académicien Jean-François de La Harpe, qui l’a également connu, et le dit Il ajoute, en effet, que Poinsinet servait en effet de bouffon et de jouet aux grands seigneurs qu’il fréquentait pour avoir les bénéfices de la table et des menues protections..
Il est difficile de faire la part entre la vérité et la rumeur dans la multitude d’anecdotes rapportées à son sujet, comme celle de lui faire étudier le breton, en lui faisant croire qu’il s’agissait du russe, pour intégrer l’Académie des beaux-arts de Pétersbourg, embrasser le luthéranisme pour se voir confier l’éducation du prince royal de Prusse, le faire se cacher déguisé en abbé après avoir été tonsuré après avoir prétendument tué un gentilhomme en duelL’histoire ajoute qu’ayant remercié le roi de l’avoir gracié, ce dernier n’aurait pas apprécié que l’on se serve de son nom pour rire sans lui., et une série d’anecdotes tournant au genre littéraire. Ainsi dans ses Mystifications du petit P…, le directeur de théâtre Jean Monnet, directeur de l’Opéra-Comique, lui consacre pas moins de deux cent quatre-vingts pages du second tome de ses Mémoires aux mystifications dont Poinsinet a été l’objet. On est même allé jusqu’à prétendre que le terme de « mystification » avait été inventé pour lui..
vignette|La Mort de Poinsinet par Inocencio Medina Vera (1908). Membre de l’académie des Arcades, à l’occasion d’un voyage en Italie où il avait suivi Lord Talon, fils de la comtesse de Lismore, un divertissement en un acte (prose et vaudevilles), intitulé le Choix des Dieux ou les Fêtes de Bourgogne, à l’occasion de l’arrivée du prince de Condé qui devait présider ces États lui avait valu d’être nommé membre de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon jusqu’à un procès qu’il a eu avec une danseuse de l’Opéra, Sophie Le Blanc de Crouzol, dite Duprat. Celle-ci lui avait remis en gage une montre d’une valeur de contre un prêt de , en 1758. Lorsqu’en 1767, s’étant heurtée à un refus, après avoir tenté de récupérer son bien, elle a demandé justice auprès des magistrats du Châtelet, ceux-ci ont accédé à la requête de Poisinet d’annuler le reçu, au motif qu’il n’était pas majeur au moment où il avait signé le reçuCelle-ci était alors fixée à 25 ans., et condamné Sophie de la Duprat aux dépens..
Radié de l’Académie, complètement discrédité en France, il décide de partir pour l’Espagne, en 1769, sous le prétexte d’avoir été nommé intendant des menus plaisirs du roi. En réalité, il compte former une troupe théâtrale et de jouer à Madrid et dans les grandes villes espagnoles quelques-unes des meilleures pièces françaises, à commencer par les siennes.
Se faisant appeler Don Antonio Poinsinetto, il fait donner plusieurs représentations peu productives à Madrid et à Séville avant que son corps soit retrouvé dans le Guadalquivir le lendemain de son arrivée à Cordoue, le . Même sa mort a été l’objet de fictions, mais l’hypothèse la plus probable est le suicide.
Œuvres Théâtre de la Foire (Opéra-Comique) . L’Heureux Accord, compliment de clôture de la Foire Saint-Germain, . . . . L'Écosseuse, opéra-comique en un acte, avec Anseaume et Davenne, Foire Saint-Laurent, , Paris, Cuissart, 1761, in-12.
Comédie-Italienne Le Petit Philosophe, comédie en un acte et en vers libres, Paris, Prault, 1760, in-12. Sancho Pança dans son île, opéra bouffon en un acte en prose, musique de Philidor, , Paris, Christophe Ballard, 1762. La Bagarre, opéra bouffon en un acte en prose, musique de Vanmalder, . Apelle et Campaspe, comédie héroïque en deux actes en vers mêlée d’ariettes, 1763. Le Sorcier, comédie lyrique mêlée d’ariettes, en deux actes en prose, musique de Philidor. , Paris, Vve Duchesne, 1764. . La Réconciliation villageoise, comédie lyrique, en 1 acte en prose, musique de Tarade, théâtre de l'Hôtel de Bourgogne, , Paris, Vve Duchesne, 1765.
Comédie-Française L’Impatient, comédie en un acte en vers, (non imprimée). .
Opéra . .
Autres œuvres théâtrales Divertissement exécuté à Trianon, le 28 octobre 1764 pour l’amusement de nos seigneurs les enfants de France (duc de Berry, comte de Provence et comte d’Artois). . Le Choix des Dieux ou les Fêtes de Bourgogne, divertissement en un acte, prose et vaudevilles, composé et représenté à Dijon pour SAS le prince de Condé, Paris, Vve Duchesne, 1766. L’Ogre malade, parade pour la fête donnée par le chevalier d’Arcq à la comtesse de Langeac, autrement dite , maîtresse du comte de Saint-Florentin, ministre de la maison du Roi, . . Divertissement à Chantilly, . Alix et Alexis, comédie mêlée d’ariettes en deux actes en prose, musique de La Borde, jouée en société, Paris, Ballard, 1769, in-8º.
Écrits divers Lettre à un homme du vieux temps sur l’Orphelin de la Chine de Voltaire, 1755, in-8º. . Épître à M. Keiser, 1757. Épître au comte de la Tour d’Auvergne, 1758. Épître à M. Colardeau sur son poème du Patriotisme, 1762. Épître à Denis, 1764. Épître à Corneille, 1764. Épître familière à une jeune dame, qui lui avait fait présent d’une robe de chambre, Bachaumont, . Vers, qui n’ont pas été conservés, contre le chevalier de Clerrnont-Tonnerre, Bachaumont, . Lettre en vers contre Marmontel, sur son épitre à mademoiselle Guimard « la belle damnée ». Mémoire de M. Poinsinet, défendeur, contre la demoiselle Le Blanc de Crouzol, dite Duprat, . Cantique de saint Roch, publié dans les Contes théologiques. 1783, in-8º.
Notes et références Notes
Références
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