vignette|center|redresse=3|Tours médiévales du Vieux-Port de La Rochelle vues depuis la digue du Bout-Blanc. Le toit en forme de flèche est la tour de la Lanterne. Ensuite, la tour de la Chaîne (à gauche) et la tour Saint-Nicolas (à droite) défendent l'entrée emblématique de la ville. Sous la lune, éclairé en bleu, le pont levant du Gabut.
Ville fortifiée, La Rochelle comporte de nombreux monuments de défense, dont les plus connus sont les tours médiévales du Vieux-Port, qui en gardent l'entrée et l'ont rendue mondialement célèbre. Durant son histoire, La Rochelle a perdu beaucoup de ses monuments, comme les remparts qui fortifiaient la ville et qui étaient percés par des portes également disparues. On estime ces disparitions aux alentours de 1910-1930 lors de l'expansion de La Rochelle avec notamment l'implantation de sa Gare.. Entre 2016 et 2020, La Rochelle réalise de nombreux travaux, notamment contre les inondations qui lui permet en même temps de valoriser son patrimoine comme au Gabut, aux pieds de la tour Saint-Nicolas mais également dans les rues du centre-ville..
La Rochelle a demandé le classement du Vieux-Port et des tours sur la liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco). Ces dernières ont accueilli plus de en 2004.
Vieux-Port
vignette|Panoramique du Vieux-Port de La Rochelle depuis la porte d'entrée de la tour Saint-Nicolas.
Dès le , le Vieux-Port de La Rochelle joue un rôle de premier ordre, et reste jusqu'au le plus grand port de la côte atlantique, commerçant principalement du vin et du sel.
Le port doit son important développement principalement à une conjonction de nombreux facteurs favorables, que ce soit sur le plan économique, géographique, politique ou technique.
Aux et , les routes des Templiers convergent toutes vers La Rochelle, faisant ainsi de la ville leur port sur l'océan Atlantique.
En 1154, le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri II d'Angleterre fait de La Rochelle une province anglaise qui, par sa situation géographique et son importance, voit s'ouvrir à elle les marchés de l'Angleterre et de l'Europe du Nord, très demandeurs des vins français de la région et du sel des marais du littoral.
La ville change de mains à de nombreuses reprises au cours de la Guerre de Cent Ans, jusqu'à ce qu'en 1372, le connétable Bertrand du Guesclin chasse les Anglais de l'Aunis et du Poitou, faisant de La Rochelle une ville définitivement française. Cette fois encore, la situation géographique de la ville, nichée au cœur du Pertuis d'Antioche, est propice à l'activité du port.
Au et au , le Vieux-Port a drainé plus de la moitié du trafic colonial vers la Nouvelle-France, ce qui en fait aujourd'hui un lieu de mémoire.
Aujourd'hui, le Vieux-Port est avec ses tours et ses quais une image emblématique de La Rochelle, et il accueille d’ailleurs la plupart des animations de la ville.
Tour de la Chaîne
vignette|gauche|La tour de la Chaîne.
La tour de la Chaîne est, avec la tour Saint-Nicolas et la tour de la Lanterne, l'une des trois tours du front de mer de La Rochelle, et l'une des deux tours emblématiques du Vieux-Port, dont elle constitue la majestueuse porte d'entrée.
Érigée entre 1382 et 1390, quelques années après la tour Saint-Nicolas, elle avait pour fonction de tendre la chaîneLe cabestan servant à la mise en tension de la chaîne était situé dans une tourelle accolée à la tour de la Chaîne, appelée « petite tour de la Chaîne », détruite en 1824 lors de l'élargissement de l'entrée du port., fixée par un anneau dans la tour Saint-Nicolas sur l'autre rive, de manière à interdire l'accès du port en barrant le chenal entre les deux toursLa chaîne est aujourd'hui exposée au pied de la tour.. Cette tour, qui faisait également office de poudrière, a été gravement endommagée en 1651 lors de la Fronde, une explosion l'ayant découronnée, détruisant sa toiture, les mâchicoulis et le chemin de ronde.
En 1824, lors de l'élargissement de l'entrée du port, la petite tour de la chaîne abritant le cabestan qui servait à tendre la chaîne est détruite. Classée monument historique en 1879, elle a été partiellement restaurée au et au début du .
Tour Saint-Nicolas
vignette|upright|La tour Saint-Nicolas.
La tour Saint-Nicolas est l'autre tour emblématique du Vieux-Port. D'une base légèrement pentagonale, elle est d’une hauteur de trente-six mètres. L'intérieur est composé de trois grandes salles octogonales superposées, dont deux sont voûtées. Le sol est incliné de 2°, signe de l'enfoncement de la tour constaté pendant sa construction. Inclinaison qui sera conservée pour la restauration de la tour, mais dont le sol sera surélevé de par rapport au sol originel. Chaque niveau de la tour est percé en son centre d'un oculus, ouverture ronde utilisée autrefois pour ravitailler les étages de la tour, se parler ou se défendre. Trois alvéoles sont situées autour du rez-de-chaussée. Leur fonction n'est pas certaine selon les historiens.
La première tour était sur pilotis et était isolée sur l'eau. Aucune muraille ne la reliait à la terre ferme. Dans la seconde moitié du fut construite la tour telle qu'on la connaît aujourd’hui. Sur le flanc de la tour, on peut voir l'amorce d'une arche. L'architecte Juste Lisch, chargé de la restauration des tours à la fin du , en déduisit l'existence d'une arche entre la tour Saint-Nicolas et la petite tour de la chaîne. Mais aucune gravure ni aucun texte n'en mentionne l'existence. Elle n'a certainement jamais été construite.
Tour de la Lanterne
vignette|redresse|La tour de la Lanterne.
La tour de la Lanterne est la plus grande des trois tours du front de mer de La Rochelle. Elle mesure de haut et est constituée de deux parties. Sa base est un cylindre haut de et de plus de de diamètre. Il est surplombé d'une flèche octogonale dont quatre des huit pans sont percés de fenêtres trilobées de style flamboyant. Chaque nervure est garnie de crochets. Plusieurs salles superposées composent l'intérieur de la tour. On y trouve de nombreux graffitis gravés dans la pierre par des marins anglais, espagnols ou hollandais, emprisonnés dans la tour entre les et s.
Ouvrage de l'enceinte médiévale construit peut-être sur l'emplacement d'une ancienne tour. Commencé selon Claude Masse en 1445, il ne fut achevé que 23 ans plus tard (1468). À l'origine, elle formait l'angle sud-ouest de l'enceinte médiévale et sa tourelle à lanterne servait de phare et d'amer. Elle se situait à cette époque au bord de l'eau. Conservé lors du rasement des fortifications en 1629, il fut ensuite intégré dans la nouvelle enceinte de 1689. De 1900 à 1914, une restauration sur des projets de Juste Lisch, puis sous la direction d'Albert Ballu, lui redonna son aspect médiéval.
La tour servit souvent de prison et, en 1822, on y enferma 4 sergents du de ligne qui avaient comploté contre Louis XVIII. Ils furent jugés à Paris, condamnés à mort et guillotinés à la place de Grève (aujourd'hui place de l'Hôtel-de-Ville). Ils sont passés dans l’Histoire sous le nom des « quatre sergents de La Rochelle » et la tour conserve leur souvenir. Il est très fréquent qu'elle soit appelée « Tour des 4 sergents ».
Grosse Horloge
vignette|redresse|La tour de la Grosse Horloge.
La tour de l'horloge, nommée Grosse Horloge, était à l'origine une porte de la ville fortifiée, ouverte dans l'enceinte primitive. Au son nom était la porte du Parrot ou Perrot, car elle donnait accès au faubourg de ce nom. La porte était percée de deux baies, la plus large pour les chariots et la plus petite pour les piétons. En 1478, elle est surmontée d’un clocher octogonal, coiffé d’un campanile abritant la cloche de l'horloge.
En 1672, on réunit les deux baies en une seule arcade afin de faciliter la circulation. En 1746, la partie supérieure de l'édifice est démolie pour faire place à la construction actuelle en forme de cartel Louis XV flanqué d'attributs scientifiques et militaires. Aujourd’hui, elle reste un des principaux points de passage entre les quais et la vieille ville.
La cloche de la Grosse Horloge sonne tous les jours à midi.
Hôtel de ville
vignette|redresse|Façade de l'hôtel de ville.
Lhôtel de ville de La Rochelle est composé d'un corps de logis de style Renaissance protégé par un mur d'enceinte gothique flamboyant. L'enceinte est érigée à la fin du , et la cour intérieure, marquée par l'influence de la Renaissance et de l'Antiquité, date de la fin du –début du . Classé en 1861, l'édifice subit une restauration importante à la fin du . On peut noter la reconstruction de l'escalier d'honneur, la création d'un beffroi en surélévation de la tour nord du mur d'enceinte ou la reconstruction complète du pavillon sud pour permettre un meilleur fonctionnement des services de la mairie. Cet hôtel de ville reste l'un des plus beaux exemples de l'architecture de la Renaissance et l'un des témoignages de la prospérité de la Ville du temps de ses privilèges.
En , le monument est victime d'un incendie désastreux qui détruit une partie de la charpente, endommage gravement la grande salle et la grande galerie. Les travaux de réparation ont commencé à la mi-2016.
Fortifications de La Rochelle
La Porte de Cougnes
vignette|redresse|Vestiges de la seconde porte de Cougnes de l'enceinte dite « protestante » réalisée en 1613.
La première porte de Cougnes. se situait à l'angle nord-est de l'enceinte médiévaleFront nord-est, tour d'Aix et porte de Cougnes, plan de situation à la fin du . Dessin par L'Évêque. Elle fut construite en 1412 à l'emplacement où, dès le , se situait l'entrée principale de la ville. C'est par cette entrée que les souverains et les princes pénétraient dans la ville. Chaque entrée faisait l'objet d'une cérémonie solennelle. Elles étaient composées de deux grosses tours rondes. En 1558, l'ingénieur italien Scipion Vergano construit un ouvrage avancé. En 1576, la porte est réparée. Englobée dans les nouvelles fortifications autorisées par Henri IV, Louis XIII sera le dernier souverain à passer la porte lors de la reddition de la ville en 1628. En 1741, elle est détruite sauf le soubassement de l'une des tours sur lequel a été bâti le clocher de l'église Notre-Dame-de-Cougnes et dans lequel est aménagé un passage piétonAncienne porte de Cougnes, vestiges dans le soubassement du clocher de l'église Notre-Dame. Passage aménagé dans la poterne..
Une seconde porte de Cougnes. a été édifiée en 1614 dans le cadre de la construction de la nouvelle enceinte autorisée par Henri IV. Cette porte, axée vers le nord, se situait au croisement de l'avenue des Cordeliers et de la rue Alcide d'Orbigny. Selon Claude Masse, . Elle fut démolie en 1689 pour fournir des matériaux à la dernière enceinte. Il n'en demeure que quelques éléments de décor en arrachement sur la maison voisine, à l'origine corps de garde...
La Porte Maubec
vignette|gauche|redresse|Porte Maubec côté extérieur. vignette|Porte Maubec côté intérieur rue Saint-Louis.
L'ancienne porte Maubec était adossée à l'église Saint-Sauveur et donnait accès au canal. Elle correspondait aux fortifications de la première enceinte.
La nouvelle porte MaubecLa Rochelle Le Journal, voir page 22 – octobre 2008. correspond à la période de la construction de l'enceinte (dite « protestante »), autorisée par Henri IV pour englober la « prée Maubec » (entre 1590 et 1610). Elle fut percée en 1611. Elle survit aux destructions suivant le siège de 1627–1628 et à l'édification d'une nouvelle enceinte à partir de 1689. Au cours du , elle est utilisée à des fins privées, avant de servir d'entrepôt pour un magasin d'eau-de-vie, puis pour l'hôpital Saint-Louis au . La Porte Maubec a été récemment entièrement rénovée pour en faire un espace culturel, lieu d'exposition ou d'événement lié aux arts....
La Porte des deux moulins
vignette|gauche|Porte des deux moulins. vignette|Porte des deux moulins.