Les commandos parachutistes de l’air ou commandos de l’air, également appelés cocoyes (abréviation de l’anglais company) sont des unités parachutistes de l’Armée de l'air française, chargées de la protection des points sensibles et des bases de cette armée (notamment des armes et matériels qui y sont stockés), ainsi que, depuis 1994, d’opérations spéciales liées aux missions dévolues au Commandement des opérations spéciales (COS).

Historique des commandos parachutistes de l'air Les groupements d'infanterie de l'air vignette|Échanges avec des instructeurs soviétiques. Le , à Juvisy, le lieutenant-aviateur Jean Ors saute en parachute d'une hauteur de trois cents mètres depuis un Deperdussin piloté par Lemoine. et atterrit sain et sauf.

En 1935, le Capitaine Frédéric Geille, fantassin lors de la Grande Guerre devenu pilote de chasse en 1920, est envoyé en URSS par la toute jeune Armée de l'air, premier pays doté de troupes aéroportées pour passer le stage parachutiste et moniteur. À son retour en France, il prend le commandement du premier Centre d'Instruction Parachutiste (C.I.P), implanté sur l'aérodrome d'Avignon-Pujaut. vignette|Dessin d'un camion en service au en 1937-1938. Sous son impulsion sont officiellement créés le ., les groupements d'infanterie de l'air (« GIA »). Chaque GIA comprend, outre un État-Major, une Escadrille de Transport de Troupe (E.T.T) et une Compagnie d'Infanterie de l'Air (C.I.A). Unités atypiques, ce sont les premières troupes aéroportées françaises constituées et intègrent leurs appareils et équipages de transports, formule qui ne sera jamais reprise ensuite. Le GIA 601 est alors installé à Reims et le GIA 602 prend Baraki (à d'Alger) comme garnison.

Le Brevet de parachutiste de l'Infanterie de l'Air est créé le , devenant par la même le premier brevet parachutiste des armées françaises.vignette|Brevet de parachustiste de l'Infanterie de l'Air - fabrication tardive. Après un bref épisode où les 2 GIA sont regroupés en Algérie, le GIA 601 est de nouveau basé en France à Pujaut (Gard), en lieu et place du C.I.P dissout le , tandis que le GIA 602 est relocalisé à Montélimar (Drôme) en , la guerre venant d'être déclarée avec l'Allemagne. Ils forment une compagnie de marche de l'infanterie de l'air, engagée comme Corps Francs à partir du .

La compagnie de l'air 1 est constituée auprès des Forces françaises libres le par le capitaine Georges Bergé, en Angleterre ; elle change de dénomination en , devenant la compagnie de chasseurs parachutistes (CCP). La dénomination de première compagnie de l'air est également dévolue à une autre unité, dans l'armée de Vichy, qui rassemble des hommes provenant des et GIA (groupes d'infanterie de l'air) à Oued-Smar près d'Alger. Elle est commandée par le capitaine Sauvagnac.

En , la CCP du capitaine Georges Bergé est envoyée à Kabrit en Égypte. Les Français libres forment le French Squadron du SAS, commandos de l'air britanniques.

L'aspirant André Zirnheld, auteur de la « prière du parachutiste », vient de cette unité..

Parallèlement, en , deux bataillons spécialisés sont formés : le Bataillon d'Infanterie de l'Air (BIA) sous le commandement du capitaine Pierre Chateau-Jobert, surnommé Conan, et le BIA dirigé par le commandant Pierre-Louis Bourgoin surnommé « le manchot »François Malye, Une Bataille de Corsaires, Le Point, , , 4 juin 2009.. Ces deux unités de parachutistes français sont intégrées au sein du SAS, commandée par le général Roddy McLeod (remplaçant de David Stirling, capturé) sous les dénominations respectives de SAS ( RCP) et SAS ( RCP).

Les fusiliers de l'air en Algérie En , sont créées les Bataillons de Garde de l'Air (BGA) ; initialement au nombre de trois, six BGA seront constituéshttps://francearchives.fr/fr/file/62aeba438b8caf51e280603f90a79f94f28a202c/FRSHD_PUB_00000261.pdf : du Bataillon de Garde de l'Air 01/541 au BGA 06/541.

En 1956, ces Bataillons de Garde de l'Air sont absorbés par les Demi-brigades d'infanterie de l'air (DBIA), qui regrouperont environ dix mille fusiliers de l'air. Au nombre d'une dizaine (DBIA 91/541 à DBIA 96/541), dénommées finalement Demi-brigades de fusiliers de l'air (DBFA) : DBFA 546 (Blida), DBFA 547 (El Biar), DBFA 531 (L'Arba), DBFA 532 (Saint-Denis du Sig) et DBFA 533 (La Chiffa).

Les DBFA sont dissoutes au début de l'année 1957.

La création des commandos 10.541, 20.541, 30.566, 40.541 et 50.541 Au début de , la France se trouve engagée dans une forme nouvelle de conflit sur le territoire algérien : la guérilla. Conscient des capacités nécessaires pour mener cette nouvelle sorte de guerre et voyant les possibilités que peuvent apporter les hélicoptères dans ces engagements d'un nouveau type, le général de Maricourt, commandant l'Armée de l'air en Algérie, propose un nouveau concept d'action pour les troupes aériennes qu'il résume par la formule : . Il s'agit d'armer les hélicoptères qui transportent des hommes capables d'interventions rapides. Ces combattants sont des soldats de l’Armée de l’air, afin d'obtenir un commandement unique et, de fait, faciliter la coordination pour les moyens de dépose et d'appui air-sol comme des effecteurs au sol.

La proposition du général de Maricourt étant retenue après de longues interrogations, l'Armée de l'air crée le une première unité d'infanterie de l'air de type commando. Le , l'instruction , signée du général Jouhaud, major général de l'Armée de l'air, porte la création du (futur commando parachutiste de l'air n° 10 ou ) et celle du (futur commando parachutiste de l'air n° 20 ou ). Ces unités sont confiées au commandement de François Coulet. Le est commandé par le capitaine Albert-Charles Meyer, entre 1956 et 1958.

La numérotation « 541 » est celle attribuée par l'Armée de l'air aux unités affectées au maintien de l'ordre en Afrique française du Nord (AFN). L'instruction du porte création du (futur commando parachutiste de l'air n° 30). En 1957, sont créés le puis le groupement des commandos parachutistes de l'air 00/541 (). Enfin, en 1959, est créé le , issu d'un commando expérimental mis sur pied en l'année précédente.

Chaque commando, transporté par hélicoptère pour combattre au sol, est composé d'une centaine d'hommes. Il est articulé en éléments de cinq ou six hommes qui constituent l'équipe. Le groupe de commando est formé, quant à lui, de deux équipes, ce qui correspond au chargement de deux hélicoptères H-19 ou d'un hélicoptère H-34. La section de commando est constituée de quatre équipes : deux équipes de commandement et feu et deux équipes de commandos.

La prospection des volontaires s'effectue parmi le personnel de l'Armée de l'air de toutes spécialités. Le recrutement se fait sur volontariat. La sélection est particulièrement sévère et les limites d'âges sont basses : pour les hommes de troupe. Les aptitudes médicale, caractérologique et physiques sont sérieusement contrôlées. La durée minimale de service est portée à quinze mois.

Pour différencier les commandos parachutistes de leurs camarades des autres armes, ils portent un béret bleu marine (qui les distingue également des autres aviateurs, dotés de calots). Ils disposent bientôt d'un insigne spécifique (désigné comme "Sicut Aquila", leur devise).

Au , les commandos de l’air comptent plus de : le de la même année, ils défilent sur les Champs-Élysées.

Les cinq commandos ainsi créés sont actifs durant toutes les opérations en Algérie, avec les indicatifs : « Martel » pour le 10, « Manoir » pour le 20, « Maquis » pour le 30 et « Maxime » pour le 40 (qui porte aussi l'indicatif « Attila », choisi par les hommes).

Le , le lieutenant-colonel Maurice Émery. remplace le lieutenant-colonel François Coulet, à la tête des commandos parachutistes de l'air.

Au moment du putsch des généraux, le « 40 » rallie les putschistes. ; le « 10 » et le « 20 » sont alors en opérations. Le « 30 » et le « 50 » restent à disposition. Néanmoins, l'ensemble des commandos parachutistes de l'air sont dissous à la suite de la tentative de putsch.

Les hommes sont peu à peu rapatriés en métropole et dispersés ; le « 30 » et le « 50 » s'installent à Arzew le .

La compagnie des commandos parachutistes de l'air Le groupement des commandos parachutistes de l'air est dissous le . La compagnie des commandos parachutistes de l’air (la ) est créée le : elle comporte les hommes des et 50 et opère dans le secteur d'Aïn Sefra, principalement.

C'est le commandant Albert-Charles Meyer qui reçoit le drapeau des commandos parachutistes de l'air des mains de son gardien, le colonel François Coulet.

Le , ce drapeau est à nouveau transmis par son gardien, François Coulet, au capitaine Lovighi qui commande la sur la base aérienne 141 Oran la Sénia.

À la suite des accords d'Évian, le , les commandos parachutistes de l'air quittent l'Algérie ; peu après, a lieu le massacre du 5 juillet 1962 dans la ville d’Oran.

La est envoyée à la base aérienne 136 Bremgarten, en Allemagne. Les équipes sont affectées à la protection des bases aériennes françaises d'Allemagne.

Le , la est à son tour dissoute.

L'escadron des fusiliers commandos et d'intervention 02.318 Après la guerre, l'Armée de l'air crée les unités de fusiliers commandos de l'air, pour assurer la protection des bases aériennes et des points sensibles « air ».

L'escadron des fusiliers commandos et d'intervention 02.318 du et est installé sur la base aérienne 726 Nîmes. Le , jour de la Saint Michel, il reçoit à son tour la garde du drapeau des commandos parachutistes de l'air.

Le groupement des fusiliers commandos de l'air Le GFCA (groupement des fusiliers commandos de l'air) est créé à Nîmes, le .

Sa doctrine s'affine, l'utilité des commandos parachutistes de l'air ne fait plus de doute, l'Armée de l'air étant fortement engagée en opérations extérieures : le GFCA y participe activement, notamment au Tchad et au Liban, où trois commandos de l'air sont tués.

Le GFCA comprend « l'escadron de protection et d'intervention » (EPI), ainsi que « l'escadron de formation des fusiliers commandos et des maîtres-chiens » (EFFC-MC).

La création des commandos parachutistes de l'air (CPA) Le , les « forces spéciales » sont créées.

Entre 1994 et 1999, s'organisent le commando parachutiste de l'air n° 10, le commando parachutiste de l'air n° 20 et le commando parachutiste de l'air n° 30 : soit en abrégé, « », « » et « », puis le « ».(Un lien sera créé vers le CPA 40 quand l'article sera fini).

Les commandos parachutistes de l'air aujourd'hui Les fusiliers commandos de l'air sont affectés soit en « escadron de protection » (EP, en abrégé), soit dans les unités dites « commando parachutiste de l’air ». (CPA, en abrégé).

Les commandos parachutistes de l'air sont organisés selon les principes en vigueur dans l'Armée de l'air. En particulier, les grades se répartissent entre officiers., sous-officiers et militaires du rang engagés.

Mission générale des fusiliers commandos de l'air Les EP participent à la protection des points sensibles et des bases de l'airOfficier commando de l'air..

Les CPA pratiquent des missions communes, mais également des tâches spécialisées. Ces troupes de grande valeur contribuent aux opérations de l'Armée de l'air et aux opérations spéciales.

Les unités en activité Les unités actuellement en activité sont : les escadrons de protection rattachés à la brigade aérienne des forces de sécurité et d'intervention ; les unités dites « commando parachutiste de l'air » au nombre de trois : le commando parachutiste de l'air n° 10 (CPA ), installé sur la base aérienne 123 Orléans-Bricy (Loiret) ; le commando parachutiste de l'air n° 20 (CPA ), installé sur la base aérienne 115 Orange-Caritat (Vaucluse) depuis le Il était auparavant présent sur la base aérienne 107 Villacoublay, dans les Yvelines. ; l'antenne du commando parachutiste de l'air , installé sur la base aérienne 123 Orléans-Bricy (Loiret) depuis le ;