vignette|Carte de base. L'histoire de la Nouvelle-Zélande couvre plus de 700 ans, depuis le moment où elle a été découverte et colonisée par des populations polynésiennes, qui y ont développé une culture spécifique, la culture maorie. Abel Tasman est le premier Européen à découvrir ce territoire le . Tout au long du , des explorateurs, des marins, des missionnaires, des aventuriers, ont régulièrement abordé la Nouvelle-Zélande.
En 1840, le traité de Waitangi est signé par la couronne britannique et différents chefs maoris. Il incorpore la Nouvelle-Zélande à l'Empire britannique et donne des droits équivalents aux Maoris et aux Britanniques. Le reste du est marqué par l'installation sur place de nombreux Européens et dans une moindre mesure de populations asiatiques. Les effets de la guerre, la mise en place d'un système juridique et économique d'origine européenne expliquent la perte d'influence des populations maories et leur appauvrissement.
À partir des années 1890 le parlement néo-zélandais a voté de nombreuses mesures progressistes, parmi lesquelles le droit de vote accordé aux femmes ou la mise en place d'un système de retraites. Dans les années 1930, l'économie du pays était fortement régulée et l'État providence particulièrement puissant. La culture maorie connut une renaissance spectaculaire et, à partir des années 1950, de nombreux Maoris s'installèrent en ville. Le militantisme maori conduisit l'État néo-zélandais à promouvoir une plus grande reconnaissance des Maoris, sur la base du traité de Waitangi. Pendant les années 1980, l'économie néo-zélandaise a connu une forte déréglementation libérale. La politique étrangère, traditionnellement liée à celle du Royaume-Uni ou des États-Unis, a cherché à devenir plus autonome. Les gouvernements successifs ont généralement maintenu ces orientations.
Premiers colons (après 1000) upright|vignette|Kupe, représenté ici, serait, selon certaines légendes, le premier à avoir découvert la Nouvelle-Zélande. La mythologie maorie fait de Kupe, originaire de la mythique Hawaiki le découvreur océanien des îles de Nouvelle-Zélande, vers 750-950), sans référence à d'autres peuples autochtones d'Océanie.
L' offre peu de vestiges de présence humaine d'avant l' du mont Tarawera. Les populations les plus anciennes seraient les Maoris, sans doute vers 1000-1350, puis les Moriori vers 1450-1500 aux îles Chatham.
Les premiers colons sont des Polynésiens de l'est (îles de la Société, îles Cook, les îles Australes de Polynésie française Geoff Irwin ; Pacific migrations : Māori ancestors ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand.) qui arrivent probablement entre 1050 et 1350 , naviguant dans des waka avec l'aide des systèmes météorologiques subtropicaux Geoff Irwin ; Pacific migrations: The world's first seafarers ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand. ou des oiseaux migrateurs ou des baleines Geoff Irwin ; Pacific migrations: East to the empty Pacific ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand Rāwiri Taonui ; Canoe navigation: Locating land ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand, et établissent la culture indigène maorie John Wilson ; European discovery of New Zealand: Before Tasman ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand.. Aux alentours de l'an 1500, certains Maoris partent s'installer sur les îles Chatham. Kerry Howe, "Ideas of Māori origins", Te Ara - the Encyclopedia of New Zealand.., y développant leur propre culture moriori R. Clark ; « Moriori and Māori: The Linguistic Evidence » dans Douglas G. Sutton (éd.) ; The Origins of the First New Zealanders ; Auckland University Press ; Auckland ; 1994 ; pages 123 à 135. Moriori - The impact of new arrivals ; Encyclopedia of New Zealand.
La date de l'arrivée des premiers Maoris varie selon les sources, mais beaucoup s'accordent sur le siècle entre 1250 et 1350. L'historien néo-zélandais Michael King suggère le ., tandis qu'un autre historien néo-zélandais, James Belich, suggère le milieu du James Belich, Making Peoples: A History of the New Zealanders, Honolulu: University of Hawai'i Press, 1996, , p. 36..
Ils arrivent au nord de l'île du Nord et rencontrent les forêts tempérées et des espèces qu'ils n'avaient pas vus auparavant dans les îles à climat plus doux d'où ils étaient originaires (le moa, l'aigle géant de Haast, la weta...), de nouveaux fruits, poissons et produits de la mer. Ils introduisent le chien et le rat polynésien (), le taro, la variante de patate douce appelée kumara, le mûrier à papier et l'épinard hawaïen.
James Belich dresse le résumé suivant de l'histoire de la Nouvelle-Zélande avant la venue des Européens. Arrivés au , les Maoris occupent d'abord une petite colonie dans le nord. Aux , la population néo-zélandaise n'est toujours que de quelques centaines, mais commence à se subdiviser et à se disperser, occupant un territoire de plus en plus important. Aux , la population s'accroît, atteignant finalement des dizaines de milliers, et le gibier, surexploité, est menacé d'extinction. Le moa disparaît vers l'an 1500. La chasse ne pouvant plus être maintenue en mode de subsistance essentiel, les populations maories s'adaptent. La démographie se stabilise. Les communautés deviennent davantage sédentaires, et se structurent en unités socio-économiques, les iwi. C'est le début de « l’ère tribale », qui dure du James Belich, Making Peoples: A History of the New Zealanders from the Polynesian Settlement to the End of the Nineteenth Century, 2001 (1996), , p. 48..
Les iwi (tribus) se divisent en hapu (clans) qui peuvent se disputer ou se combattre, mais coopèrent en cas d'hostilité de la part d'un autre iwi à l'encontre du leur. Les hapu, comportant jusqu'à plusieurs centaines de personnes, sont eux-mêmes divisés en whanau (parentèle) Rāwiri Taonui ; Tribal organisation : the significance of iwi and hapū ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand, aujourd'hui un concept culturel encore très respecté des Maori et à la base de la structure de leur société. Les iwi et hapu pouvaient se modifier sous l'effet des conflits (particulièrement sur les ressources exploitables), de l'élargissement ou diminution du nombre de membres, des fusions... Leurs noms pouvaient venir d'un illustre ancêtre (femme ou homme), un évènement marquant dans leur histoire, voire du nom des chefs des groupes ayant décidé de resserrer leurs liens et de fusionner Rāwiri Taonui ; Tribal organisation: How iwi and hapū were named ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand..
Le passé n'était pas méconnu chez les Maoris. Leur histoire était préservée de manière orale, à travers des récits et des chants. Les experts en généalogie (whakapapa) pouvaient (et peuvent) réciter la liste des ancêtres d'un whanau, d'un hapu ou d'un iwi et remonter ainsi des centaines d'années<ref>Best, Elsdon, "Te Whanga-nui-a-Tara: Wellington in pre-Pakeha days", Journal of the Polynesian Society, vol.10, septembre 1901, pp. 107-165.</ref>, jusqu'aux ancêtres fondateurs, dont on disait qu'ils étaient venus de Hawaiki à bord de quarante wakas. Cette connaissance des lignées ancestrales avait des visées pratiques. D'une part, elle définissait l'appartenance à la communauté. Les Ngāi Tahu, par exemple, sont par définition le peuple qui a pour ancêtre Tahupōtiki. D'autre part, elle permettait à un individu ou à un groupe d'hériter le mana d'ancêtres renommés. Enfin, elle servait de preuve en matière de revendication foncière : la terre d'un iwi est celle de ses ancêtres.
Les îles Chatham, plus à l'est, alors inhabitées, ont été atteintes et occupées vers l'an 1500 par les Morioris, originaires de la mythique Hawaiki. Selon une autre version, vers l'an 1000, une première découverte serait le fait de migrateurs maoris d'origine polynésienne.
Premiers explorateurs européens (dès 1642)
Exploration européenne de l'île Les premiers explorateurs européens qu'on sait avoir abordé la terre néo-zélandaise sont Abel Tasman, qui arrive de Batavie en 1642, et son équipage (dont Franz Jacobszoon Visscher, pilote-major, et Isaack Gilsemans, qui fera les premiers dessins de la Nouvelle-Zélande John Wilson ; European Discovery of New Zealand: Abel Tasman ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand.), sur les navires Heemskerck et Zeehaen K.A. Simpson ; Tasman, Abel Janszoon 1602/1603? - 1659? ; Dictionary of New Zealand Biography.. Plusieurs d'entre eux sont tués par des Māori le de la même année, dans ce qui est aujourd'hui la baie Golden, que Tasman appellera Moordenaers Bay (« Baie des Assassins »). Quelques jours après leur mort, Tasman écrit dans son journal que ce sont Andrew Sharp, The voyages of Abel Janszoon Tasman, Londres, Oxford University Press, 1968, p. 124. ; ils auraient vu, entre autres régions, les Alpes du Sud. Ils s'arrêtent à l'île d'Urville, où Tasman se doute de l'existence du détroit de Cook, mais doit renoncer à explorer les environs en raison du mauvais temps.
Aucun autre Européen ne visite la Nouvelle-Zélande jusqu'au voyage de 1768-1771 du capitaine James Cook à bord de l'''Endeavour. Envoyé par le gouvernement britannique, il arrive en 1769 et cartographie presque toute la côte en prenant soin de décrire en détail les terres qu'il explore, que ce soit en Australie ou en Nouvelle-Zélande, pour une éventuelle colonisation John Wilson ; European discovery of New Zealand: James Cook ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand.. Ces cartes très détaillées sont longtemps utilisées par les explorateurs John Wilson ; European discovery of New Zealand: Explorers after Cook ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand.. Joseph Banks l'accompagne et dessine la faune et flore du pays avec Daniel Solander, botaniste, et plusieurs autres dessinateurs. Les contacts avec les maoris sont difficiles malgré l'aide de traduction de Tupaia.
Cook retourne à deux reprises, utilisant la Nouvelle-Zélande comme base pour ses explorations de la côte australienne, une fois compris que la Nouvelle-Zélande ne fait pas partie du continent Terra Australis Incognita John Wilson ; European discovery of New Zealand : Cook's three voyages ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand.. Ayant l'esprit plus ouvert à propos des autochtones des pays qu'il visite, que la plupart de ses concitoyens, essayant de communiquer avec eux, il les présente à ses supérieurs comme En anglais : « ...the natural, and … legal possessors of the several Regions they inhabit... »..
Sur les traces de Cook, on trouve George Vancouver (1757-1798) et William Robert Broughton ((1762-1821) qui partent ensemble à bord des navires Discovery et Chatham ; Vancouver découvrira les îles Snares et Broughton les îles Chatham en . En , l'Italien Alessandro Malaspina, commandant d'une expédition espagnole de deux navires, explore un peu la région, mais dresse peu de cartes. 1820 voit l'arrivée de Fabian Gottlieb von Bellingshausen (1778-1852), commandant deux navires russes, Mirny et Vostok, et qui s'arrête à Queen Charlotte Sound avant de continuer vers sa destination, l'Antarctique. Les Français sont également présents dans la région, De Surville la même année que Cook (il rencontra beaucoup de difficultés et accidents et tue des Maoris), Du Fresne (au début en bons termes avec les Maoris, mais la fin de l'expédition se solde par un massacre d'Européens et de Maoris), D'Entrecasteaux, Duperrey et D'Urville John Wilson ; European discovery of New Zealand: French explorers ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand..
Alors que la France cherche à développer son implantation dans le théâtre océanien face à l'Angleterre, en 1820, Charles de Thierry propose au Roi de France de lui céder des terres dans l'île du sud qu'il aurait obtenues de māori. Le Roi envoie Jules Dumont d'Urville en 1826 pour explorer les possibilités pour établir une colonie pénitentiaire en Nouvelle-Zélande. A son retour, ce dernier esquisse un plan de colonisation du territoire, qu'il présente au Roi.
Conséquences des premières relations entre européens et māori