Google fait l'objet de nombreuses critiques de son fonctionnement et de ses agissements, faisant régulièrement l'objet d'articles dans les médias. Cet article regroupe l'ensemble des critiques et controverses autour de la société spécialisée dans la recherche Internet.

Droit d'auteur

Un certain nombre d'associations, se basant sur le Digital Millennium Copyright Act, ont exigé que Google retire des copies de parties de texte présentes sur d'autres sites, notamment à partir de site d'actualité. Conformément à ce qui fut demandé, Google inclut un lien vers le site des parties plaignantes.

Des plaintes ont été déposées contre Google à cause d'une possible violation de droit d'auteur par l'une de ses fonctionnalités : Google Web Cache. Cependant, Google utilise un mécanisme de gestion des requêtes au sein duquel la mise en cache est désactivée. De plus, Google propose un autre mécanisme, le fichier robot.txt, qui permet aux webmestres d'effectuer une demande explicite pour qu'une partie ou la totalité de leur site ne soit pas incluse dans le système de recherche Google.

La cour du district du Nevada (États-Unis) jugea dans l'affaire Field v. Google et Parker v. Google Case No. CV-S-04-0413-RCJ-LRL, United States District Court (District of Nevada). Introduit le . Consulté le . Case No. 04-CV-3918. United States District Court (Eastern District of Pennsylvania). Introduit le . Consulté le . que le système de mise en cache de Google ne constituait pas une violation du droit d'auteur telle que décrite dans la loi américaine sur le droit d'auteur.

En , Google Watch révéla les détails du contrat entre l'université du Michigan et Google concernant la création de copies numériques de différents ouvrages sous droit d'auteur de la bibliothèque de l'université. Ce contrat s'intègre dans la politique de l'outil Google Book Search de numériser des millions de livres et de créer un outil de recherche par texte.

Certains dénoncent une violation du droit d'auteur à cause de l'utilisation commerciale d'ouvrages sous droit d'auteur en intégrant des annonces publicitaires à côté des résultats de recherche sur les textes numérisés. Cependant, Google a créé un précédent en publiant des copies numérisées d'ouvrages sous droit d'auteur et ce à grande échelle et sans permission explicite des propriétaires des ouvrages. Entretemps, Google clame que ceci est en accord avec toutes les lois et jurisprudences sur le droit d'auteur existant pour les livres.

Selon le contrat signé entre Google et l'université du Michigan, Google fournira seulement des extraits des textes sous droit d'auteur dans ses recherches. Le contrat est conforme au Fair use, une exception dans la loi américaine sur le droit d'auteur qui permet de reproduire des parties d'ouvrage sous droit d'auteur pour des objectifs de recherche.

Protection de la vie privée

Daniel Brandt, un critique tenace spécialisé dans les affaires de Google, découvrit en 2002 que Google créait un cookie sur chaque ordinateur, pouvant être utilisé pour suivre l'historique des recherches de l'utilisateur, et découvrit que ce cookie n'expirait qu'en 2038.

À partir de 2007, les cookies de Google expirent au bout de deux ans mais ce compteur est réinitialisé à chaque fois que l'on utilise le site de Google. Tandis qu'il n'y a aucune preuve que Google renvoie les informations au FBI ou à la NSA, la valeur de ce que Google engrange à propos des utilisateurs à chacune de leurs recherches, est d'après Brandt, simplement trop attirante pour être éloignée des yeux du gouvernement.

Toujours est-il que Google a demandé à la NSA de protéger son infrastructure Asks NSA to Help Secure Its Network, Wired. et a signé un contrat avec elle ‘Don’t Be Evil,’ Meet ‘Spy on Everyone’: How the NSA Deal Could Kill Google sur Wired.

En réponse à ceci, Google déclara que les cookies étaient nécessaires pour conserver les préférences des utilisateurs entre deux utilisations et offrir d'autres fonctionnalités, un tel délai d'expiration étant quelque chose d'assez commun.

Les critiques soulignèrent les dangers et les conséquences concernant la protection de la vie privée de l'utilisation d'un système centralisant les données sur les recherches de millions de personnes utilisant un outil populaire, et comment par le biais de la loi américaine relative au copyright, Google pourrait être forcé de remettre toutes ces informations au gouvernement américain ou à n'importe quel autre gouvernement de pays à partir duquel le site Google est accessibleConti, Greg, « Googling Considered Harmful », New Security Paradigms Workshop, octobre 2006..

croient que le service de messagerie de Google nommé Gmail va plus loin que le simple envoi de courriel. Le constat est souvent effectué que les internautes sans compte Gmail, qui n'ont donc pas accepté les termes du contrat Gmail, mais qui envoient des courriels aux utilisateurs de Gmail voient leurs correspondances analysées sans permission. En retour à ces accusations, Google déclare que les courriels reçus ou envoyés par Gmail ne sont jamais lus par des personnes à l'exception du propriétaire du compte de messagerie et que le système informatique ne parcourt le courriel que pour améliorer la pertinence des publicités présentes sur la page de messagerie des utilisateurs. D'autres services de messagerie populaire comme Outlook.com (anciennement Hotmail) parcourent aussi les courriels entrants pour tenter de déterminer si c'est un pourriel (ce que fait aussi Gmail), à la différence qu'ils ne le font pas pour améliorer la pertinence des publicités.

Chris Hoofnagle, alors directeur associé du centre d'information sur la protection de la vie privée numérique à Washington DC, avertit que « les tribunaux devenant de plus en plus des gestionnaires de données numériques sensibles, il y a maintenant un plus grand risque que Google… devienne une sérieuse menace pour la protection de la vie privée. »

Début 2005, le département de Justice des États-Unis déposa un recours devant la cour fédérale pour forcer Google à se conformer à une assignation l'obligeant à ne retenir que « les mots saisis pour lancer une recherche sur le système de recherche de Google et ce, pour une durée d'une semaine (en excluant toutes informations permettant d'identifier la personne qui a saisi ces mots) »« ACLU v. Alberto R. Gonzales », United States District Court (Northern District of California). . Retrieved on ..

Google s'opposa fermement à cette assignation en raison des préoccupations au sujet des informations confidentielles des utilisateurs Nicole Wong, "Response to the DOJ Motion, Google, (consulté le )..

En , la cour de justice statua partiellement en faveur de Google, reconnaissant l'implication en matière de respect de la vie privée du stockage des mots de rechercheBroache, Anne. "Judge: Google must give feds limited access to records." CNET. . Retrieved on ..

Dans un rapport de 2007, Privacy International classa Google comme « hostile à la protection de la vie privée », qui est le plus bas niveau dans le classement de ce rapport, faisant ainsi de Google la seule société de cette liste à atteindre ce niveauPrivacy International 2007 Consultation Report.

Google ferait partie. du programme de renseignements américain "global command and control system-joint" (GCCS-J")Global Command and Control System (GCCS) is the United States' armes forces DoD joint command and control (C2) system used to provide accurate, complete, and timely information for the operational chain of command for U.S. armed forces. "GCCS" is most often used to refer to the computer system, but actually consists of hardware, software, common procedures, standards, and numerous applicactions and interfaces that make up an “operational architecture” that provides worldwide connectivity with all levels of command. GCCS incorporates systems that provide situational awareness, support for intelligence, force planning, readiness assessment, and deployment applications that battlefield commanders require to effectively plan and execute joint military operations. ainsi que du programme américain de surveillance électronique PRISM élaboré par la NSA, selon les révélations faites par le lanceur d'alerte Edward Snowden en .

Union européenne

Au sein de l'Union européenne, la commission chargée de la protection des données a écrit à Google lui demandant de justifier sa politique de conservation des données des recherches sur Internet à partir de son site et ce, pour une durée supérieure à deux ans. Ce courrier demande si Google a « rempli tous les prérequis » des lois européennes relatives à la protection des données"EU probes Google grip on data" (Accessed 26 mai 2007). L'investigation de l'Union européenne est toujours en cours (au ). Le , Google admit que ses règles concernant la protection des données personnelles étaient vagues"Google admits privacy policy is vague with EU Probe looming" (Accessed ) .

Norvège

La Norvège n'est pas un État membre de l'Union européenne, mais l’autorité norvégienne de protection des données Datatilsynet y fait appliquer la loi sur la protection des données. Elle s'est penchée sur les pratiques de Google (et d'autres) et a statué que la période de 18 à 24 mois de rétention d'informations proposée par Google était trop longueGoogle Data on Users May Break EU Law, Watchdog Says, Bloomberg (consulté le 26 mai 2007) lire en ligne..

France

En France, en , la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a exigé de Google de se mettre en règle concernant les manquements en matière de respect de la vie privée des internautes. Cette mise en demeure fait suite à une concertation entre plusieurs pays européens (Allemagne, Espagne, France, Italie, Pays-Bas et Royaume-Uni) qui, dès , avaient demandé à Google de respecter les directives européennes en matière d’informatique et de libertés.

La CNIL reprochait notamment à Google de ne pas informer correctement ses utilisateurs sur l’utilisation qui est faite de leurs informations. La commission a demandé à Google plus de transparence sur l’utilisation des renseignements collectés et a réclamé que les utilisateurs aient la possibilité de choisir s’ils veulent communiquer ou pas leurs données "Communiqué de la CNIL sur la mise en demeure Google".

Google n’ayant pas respecté la demande de mise en conformité dans le délai imposé par la CNIL de trois mois, cette dernière a lancé une procédure de sanction à l’encontre du géant américain en "Communiqué de la CNIL sur l'absence de mise en conformité avec l’expiration du délai de la mise en demeure de Google" "La CNIL engage une procédure de sanctions à l'encontre de Google".

Le en France, la CNIL condamne Google à une amende de 50 millions d'Euros « en application du règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD) pour manque de transparence, information insatisfaisante et absence de consentement valable pour la personnalisation de la publicité ».. L'enquête de la CNIL, qui a duré plusieurs mois, a été ouverte après des plaintes collectives des associations et la Quadrature du Net. Il s'agit de la première décision d'une instance de régulation de sanctionner l'un des acteurs majeurs du numérique, en utilisant les dispositions du RGPD en vigueur depuis . Le , le Conseil d’État valide la sanction de 50 millions d'euros prononcée par la CNIL à l’encontre de la société Google LLC.