La commune française de Sainte-Croix-aux-Mines (Haut-Rhin) possède de nombreuses croix et calvaires anciens L'inventaire des croix a été facilité par le travail de Jean Paul Antoine et Robert Guerre pour les Monuments historiques d'Alsace. Ce travail a été reproduit par Jean Kieffer pour la Société d'Histoire du Val de Lièpvre en 1997. En 2004 l'auteur de l'article a entrepris à son tour la recherche des calvaires sur cette commune. Nous en avons découvert d'autres qui n'avaient pas été signalées. .
Planter une croix est un acte de dévotion. S’arrêter devant une croix, c’était prier et gagner des indulgences. Souvent on précise les prières demandées. Planter une croix à l’entrée des villages, répondait souvent au souci de s’adresser aux passants : « Que Dieu protège ton entrée et ta sortie ». À cette dévotion peut s’ajouter la commémoration d’un événement familial important, le plus souvent tragique. La commune de Sainte Croix-aux-Mines possède de nombreuses croix rurales, vingt-deux en tout. C'est sans doute le village qui en possède le plus grand nombre dans toute la vallée. Elles sont implantées, en bordure des chemins, et aussi en pleine forêt comme la croix Gasperment près du Col de la Hingrie, ou la croix du Haut de Ribeauvillé au pied du massif du Taennchel.
Ce sont souvent des croix très rudimentaires, mais aussi de plus élaborées, y compris loin de la ville, dans des endroits totalement isolés. La plupart du temps les artisans sont originaires de la localité ou des proches environs. Certains artistes sont restés anonymes, d’autres y ont laissé leurs noms. Sur l’ensemble de Sainte Croix-aux-Mines, cinq sont l’œuvre de spécialistes. On trouve aussi dans les bois des croix massives taillées dans un seul bloc de grès, qui indiquent souvent le lieu d'un accident. Du au il n'est pas rare que des bûcherons ou grumiers trouvent la mort à cause de chutes d'arbres. Les collègues de travail ou la famille font alors installer de petites croix en grès à l'emplacement de l'accident. Certaines croix sont anonymes d'autres indiquent le nom de la personne décédée.
L’implantation des croix L’implantation des croix dépend de l’intention qui a conduit à leur édification. Les communautés choisissaient l’emplacement de leur croix : soit à l’entrée du village ou à d’autres emplacements, le plus souvent un lieu où c’était produit un accident. On dressait aussi des croix sur les parcours des processions ou comme point de départ des défunts vers leur dernière demeure. Les cercueils étaient acheminés par porteurs jusqu’à ces croix. La plupart des croix étaient érigées par des particuliers qui les installaient probablement sur leur propre terrain.
Croix de la Grange des Clous (Grand Rombach) 1707
Appelée aussi Croix de la Basse des Beuillons, cette croix en grès rose a été édifiée en 1707. Elle se trouvait autrefois près de l’ancienne école du Grand Rombach D'après Constant Miclo de la Grange des Clous et a été déplacée en 1803, lorsque celle-ci a été construite, sur une ancienne parcelle de Jean Weber (propriétaire de la ferme qui se trouvait à cet emplacement).
Il est situé sur le parcours qui mène tout droit après la grange de Constant Miclot. Arrivé un peu plus loin, on est en présence de deux itinéraires, dont l’un qui tourne à gauche et l’autre qui va tout droit. Continuer tout droit jusqu’au moment où celui-ci va à gauche. La croix est visible 50 mètres plus loin sur la partie du sentier qui monte.
Croix Joseph Arnould (Grand Rombach) 1796
Croix édifiée en 1796 en hommage à Joseph Arnould décédé à cet emplacement. Un arbre serait tombé sur lui provoquant sa mort instantanée. Il existe un chemin qui part à gauche, après la chapelle de Notre Dame du Bon Secours, et qui permet de se rendre à cette croix, située à environ 200 mètres.
Croix Surmely (Grand Rombach) 1802
Construite en 1802 par le tailleur de pierres Jean Baptiste George de Sainte Croix-aux-Mines et sa femme Rosalie Huin originaire de Rombach-le-Franc, la croix a été inaugurée par P.D. Antoine Schaal curé de Sainte-Croix. Elle a été financée par Joseph Surmely à la suite d’un vœu fait le , durant la Révolution.
Cette croix est située tout près d’un plateau où se croisent plusieurs chemins forestiers qui vont à Lubine, la Hingrie, le Col de la Ralaine puis le Grand Rombach. Le choix de l’emplacement n’est pas dû au hasard. Les intéressés ont voulu qu’elle soit dressée à mi-chemin entre les domaines forestiers de Sainte-Croix-aux-Mines et Rombach-le-Franc d’où le couple de tailleurs de pierres était originaire.
On y accède soit par le Grand Rombach ou par Lubine où il existe une route macadamisée qui passe par la chapelle de la jambe de fer à Lubine. Sur le plateau, prendre le chemin qui va vers le Grand Rombach. La croix est située vingt mètres plus loin en bordure du chemin. La croix de Surmely se trouve à la lisière de la forêt domaniale de la Hingrie, mais sur le ban de Sainte Croix-aux-Mines. On y accède par Sainte-Croix-aux-Mines au fond du vallon du Grand Rombach mais aussi depuis Rombach-le-Franc en allant jusqu’au col de la Hingrie qui s'élève à 748 mètres d’altitude. Ensuite prendre le chemin forestier de la Hingrie. La croix se trouve à 30 minutes de marche du col de la Hingrie.
Croix de Marigoutte (Grand Rombach) 1803
Croix érigée par le curé Charles Eugène et inaugurée par Monseigneur Jean Pierre Saurine, évêque de Strasbourg, la croix de Marigoutte a été bénie le par Joseph Antoine Schaal, curé de Sainte-Croix-aux-Mines. Le maître d’œuvre de cette croix est Joseph George, sculpteur et tailleur de pierres assistés par Pierre George, maçon et François Pairis, manœuvre, tous habitant le village.
Elle est située à l’intersection des chemins du Grand Rombach et de Marigoutte.
Croix du Hury (début du )
Cette croix connue sous le nom de Croix du Hury se trouve aux contreforts de la forêt du Hury au pied du Taennchel et à proximité de fermes, comme la ferme Didion. On ne connaît pas précisément l'histoire de cette croix qui date du , probablement installée par un paysan du coin.
Croix de Montplaisir (1818)
Cette croix se trouve près de la ferme de Montplaisir et a été édifiée en 1818. On y distingue une petite niche taillée dans la pierre renfermant une petite statue de la Vierge.
Croix du Pont de la Timbach (première moitié du )
Ce calvaire se trouve au croisement de la route nationale 59 et du chemin de la Timbach, à proximité immédiat du pont de la Timbach. Sur cet emplacement se trouvait probablement déjà une croix lorraine qui devait exister avant la Révolution. Le socle hexagonal fait sans doute partie des restes de l'ancienne croix, qui a dû être abattue lors de la Révolution. La reconstruction du doit en utiliser les restes. Sans doute qu'un habitant de Sainte-Croix-aux-Mines a récupéré l'ancien calvaire dans l'espoir de l'ériger de nouveau en attendant des jours meilleurs. Cette croix façonnée et sculptée dans du grès locaux à galets rappelle un peu les calvaires de Lorraine. Les surfaces lisses et les arêtes rigides de la croix témoignent d'un débitage à la scie qui contraste avec le reste du monument où l'on rencontre des surfaces rugueuses bordées de ciselures au ciseau, striées par les traces de layage qui recouvrent les impacts de la broche.
La hauteur totale de la croix en grès rose des Vosges est de 2,50 mètres environ. Sur cette croix ne figure aucune inscription, mais on estime qu'elle remonte à la première moitié du . Sur le bas du socle hexagonal se trouve une petite niche grillagée qui a sans doute abrité une petite madone.
Croix Surmely (Hury) 1830
Croix de l’ancienne école du Grand Rombach (1838)
Aussi nommée Croix Petitdidier, elle a été érigée par les soins de Marie Madeleine Petitdidier en 1838. Elle est située près de l’ancienne école du Grand Rombach.
Croix de Laide-Baisse (Bouille bas) 1852
Cette croix massive se trouve dans un endroit très retiré des anciens champs, entre la Bouille et le vallon de Bougival au lieu-dit de Laide-Baisse, à Bouille bas, un lieu aujourd'hui très sauvage. Il faut prendre le chemin qui part à gauche en dessus de la ferme des frères Antoine au Petit Rombach et de là marcher environ 1 km en direction de Rougigoutte, jusqu’au mirador des chasseurs. À cet endroit, prendre un petit sentier abrupt en direction du poteau électrique à haute tension. La croix se trouve 20 mètres plus bas sur la gauche. Les inscriptions sur la croix mentionnent : / SIMON Jacques Joseph qui est probablement la date de la mort de cette personne à l’emplacement même où fut érigée la croix.
Croix du vallon de Trachenbach (Petit Rombach) 1860
Située à proximité de l’ancienne école du Petit Rombach, cette croix a été édifiée en 1860 et se trouve à l’entrée du vallon de Trachenbach sur le chemin qui conduit au château d'Échéry. Le calvaire est installé sur un petit talus situé au coin, entre le chemin du Petit Rombach et le vallon de Trachenbach qui conduit à Jaboumont et au château d'Echéry. La croix repose sur un piédestal parallélépipédique assez imposant (hauteur de 0,75 mètre) surmonté d'une console comportant un entablement très débordant au-dessus d'une épaisse moulure.
Croix Gasperment (1863)
Elle est située au bord de la route forestière de la Hingrie, à 15 minutes à pied du col de la Hingrie, sur la parcelle forestière 64. Il s’agit d’une croix en bois érigée à la mémoire de Marguerite Gasperment née Grandgeorge décédée le à l’âge de 26 ans. La personne en question aurait trouvé la mort à la suite d’une chute d’arbre. Le mari de la malheureuse, ne la voyant pas arriver pour lui amener à manger, partit à sa recherche et la découvrit écrasée sous un arbre.
Renversée par les débardeurs, cette croix a failli disparaître ; elle a été remise en place vers 1994 par Édouard Verdun, de la Hingrie, et son frère Roger Verdun. Un socle de pierre et de béton d'une hauteur de 30 cm a été installé par les deux bûcherons pour maintenir la croix qui se trouve à mi-chemin entre le col de la Hingrie et la croix de Surmely, dans la forêt domaniale de la Hingrie. Cette croix en bois de couleur acajou donne une impression de fragilité. Elle porte un modeste crucifix métallique.
Croix devant la chapelle du Petit Rombach (1865)
Ou Croix Didierjean située à côté de la chapelle Saint-Antoine au Petit Rombach érigée en 1865 par Nicolas Marchal et Catherine Didierjean et leurs enfantsLa croix près de la chapelle Saint-Antoine du Petit Rombach.
Croix devant l’entrée du Petit Rombach (deuxième moitié du )
Cette croix est située à l'intersection de la route nationale 59 et de la route qui conduit au Petit Rombach. Elle repose sur un socle carré d'une hauteur approximative de un mètre où l'on trouve l'inscription "Vous tous qui passez par là, noubliez pas de penser à votre fin dernière". Le piédestal de la croix repose sur ce socle carré, et au pied du Christ on aperçoit une petite tête de mortUne croix qui interpelle le passant.
Croix du Haut de Ribeauvillé (au pied du massif du Taennchel (1870)
Cette croix se trouve au pied du massif du Taennchel. Son socle est creusé d'une niche abritant une statuette de la Vierge avec l'inscription « Ô Sainte Vierge priez pour nous ». Érigée en 1870, elle porte les initiales des donateurs : IB, GG + OD, PD. La récompense est promise à ceux qui prieront en ce lieu : cinq Pater, cinq Ave et 40 jours d'indulgences.