vignette|L'affiche américaine du film. Orgueil et Préjugés () est un film américain réalisé par Robert Z. Leonard, sorti en aux États-Unis.

Le film se situe à Longbourn, en Angleterre, dans un de convention, où vit la famille Bennet. L'arrivée de deux riches célibataires dans les environs aiguise l'appétit des mères, en particulier celui de Mrs Bennet qui a cinq grandes filles à marier. Si Mr Bingley est vite attiré par la douce Jane, Mr Darcy méprise la population locale. Elizabeth, ne supportant pas son snobisme qu'elle prend pour de l'arrogance, le prend en grippe. Il tombe amoureux d'elle, se résout à demander sa main, mais elle le repousse avec colère. Quand elle comprend qu'elle l'aime aussi, il est trop tard : le comportement de Lydia a mis la famille au ban de la société. L'intervention de Darcy la sauve finalement du déshonneur et l'amour d'Elizabeth est sa récompense.

Le scénario est coécrit par Jane Murfin, une des scénaristes attitrées des comédies de la Metro-Goldwyn-Mayer, et l'écrivain britannique Aldous Huxley, dont le nom est supposé servir de caution littéraire. En effet, le film ne s'inspire pas directement du roman d'origine, publié en 1813, mais d'une adaptation théâtrale à succès, (« Orgueil et Préjugés, comédie sentimentale en trois actes ») de l'Australienne Helen Jerome, créée aux États-Unis fin 1935. Cette adaptation obéit à deux tendances : la volonté de restituer l'ironie de Jane Austen, et celle d'obtenir l'atmosphère légère caractéristique des comédies romantiques de l'âge d'or hollywoodien. C'est ce qui explique des simplifications dans le déroulement de l'action et d'autres différences notables entre le film et le roman, comme la suppression de la visite de Pemberley par l'héroïne et la transformation finale de Lady Catherine de Bourgh en un personnage plutôt sympathique.

Les rôles de Darcy et d'Elizabeth Bennet sont tenus par deux acteurs bien connus des théâtres londoniens : Laurence Olivier, auréolé de ses premiers succès hollywoodiens, et Greer Garson, la nouvelle star de la MGM.

Le film a été intégralement tourné dans les vastes studios de la MGM entre février et . Il s'agit de la première tentative d'adaptation cinématographique de ce grand classique de la littérature anglaiseIl y a toutefois eu auparavant en Grande-Bretagne une première adaptation télévisée de 55 min, diffusée en direct le 22 mai 1938.. Il faut attendre 2005 pour voir la seule autre adaptation au cinéma, par Joe Wright, avec Keira Knightley et Matthew Macfadyen, même si le roman a fait entre-temps l'objet de fréquentes adaptations télévisuelles.

Synopsis

thumb|L'ayant trouvée « assez intéressante » () Darcy (Laurence Olivier) invite Elizabeth à danser... thumb|... mais Elizabeth (Greer Garson) refuse son invitation avec une insolence étudiée. Après le générique apparaît un texte en surimpression sur un décor en grisaille : « Cela se passe dans la vieille Angleterre... dans le village de Meryton », puis une succession de quatre gravures tenant lieu de didascalies initiales. Pour chaque lieu sont signalés, avec une musique de circonstance, « ceux qui y habitent » et les acteurs qui les interprètent dans l'ordre d'importance : le spectateur sait ainsi qu'à Meryton vivent Wickham, Denny, Sir William Lucas, Lady Lucas, Mrs Philips ; à Longbourn, habitent Elizabeth, Jane, Mary, Kitty, Lydia, Mrs et Mr Bennet ; à Netherfield logent Mr Darcy, Miss Bingley et Mr Bingley ; à Rosings enfin, sont rattachés Lady Catherine de Bourgh, Miss de Bourgh, Mr et Mrs Collins.

À travers la vitrine de la boutique de Meryton où elle se trouve avec Jane et Elizabeth, ses deux aînées, Mrs Bennet voit passer une élégante calèche : c'est celle de deux riches célibataires, Mr Bingley (qui vient d'emménager à Netherfield avec sa sœur) et Mr Darcy. Aussi se hâte-t-elle de récupérer ses trois autres filles, Mary chez le libraire (où elle a acheté l'Essai sur le Sublime et le Beau de Burke (note 1)), Kitty et Lydia devant un spectacle de marionnettes avec deux officiers (Wickham et Denny), et de rentrer à Longbourn pour obliger son mari à aller se présenter à Netherfield. Sa calèche fait la course avec celle de Lady Lucas, aussi pressée qu'elle.

Mr Bennet se moque de la précipitation de sa femme... avant de signaler qu'il connait Bingley depuis qu'est signé le bail de Netherfield et qu'il lui a donné des billets pour le prochain bal de Meryton. Au bal, Wickham danse avec Lydia et se fait présenter à Elizabeth. Arrivent les Bingley. Charles se fait présenter à Jane par Sir William Lucas et Darcy, dont on apprend que la mère était noble, valse seulement avec la fière Miss Bingley. On le trouve prétentieux. Lydia et Kitty s'enivrent, Caroline Bingley invite Jane à venir à Netherfield, car elle s'y ennuie. Elizabeth, qui, faute de cavalier, s'est isolée pour bavarder avec son amie Charlotte Lucas, entend Darcy dire à Bingley qu'il n'a aucune envie de danser avec elle : elle est certes , mais il n'est . Plus tard cependant, il veut l'inviter, mais elle lui affirme : , et lui fait l'affront d'accepter l'invitation de Wickham. En voyant ce dernier, Darcy se fige et se détourne, puis les regarde danser, l'air sombre. Wickham prévient Elizabeth que Darcy a commis une terrible injustice à son égard, sans préciser davantage.

Jane se prépare à aller à Netherfield en calèche, mais, voyant le temps menaçant, sa mère l'oblige à y aller à cheval. Elle s'enrhume, on la soigne, Charles lui traduisant obligeamment les termes médicaux, avant de descendre accueillir Elizabeth qui arrive, crottée et la robe boueuse. Darcy demande à Caroline, choquée qu'elle arrive seule, comment on peut trouver . Le soir, au salon, on joue aux cartes, on évoque la bibliothèque de Pemberley... Miss Bingley énumère les accomplishments indispensables et Darcy, qui écrit à sa sœur Georgiana, ajoute . Elizabeth ferme alors vivement son livre, annonce qu'elle doit rentrer à cause de l'arrivée imminente du cousin de son père, et Bingley promet d'organiser un bal.

Mrs Bennet est allée chercher Jane à Netherfield et Mr Collins est enfin arrivé. Il trouve grâce à ses yeux dès qu'il parle mariage. Jane étant , il jette son dévolu sur Elizabeth.

Au cours de la garden-party à Netherfield, Darcy aide Elizabeth à échapper aux assiduités de Collins, puis l'invite à une séance de tir à l'arc. Elle est meilleure que lui et il accepte en souriant sa défaite, mais refuse de lui répondre quand elle lui demande la raison de son attitude envers Wickham : . Blessée peu après par de méchantes remarques de Caroline sur le « brillant » comportement de sa famille, elle s'isole mais Darcy la rejoint, lui affirmant que son est une preuve de courage et de loyauté, et qu'il aimerait avoir un ami capable de le défendre comme elle a défendu Wickham. , lui dit-elle alors, . En lui retournant son sourire, il réplique : . Retournant ensemble vers la maison, ils surprennent Mrs Bennet confiant ses espérances matrimoniales à Lady Lucas, Kitty éméchée et Lydia hilare entre Denny et Wickham. Il se recule, scandalisé et dégoûté. Irritée par ce « snobisme », Elizabeth accepte de rentrer danser avec Collins, il reste dehors et ils se lancent des regards noirs à travers la croisée.

thumb|left|Au grand dam de sa femme, Mr Bennet affirme à Lizzy qu'il ne la verra plus... si elle épouse Mr Collins. Le lendemain, elle rêve à sa fenêtre, puis Collins fait sa demande en mariage et le refus catégorique d'Elizabeth est soutenu par son père. Plus tard Mrs Bennet ouvre, sous le regard choqué de Lydia et désapprobateur de Mary (qui évoque la Magna Carta), une lettre adressée à Jane, persuadée que c'est la demande en mariage de Bingley, mais c'est l'annonce de son départ. , s'écrit-elle. Wickham arrive, tout joyeux de la du départ de Darcy que . Il confie à Elizabeth que Darcy, refusant de respecter la volonté de son père, ne lui a pas versé la rente qui lui aurait permis d'entamer la carrière ecclésiastique qu'il souhaitait embrasser, puis il sort, emmené par Denny, Kitty et Lydia. Jane est partie pleurer dans sa chambre, Elizabeth la rejoint et lui explique que . Elle se dit ravie du départ de Darcy. Les Lucas viennent alors annoncer les fiançailles de Collins avec Charlotte, qui, bien décidée à devenir maitresse de maison à Hunsford, combat les réticences d'Elizabeth et l'invite à venir dans le Kent la voir dans sa nouvelle demeure.

thumb|La demande en mariage de Darcy. Charlotte accueille à Hunsford Elizabeth qui lui apprend que Jane est à Londres chez leur oncle Gardiner, ce qui est tout bénéfice pour son père car , mais l'abandonne précipitamment pour aller saluer Lady Catherine et sa fille qui arrivent en calèche. L'air pincé et hautain de la noble tante de Darcy fait dire à Elizabeth : . Le soir, tandis que Collins fait fièrement admirer le luxe de Rosings à Elizabeth, arrivent Darcy et son cousin (en uniforme de Highlander). Voyant Darcy subjugué par Elizabeth, le colonel Fitzwilliam fait allusion à son long séjour à Netherfield l'été précédent. , réplique-t-elle, Mais il s'incline en souriant :. Lady Catherine « cuisine » alors Elizabeth, qui répond hardiment, ce que Darcy a l'air d'approuver.

Mais lorsqu'il vient à Hunsford demander sa main, elle le refuse, dans un échange très vif (repris en grande partie du roman), à cause des confidences de Wickham et parce qu'elle vient d'apprendre qu'il est responsable du malheur de sa sœur. Il avoue qu'il ne pensait pas que Jane aimait son ami, mais refuse de s'expliquer sur Wickham. Lui parti, elle semble mi-fâchée, mi-désolée.

thumb|left|Elizabeth avoue à Jane qu'elle est maintenant amoureuse de Darcy. Elizabeth est ramenée à Longbourn par les Collins. Jane, revenue de Londres, lui apprend que Lydia s'est enfuie la veille avec Wickham et que leur père est parti à leur recherche. Collins présente d'amères « consolations » lorsqu'on annonce Darcy. Il vient offrir ses services à Elizabeth et lui dire la vérité sur Wickham, ce menteur qui a failli réussir à enlever sa sœur âgée de quinze ans et qui n'a certainement pas l'intention d'épouser Lydia. Elle le remercie, mais croit son intervention inutile. Lorsqu'il la quitte, Elizabeth avoue à Jane qu'elle l'aime mais, comme elle l'a rejeté à Hunsford, elle croit qu'il ne voudra plus la revoir.

Un soir, chez Darcy, tandis que les deux amis jouent au billard, Caroline leur lit en riant les nouvelles : Lydia et Wickham n'ont pas été retrouvés, les Bennet sont mis en quarantaine. Bingley en rate sa boule et déchire le tapis de table.

Les Bennet s'apprêtent à déménager à Margate, pour échapper à la disgrâce. Mrs Bennet a ses nerfs. Elizabeth affirme : , Jane évoque qu'ils vont construire. ., ironise Mr Bennet. Collins est là, qui se réjouit de leur départ, dont il va profiter. Arrive alors une missive de Mr Gardiner annonçant qu'il a retrouvé et marié Lydia, suivie peu après par les Wickham, en grand équipage. Lui précise à Elizabeth qu'il a hérité d'un oncle de Jamaïque, elle, tout excitée, montre son alliance, caquette et virevolte. Mrs Bennet est ravie, mais son mari refuse de serrer la main de son gendre.

Lady Catherine arrive à son tour pour parler à Elizabeth. Elle la prévient qu'elle administre la fortune de sa sœur et . Cela ne trouble pas Elizabeth, qui est persuadée que Darcy ne l'aime plus, ce dont Lady Catherine doute puisqu'il a de Lydia. Elizabeth, tout heureuse, refuse alors de renoncer à épouser Darcy, même s'il devient pauvre. Lady Catherine, très raide, rejoint sa calèche où il l'attend, inquiet. Elle lui raconte son entrevue et conclut : .

Darcy entre alors dans la maison . Accueilli sèchement par Mrs Bennet, il va dans le jardin avec Elizabeth. Il lui annonce que Bingley est revenu (on le voit avec Jane), lui avoue qu'il l'aime toujours et que sa tante, malgré son air revêche, l'apprécie et approuve leur mariage. La conversation se termine par un baiser fougueux.