L'archidiocèse de Sens-Auxerre (en latin : ) est une église particulière de l'Église catholique en France. Son siège est la cathédrale Saint-Étienne de Sens. Le siège est occupé depuis le par Pascal Wintzer.

Érigé dès le , le diocèse de Sens est élevé au rang d'archidiocèse métropolitain au . Supprimé en , il est rétabli dès pour le département de l'Yonne. Depuis , les archevêques de Sens joignent à leur titre celui d'évêque d'Auxerre et le nom complet de l'archidiocèse est archidiocèse de Sens (-Auxerre).

Depuis , l'abbaye de Pontigny est le siège de la prélature territoriale de la Mission de France. Bien que la Mission de France soit une Église particulière distincte de l'archidiocèse de Sens, le titre de prélat de Pontigny est porté par l'archevêque. Depuis , l'archidiocèse n'est plus métropolitain mais suffragant de celui de Dijon.

Territoire Depuis , l'archidiocèse de Sens couvre le département de l'Yonne à l'exception, depuis , de la paroisse de l'abbatiale de Pontigny qui est le siège de la prélature territoriale de la Mission de France.

Historique L'archidiocèse de Sens

Selon la légende, le diocèse de Sens a été fondé dès le et été érigé en archidiocèse au . En effet, la fondation des premières paroisses et des premiers évêchés n'est connue le plus souvent que par des traditions locales tardives et légendaires qui visent à prouver l'antériorité d'un siège par rapport à un autre., voire à faire remonter la conversion aux temps apostoliques.

Selon la tradition, rapportée par le Martyrologe romain., la cité gallo-romaine des Sénons est évangélisée au par deux chrétiens : Savinien et Potentien. Selon la liste épiscopale., Savinien devint le premier évêque de Sens, vers .. Mais, un ., il meurt décapité d'un coup de hache dans la crypte d'un oratoire qu'il avait fait construire à la sortie de Sens.. Selon la liste épiscopale, Potentien lui succède, mais est décapité le de l'année suivante.

Le premier évêque de Sens dont l'existence est attestée est Séverin qui figure sur la liste authentique des souscripteurs du pseudo-concile de Cologne de .

Le territoire du diocèse de Sens, de grande étendue, correspond à celui de la cité gallo-romaine des Sénons., réduit à la suite de l'érection de la cité d'Auxerre par Postume ou Dioclétien. Il couvre deux pagi : le proprement dit, autour de Sens, et le Gâtinais, autour de Château-Landon. , il couvre : le Melunais, autour de Melun ; une partie de la Brie, autour de Provins ; et une partie de la Beauce, autour d'Étampes.

L'archevêque de Sens portait le titre de vicomte de Sens depuis son achat de plusieurs lots par Pierre de Charny en , ainsi que les titres de baron de Brienon, de Nailly, de Saint-Julien-du-Sault et de Villeneuve-l'Archevêque et de seigneur d'Étigny et de Cuy (cette dernière étant appelée Noslon, nom du château seigneurial), titres portés depuis le et même au-delà.

Au concile de Rome de 769, l'évêque de Sens, Villicaire, est qualifié d'archevêque des Gaules ().

L'archevêque de Sens. se disait : en effet, le , le pape Jean VIII établissait l'archevêque de Sens Anségise (871-883) comme son en Gaule et en Germanie.. Cette délégation apostolique, extraordinaire et personnelle, fut confiée par le pape Jean XV à son successeur Séguin ou Sévin (977-999)., qui prit à l'occasion du concile de Saint-Basle de Verzy (991) le titre de .. De là à parler de primatie pour le diocèse de Sens, il n'y avait qu'un pas à franchir, mais il faut attendre l'archevêque Jean de Nanton (1422-1432) pour voir apparaître le titre de (concile de Paris, 1429)., jamais confirmé par Rome, qui considérait au contraire que la province de Sens était soumise à Lyon, depuis 1079. Lyon revendiqua, de ce jour, une autorité primatiale sur Sens, Rouen et Tours. L'indépendance de Sens fut néanmoins fermement défendue par le roi qui refusait que son royaume dépende d'un primat vivant en terre d'Empire.

De à , le pape s'installe à Sens.

Jusqu'en , l'archevêché de Sens comptait sept diocèses suffragants : Auxerre, Chartres, Meaux, Nevers, Orléans, Paris et Troyes. Les sept initiales formaient le mot de CAMPONT, devise du chapitre de Sens.

Par la bulle du ., le pape élève le diocèse de Paris au rang d'archidiocèse métropolitain avec, pour suffragants, les trois diocèses de Chartres, Orléans et Meaux. Pour indemniser l'archevêque, par une bulle de , le pape unit à la mense archiépiscopale l'abbaye du Mont-Saint-Martin, à Gouy, alors dans le diocèse de Cambrai.

Lors de la création des départements, en , vingt-trois paroisses de l'archidiocèse de Sens sont rattachées au département de l'Aube : dix paroisses du doyenné de Saint-FlorentinAuxon, Coursan-en-Othe, Courtaoult, Ervy-le-Châtel, Montfey, Montigny-les-Monts, Nogent-en-Othe, Racines, Villeneuve-au-Chemin et Vosnon., cinq autres du doyenné de la Rivière de la VanneBérulle, Courmononcle (aujourd'hui, partie de Saint-Benoist-sur-Vanne), Pouy-sur-Vannes, Rigny-le-Ferron et Vulaines. et sept autres de doyenné de TraînelCourceroy, Fontenay-de-Bossery, Gumery, La Louptière-Thénard, La Motte-Tilly, Plessis-Gatebled et Traînel..

La constitution civile du clergé, décrétée par l'Assemblée nationale constituante le , maintient Sens comme siège épiscopal du diocèse du département de l'Yonne. Bien que sanctionnée par , la constitution civile du clergé n'est pas reconnue par le Saint-Siège. S'ensuit la fin du culte dans la France révolutionnaire, provoquant une période de persécution et la Terreur. À la suite du concordat de 1801, qui rétablit le culte catholique en France, par la bulle du ., le pape supprime l'archidiocèse de Sens. Son territoire est incorporé à celui de diocèse de Troyes, qui est maintenu pour les départements de l'Aube et de l'Yonne, et le titre d'archevêque de Sens joint à celui d'archevêque de Paris.

L'archevêque avait pour armoiries : .

L'archidiocèse de Sens-Auxerre Le concordat du prévoit le rétablissement de l'archidiocèse de Sens pour les arrondissements de Joigny et de Sens du département de l'Yonne et avec, pour suffragants, les diocèses d'Auxerre, Moulins, Nevers et Troyes. Mais il n'est pas ratifié.

Par la bulle du ., Pie VII rétablit l'archidiocèse de Sens pour le département de l'Yonne et avec, pour suffragants, les trois diocèses de Troyes, Nevers et Moulins. Le nouveau diocèse a donc les limites de l'Yonne : le centre est une partie de l'ancien diocèse d'Auxerre, le nord vient de l'ancien diocèse de Sens, le Morvan au sud provient du diocèse d'Autun, et l'est du diocèse de LangresSite du diocèse. Les prétentions de Sens, supprimées avec le diocèse (Concordat de 1801..), ressurgirent avec sa restauration (1821)., toujours sans reconnaissance romaine. L'archevêque de Sens semble avoir renoncé à ce titre primatial après Georges Gilson (1996-2004).

Par le bref du ., Pie VII autorise les archevêques de Sens à joindre à leur titre celui d'évêque d'Auxerre. L'archidiocèse possède ainsi deux cathédrales.

La loi de séparation des Églises et de l'État du Loi du 9 décembre 1905 (version initiale) (consulté le 3 décembre 2013) dissout la mense archiépiscopale de Sens.

En 1924, l'archidiocèse devient une association diocésaine : constituée le , déclarée à la sous-préfecture de Sens le 28 du mois, ses statuts sont publiés au Journal officiel du suivant.

Par la constitution apostolique du ., le pape Pie XII élève la Mission de France au rang de prélature territoriale avec, pour siège, l'abbatiale de l'abbaye de Pontigny.

En 1973, la résidence de l'archevêque est déplacée de Sens vers Auxerre, où est également installée la .

En 1984, on regroupe les anciennes paroisses, qui passent de 500 à 102 ensembles paroissiaux.

L'archidiocèse aujourd'hui thumb|180px|Blason de Hervé Giraud. Par un décret du Décret du 8 décembre 2002 (consulté le 3 décembre 2013), la Congrégation pour les évêques réorganise les provinces ecclésiastiques de France métropolitaine, afin de les faire coïncider avec les régions administratives. L'archidiocèse de Sens conserve son titre, mais perd sa qualité de siège métropolitain. Il devient suffragant de l'archidiocèse de Dijon, comme le diocèse de Nevers et la prélature territoriale de la Mission de France. Le diocèse de Moulins devient, quant à lui, suffragant de l'archidiocèse de Clermont.

En 2011, l'archidiocèse de Sens-Auxerre compte 110 paroisses, et 102 paroisses en 2014, regroupées en sept doyennés :

Doyenné de l'Auxerrois Doyenné de l'Avallonnais Doyenné du Jovinien Doyenné de la Puisaye Doyenné du Sénonais rural Doyenné du Sénonais urbain Doyenné du Tonnerrois

En 2016, toutes les anciennes paroisses sont dissoutes : l'archidiocèse n'est plus structuré qu'en 31 paroisses et 4 doyennés.

Doyenné du Sénonais Doyenné du Jovinien Doyenné de l'Auxerrois-Puisaye Doyenné de l'Avallonnais-Tonnerrois

Statistiques thumb|left|Cathédrale Saint-Étienne d'Auxerre. L'archidiocèse est l'un des plus déchristianisés de France. Ce phénomène est ancien. L'archidiocèse comprenait en 2005 environ 200 000 baptisés pour une population totale de 332 566 habitants (60,1 %) desservis par 132 prêtres (305 en 1969) dont 55 réguliers. Le nombre de diacres permanents était de 13, de religieux de 112 et de religieuses de 139.

L'archidiocèse comprenait en 2014 Selon l'Annuaire pontifical de 2015 un nombre de 209 600 baptisés pour 342 724 habitants (61,2 %) desservis par 97 prêtres (soit une baisse significative), dont 60 séculiers et 37 réguliers. Le nombre de diacres permanents était de 20, celui de religieux de 67 et de religieuses de 98 (en forte baisse), pour 102 paroisses.

L'archidiocèse comprenait en 2017Annuaire pontifical, 2018 un nombre d'environ 200.000 baptisés pour une population de 341.902 habitants (58,5%), servis par 76 prêtres (54 diocésains et 22 réguliers), 21 diacres permanents, 57 religieux et 83 religieuses dans 31 paroisses. thumb|right|Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay. La pratique religieuse de l'archidiocèse est très inférieure à la moyenne nationale, ainsi que le nombre de baptêmes et de funérailles religieuses. Ce territoire est en effet fortement sécularisé, depuis la fin du avec des figures politiques et des structures locales anticléricales, ce qui en faisait une terre de mission dès le milieu du .

En , Hervé Giraud dissout toutes les paroisses de l'archidiocèse et procède à un regroupement au nombre désormais de 31 paroisses pour toute l'Yonne.

En , il y a eu une ordination sacerdotale pour le diocèse, ce qui n'était pas arrivé depuis sept ansOrdination en 2019. Le prêtre ordonné, Matthieu Jasseron, renonce à son sacerdoce en ..

Communautés religieuses Abbaye de la Pierre-qui-Vire (bénédictins) Frères franciscains à Vézelay (3 frères à la chapelle de la Cordelle) Frères missionnaires des campagnes à Chichery (3 prêtres et 2 frères) Famille Missionnaire de Notre-Dame à Sens Carmel de Sens (12 moniales) Sœurs des campagnes à Cheny (5 religieuses à l'âge de la retraite) Sœurs dominicaines missionnaires des campagnes (communautés de 2 ou 3 sœurs à Héry, Saint-Florentin, Villeneuve-sur-Yonne et Migennes) Sœurs de la Charité de Nevers à Sens Religieuses de l'Assomption (une religieuse en ermitage) Sœurs des Saints Cœurs de Jésus et Marie (3 religieuses âgées à Toucy) Fraternité monastique de Jérusalem à Vézelay (frères et sœurs suscitant de nouvelles vocations), animation du pèlerinage de la basilique de Vézelay

Cathédrales et basilique mineure La cathédrale Saint-Étienne de Sens, dédiée à saint Étienne, est l'église cathédrale de l'archidiocèse Cathédrale Saint-Étienne (consulté le 3 décembre 2013).

La cathédrale Saint-Étienne d'Auxerre, également dédiée à saint Étienne, était l'église cathédrale de l'ancien diocèse d'Auxerre Ancienne cathédrale Saint-Étienne (consulté le 3 décembre 2013).

La basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay, dédiée à sainte Marie-Madeleine, est, depuis le , une basilique mineure Basilique Sainte-Madeleine (consulté le 3 décembre 2013).

Saints de l'archidiocèse