La Préhistoire de la Corée. concerne le territoire de la Corée du Sud et de la Corée du Nord mais aussi des espaces situés au-delà.

Pour le Paléolithique, les premières découvertes datent de 1964, sur le site de Seokjang-ri par le professeur Sohn Pokee, de l’Université Yonsei. Le Paléolithique ancien est renseigné par des outils de pierre taillée, qui sont datés entre . Parmi ces outils apparaissent des pierres rondes énigmatiques, quoique similaires aux bolas actuelles. Par contre, les fossiles correspondants sont quasi inexistants. Le témoin de ce type, le plus ancien homininé de Corée, pourrait être un Homo erectus daté, avec quelques réserves, de . La présence dHomo sapiens est attestée par un plus grand nombre d'indices, mais les dates demandent à être révisées. La dernière glaciation, au Paléolithique récent, génère de profonds bouleversements dans les populations animales et végétales. Mais le mammouth s'arrête en dehors de la péninsule. Les hommes doivent s'adapter à ces conditions rigoureuses.

Au début de l'Holocène et sous un climat plus doux, les premières céramiques apparaissent vers avant notre ère au sein de populations qui pratiquent la collecte, la pêche et la chasse, souvent proches des rivages et des rivières. Ces modes de subsistance persistent pendant des millénaires tandis que l'habitat se disperse, apparemment en fonction d'une forme de résistance à l'émergence de tout pouvoir. Ces villages néolithiques sont, de ce fait, constitués de tout petits regroupements, en moyenne de cinq à vingt habitations semi-enterrées. Les cultures, du millet en particulier, restent toujours d'un investissement et d'un apport minime. Les plus anciennes gravures rupestres semblent évoquer la vie de ces pêcheurs, qui pratiquent, la chasse à la baleine en bateau. Le site mondialement célèbre de Bangu-dae évoque toute une panoplie de scènes de chasse et de pêche avec de très nombreux types d'animaux, dans un ensemble monumental de gravures à proximité d'une rivière et non loin de la mer. Tout au long de cette période, qui va jusque vers 1500 avant notre ère, la céramique se renouvelle sans cesse. Plusieurs types de décors non figuratifs, en relief ou en creux, dont celui appelé « au peigne » qui se répand au cours du Néolithique moyen sur quasiment tout l'ensemble de la péninsule, puis toutes cette richesse inventive disparait avec l'arrivée d'une société du bronze.

La riziculture se développe en effet à l'âge du bronze (1500-300 av.n.è.), dans une société hiérarchisée qui se sédentarise un peu plus. Le bronze sous forme d'outils ou d'armes est d'un usage limité. Les armes de bronze se retrouvent dans les tombes en tant qu'objets de prestige, parfois sous forme de substituts en pierre et, ensuite, le fer participe un peu aux nouvelles pratiques agricoles. Les gravures rupestres continuent à être utilisées et c'est l'époque des dolmens en Corée. Dans ce nouveau contexte, les tribus de Corée se constituent en confédérations, rivales pour le commerce des métaux, d'où émergeront les premiers royaumes. Une céramique sans décor contient les récoltes et, vers 800 avant notre ère, au cours d'une période de refroidissement et d'assèchement global, arrive avec la culture du riz au nord de Kyushu (le sujet de cette phrase manque. Qui arrivent ? Des proto japonais, des proto indiens ?) : ces émigrés déterminent une nouvelle ère, Yayoi, au Japon. Dans la péninsule et en Mandchourie, l'époque suivante, dite des Trois RoyaumesKoguryŏ, Paekche et Silla. D'autres petits royaumes et États tribaux coexistèrent avec ces trois royaumes et la Confédération de Gaya. ( de notre ère), voit la Corée entrer dans l'Histoire avec une influence chinoise qui se manifeste tant sur le plan politique que sur le plan des idées : confucianisme et bouddhisme s'imposent au sein des élites avant de toucher l'ensemble de la société.

Histoire de la recherche préhistorique L'archéologie coréenne s'est fondée et développée au , malgré l'occupation japonaise, de 1910 à 1945. Puis, la guerre de Corée et la partition du pays ont retardé les recherches. Les premières découvertes significatives sur le Paléolithique datent de 1964 avec le site de SeokjangniLe site archéologique et musée est documenté, en anglais sur Région de Gongju et sur Visit Korea, en coréen sur le site du musée. où le professeur Sohn Pokee (손보기) (1922-2010), pionnier des recherches sur le Paléolithique en Corée : Hommage au professeur Pokee Sohn., effectue les découvertes majeures qui fondent la recherche préhistorique du pays.. : les premiers bifaces sur le site de Seokjangni ainsi que les grottes de Jeommal et Geum-gul qui attestent, par leurs restes fauniques, d'une présence humaine au Paléolithique ancien (vers -. Il découvre aussi l'abri-sous-roche de Sangsi occupé par Homo sapiens au Paléolithique supérieur. Invité en France par le professeur Henri de Lumley en 1976, il organise une collaboration scientifique encore très active aujourd'hui. Avec lui, des recherches modernes et interdisciplinaires se mettent en place.

Au l'archéologie coréenne aborde l'informatisation des données, se fait plus scientifique, procède à une archéologie qui prend en compte les deux Corées et les questions d'environnement ; l'information se globalise, qui sert de référence pour la suite de cette sous-partie.. Depuis les années 1990, on assiste à des avancées très significatives dans les connaissances sur la Préhistoire de la Corée. De nouvelles découvertes archéologiques, avec des moyens plus performants, partout dans la péninsule, ont mené à une évaluation plus précise et critique des datations et des cultures. Ce développement rapide de l'archéologie préhistorique s'est focalisé sur des questions centrales telles que la chronologie, la typologie et la généalogie des types, tout en diversifiant les sujets d'étude et en approfondissant la méthodologie des recherches. Les recherches intègrent de nouveaux domaines tels que l'évolution des connaissances des anciens environnements et de l'écologie, avec l'histoire des anciens régimes des eaux fluviales, particulièrement puissants en Corée. Certains points retiennent l'attention des préhistoriens coréens dans les années 2010 : une perspective de recherche holiste appliquée à la préhistoire de la Corée, la popularité grandissante de l'analyse scientifique et de l'archéologie expérimentale, un intérêt croissant pour les régions voisines de la péninsule coréenne, une plus grande sensibilité à la recherche archéologique étrangère et l'approfondissement de l'analyse culturelle à une échelle régionale.

Le début du Néolithique est marqué par la hausse du niveau de la mer causée par la fin de l'ère glaciaire : de -8000 à -4000, la mer monte de pour atteindre son niveau actuel et finit de faire de la Corée une péninsule, alors que pendant les dernières glaciations elle était rattachée à l'espace japonais, alors entièrement rattaché au continent. Cette élévation du niveau de la mer a particulièrement touché les zones de plaine de la mer Jaune et du détroit de Corée. Les établissements côtiers ont donc été progressivement noyés. Aussi, à l'avenir, le développement souhaité de l'archéologie sous-marine et des techniques de fouille permettra de renouveler radicalement les connaissances sur la vie des premiers habitants de la CoréeChristian Perrenou (géologue au Centre Européen de Recherches Préhistoriques, MNHN) dans : ., très probablement bien implantés sur des côtes qui, aujourd'hui, sont noyées.

Paléolithique Généralités La recherche en paléontologie a permis de retrouver les traces d'une occupation paléolithique continue de la Corée. La première découverte, sur le site de Sookjang-ni à Gongju (공주 석장리 유적), qui présente de nombreux niveaux allant du Paléolithique ancien au Paléolithique récent, remonte seulement à 1964 par le Professeur Sohn Pokee de l’Université YonseiVidéo : .. En 1968 il y a mis au jour des outils lithiques et quelques bifaces. Pour la première fois, le témoignage d'un peuplement très ancien était attesté en Corée : « Professeur Pokee SOHN (1922-2010) ». Ensuite les découvertes se sont multipliées, essentiellement sur des sites de sauvetage depuis les années 1970. En 2016, on recense 160 sites datant du Paléolithique sur le territoire de la péninsule coréenneExposition 2016 : La Corée des origines | Musée de l'Homme, Paris., dont une centaine du Paléolithique ancien : notice CNRS éd.. Une découverte fut particulièrement célébrée en Corée : le site de Jeongok-ri sur lequel a été découvert en 1978, une industrie acheuléenne (à bifaces) très riche datant de . Ce site a donné lieu à l'implantation d'un musée de la Préhistoire en CoréeUn musée a été créé en référence à cette découverte à proximité du site : voir la partie « Musées », au bas de cette page. En 2012, ce site a reçu la visite du prince Albert II, à l’initiative de l’Institut de Paléontologie Humaine, laquelle est une fondation du Prince Albert de Monaco : Présentation de l'évènement et du site sur la page de l'Institut de Paléontologie Humaine.. Les sites sont presque exclusivement des sites de plein air, sur des terrasses fluviales, qui ne permettent guère la conservation des restes humains et fauniques en raison de l'acidité des sols. On ne dispose donc le plus souvent que des restes lithiques. Cette caractéristique pénalise quelque peu la recherche. Mais, fort heureusement, les recherches actuelles commencent à bénéficier de la coopération internationale, en particulier française.

Périodisation De nombreux préhistoriens coréens et chinois n'utilisent pas les périodes d'usage en Occident (Paléolithique inférieur, moyen et supérieur) mais uniquement : Paléolithique ancien et récent. D'autre part, une différence notable entre l'Europe et la Corée : le Paléolithique ancien semble durer jusqu'à l'arrivée dHomo sapiens, au Paléolithique supérieur. Alors que l'Europe distingue le Paléolithique moyen lié à l'Homme de Neandertal.

À la différence de l'Europe - mais aussi de l'Afrique et de l'Inde qui sont aussi plus anciennement peuplée d'Hommes - la Corée, à l'autre extrémité du continent Eurasiatique, a eu des pratiques, dans le travail de la pierre, étonnamment stables sur de très longues périodes.. C'est pourquoi il est difficile de tracer des limites entre Paléolithique inférieur, moyen et supérieur. La seule distinction entre Paléolithique ancien et récent est souvent employée par les paléontologues coréensConférence du 6 juin 2016 au Musée de l'Homme : Le Paléolithique supérieur de Corée : Rénovation techno-culturelle avec Sujin Kong, Korea-France Institute of Prehistory., comme le font certains de leurs confrères préhistoriens du Paléolithique en Chine. Cet auteur traite comme un seul ensemble le Paléolithique moyen et tardif [ late]. En particulier le site de Zhoukoudian qui est, selon cet auteur, le site le plus important au monde relevant du Paléolithique moyen.

Paléolithique ancien, moyen et récent Le Paléolithique en Corée, entre , correspond au Pléistocène moyen () et au Pléistocène supérieur (env. - , dernier étage de l'époque du Pléistocène et première époque de la période du Quaternaire). Aucun site ne parait pouvoir être daté d'avant la limite Matuyama-Brunhes, c'est-à-dire antérieur à ..